À vrai dire, le seul truc surprenant, c’est que ça ne soit pas arrivé plus vite.
Je passais de burp en burp et je voyais que ça se répandait comme une traînée de poudre. J’ai senti le vent du boulet. Trop occupé à esquiver un coup à gauche, je me suis fait choper par la droite. Donc, voilà, c’est BricàBrac (une récidiviste, en plus) qui m’a désigné comme une des six victimes pour poursuivre l’œuvre malfaisante.
Que je vous explique. Il s’agit d’une chaîne. Enfin, pas une chaîne, une pyramide. Parce qu’une chaîne, c’est simple : un maillon à gauche, un maillon à droite. Mettons que je sois le burpeur n°1 à l’origine de la chaîne. Je refile le bébé à une personne. Qui le refile à une autre personne. Etc. Bref, avant de faire le tour de la burposphère, il peut s’écouler des plombes. Le problème d’une chaîne aussi simple, c’est que dès qu’un maillon rompt, pouf, la chaîne est cassée, et c’en est fini. Alors, pour plus de sécurité, y en a qui mettent deux maillons, d’autres trois, etc. Sauf que ce n’est plus une chaîne en acier massif, non, c’est une pyramide. Au lieu d’additionner, on multiplie.
J’ai voulu remonter la pyramide, pour voir où ça me conduisait. J’ai réussi à remonter de douze crans, après quoi je n’avais plus assez d’information (faut dire que les gens ne respectent même pas la règle de mettre un lien vers celui qui les a mis dans le caca – c’est peu civil).
J’ai fait un petit calcul que je vous explique.
À chaque niveau qu’on remonte, on multiplie par 6 le nombre de personnes concernées par la pyramide.
Donc au premier niveau (celui qui la crée, celui qui est au sommet de la pyramide, le pharaon, ou alors les dix mille ans), il y a 1 personne.
Au second niveau, 6 fois plus, donc 6 personnes. Au suivant, 6 fois plus, donc 36, etc. Sauf qu’il ne faut pas oublier d’ajouter à chaque niveau les personnes du niveau précédent. Donc, niveau 1 : 1 personne. Niveau 2 : 7 (=1+6). Niveau 3 : 43 (=1+6+36), ad libitum.
Ce que je cherchais à voir, en remontant la filière, c’est : 1/ voir si je trouvais le créateur de la chaîne, 2/ voir dans quels recoins de la burposphère j’allais me retrouver et 3/ tenter de comptabiliser le nombre de personnes théoriquement concernées et démontrer que la réalité ne correspondait pas à la théorie (raison pour laquelle les systèmes pyramidaux sont des arnaques, sauf pour les pharaons).
Ce qui nous donne :
- 1 personne : BricàBrac
- 7 personnes : Fièvres
- 43 personnes : cholera
- 259 personnes : gregory (à ce niveau, on vient approximativement d’atteindre la taille de ma burposphère personnelle)
- 1 555 personnes : fisoan (inutile de vous dire que ça fait déjà plusieurs niveaux que je suis en terre étrangère)
- 9 331 personnes : le jour où (je n’ai même pas cherché à visiter, c’était un truc à perdre des heures)
- 55 987 personnes (la taille d’une honnête ville de province) lili est insolente
- 335 923 personnes : lisa (arrivé ici, je suis tombé sur des personnes à qui on avait refilé simultanément plusieurs fois la même patate. Il est clair qu’on n’était pas au sommet de la pyramide – il est clair également que mon calcul du nombre de personnes est démontré caduc du fait de ces multi-liens)
- 2 015 539 personnes : une fille ordinaire (elles disent toutes ça, c’est d’un banal)
- 12 093 235 personnes (on a dépassé la taille de la burposphère française, probablement pas tout à fait atteint la taille de la burposphère francophone) : mamzelle yoko :
- 72 559 411 personnes : Miss Brownie : je ne vous ai pas dit, mais ça fait plusieurs étages que je suis dans une burposphère qui ne cause que de fringues et de maquillage, un truc de girls qui ne sent même pas la testostérone (celle qui tourne autour de la chair fraîche en se lêchant les babines).
- 435 356 467 personnes : Voilà, Méluzine est taggée trois fois et elle n’est même pas capable de lier son bourreau. Fin de l’enquête. Je n’ai pas réussi à voir si j’allais écumer les skyblogs, ou si j’allais faire une boucle (en tombant sur quelqu’un qui aurait oublié qu’il avait déjà répondu ?). En tout cas, triple-tag, on n’est pas encore au sommet de la pyramide !
Bon, je vous ai assez embêtés avec mes statistiques, venons-en à l’objet du délit :
Voici les règles de la pyramide :
- Mettre le lien de la personne qui vous enchaîne (c’est fait).
- Mettre le règlement sur votre burp (c’est en cours).
- Mentionner six choses/habitudes/tics importants chez votre petite personne (ce qui va suivre).
- Taguer six personnes à la fin de votre billet en mettant le lien de leur page perso (bah non, je n’ai pas envie de faire 2 612 138 803 victimes)
- Avertir directement les personnes taguées (z’imaginez pas le temps que ça prendrait – ma secrétaire a mieux à faire).
Bon… reste à trouver ce que je vais révéler au public désormais. Allez, en totale impro :
- Au cinéma, je regarde toujours – disons, presque toujours – le film jusqu’à la dernière seconde du générique, fut-il en coréen. J’estime que ça fait partie de l’œuvre au même titre que le générique de début, et puis j’aime bien les petites pépites qu’on y trouve occasionnellement et que les spectateurs pressés (pressés de quoi, d’ailleurs ?) loupent sans même le savoir.
- J’ai beaucoup de mal à ne pas finir mon assiette. Une question d’éducation sans doute. Même quand je banquette, ne soyez pas étonné de me voir saucer mon assiette avec du pain en attendant le prochain plat. Mais c’est pareil avec la purée à la cantine. Et je racle mes pots de yaourts avec une obsession maniaque. Comme mes mal élevées de filles n’ont pas les mêmes scrupules (on aurait pu espérer que ce soit transmissible, ce truc ?), j’ai souvent fini scrupuleusement leurs propres assiettes avant de constater que cette habitude était réellement mauvaise pour la ligne. Je dois lutter farouchement contre mes penchants.
Je me rase tous les matins, sauf le week-end ou pendant les vacances. Assez classique, quoi (bien que mon père, lui, se rase tous les jours sans distinction). Bon il est trop nul celui-là.J’ai beaucoup de mal à passer devant ma boîte aux lettres (je parle de la vraie, pas l’électronique) sans aller regarder si par hasard elle ne contiendrait pas quelque chose. Même si je l’ai déjà fait dans la journée. Hop ! ça ne prend que quelques secondes ! Ah ben non, c’est vide.
La boîte aux lettres électronique, je la regarde tout le temps aussi, mais c’est plus discret.- Faisons honneur à ma réputation : parlons un peu de cul. Pour savoir dans quel sens dérouler un préservatif, je souffle dessus (enfin sur le réservoir, quoi) de manière à pouvoir l’observer. Je me suis toujours demandé si les autres mecs faisaient la même chose, mais pas une seule de mes amantes ne m’a pas vu le faire.
- Je ne supporte pas les emballages déchirés. Du paquet de céréale à la brique de lait (je parle de l’ancienne brique, celle inventée par un grand malade, qu’il fallait tordre pour positionner le bec-verseur), tout doit être ouvert avec patience et doigté. Les cartons déchirés me déchirent le cœur ; les paquets fendus pleurant leurs larmes de flocon d’avoine me donnent des spasmes.
- Dans le TGV ou dans l’avion, je suis de ceux qui préfèrent le côté fenêtre. Le sens de la marche, c’est moins important.
Bon ben voilà c’est fini !
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Illustration : Koen Hauser


