[1275] Éroffsphère

Est-ce que j’ai une gueule d’Érosphère ?

La question n’est pas si triviale ! Toujours est-il que, pour la troisième année consécutive, je me rendais au Off du festival Érosphère, un événement très bien résumé par la triple thématique de cette année : douceur, soufre (avec un seul « f », mais libre à vous d’en rajouter un deuxième) et métamorphose. Variations autour de l’érotisme : ludiques, exploratoires, dangereuses, libres, jouissives… On pourrait sans doute compléter par de nombreux autres adjectifs encore.

Le fait est que, si le festival in me fait de l’œil depuis le premier jour (je ne me remets toujours pas d’avoir raté l’immersion oléique de la première édition), je ne participe qu’au off pour deux raisons. La première est que le festival a lieu le week-end et que le week-end est, en principe, réservé à ma vie de famille. La seconde est que le festival tient place comme chaque année en même temps que Rock-en-Seine et en même temps que l’Université d’été du Parti Socialiste. Et que comme chacun sait, chaque année, mon devoir de militant prend le dessus et je vais donc regarder les filles se battre dans la boue de la pelouse de Saint-Cloud. (suite…)

[1274] Love, et c’est raté

Affiche du film de Gaspar Noé « Love » indiquant « En France, l'amour est maintenant interdit aux moins de 18 ans »
Un slogan d’une démagogie écœurante

Je suis donc allé voir, en 3D s’il vous plaît, Love de Gaspar Noé avec, je dois l’avouer, un a priori négatif, qui s’est malheureusement transformé en a posteriori négatif.

Sur le comment et le pourquoi, je vous invite de lire mon avis en commentaire chez une Gaspard beaucoup plus aimable, ma blogueuse aux seins pâles préférée. Ce sera l’occasion de lire également sa critique à elle, puis de vous égarer dans ses chants de Bilitis…

[1273] Carte postale de la canicule (6)

Paisiblement allongé sur la petite plage de Balos (un endroit magnifique, en Crète), j’achève Némésis de Philip Roth.

Je tombe, dans l’épilogue, sur cet extrait :

Il n'avait pas beaucoup d'humour, sachant s'exprimer mais ne se montrant jamais spirituel ; c'était quelqu'un qui n'avait jamais de sa vie tenu de propos caustiques ou ironiques, à qui il n'arrivait que rarement de faire une plaisanterie ou de dire quelque chose pour rire (...)

Nous nous approchons de 17 heures au moment où je lis ce passage, pas spécialement révélateur de la force douloureuse de ce livre, mais (puisque nous parlions récemment avec Brigit d’identification aux personnages) je me fais la réflexion que, sur ce point (et bien d’autres en réalité), je différais beaucoup de Bucky.

Je me remémore la séquence qui s’est déroulée quelques heures plus tôt : il est un peu moins de 14 heures alors, nous venons d’accoster sur la petite île de Gramvousa, au Nord de Kissamos, au Nord-Ouest de la Crète. Le flot de passagers du bateau que nous avons pris pour cette excursion d’une journée s’est déversé sur l’embarcadère. La majorité va immédiatement s’installer sur la petite plage de sable bordée par une eau turquoise, quelques courageux s’attaquent à l’ascension du relief de l’île pour atteindre les restes d’un fort vénitien du XVIe siècle. J’en fais partie tandis que mes trois femmes restent au niveau de la mer. J’atteins d’ailleurs le sommet en premier, visite rapidement les quelques pierres restées en place (ce qui prend moins de temps que la montée jusqu’à la forteresse). Il n’y évidemment pas le moindre guide pour expliquer quoi que ce soit, pas même une plaque explicative.

Nous sommes aux heures chaudes et même si de rares nuages traînent aujourd’hui dans le ciel crétois, la grimpette m’a donné chaud et j’ai maintenant hâte de piquer une tête pour me rafraîchir dans cette eau exceptionnellement limpide.
J’ai marché une vingtaine de mètres après avoir quitté le fort quand je croise un jeune couple qui termine l’ascension. Je leur lance en globish (même si j’ai cru reconnaître de l’allemand dans leurs propos), d’une tonalité neutre :
— It’s closed in one minute!
Mon vis-à-vis écarquille les yeux…
— One minute ?!
Il n’y a évidemment pas la moindre personne sur le site qui pourrait ni ouvrir ni fermer la moindre grille…
Je souris alors et je les rassure :
— Just joking!
— It’s not funny!— Doch, doch !

Je poursuis ma descente et me demande si je vais réutiliser la même vanne avec les prochains touristes que je croise, mais décide de goûter le plaisir de l’unicité.

[1272] Carte postale de la canicule (5)

J’ai lu ce texte chez la trop rare Lux Lisbon et comme souvent, quand je lis un texte érotique (mais à vrai dire le fonctionnement est le même pour la lecture de quasiment tout texte de fiction), je me projette sur un des personnages. Pour moi, un texte fonctionne d’autant mieux que le processus d’identification est facile, ou plutôt que l’on arrive à croire à la véracité des caractères et des situations.

Avec ce texte, mon cinéma intérieur fonctionne bien ; j’accroche au récit même si j’ai du mal à m’identifier au personnage masculin (j’aurais pu, en second recours, essayé de m’identifier au personnage féminin mais ça ne fonctionne pas non plus). Alors je m’accroche à quelques branches… Ces deux amants qui ne se sont pas vus depuis longtemps mais qui répondent instantanément à l’appel du désir (même si dans le texte, c’est l’homme qui sonne la nana et elle qui accoure ventre à terre), ça me rappelle des choses…

Et puis il y a eu cette scène qui m’a cueilli par surprise :

Il vient m’embrasser (…) et me prit la main pour que je le suive à la salle de bains. Je connaissais le rituel ; je crois que c’est peut-être ce que je préférais. Je m’installai accroupie dans la douche, et il s’installa face à moi. Tout doucement, il commença à uriner et je sentis le liquide chaud sur ma peau, mes seins, mon visage, dans mes cheveux (…).

Et depuis cette lecture, cette vision me hante à chaque fois que je prends une douche. Compte tenu de la chaleur ici, c’est minimum une douche le matin pour se laver mon corps, maltraité par les 29°C en dessous duquel la température de notre maison crétoise ne baisse pas, de la sueur de la nuit et une douche le soir, pour me débarrasser du sel et du sable restés collés sur ma peau puisque nous finissons invariablement nos journées par quelques heures de paresse sur une des magnifiques plages de l’île. Matin et soir, douche ; matin et soir, je pisse dans ma douche ; matin et soir, je voudrais que tu sois là pour recevoir mon jet à peine plus chaud que l’eau qui coule le long de mon corps ; et l’instant d’après où nous inverserions les rôles. Le moment où – je ne sais plus si c’est un souvenir ou un rêve – vibre la corolle dessinée par tes lèvres quand gicle enfin ta pisse.

J’ai lu ce texte et mon cerveau y trouve le moyen d’insinuer dans les moindres replis de mon quotidien, comme le sable rose d’Elafonissi fouetté par le vent qui soufflait si fort aujourd’hui s’incruste dans les plis de ma peau, le manque de toi.

Marlo Broekmans - just a pulp

[1270] Carte postale de la canicule (4)

La canicule n’a pas le même effet sur tout le monde ; à certains, cela coupe les élans libidineux, à d’autres, cela les booste. Et évidemment, si les deux partenaires ne sont pas synchrones, quelques frustrations sont à prévoir…

Je me suis donc réveillé au milieu de la nuit excité et je me suis masturbé en pensant à toi ; il faut excuser la pauvreté de mes fantasmes masturbatoires, ils tournent bien souvent autour de la sodomie, parfois aussi il est question de sodomie, et des fois même d’enculage.

Un homme lit, nu sur une chaise, le sexe solidement dresséJ’ai repris comme point de départ cette image flash qui m’avait ébloui la veille en journée, alors que je pensais à toi, celle où j’étais nu sur une chaise avec une assise en osier tressé. Toi, tu étais debout, dos tourné, et tu venais t’empaler sur moi. Pas par le cul – enfin, pas tout de suite. J’ai ajouté un détail : tu es entièrement nue, toi aussi, bien sûr, mais tu portais à la cheville ton lourd bracelet aux perles bleues – le genre de petit détail qui fait la différence. Ah oui, et tu portes aussi, enfoncé en ton fondement, ton nouveau plug en verre (le plus gros de toute ta collection, qui m’ouvre si bien ton cul). D’ailleurs, tandis que je coulisse dans ta chatte, je le sens très nettement, presque trop, presser contre ma verge et je me prends à penser au moment où ce sera une queue plus souple que je sentirai contre la mienne… Mais pour l’heure, nous ne sommes que tous les deux.
Je ne tarde pas à retirer ce plug : j’en saisi la base que je fais délicatement pivoter dans un sens puis dans l’autre tout en effectuant un doux mouvement de traction ; je sens tes alternances de contraction et relaxe qui accompagne la sortie du plug qui élargit progressivement ton œillet, jusqu’à la libération. Je te demande maintenant de baiser ma queue avec ton cul. Je bouge à peine, et toi, en extension sur tes jambes, tu te saisis de ma queue, tu plaques son gland contre ton anus déjà prêt à l’accueillir et tu fléchis sur les jambes pour m’engloutir progressivement. Je veux que chacun de tes mouvements recherche mon plaisir, je veux que ton cul me gobe, me masse, me régurgite, me presse, me lèche, me serre, m’aspire, me branle, me suce, me malaxe… Tandis que je maintiens tes hanches, tu replies tes jambes jusqu’à poser tes pieds sur mes cuisses et tu reprends dans cette position les mouvements de montée et de descente, tandis que ta main est descendue entre tes cuisses et va branler ton sexe qui dégouline littéralement de ta mouille en filets gluants. Comme c’est un rêve éveillé, tu atteins ainsi l’orgasme qui entraîne une seconde plus tard mon éjaculation, tout au fond de ton cul.

Ensuite, je me suis rendormi comme un bébé.

[1269] Se voiler la face

J’aime bien les filles de La Quête de la Sainte Culotte, j’en ai d’ailleurs déjà parlé ici, et en particulier leur vision d’un féminisme « pro-sexe » (vision partagée à des degrés divers – tant il est vrai qu’il y a presque autant de féminismes que de féministes – par nombre de mes amantes, ce qui montre une certaine cohérence dans mes choix électifs) ; on avait même un projet d’article à quatre (ou six) mains, hélas resté à l’état de projet dans un carton recouvert de poussière et de toile d’araignée.

Il y a aussi chez elles des points d’intérêt qu’elles développent et qui ne me passionnent pas, moi ; par exemple la « culture porn » (même si j’en participe moi-même avec ce burp).

Et puis parfois, on n’est pas d’accord.

Après un débat sur Twitter où chacun campait sur ses positions, j’ai souhaité développer mes arguments dans une note en espérant, au mieux, ouvrir une brèche dans les convictions de mon opposante (je pense que c’est Sophie mais ça pourrait être Louise !), au pire, éviter de tenir des propos trop lapidaires ou caricaturaux comme Twitter nous y encourage avec son format court.

Aux chiottes le micro-blogging, vive le macro !

(suite…)

[1267] Carte postale de la canicule (3)

Il y a moins de 48 heures, nous étions éloignés de plusieurs milliers de kilomètres et aujourd’hui, à cet instant même, par un étrange coup du hasard, quatre mètres à peine nous séparent et pourtant nous ne pouvons pas nous toucher.
Je transpire à grosses gouttes dans l’air moite de la ville chauffée à blanc, tandis que je tente de me rafraîchir avec une pression de ce pub où je t’ai rejoins.
J’entends par vagues les pointes de ta voix et ton intonation que je reconnaîtrais entre mille, et je crois que c’est encore plus troublant que de te voir me sourire.

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Dans quelques minutes, peut-être nous embrasserons-nous aux toilettes, ou peut-être un coup de fil de ma femme me remettra dans le droit chemin, quoi qu’il en soit, dans quelques minutes,  je reprendrai le fil de mes vacances sans toi, comme elles auraient dû l’être de A à Z.

[1266] Carte postale de la canicule (2)

 

wpid-img_20150721_185833_edit.jpgC’est une coïncidence mais il est tout juste minuit et je me baigne dans la petite piscine de notre location. L’eau, chauffée par ces journées successives d’un ciel bleu sans pitié, continue de flirter avec les 30 degrés.
Autour de moi, il y a les rires des enfants qui jouent, les autres adultes sont ailleurs ; personne en tout cas ne m’a rejoint et mon esprit a donc libre court pour voguer vers des horizons meilleurs, un horizon où je serais nu dans cette piscine, nu et seul, enfin, personne d’autre que toi, tout aussi nue. Nous nous frôlerions, lors de nos mouvements de brasse, nous nous souririons en silence et bientôt nos corps se colleraient et tu sentirais contre ta cuisse gonfler immédiatement mon sexe.

Pas un été sans que je ne sois assailli par ces images de vacances « sea, sex and sun », ce quelque chose que je n’ai jamais connu et dont j’espère toujours qu’il soit tangible, au delà de quelques jours miraculeusement arrachés à l’inertie de ma condition de mari et de père de famille, aux envies étouffées sous le couvercle du raisonnable, et qui me plonge dans un état de mélancolie adoucie par la tiédeur de l’air.

[1265] Carte postale de la canicule (1)

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Nous sommes dans une chambre obscure, un peu de lumière du jour passe à travers les volets pour venir strier d’or nos peaux en sueur.

Il y a cette image dont je ne peux me départir : tes deux bras écartelés sont attachés chacun à un coin du lit ; allongée sur le ventre, ton visage mord un oreiller. Ton cul, relevé par un autre oreiller, est en bordure du lit et tes jambes écartées touchent le sol.
Je retire de ton cul le plug en verre dont tu as fait récemment l’acquisition et sans plus de ménagement, je le remplace par ma queue que j’ai badigeonnée de gel. J’entre dans une sorte de transe, ma main claque sur ta fesse droite tandis que je t’encule sans savoir si tu cries de plaisir ou si tu gémis de douleur. À cet instant, tu es ma chose au service de mon seul plaisir et ton calvaire ne prendra fin que lorsque de longues giclées de sperme brûlant inonderont ton petit trou offert.

Demain, ce sera mon tour.

[1264] Suzie dans le vice versa

Longtemps que je ne vous avais pas fait part de mes émotions cinématographiques, alors voici, au lance-pierre, une mini-revue des derniers films vus dans les salles obscures. Triptyque :

Comme un avion

Comme un avionBruno Podalylès joue le rôle principal de son film, où il incarne un quinqua passionné d’aéropostale – dans sa dimension héroïque et aventureuse – qui, par un coup du sort, déplace sa passion sur le kayak. Il se renseigne, s’équipe (le tout à l’insu de sa femme, pourtant compréhensive). Il finit par partir à l’aventure pour une semaine … qui ne ressemblera pas du tout à son projet initial.

Voilà un film gentil, se déroulant dans un monde un peu idéal où les patrons font fi des deadlines, les vigiles sont plein de compréhension et les femmes jolies et sensuelles.

C’est souvent amusant, plaisant comme un bonbon, et ça glisse comme un coup de pagaie sur la rivière ; j’ai bien peur qu’il ne me reste plus grand chose de ce film dans quelques mois, de même qu’il ne me reste quasiment rien du lointain Liberté Oléron du même auteur dont je me souviens juste qu’il m’avait ennuyé (ce qui n’est pas le cas de ce film, il y a donc un progrès).

Mention spéciale à la très charmante Vimala Pons, revue dans le 3e film de ce billet, qui ne dément pas mon tropisme de la brune typée. (Agnès Jaoui, elle, hélas, a pris chair.)

 

Vice-Versa

Vice versaLa dernière sortie des studios Pixar (aux commandes de réalisateur : Peter Docter, dont j’ai trouvé le nom fort à propos) était précédée d’une rumeur persistante sur sa qualité, sur le mode « Pixar au sommet de sa forme ». Je me méfie toujours des critiques dithyrambiques, j’ai donc évité toute lecture de critique avant d’aller voir en famille (puisque même la grande ado était disposée à faire ce truc avec nous, ô miracle !), en V.O. et en 3D ce long métrage d’animation. J’avais même évité de voir la bande annonce, c’est pour dire. J’étais donc presque déçu d’apprendre le sujet même du film que j’aurais voulu voir encore plus vierge.

Bref.

Je ne vous raconterai donc pas l’histoire non plus, mais je peux vous dire que, certes, si c’est un Pixar créatif qui fait oublier les nasetés précédentes où l’on sentait bien trop fort toute la niaiserie putassière des productions Disney (genre Cars 2 ou Monstres Academy), on n’atteint pas ici, selon moi, la virtuosité d’un Là haut (donc la séquence introductive me fait systématiquement pleurer à chaque visionnage) ou d’un Wall-E dont la première partie, quasiment muette, est d’une audace à ce jour inégalée dans une production américaine grand public de ce calibre.

Donc, un film très sympathique, mais auquel il manque une petite touche de génie.

À noter que Pixar, dans la lignée des studios Ghibli, donne la part belle aux rôles féminins de premier plan, mais d’une manière que je trouve ici ambigüe. Une partie du caractère de l’héroïne (je veux parler de Riley, mais on pourrait arguer que la véritable héroïne du film est plutôt Joie) vient de sa dimension virile (masculine). D’ailleurs, Riley est le seul personnage dont les émotions sont mixtes (deux mâles, deux femelles) alors que quand on plonge dans le cerveau des autres – y compris dans l’amusante séquence du générique de fin – les émotions y sont unisexes. Dommage !

Puisque j’évoquais les japonais de Ghibli, savez-vous que les Japonais, pour le mot « émotion », utilisent le mot kidoairaku, qui est un composé de 4 kanji (喜怒哀楽) qui exprime les émotions humaines : joie (ki), colère (do), amour (ai) et confort (raku). J’ouvre ici le débat. La décomposition japonaise est-elle plus pertinente que la décomposition Pixar : joie, colère (so far, so good), peur (qu’on peut voir comme le principe inverse, donc quasi équivalent, du confort) et tristesse ?

L’ombre des femmes

Encore un film précédé par une rumeur élogieuse. Visible à la quinzaine des réalisateurs à Cannes, le dernier film de Philippe Garrel arrivait sur les écrans auréolés de critiques laudatives. « Bijou », « pureté d’un diamant », « un de ses plus beaux films », « terriblement sensible » et j’en passe.

Le sujet étant l’adultère (NB : quand on est « sensibilisé » à ce sujet pour des raisons de couple, c’est dingue comme l’adultère paraît un composant quasiment incontournable de toute histoire, puisqu’il en est question de près ou de loin dans chacun des trois films chroniqués ici – même si, pour Vice versa, c’est juste un fantasme incarné furtivement par un macho brésilien – et dans d’autres encore), ça n’était pas forcément un film simple à voir avec ma compagne.

L'ombre des femmesEn tout cas, nous sommes sortis du cinéma unis dans notre appréciation du film : il est juste raté. L’histoire est d’une banalité à crever (c’est sans doute fait exprès, mais on a quand même du mal à comprendre qu’ils se soient mis à quatre – Jean-Claude Carrière, Caroline Deruas, Arlette Langmann et Philippe Garrel – sur l’écriture du scénario), l’interprétation de Stanislas Merhar est plate et sans relief (c’est sans doute fait exprès, mais je ne pouvais réprimer un bâillement à chacune de ses apparitions, et on se demande bien ce que peuvent lui trouver et sa femme, et son amante), seule l’interprétation de Clotilde Coureau crève l’écran (elle est vraiment formidable). Il est possible que, dans sa volonté de transmettre un message « moderne » sur la sexualité des femmes (qui ont le droit à l’adultère comme les hommes, pourrait-on résumer), le réalisateur ait souhaité qu’aucun autre interprète ne fasse de l’ombre à Manon / Clotilde. Mais, hélas, ça ne sert guère les intérêts du film. Alors, outre l’interprétation de Clotilde Coureau, quelque chose à sauver ? Oui : l’image, effectivement sublime, un noir et blanc dense magnifiquement sculpté, et la mise en scène, très bonne aussi. Bref, c’est vraiment très bien filmé, mais pour nous présenter une pauvre histoire d’adultère. Restez ici, amis lecteurs ! (dit-il, dans un élan de modestie).

♦ ♦ ♦

Oh ! J’étais parti pour vous parler de trois films et j’allais omettre un vrai petit bijou :

Mustang

MustangUne sorte de Virgin Suicides transposé dans la Turquie traditionaliste. Quand je dis « transposé », ce n’est pas rendre hommage au film qui n’a rien d’un remake, pas même d’un hommage (même si on ne peut totalement exclure que la jeune réalisatrice franco-turque Deniz Gamze Ergüven ait pensé à ce film en tournant le sien). Là où Sofia Coppola avait fait un film vaporeux et un peu mystérieux (je l’ai revu récemment), Deniz Gamze Ergüven fait, elle, un film dynamique et empathique, avec par ailleurs une dimension « éducative » (ou, disons, une réaction à l’obscurantisme), politique, que n’avait pas le film de la jeune prodigue fille de.

Je cite un extrait d’Allociné tout à fait pertinent :

Mustang est un récit initiatique d’émancipation. Il est né d’une volonté de raconter ce que signifie être une fille, une femme dans la Turquie contemporaine puisqu’il s’agit d’une société où leur place fait débat. De par son point de vue à la fois extérieur et intérieur, Deniz Gamze Ergüven a voulu redéfinir l’identité de la femme, son rapport à la sexualité et dénoncer l’absurdité du conservatisme qui pense que tout est sexuel. Elle met en exergue le fait que son pays est l’un des premiers à avoir légalisé le droit de vote des femmes dans les années 30 (contre 1944 pour la France) mais que, paradoxalement, il fait machine arrière sur des choses aussi élémentaires que le droit de disposer de son propre corps.

Ce qui ne gâche rien, c’est que l’interprétation des cinq jeunes filles est totalement convaincante, jusqu’à la plus jeune des cinq sœurs qui doit avoir une douzaine d’années, épatante.

Bref, s’il ne vous fallait voir qu’un seul des trois films chroniqués ici, allez voir ce quatrième !

[1261] Vous allez prendre cher

On vante souvent les mérites du sexe comme étant une activité source de plaisir gratuite, mais il suffit de gratter un peu pour voir que la société de consommation n’est pas loin.

Certes, on peut s’offrir à la main, sous la couette ou sous la douche (où dans les toilettes du bureau pour les plus érotomanes d’entre nous) assez simplement un orgasme des plus relaxants pour strictement rien (le mouchoir est offert par la maison), mais très vite, on met le doigt dans l’engrenage.
On commence, déjà, par trouver qu’à deux, c’est plus sympa que tout seul et, à moins d’être homosexuel(le), ménopausée, catholique intégriste ou avide de procréation (NB : si vous êtes les quatre à la fois, je verse pour vous une larme de compassion), vous devez songer à envisager un moyen contraceptif. Je vous déconseille la méthode Ogino ou le coïtus interruptus, les cas de ratages de ces méthodes ne se comptent plus (remerciements personnels à Monsieur Ogino sans qui je ne serais pas là pour écrire ces lignes) et vous seriez bon, au mieux pour une pilule du lendemain ($), un avortement ($$) ou au pire, un gnard neuf mois plus tard ($$$$$$$). Vous pouvez aussi décider de prohiber le coït vaginal et ne recourir qu’au coït anal et buccal, mais je pense que les personnes qui font ce choix sont rares (n’hésitez surtout pas à vous signaler via le formulaire de contact en ajoutant vos coordonnées téléphoniques et une photo en pied).
Enfin, si vous êtes l’une des nombreuses âmes égarées traînant sur ce site encourageant la dépravation, vous savez que même en dehors de fins contraceptives, le préservatif a des vertus prophylactiques auxquelles on ne saurait renoncer, en particulier lorsque l’on multiplie les partenaires.

Voilà, vous commencez à peine à baiser pour le plaisir que vous avez mis le doigt dans l’engrenage : vous allez devoir acheter une boîte de capotes, et si ça se trouve, avoir des exigences. « Ah non ! Pas en latex ! », « Ouh la la, ceux-là, ils ne sentent pas bon ! », « Dis monsieur Cadbury, tu ne voudrais pas les faire un peu plus longues, tes capotes ? », etc. Ça reste un peu moins cher que les cigarettes, mais c’est une première ligne dans le budget « sexe ». Pour faire bonne figure, ajouter un peu de gel, pour que ça glisse sans que ça chauffe. Mon petit cul a des goûts de luxe, je ne lui donne que du gel siliconé. Et c’est reparti pour une deuxième ligne sur le budget.

Je peux vous dire que vous êtes déjà sur une bien mauvaise pente. Vous allez finir par aimer ça ! Et n’entendez-vous pas toutes ces sirènes, sur Internet, dans les magazines, qui vous vantent les mérites des sex-toys ? Chères lectrices (on ne va pas se raconter de cracks, l’immense majorité des sextoys sont dédiés au plaisir féminin), combien parmi vous n’ont pas encore leur vibro et ne comptent pas en faire l’acquisition ? (témoignages bienvenus)
Et chers messieurs, combien d’entre vous n’ont pas encore songé à en avoir un dans votre trousse de secours pour faire plaisir à vos amantes (ou pour vous occuper de votre petit cul parce qu’il n’y a pas de raison pour qu’il n’y en ait que pour les gonzesses, merde !) ? Je ne suis pas le dernier d’entre vous (je vous avais présenté une partie de mon attirail à l’occasion de mon « anniversaire »).

Depuis quelques années, l’éroburposphère s’est enrichie par des blogs, très fréquentés, où le récit des frasques érotiques est remplacé par des bancs d’essais de sextoys et autres accessoires. Et il faut dire que face à une offre de plus en plus riche, il devient très utile d’avoir à portée de main ces Que Choisir du cul qui vous permettront de savoir s’il faut craquer pour le dernier Erox VM-15 à triple rotor ou faire plutôt confiance au Smoothaï Gigi-II pour grimper aux rideaux en 67 secondes chrono.

Fini l’amour et l’eau fraîche, j’appartiens désormais à la légion des sexconsommateurs et, pour être franc, je suis plutôt content de la plupart des gadgets dont j’ai fait l’acquisition qui, sans être centraux, apportent toutefois un vrai plus à mes émois luxurieux. Là où je ne suis pas très content, en revanche, c’est devant le prix de ces bidules. Et c’est là un sujet dont ne parlent pas les sites de test, car la plupart profitent de partenariat avec divers sites d’e-commerce qui se réjouissent de voir ainsi mis en lumière les produits dont ils assurent la distribution.
Toujours est-il que je trouve bien souvent les prix disproportionnés, par rapport à ce que l’on achète. Je ne saurais dire si c’est particulier à la France, mais j’ai fait quelques comparaisons et j’ai noté qu’il était parfois significativement intéressant d’aller voir les prix chez nos voisins.

Un petit exemple :

bâillon boule Icicles n°65Ce splendide bâillon boule dont l’article de présentation chez NXPL faisait saliver d’envie une amante.

47 € sur Amazon.fr

48 € sur Kisskiss.ch

40 € sur Espacelibido.com

… 27 € sur Amazon.de (soit de 32 % à 43 % moins cher)

Même en ajoutant les frais d’envoi, ça reste significativement plus intéressant de se servir de ses restes d’allemand pour commander sur le site germanique.

 

Je pourrais multiplier les exemples (une fois encore, on trouve en Allemagne sensiblement moins cher les excellents lubrifiants de la marque – certes, allemande – Pjur) et en tout cas, je ne saurais trop vous conseiller, avant d’investir, de comparer les prix entre plusieurs sites sans hésiter à profiter de l’espace de Schengen et de traverser les frontières : quelques heureuses surprises vous y attendent !