[1298] Les lectures – la contribution de P***

Femme nue couverte de bijoux - Paolo Roversi

Les bijoux – Charles Baudelaire

La très-chère était nue, et, connaissant mon cœur,
Elle n’avait gardé que ses bijoux sonores,
Dont le riche attirail lui donnait l’air vainqueur
Qu’ont dans leurs jours heureux les esclaves des Maures.

Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,
Ce monde rayonnant de métal et de pierre
Me ravit en extase, et j’aime à la fureur
Les choses où le son se mêle à la lumière.

Elle était donc couchée et se laissait aimer,
Et du haut du divan elle souriait d’aise
A mon amour profond et doux comme la mer,
Qui vers elle montait comme vers sa falaise.

Les yeux fixés sur moi, comme un tigre dompté,
D’un air vague et rêveur elle essayait des poses,
Et la candeur unie à la lubricité
Donnait un charme neuf à ses métamorphoses ;

Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins,
Polis comme de l’huile, onduleux comme un cygne,
Passaient devant mes yeux clairvoyants et sereins ;
Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne,

S’avançaient, plus câlins que les Anges du mal,
Pour troubler le repos où mon âme était mise,
Et pour la déranger du rocher de cristal
Où, calme et solitaire, elle s’était assise.

Je croyais voir unis par un nouveau dessin
Les hanches de l’Antiope au buste d’un imberbe,
Tant sa taille faisait ressortir son bassin.
Sur ce teint fauve et brun, le fard était superbe !

Et la lampe s’étant résignée à mourir,
Comme le foyer seul illuminait la chambre,
Chaque fois qu’il poussait un flamboyant soupir,
Il inondait de sang cette peau couleur d’ambre !

[1297] Les lectures – la contribution de Jules

un couple nu, enlacé

BOIRE MANGER BAISER

Boire, manger, baiser
Fêter et trinquer
S’embrumer et s’évaporer
S’enfoncer et s’évader

Boire, vivre, baiser
Offrir et s’offrir
Garder et partager
Se muer et s’attacher

Boire, vivre, jouer
Rire et séduire
Attirer et repousser
Énerver et taquiner

Voir, sentir, aimer
Toucher, caresser, observer
Grandir, gonfler, saisir
Et allumer, et regarder

Voir, saisir, aimer
Et se faire avoir, ou réussir
Envoler, déshabiller, dévêtir
S’agenouiller, s’effacer, glisser

Voir, suffire, aimer
Et en demander plus
En demander encore
En demander davantage
Et ne plus s’arrêter

Croire, vouloir et prendre
Rester et se maquiller
Rejeter et accaparer
Tout donner pour tout avoir

Croire, vouloir, pouvoir
Humer, goûter, avaler
Étaler, lécher, se pourlécher
Et fermer les yeux

Croire, vouloir, glorifier
Ne pas renoncer non
Continuer, continuer, continuer
Reprendre et attraper

Boire, baiser et baiser encore
Pénétrer, violer, enculer
Sucer, masturber, fêler
Et jouir, jouir, jouir
Jouir à n’en plus finir.

[1296] Les lectures – la contribution de Flore

Femme et oiseaux dans un nid

Cher Jérôme,

Malgré ce que tu essayes de faire croire à tout le monde, je ne t’ai jamais considéré comme quelqu’un de très sage.

Dès la première fois que tu es venu à l’une de mes soirées, tu écrivais déjà avec assurance – et non sans un certain talent – de joyeuses et assumées cochonneries.

Continue à nous faire rire, réfléchir, bander et aimer, malgré ces années qui passent mais qui nous bonifient aussi.

Et comme du bon vin… donne-nous tout ton jus !

 


Et pour retrouver Flore, c’est ici.

[1295] Les lectures – la contribution de A***

Un bas relief érotique indien

Je pense que si l’on racontait aux gens comment Jérôme fête ses anniversaires, ils le regarderaient avec envie.

Il y a deux ans, Jérôme a concrétisé son désir de harem – je résume – en organisant sur plusieurs jours un anniversaire sensuel, sexuel avec des filles toutes bien intentionnées. Ça aurait pu s’arrêter là, on aurait pu se dire qu’une expérience de ce style ne se vit qu’une fois dans une vie et que c’est bien suffisant. Mais non, voilà qu’on lui remet ça, cette fois sous la forme d’une soirée surprise, préparée avec soins par [Camille]. Quel chanceux, ce Jérôme !

Je me moque, je me moque, mais nous aussi sommes chanceux, et c’est pourquoi nous sommes là. Je te souhaite un très bel anniversaire et plein de jolies choses pour ce nouvel âge. Et, au passage, également pour cette nouvelle année. Après tout, 2016… Bref.

Mais ne nous projetons pas trop, c’est ici et aujourd’hui qu’il faut profiter. Et pour fêter la maturité, la sagesse et tout ce qui arrive quand on prend de l’âge – il paraît –, je te propose, et je nous propose à tous, de ne surtout pas nous prendre trop au sérieux et de prendre du plaisir à être ensemble, à nous découvrir – pour ceux qui ne se connaissent pas –, et puis à faire tout ce qu’il nous semblera bon de faire ce soir.

Pour conclure, je te souhaite du plaisir, pour ce soir et pour tous les jours à venir.

Encore une fois, joyeux anniversaire Jérôme. Et j’en profite pour te remercier pour tout.

[1294] Le piège

”Têtes-à-Têtes” or “A Band of Outsiders” Copyright 2011 Jonah SamsonCela dure une poignée de secondes pendant lesquelles je reste interdit. L’instant d’avant, j’avais peut-être trouvé étrange qu’il descende l’escalier les mains vides. Sans l’objet que nous étions censés venir récupérer en coup de vent. Voilà maintenant qu’elle me pose un bandeau sur les yeux en m’interdisant de faire demi-tour. Je suis tombé dans un piège dont je n’ai, de toute façon, pas la moindre envie de m’échapper.
Il me faut une fraction de seconde, là encore, pour que mon cerveau réunisse les pièces du mécanisme d’horlogerie qui m’a amené ici sans que la plus petite ombre de soupçon ne m’ait alerté.

Camille devait m’emmener à un spectacle. « Une surprise ! » Comme j’aime les surprises – j’allais être servi –, je n’ai pas cherché à en savoir plus. Ç’aurait pu être un concert (Camille et moi avons des goûts partagés), une pièce de théâtre, que sais-je encore ?
— Tu ne me demandes pas ce qu’on va voir ? m’avait-elle glissé, mutine, à l’oreille (dissimulée sous mon casque intégral), lorsque nous roulions en direction d’un certain théâtre de la rue V***, commodément situé à quelques pas de chez Thomas.
— Non, je préfère laisser la surprise entière, avais-je répondu ingénument.
Je ne devine que maintenant que j’écris ces mots le large sourire qui a dû se dessiner sur le visage de la passagère blottie dans mon dos. Je ne pouvais pas mieux répondre.

(suite…)

[1292] 2016, année bisex…

Marseille

Amis lecteurs, je vous présente tous mes vœux pour la nouvelle année. Vous savez bien que les résolutions de nouvel an, c’est pas mon fort, donc je m’abstiendrai de tenir des propos que je ne suis pas sûr de pouvoir honorer du genre « En 2016, j’écrirai plus régulièrement sur mon burp ». Nous verrons bien. Je me suis posé plusieurs fois la question cette année (enfin, non, l’année écoulée) : mon inspiration s’est-elle tarie ? Ou bien l’envie de partager ? Je ne crois pas. C’est simplement une question de priorités, comme toujours, et j’ai fait le choix de passer du temps à faire d’autres choses. Des choses futiles, comme traîner sur Twitter, des choses utiles, comme bosser, des choses joyeuses, comme baiser, des choses sérieuses, comme m’occuper de ma famille.

Pas besoin de vous refaire le film, 2015 a été une année pour le moins contrastée avec, pour ce qui est de la chose publique, bien plus d’événements tragiques que de raisons d’espérer (en particulier pour ce qui est de la politique, tant au plan national qu’au plan européen). C’est donc avec une conviction statistiques, tempérée par un optimisme en berne, que je formule le vœu que la nouvelle année soit meilleure.

Apportons au moins chacun notre contribution personnelle, en offrant de l’amour, de la tolérance, du plaisir, du rire et du gel siliconé spécial sodomie à nos proches.

En guise d’illustration pour ce billet, une carte postale façon « post secret ». Mon cul, ça sera pour une prochaine fois.

Je vous embrasse fort !

[1291] Quadrichromie

Nous sommes dans une chambre d’hôtel spacieuse et confortable ; le lit, Queen ou King Size n’est pas superflu ; c’est le moment où l’insonorisation de la pièce doit être à la hauteur du standing. Vous êtes allongées toutes les deux sur le ventre, je vous ai disposées en croix, le dos de l’une accueillant le ventre de l’autre, de telle sorte que vos deux paires de fesses soient juste à côté l’une de l’autre. À toute seigneure, tout honneur. C’est d’abord sur le cul de Camille que s’abat en premier ma main. Je commence doucement, non que ça soit la première fois dans la soirée que ma paume entre en contact en claquant avec le cul magique de ma belle, mais parce que je veux voyager loin. La deuxième claque sera pour le fessier de notre invitée. Elle, en revanche, goûte le baiser de ma main pour la première fois ce soir. La troisième repart vers la croupe connue, la quatrième se veut paritaire, puis la cinquième, la sixième, les autres encore, je ne sais plus…

Joli corps, joli cul, coloré et pailleté

(suite…)

[1290] Old school

Il est évident que Twitter et Facebook ne sont pas les lieux les plus propices à l’exposition d’une pensée complexe et nuancée, comme le montrait Marine Le Pen en septembre dernier en tweetant « Bye Bye Schengen », message partagé plus de 600 fois.

Ci-dessus : 248 caractères – déjà trop long pour Twitter.

Source : JDN « Engagement politique et prise de parole sur Internet : la prime aux extrémistes ? »

[1289] L’adroit sieur, sa muse

une jolie paire de fesses rougies sous une nuisette indécemment transparente

Brusquant parfois vos lèvres et leur teint incarnat
Après avoir couvert vos seins de chantilly,
Nanti explorateur, je plonge sur-le-champ
Déguster votre sexe aux senteurs de varech.

Aidé de votre main qui, hier, enfourna
(Narval grenat !) ma queue en votre con sailli,
Turpide, je m’en vais, tel un vil ruffian
Enculer prestement ma belle déesse grecque.

[1288] Croquembouche

La sémillante Flore Cherry, qui organise (presque) chaque mois un « atelier d’écriture érotique qui ne se prend pas au sérieux », nous proposait mercredi dernier de nous réunir autour de Stephen des Aulnois du (célèbre) Tag Parfait pour échanger sur la porn culture. C’était assez intéressant d’écouter le créateur du Tag Parfait parler du chemin qui l’avait conduit à ouvrir son site et ce qu’il prétendait y proposer.
En ce qui me concerne, je partage l’idée de l’existence même de cette porn culture bien qu’elle ne soit pas mon fort (ma médiocre note de 4/10 au test préliminaire pourrait en être l’illustration) ; je ne suis d’ailleurs qu’un lecteur très occasionnel de ce site où je ne me rends que par liens interposés. Bon, je ne m’étendrai pas ici sur le détail de ma consommation de porno, l’idée était juste de vous proposer, comme un amuse-gueule le texte que Camille et moi avons pondu à quatre mains à l’occasion de ce sympathique atelier.

Il s’agissait de rédiger en trente minute un interview d’une star du X (homme ou femme, au choix), incluant quelques contraintes biographiques qui, pour nous, étaient au nombre de trois :

  1. L’acteur ou l’actrice compte à chaque scène le nombre de va-et-vient
  2. L’acteur ou l’actrice porte à chaque tournage sa paire de chaussettes fétiche
  3. L’acteur ou l’actrice a un sexe qui peut cracher du feu

Voici donc notre production, à peine débarrassée de quelques scories :

Plus près de Rocco Love

Après plusieurs mois d’attente, Le Tag Parfait a enfin réussi à obtenir un rendez-vous avec la star montante (de bien vigoureuse façon) du X, Rocco Love.
Mars 2035, trois mois après la sortie de « Le feu au cul opus 27 », rencontre avec Rocco dans un bar de San Francisco :
— Bonjour Rocco. Merci infiniment d’avoir accepté de nous recevoir. Vous êtes la star dont tout le monde parle en ce moment. Pas de mystère, votre dernier upgrade a provoqué le délire chez vos fans. Comment vous est venue cette idée ?
— Ça faisait déjà 4 ans que j’étais équipé du Bouncer Red-X qui me permet de reproduire de vraies érections ; la possibilité de gicler des flammes – et pas n’importe lesquelles : il suffit de trois secondes pour que ma partenaire soit réduite en petit tas de cendres – a permis d’apporter au public les sensations qu’il ne trouvait plus ailleurs.
— C’est diablement efficace, en effet, et redoutable. Cette technologie de rend-elle pas délicate la recherche de partenaires ?
— Pas du tout, elles se bousculent à la porte. Dans notre monde actuel, mourir en prenant son pied est inespéré. Comme je ne peux pas jouir avant un nombre précis de va-et-vient calculé selon la date de naissance de ma partenaire (ce nombre doit être premier et commencer par les 8 chiffres de cette date), chaque scène peut durer plusieurs heures voire quelques jours. Oui, j’ai cette petite maniaquerie depuis mes 8 ans, je compte les coups de butoir. À cet âge, j’étais encore une femme et je trouvais le temps long alors je comptais. Avec mon neuvième partenaire de l’époque, arrivée à 8725, je n’en pouvais plus d’ennui et j’ai égorgé mon amant. Comme vous le savez, c’est cette sextape qui m’a lancée dans le business et dans la foulée, j’ai changé de sexe.
— Une question peut être banale mais je n’ai pas encore trouvé la réponse sur la toile : d’où vous vient votre pseudo ?
— Mon papa était fan de Rocco Siffredi. Il avait d’ailleurs réussi à récupérer une de ses paires de chaussettes sur un tournage – celles-là même que je porte désormais sur tous les plateaux – et j’ai repris son prénom. Pour « Love », je crois que ce que je donne à mes partenaires est assez parlant, non ? À propos, vous êtes chou, ça vous dirait qu’on baise ?
— Euh… Merci, je ne sais quoi dire… mais je dois vraiment ramener ce papier à mon rédac’ chef.
Une femme nue dans un champ a des seins qui émettent des rayons lasers

[1287] Une histoire de tauto

Verbatim

​— Venez vite, vulpine Vénus vorace, vaporeuse vahiné verlainienne, vénérer votre vif virtuose !
— Vénéneux versificateur, valet vagabond, violentez votre vierge vestale, viciez vaillamment votre victime via votre vérin…
— Vive votre vulve velours, votre ventre vallonné… Vive votre vagin vermeil ! Vue voluptueuse…

Jolie renarde échevelée

— (Voyons voir… Vexons vivement.) Vieux vicelard volage ! Vulgaire voyou ! Va-nu-pieds vantard ! Verrat ! Voilà votre vocation: vos va-et-vient véhéments vengeraient votre ventru vermisseau veiné vultueux ? Veule viande véritablement visqueuse…
— Vraiment ? Vérole ! Vacharde vitriolante ! Vous versez votre venin, vipère vulgivague !  …
— Vaniteux ! Vous voici vitupérant. Voyez : virile, votre vivace verge volcanique vibre !
— Vengeance !!! Vaseline !
— Volontiers ! Votre vulnérable vestale vertueuse vacille… Vainquez vigoureusement. Virevoltez, visez, vissez votre vaisseau vorpalin, visitez, vadrouillez, vrillez, vrombissez, vocalisez, vitupérez, vagissez, vociférez… Vidangez !
— Vertige vespéral…

 


Illustration : © Mark Thompson/Vulpine Studios.

[1286] À chaud

J’ai envie, peut-être pour me défouler, de balancer en vrac quelques réflexions après les attentats de la nuit dernière qui ont une nouvelle fois endeuillé Paris. Ça va être un billet foutraque, parce que je ne suis pas un enseignant chercheur ou un politicien habitué à structurer son discours au service de sa thèse. Peut-être parce que je n’ai pas vraiment de thèse à défendre ou que je ne sais même pas formuler celle-là. Ce sera un nouveau billet en vrac, comme celui pondu après les attentats contre Charlie et l’hyper casher (putain, j’ai failli oublier l’hyper casher).

D’ailleurs, que s’est-il passé, dans vos têtes à vous, depuis ce précédent attentat ? Avez-vous changé votre vision du monde ? Avez-vous perdu votre insouciance ou l’avez-vous retrouvée ? (suite…)