[1339] Aventwitter 2016 – jour 1 (choisi par @cmmnmg)

 

J'ai trouvé amusant de zoomer sur une belle queue (alors qu'une des remarques était que le calendrier à remplacer était vraiment trop phallocentré) mais... j'ai aimé l'invitation à rêver la suite de cette image, et la main qui attrape ce sexe, dont on ne peut par dire avec certitude qu'elle appartient à un homme ou à une femme...
J’ai trouvé amusant de zoomer sur une belle queue (alors qu’une des remarques était que le calendrier à remplacer était vraiment trop phallocentré) mais… j’ai aimé l’invitation à rêver la suite de cette image, et la main qui attrape ce sexe, dont on ne peut par dire avec certitude qu’elle appartient à un homme ou à une femme…

 

[1338] Avent / Apprêt

Cela commença par une conversation anodine sur Twitter : un calendrier « sexe » de l’Avent, dont nous trouvions qu’il manquait de cunnilingus. Un examen plus précis montra qu’il lui manquait beaucoup d’autres choses : un peu d’élégance, de variété, un peu de distance avec le phallocentrisme.

Quelqu’un lança l’idée : « faisons-en nous même un mieux ! »
J’attrapais l’idée au vol et je me lançais.
Un deuxième homme vint compléter le trio que je formais avec mes deux correspondantes et nous voici tous les quatre lancés pour 25 jours d’avent-ure.

Le truc moche qui aura eu au moins le mérite de nous donner l'énergie de nous lancer
Le truc moche qui aura eu au moins le mérite de nous donner l’énergie de nous lancer
avent-2016
Notre proposition alternative, qui intègrera les contributions de La Tatouée ⚓️ (@mlle_marquise), Perséphone d’Hédonie (@persephone_hed), Naughty Gentleman (@naughtygentle) et votre serviteur !

[1337] Le tour de Constance

J’ai rencontré Constance pour la première fois dans une petite partouze improvisée par mon ami Smindyrides un mercredi soir. J’avais apprécié son visage mutin de jeune fille peu farouche, ainsi que la rondeur merveilleusement ferme de son cul rebondit que ma main eut le plaisir de jauger lors d’une brève mais prometteuse séance de fessée ; il fallait rester raisonnable, quelques jours plus tard elle retrouvait sa famille au bord de la mer et comptait exposer un cul irréprochable aux rayons du soleil et aux regards de ses parents lorsqu’elle serait en maillot de bain (le genre de modèle limitant drastiquement la quantité de tissu, devinais-je).

Mais surtout, j’avais jalousé mon voisin d’un moment quand j’ai vu la bouche de Constance approcher ma queue, déjà entre de bonnes mains lèvres – j’avais espéré l’ivresse d’une double fellation – pour aller en fait gober le sexe de l’homme qui se tenait à ma droite et l’enfoncer sans la moindre difficulté au fond de sa gorge alors qu’il était remarquablement membré (se plaignant même, petite chose sensible, de se sentir trop à l’étroit dans les préservatifs King Size que je lui avais donnés).

L'eau à la bouche en cœurQuand Smindyrides m’indiqua qu’entre autres qualités, Constance chérissait le coït anal au point d’en dédaigner la pénétration vaginale, il m’apparut urgent et indispensable de la revoir avec mon complice pour reprendre avec elle là où nous en étions, c’est-à-dire l’introduction et faire connaissance plus avant (et plutôt derrière, vous m’avez compris). (suite…)

[1334] Rock-en-Seine 2016, jour 3 (Mie)

V’là l’bon vent, v’là l’joli vent
V’là l’bon vent, ma mie m’appelle,
V’là l’bon vent, v’là l’joli vent
V’là l’bon vent, ma mie m’attend.

À défaut de Mie, j’ai rendez-vous pour cette troisième et dernière journée avec Cora. Cora n’est pas vraiment une amante, même si nous avons « consommé » une fois – c’était il y a si longtemps. Disons que c’est un flirt, du genre flirt adolescent, d’une époque où l’on se fait encore une montagne de nos envies sexuelles et qu’y céder représente un terrible obstacle à franchir. Même si ça ne me déplairait pas, je n’imagine pas Cora m’attraper par la main pendant un concert, la nuit enfin tombée, pour m’emmener dans un recoin isolé, déboutonner mon short pour happer mon sexe qui n’attendait que ça. Mais Cora fait une accompagnatrice plus excitante que ma bande de potes buveurs de bières ou un twittos, fut-il influent. (suite…)

[1333] Rock-en-Seine 2016, jour 2 (Raie)

Après une nuit médiocre, j’entame mon samedi avec l’accomplissement de tâches domestiques, à commencer par la corvée hebdomadaire des courses, corsée par le combo « courses scolaires » pour la cadette. Je vous livre un scoop : on n’a toujours pas trouvé un moyen simple et rationnel de classer les cahiers en fonction de la taille des carreaux, de leur dimension et du nombre de pages.

Avant de rejoindre le site de Rock-en-Seine, je passe à la pharmacie m’acheter une ceinture lombaire (j’ai entre-temps trouvé des cachetons pour soulager et détendre mon dos). J’ai l’impression de me sentir diminué, entre mon dos douloureux et ma fatigue. Mais cette journée allait m’insuffler une belle énergie et j’allais finalement en profiter bien plus que la journée précédente.
Cette fois-ci, je ne m’embrouille pas et me gare directement là où il faut, marche directement dans la bonne direction et arrive rapidement à l’entrée. Je préviens le vigile chargé de la palpation à l’entrée que je porte une ceinture lombaire, afin de ne pas me faire plaquer au sol comme un dangereux terroriste. Le gars me souhaite une bonne journée et je sens dans sa voix une pointe de compassion. La fouille n’est pas plus minutieuse que les années précédentes. Aujourd’hui comme hier, on me laisse entrer avec ma bouteille d’eau sans en enlever le bouchon (je pense que des consignes de tolérance ont été données en raison de la canicule) ni même renifler son contenu. (suite…)

[1332] Rock-en-Seine 2016, jour 1 (Dos)

Cette année encore, je commandais mon pass 3 jours pour le festival Rock-en-Seine dès la mise en vente, permettant ainsi aux organisateurs de faire un peu de trésorerie tout en ayant l’impression de faire une affaire. À 99 €, cela fait 33 € par jour pour une flopée de concerts, je trouve ça plutôt abordable (d’autant que le prix d’une place pour un concert a maintenant vite fait d’atteindre ce genre de montant, voire pire).

Du coup, l’annonce de l’affiche est toujours l’occasion de surprises allant de « connais pô » à « wéééé super » en passant par « ah tiens ! ». Pour moi, la grosse tête d’affiche cette année allait être Ghinzu que je rêvais de voir en concert depuis des lustres sans en avoir encore eu l’occasion. Pas assez célèbres pour être tête d’affiche en fin de soirée, ils étaient programmés sur la scène de la cascade … juste avant Iggy Pop mais n’anticipons pas !

Nous sommes donc vendredi 26 août, j’ai posé ma ½ RTT pour disposer de mon après-midi, je suis passé chez moi pour me changer (bermuda obligatoire avec les 3 jours de forte chaleur promis par la météo – ce ne sera pas un festival humide) et, anticipant des mesures de sécurité que j’imagine drastiques cette année compte tenu du risque d’attentat, je renonce à tenter d’introduire clandestinement ma traditionnelle flasque de rhum arrangé.

À l’approche du Pont de Saint-Cloud en scooter, je me retrouve coincé dans de gros embouteillages. La zone où je me gare habituellement a été bloquée à la circulation et dans un beau moment d’irrationalité, je me dis que je vais tenter l’entrée du festival côté Pont de Sèvres. Je gare mon scooter dans une zone dédiée aux deux roues et je fais la queue avec d’autres personnes jusqu’au moment où nous finissons pas comprendre que cet accès est réservé aux V.I.P., presse et aux personnes en charge de la restauration. Demi-tour, donc, mais au moment où je me baisse pour ramasser mon sac, crac !, un éclair me déchire le bas du dos : je me suis fait un tour de reins, ce qui augure d’un festival un peu douloureux. La douleur restant largement supportable, je remonte les quais de Seine pour retourner jusqu’au Pont de Saint-Cloud où je finis par trouver où me garer sans trop de mal. À pieds, je zigzague dans un interminable labyrinthe de barrières au sein d’un dense dispositif policier pour arriver à l’entrée où, malgré une double fouille des sacs, j’entre facilement sans subir une longue file d’attente.

Première petite déception : cette année, on ne trouve pas de programme détaillé (celui où Jean-Paul Huchon se fendait toujours d’un petit édito rock ‘n roll – à croire que Pécresse ne trempe que dans les rallyes versaillais) mais juste un plan avec la grille horaire des concerts. Pour le détail des groupes – que je compulsais rituellement une fois sur place, le premier jour, pour composer mon programme de concerts en fonction de ce qui était dit des uns et des autres –, il faut se reporter à l’application sur son smartphone. Soit !

Et la grande nouveauté de cette édition, c’est le cashless. Chaque festivalier est doté, à son entrée, d’une puce NFC arrimée à son bracelet, laquelle permet de servir de porte-monnaie électronique sur tout le festival. J’ai fait mon inscription à l’avance (pour pouvoir bénéficier des 5 € offerts par Paypal aux premiers inscrits) mais, par acquit de conscience, je passe au stand cashless vérifier que tout est bien en ordre. Et puis poser la question clé : puisque j’ai opté pour le rechargement automatique de mon porte-monnaie, qui se déclenche dès que je passe sous le seuil des 5 € de crédit disponible, que se passe-t-il si je dois faire un achat supérieur au montant du crédit restant ? Autrement dit, le rechargement se fait-il automatiquement et silencieusement dès que nécessaire. On me dit que oui… mais la suite prouvera que non.

À dessein, je n’ai pas déjeuner, de telle sorte que je puisse profiter des quelques bons stands de bouffe qu’on trouve sur le festival. Les food trucks proposent souvent la meilleure gamme en qualité. Je commence par mon petit chouchou depuis 2014, the sunken chip, un fish ‘n chips de qualitay. Avec ma bière, je me pose dans l’herbe pour déguster mon poisson frit et sa purée de petits pois (j’ai renoncé aux chips, il fait trop chaud !) tout en composant mon programme entre papier et téléphone. Pas besoin de bouger pour le premier concert, ce sera Theo Lawrence sur la scène de l’industrie. Un rock de bonne facture que j’écoute avec plaisir tout en profitant de ma bière fraîche, de mon bon repas, tout en laissant se reposer mon dos.

Quelque temps plus tard, je reçois un SMS d’un de mes potes (que je croise à chaque édition) qui arrive sur le site et me rejoindra bientôt. On papote en écoutant Logic de trop loin pour que je puisse vous en dire quoi que ce soit.

Après quoi, direction la grande scène pour le premier concert de la journée attendu avec impatience, celui de Caravan Palace qui avait enflammé Rock-en-Seine en 2012. Des potes de mon pote nous rejoignent mais ne goûtent pas trop le swing électro-rétro du groupe et fileront, dès que l’heure aura sonné, écouter Slaves à l’autre bout du site. Moi, je reste, mais je dois reconnaître que je ne suis pas emballé autant que je l’espérais. Une Twitta, réagissant à ma déception, m’indiquait que les derniers albums du groupe n’avaient pas le charme des premiers. CQFD. (J’en profite pour signaler que l’intégralité de mes gazouillis sur le festival peuvent se lire ici.) J’attendais toutefois la fin du concert avant de rejoindre la scène pression live pour voir Slaves et là, j’avoue que mes oreilles furent ravies de profiter de l’énergie de ce groupe sur scène. C’était bon (mention spéciale pour le titre The Hunter qui clôt le set avec une belle pêche). Je vous l’offre à écouter ici, même si, comme je l’ai lu dans une critique de disque sur Amazon : c’est meilleur en live qu’en studio.

First time, great surprise: really loved it, crude and genuine. Nice talking: « We love E.U., We Love You, Fuck Brexit ». Love you too Slaves.

— Un festivalier (commentaire auquel j’adhère pleinement)

C’est reparti pour traverser dans l’autre sens le domaine de Saint-Cloud pour aller écouter Bastille à nouveau sur la grande scène sans trouver, à leur écoute, un sens différent à ma vie. Mon dos commence à me faire douiller et c’est désolé de ne pas pouvoir me remuer que je vais écouter Birdy Nam Nam. Quel gâchis ! C’était bon, et vraiment un crève-cœur que de ne pas pouvoir me trémousser sur leur beat. Mention spéciale quand même au groupe qui a répondu à mon tweet. C’est cool. Au même moment, Royal Republic faisait un concert dont j’ai entendu vraiment beaucoup de bien. Parfois, Rock-en-Seine oblige à des choix cruels.

Je vais ensuite traîner ma vieille carcasse du côté de la grande scène pour le premier concert de clôture, il s’agit de The Last Shadow Puppets dont je ne connais pas grand chose et que j’écouterai sans ravissement. Je ne me souviens même pas l’avoir vu jusqu’au bout, je pense que j’étais impatient d’aller me reposer pour entamer au mieux la journée numéro deux. Une grosse journée m’attendait…

Le chanteur-batteur de Slaves, photo de Lise Olsen
Slaves en concert au Festival Rock en Seine, Domaine National de Saint-Cloud, le 26 août 2016

Mon top 3 du jour :

  1. J’aurais bien dansé mais j’ai raté la moitié du concert : Slaves
  2. J’aurais bien dansé mais j’avais le dos en compote : Birdy Nam Nam (« Dance or Die », qu’y disaient…)
  3. J’aurais bien dansé mais ça manquait de gnaque : Caravan Palace

Source de l’illustration : Soundofbrit.

[1331] Black (Emperor) Sabbat

Godspeed you! Black Emperor! au TrianonLes huit musiciens de Godspeed You! Black Emperor! s’installent un à un sur la scène du Trianon. Je suis dans le public, ravi de les voir pour la première fois en live après les avoir malencontreusement raté l’an dernier lors de leur précédent passage parisien.

Sans un mot, chacun règle ses instruments et les mélodies confuses qui s’échappent nous plongent déjà dans l’ambiance.

Je visualise deux cercles concentriques sur lesquels ils sont disposés, tous tournés vers le centre localisé au milieu de la scène, comme autour d’un feu de camp où, en guise de foyer, brûle une forêt d’enceintes retour de scène.

S’invite à cette bucolique veillée un vidéo-jockey, pardon, un super-8-jockey armé de quatre projecteurs et d’une ribambelle de films argentiques qu’il va mélanger, torturer en les passant dans tous les sens imaginables, filtrer, allant même jusqu’à les faire cloquer de chaleur, sous nos yeux ébahis, en guise de chamallows.

Finalement, pas plus de synthétiseurs pour tisser les nappes de son que de logiciel pour bidouiller des effets vidéo, GY!BE! fait dans le vintage, comme s’ils arrivaient tout droit des années 70. Époque d’où pourrait venir leur rock progressif, qui n’est pas sans évoquer quelques expérimentations pinkfloydiennes, s’il n’était pas un peu plus difficile à étiqueter. « Post-rock », « rock expérimental », « rock instrumental », « drone », « dark ambient », Wikipedia hésite ! La construction des morceaux est souvent la même : cela commence avec la superposition des instruments, en boucle, construisant une structure répétitive et planante qui a tôt fait de nous hypnotiser pendant les dix ou vingt minutes où elle va subtilement muter jusqu’au point de rupture qui va nous sortir de notre rêverie, quand le rythme va brutalement s’accélérer, que les deux batteurs vont simultanément cogner sur leurs instruments, comme un orgasme résultant d’un long et patient massage. Le public plane, le public jouit. On voudrait que cela ne cesse pas. Que les rappels se succèdent (sachant qu’un morceau dure vingt minutes, nous n’en aurons qu’un seul ce soir-là).

Ou plutôt que l’on puisse se mettre à côté d’eux autour du feu pour s’immerger plus encore dans leur transe. Ou encore que l’on puisse s’allonger dans la fosse, qu’on aurait pour l’occasion couverte de matelas, pour faire l’amour ou dormir bercé par leurs mélodies.

Encore !

(Image empruntée sur pixbear)