[118] Mon amant

Allez, en musique !

 

 

Je ne sais pourquoi j’allais danser Probablement parce qu’il n’y avait pas grand-chose d’autre comme distraction
À Saint-Jean au musette, Saint-Jean-de-Losne, chef-lieu de canton de la Côte d’Or, 1476 habitants ?
Mais il n’a fallu qu’un seul baiser Comme ça, là, hop, il déboule et il te le fauche, ni vu ni connu j’t’embrouille ? À d’autres ! Avoue que tu l’avais un peu agiché au moins…
Pour que mon cœur soit prisonnier. Eh ben, il lui en faut pas beaucoup à celle-là pour succomber.
Comment ne pas perdre la tête, Non mais quelles mythomanes, les nanas, c’est pas croyable. Lui, il fait quoi, il la mate, on ne sait pas à quoi il pense. Si ça se trouve, il se dit que cet enfoiré de garagiste (de Saint-Jean) lui a filé un putain de coup de bambou lors de la dernière révision, ou alors elle a un point noir qui l’énerve, ou encore il a une coquetterie et elle ne s’en est pas rendu compte…
Serrée par des bras audacieux
Car l’on croit toujours
Aux doux mots d’amour
Quand ils sont dits avec les yeux
Moi qui l’aimais tant, Moi je dis que c’est facile à dire, « je l’aimais tant » (sous-entendu, lui, non). Elle était juste amourachée parce que c’était un beau gosse, c’est tout.
Je le trouvais le plus beau de Saint-Jean, Saint-Jean-du-Gard, chef-lieu de canton du Gard, 2619 habitants ?
Je restais grisée Ben voyons. Complaisons-nous dans le rôle de la femme victime. Le mec, il l’embrasse, et elle, elle se laisse faire, elle est sans défense, la pauvre. Comme s’il ne fallait pas être deux pour s’embrasser.
Sans volonté
Sous ses baisers.
Sans plus réfléchir, je lui donnais Sans vouloir être mauvaise langue, on n’a pas beaucoup vu comment elle a réfléchi auparavant. Ça ne saute pas aux yeux.
Le meilleur de mon être Oh oui la jolie métaphore. Je te donne ma fleur (encore que, l’histoire ne dit pas si elle était fraîche) et après n’espère rien de plus.
Beau parleur chaque fois qu’il mentait, Pffff, ça s’arrange pas. Qui te dit qu’il mentait, d’abord ? Et puis si tu « savais » comme tu le prétends, tu ne peux pas vraiment jouer la victime, non ?
Je le savais, mais je l’aimais.
Comment ne pas perdre la tête, Notez, amis lecteurs, que la narratrice n’hésite pas à se contredire en l’espace de deux vers. Juste au dessus, elle dit qu’il mentait mais qu’elle le savait. Et là, tout le contraire, qu’elle y croyait toujours. Faudrait savoir ? Il ment ? Il ment pas ? T’y crois ? T’y crois pas ?
Serrée par des bras audacieux
Car l’on croit toujours
Aux doux mots d’amour
Quand ils sont dits avec les yeux
Moi qui l’aimais tant, Des preuves ! Des preuves ! Des preuves !
Je le trouvais le plus beau de Saint-Jean, Saint-Jean-Pied-de-Port (ouais avec un t), chef-lieu de canton des Pyrénées-Atlantique, 1773 habitants ?
Je restais grisée Sans vouloir être mauvaise langue (quoi que, ça va finir par se voir), je me demande si cette nana-là n’abuserait pas aussi de la piquette pour être grisée comme ça non-stop.
Sans volonté
Sous ses baisers.
Mais hélas, à Saint-Jean comme ailleurs Saint-Jean-de-Daye, chef-lieu de canton de la Manche, 611 habitants ?
Ailleurs ? Parce qu’elle a mis les pieds ailleurs que son petit bled ??? Ça m’étonne…
Un serment n’est qu’un leurre Dans « serment » il y a « ment ».
J’étais folle de croire au bonheur, Ah ben oui, je confirme, faut être un peu tarée pour croire au bonheur quand on sait que l’autre ment.
Et de vouloir garder son cœur. Encore que moi j’aimerais bien avoir sa version, au beau gosse. M’est avis qu’il était sincère mais qu’au bout de la 224ème fois où elle lui a demandé « Dis, c’est vrai que tu m’aimes ? », il a dû commencer à en avoir un peu marre de cette meuf.
Comment ne pas perdre la tête, Finalement, la nymphomane du village, elle a un petit côté touchant, non, avec ses faiblesses dans lesquelles tout le monde se reconnaît. Non ?
Non ! Je sais, je suis un sans-cœur. Qu’elle se fasse soigner !
Serrée par des bras audacieux
Car l’on croit toujours
Aux doux mots d’amour
Quand ils sont dits avec les yeux
Moi qui l’aimais tant,
Mon bel amour, mon amant de Saint-Jean, Saint-Jean-Soleymieux (là où a été composé le célèbre « Ô Soleymieux »), chef-lieu de canton de la Loire, 581 habitants ?
Il ne m’aime plus Je ne voudrais pas dire mais ça sentait mauvais dès le début cette histoire.
C’est du passé
N’en parlons plus. Ben tu parles, dans ton bled, ça doit encore jaser. Ça t’arrangerait bien qu’on ne raconte pas partout que la Germaine en a encore fait fuir un.

 

Signalons au passage qu’on trouve dans le texte original une variante un peu datée du texte présent dans la reprise de Tue-Loup [EDIT du 27/11/07 : remplacée par une autre version car celle de Tue-Loup n’était plus en ligne /EDIT] proposée à votre écoute :

Je ne sais pourquoi j’allais danser
À Saint-Jean au musette,
Mais quand un gars m’a pris un baiser,
J’ai frissonné, j’étais chipée

(…)

Ce qui ne change absolument rien au fond de l’affaire.


Special thought to J***, mon amante de Sainte-Xavière à Saint-Bérenger.

[104] Championne du monde

medium_257px-Serhij_Bubka.jpgAperçu ce matin en devanture du kiosque à journaux ce titre à la une de je-ne-sais quel magazine porno « Brigitte Bui – Sa prochaine étape : un gang-bang ». Brigitte Bui, je ne la connais ni des lèvres, ni des dents, comme dit ma femme (c’est un jeu de mot sur l’expression je ne la connais ni d’Ève ni d’Adam — je précise à l’attention de ceux qui ne la connaîtraient pas  — et que j’ai trouvée assez appropriée dans ce contexte : cette Brigitte, je ne connais pas ses lèvres — ce qui est peut-être à déplorer — ni des dents — ce dont il faut probablement se réjouir, surtout après avoir lu cette histoire).

J’ai trouvé ce titre pathétique. Je ne suis pas pornophobe, mais j’ai senti à travers ce titre la misère de ces travailleuses du sexe.

J’ai pensé à ces champions de saut à la perche, comme Sergueï Bubka, qui pourraient sauter plus haut qu’ils ne le font, mais ne repoussent que progressivement les records du monde, pour gérer leur carrière dans la durée, rentabiliser leur talent (et ils ont certainement raison de le faire).

Notre nouvelle B.B. nationale (?) jalonne donc sa carrière de forçat du cul et sa prochaine étape, c’est donc le gang-bang. Formidable ! Je suppose que les étapes précédentes devaient être assez classiques (mon premier porno : je me masturbe en poussant des petits oh, mon second porno je suis prise par tous les trous), parce que le gang-bang, c’est éculé, non ?

« En effet , nous confie son entraîneur, Brigitte va ensuite passer à la vitesse supérieure ». Il nous dévoile, en exclusivité pour mon burp, le programme prévisionnel de ses futurs exploits :

  • 2007 : BB suce le gagnant du Grand Prix de l’Arc de Triomphe (quand on demande plus de précision pour savoir s’il s’agit du cheval ou du jockey, l’entraîneur nous répond avec un clin d’œil qu’en tout cas il sera bien monté)
  • 2008 : BB essaye de battre le record de la canicule 2006 et fait succomber (l’extase sur les lèvres) 55 vieillards déshydratés sous ses coups de reins.
  • 2009 : BB se fait enculer par l’obélisque place de la Concorde et entre définitivement dans la légende.

Bonne chance à toi, Brigitte.

 

[101] Vainqueur par K.O.

(Le retour de monsieur le donneur de leçons, histoire de ne pas laisser en désuétude cette catégorie de mon burp)


La langue française, peu avare en homonymes, nous en a offert un joli couple en la personne (?) de cahot et chaos.

Quelques définitions en provenance du TLFI dont je ne dirai jamais assez de bien :

CHAOS, subst. masc. (du grec χάος)
A. COSMOGONIE
1. MYTH. GR. Espace immense indifférencié préexistant à toutes choses, et notamment à la lumière.
2. [Dans la tradition judéo-chrét.]
a) État vague et vide de la terre avant l’intervention créatrice de Dieu :
b) [P. amalgame avec le concept gréco-lat.] Confusion initiale, indifférenciée et informelle de la matière et des éléments, antérieure à l’organisation du monde par l’intervention de Dieu (cf. Genèse). Chaos primitif.
B. P. anal.
1. État d’enchevêtrement, d’amalgame d’objets nombreux et hétéroclites; p. méton., amas d’objets confus et désordonné.
2. Au fig. Ce qui est ou semble inorganisé, désordonné, confus, parfois incohérent ou obscur.

 

CAHOT, subst. masc.
A. Soubresaut, secousse que l’on ressent à l’intérieur d’un véhicule roulant sur un terrain inégal, accidenté
P. méton. Accident de terrain qui provoque le cahot. Les cahots d’un chemin, éviter les cahots.
B. P. métaph. ou au fig.
1. [En parlant d’une pers.] Inégalités du comportement
2. [En parlant d’une chose concr. ou abstr.] Difficultés
Comme tu le vois, ami lecteur n’ayant par miracle pas encore renoncé à lire plus loin cette note, ces deux mots ont des sens différents, mais on relève entre eux une certaine proximité sémantique. Chaos comme cahot, c’est un peu bordélique. Dans l’échelle du désordre, chaos est grand vainqueur (par K.O. — il n’est pas drôle mon titre ?) et avale le petit cahot.

Comme le dit d’ailleurs le TLFI avec une précision toute dictionnariale que je n’ai pas :
Rem. Chaos est sémantiquement voisin de son homophone cahot, d’où contamination. On entend le grincement des roues, le bruit de clapotis des comportes pleines de fruits, qui sursautent au chaos du chemin (PESQUIDOUX, Le Livre de raison, 1928, p. 222).

Rem. On rencontre ds la docum. le dér. cahotique, adj. Soumis à des cahots, cahoté.
L’existence de cet adj. est peu sûre à cause de l’homon. et de la fréq. synon. avec chaotique.
Là où je voulais en venir (ben oui parce que malgré tout le laïus qui précède, je ne suis pas encore arrivé au cœur du sujet), c’est à propos non pas de ces deux mots mais de leurs dérivés chaotique et cahoteux (ou encore le peu sûr — comme dit mon Trésor — cahotique. Notons au passage qu’à partir du moment où ce mot est écrit, repris, on ne peut plus douter de son existence. On peut douter de sa pertinence, de sa justesse étymologique et tout le tsoin tsoin, le traiter de barbarisme, le mettre au ban de la Société des Bons Mots, mais douter de son existence, c’est salaud, surtout après le beau boulot effectué par Prévert :

Brunehaut sous ton image une légende épique
Précise tes derniers moments cahotiques
Et traînée par un cheval indompté
Tu entres dans l’histoire en pièces détachées 
Paroles, 1946.
Donc, ce que je pleure, c’est le délaissement de ce joli adjectif : cahoteux (voire du sulfureux cahotique) au profit de ce goinfre de chaotique. Tout est rapidement qualifié de chaotique — un bordel innommable, donc — quand parfois un cahoteux suffirait. Un peu de mesure en toute chose. Pas besoin d’être hyperbolique, excessif, ampoulé, emphatique, enflammé, pompeux au moindre petit pet de travers sur votre bonhomme de chemin.
Ami lecteur, ami burpeur, si tu veux me faire plaisir, utilise le mot cahoteux ou chaotique à bon escient dans une prochaine note et viens-en faire la publicité ici !

[99] Nadia

medium_saudek05-01.jpg21:02 J’arrive, avec une ponctualité de quasi-névropathe, dans le bar où nous nous sommes donnés rendez-vous. J’ai choisi à dessein le F***, où j’ai déjà eu l’occasion d’y vivre quelques moments désormais parvenus au statut de jolis souvenirs. Je ne crains pas que l’aura des deux filles qui t’auront précédée ne contamine l’impression que tu me donneras. Je ne t’ai évidemment pas parlé de ce passif, il t’aurait peut-être déplu, je ne sais pas. Il est là plus pour me donner un peu de courage et d’optimisme sur l’issue de notre rencontre.
Et puis ce n’était pas loin de ton travail.

21:04 J’ai fait un tour rapide de la salle, pour essayer de t’y repérer. Je ne sais pas à quoi tu ressembles exactement physiquement. Toi non plus. Nous n’avons pas échangé de photo. Nous nous sommes juste dit comment nous serions habillés. Et puis j’ai dans mon esprit une sorte de portrait robot, hors de propos, certainement, que mon imagination a construit. Nous avons tous les deux accepté ce risque d’être déçus. Quelles qu’en soit les circonstances, toute rencontre comporte ce risque, photo ou pas. Tu n’es pas dans la salle, ou alors je ne t’ai pas repérée. Je m’assois à une table où, j’espère, nous serons suffisamment tranquilles.

21:07 Je commande au serveur un Ti punch. Je me dis qu’il me faudra bien ça pour faire tomber les épaisseurs de briques de ma timidité. J’en ai fait, pourtant, des rencontres, depuis 20 ans que ça dure ; j’arrive aujourd’hui à paraître désinvolte, à l’aise, à parler de tout et de rien, de choses superficielles comme de choses profondes. Mais je ne sais toujours pas être en confiance. (suite…)

[94] Un petit divertissement

Ce n’est pas tant que l’inspiration me manque ; c’est plutôt que j’ai à vous faire découvrir une œuvre selon moi encore trop méconnue [Nota : après vérification, tout de même 130 occurrences dans Google, je ne me ferai pas si facilement passer pour un Christophe Colomb de la poésie oulipienne], quand les jeux de George Sand et d’Alfred de Musset se sont, eux, déjà largement couverts de gloire.

Le poème naïf qui suit est de Paul Adam (romancier français, 1862 – 1920) :

La première fois quand je l’ai vue
J’ai tout de suite remarque son regard
J’en étais complètement hagard

Dans ce jardin du Luxembourg
Je me suis dit: Faut que je l’aborde
Pour voir si tous deux on s’accorde

J’ai déposé mon baluchon
Alors j’ai vu tes gros yeux doux
J’en suis dev’nu un peu comme fou

Quand je t’ai dis que tu me plaisais
Que j’aimerais bien te revoir
Tu m’as donné rendez-vous le soir

Et je t’ai dis: Oh Pénélope
Que tu étais une sacrée belle fille
Que je t’aimerai toute ma vie

Quand dans ce lit de marguerites
Tu m’as caressé doucement la tête
Ma vie entière est une fête

Et sous les regards de la foule
J’ai posé ma main sur ta main
Vous voyez bien que ce n’est pas malsain

À l’ombre des eucalyptus
Je t’ai dit: je veux que tu me suives
Je te sentais d’humeur lascive

Alors comme ça dans les tulipes
Tu m’as fait une petite promesse
Gage d’affection et de tendresse

Si notre amour devait céder
Je n’aurais plus qu’à me faire prêtre
Je ne pourrai jamais m’en remettre

Car si un jour notre amour rouille
Je m’en mordrai très fort les doigts
Chérie vraiment je n’aime que toi

ornement

Naïf mon œil ! Changez maintenant la fin du second vers de chaque strophe, avec ce qui vous traversera l’esprit, de manière à ce que la rime se fasse non plus avec le dernier vers, mais avec le premier.

[93] L’arme absolue

medium_Firefox.gifQue constaté-je avec stupeur dans mes statistiques hautes et fortement détaillées ?
Que 50% de mes  — dois-je l’avouer ? encore rares — visiteurs naviguent avec Firefox. Alors là, ami lecteur, tu m’épates. Alors que la moyenne nationale n’est que de l’ordre de 18% (sur la part de marché réelle de Firefox, on trouve selon les sites différents pourcentages ;  ce billet sur MozillaZine n’indique une part de marché que de l’ordre de 12% en France).

Bon, quand je dis 50%, j’exagère un peu. C’était surtout vrai le premier mois d’existence de mon burp, quand je devais en être le quasi-unique lecteur.

Les statistiques ont un peu changé depuis, et Internet Explorer (I.E.) a repris le dessus, mais dans des proportions tout de même surprenantes. Juges-en plutôt, ami lecteur :

  • En mai 2006 : FF : 50,7%, I.E. : 21,5%
  • Sur le mois de juin 2006, on note :
    • 45,30% pour I.E. versus 43,08% pour Firefox dans les chiffres bruts de fonderie ;
    • 51,3% pour I.E. versus 48,7%, proportions réévaluées en ne prenant pas en compte les moteurs de recherche et autres outils de syndication
  • Sur le mois de juillet 2006, je relève :
    • 49,22% pour I.E. versus 30,22% pour Firefox dans les chiffres bruts de fonderie ;
    • 61,8% pour I.E. versus 37,9%, proportions réévaluées (le pauvre navigateur Opera atteignant 0,3%)

J’en tire les conclusions suivantes :

  • Plus l’audience de mon burp croît (et ça reste encore très raisonnable), plus la proportion de navigateurs IE se rapproche de la moyenne nationale (ce qui paraît assez logique)
  • Que néanmoins, la proportion de surfeurs équipés de Firefox reste largement au dessus de la moyenne nationale, et pour ça, ami lecteur, je te félicite, tu m’épates.

La suite de cette note s’adresse à mon aimable lectorat pas encore équipé de Firefox : un peu de propagande !

Ô toi, lecteur qui n’a pas cru bon de passer du côté argenté de la force, il y a probablement plusieurs explications possibles à ça :

  • La plus simple, la plus évidente, c’est que ça ne t’intéresse pas d’installer plein de nouveaux logiciels sur ton PC, que tu laisses ce genre d’occupations aux bidouilleurs, aux informaticiens, que tu utilises I.E. et que tu en es satisfait(e) (de fait, je ne trouve pas que ça soit un navigateur si mauvais que ça … mais … mais…)
  • La deuxième possibilité, c’est que tu es au bureau et que tu n’as pas le droit de changer de navigateur
  • La troisième… euh… ben j’en vois pas de troisième raison.

Si tu es dans la deuxième situation, je ne peux rien pour toi, mais si tu es dans la première, il me semble judicieux de porter à ta connaissance l’information suivante. Il s’agit d’un article qui cite les travaux d’une société belge :

Leur analyse démontre qu' »une version complètement patchée d’Internet Explorer était non sécurisée 98% du temps en 2004. Pendant 200 jours (54% du temps) en 2004, il y avait un ver ou un virus en liberté capable d’utiliser l’une de ces failles non patchées ». Pour Firefox, il y avait 56 jours en 2004 (15% du temps) où une faille connue n’était pas contrée par un patch, et zéro jour pendant lesquels un logiciel malfaisant était capable d’utiliser une de ces vulnérabilités.

Alors on pourrait croire que Firefox, c’est un machin pour informaticiens, un truc pour ceux qui maîtrisent à fond la question informatique alors que pas du tout, au contraire, c’est quelque chose qui va simplifier la vie de ceux qui n’ont pas justement suffisamment de compétences en informatique pour se protéger de toute la vérole qui circule sur Internet.

Moi qui suis — je le confesse — informaticien, je me suis retrouvé un jour à me battre pendant près de deux heures contre une saloperie de spyware/adware qui s’était installée sur mon PC alors que je naviguais avec I.E. sur hotmail (j’avais déjà installé Firefox, mais quand on accède à Hotmail depuis MSN Messenger, c’est I.E. qui s’ouvre automatiquement). J’étais persuadé qu’avec mes anti-virus, et les quelques mesures de sécurité que j’avais prises sur mon PC, j’étais à l’abri de ce genre de déconvenues, et bien pas du tout !

Je me suis dit, suite à cette mésaventure (j’ai installé le graticiel Spybot depuis, pour améliorer ma protection, que si moi, informaticien, j’avais mis tant de temps à me débarasser de cette saloperie retorse, alors probablement le néophyte n’avait lui aucun moyen de s’en sortir et devait subir, résignés, les fenêtres de publicité permanentes auxquelles nous expose généralement les adwares, quand ce n’est pas pire.

J’ai donc demandé à mes parents d’installer sur leurs PC Firefox, et c’est une bien meilleure protection que la désactivation de javascript et des cookies, manipulation douteuse qu’avait suggérée mon oncle (informaticien aussi, mais de la vieille école) qui rend impossible la navigation sur la plupart des sites en particulier d’e-commerce.

 

Pour être objectif, il y a tout de même quelques petits inconvénients à Firefox, mais qui ne pèsent pas bien lourds face aux avantages déjà avancés.

D’abord, la connaissance de l’anglais est un plus pour en exploiter toutes les possibilités : les pages décrivant les extensions sont majoritairement anglophones.
Mais :

  • il existe un site francophone qui présente le navigateur lui-même, et ses principales extensions ;
  • les extensions elles-mêmes sont généralement disponibles en français (mais pas toujours).

Ensuite, le copier-coller des tableaux entre Firefox et Excel ne marche pas super. J’utilise encore I.E. pour ce genre de rares besoins.

Il existe encore (mais de moins en moins) des sites qui s’affichent assez mal avec Firefox, et là encore, il est intéressant d’avoir I.E. sous la main, ou l’extension IE Tab qui est justement faite pour ça.

Allez hop, puisque tu as courageusement ingéré cette note fastidieuse jusqu’à son terme, au travail, il y en a pour 3 minutes, et je veux voir mes statistiques FF remonter dès le mois d’août !

[75] Le poids des mots

J’apprends par voie de presse que Jean-Marie Le Pen va devoir comparaître en justice, pour répondre des délits de « complicité d’apologie de crime de guerre » et de « complicité de contestation de crime contre l’humanité » pour avoir tenu dans l’hebdomadaire Rivarol (moi je ne connais pas cet hebdo, mais a priori c’est plutôt tant mieux) des propos où il aurait notamment jugée « pas particulièrement inhumaine ».

Je ne suis pas du genre à soutenir Le Pen, le roi de la provocation à mots généralement choisis, pesés et soupesés, mais sur ce coup-là, je ne vois pas comment on peut lui donner tort.

Je ne vois guère plus humain que la guerre.

Ou alors, si les Allemands n’étaient pas humains, faudrait me dire ce qu’ils étaient. Des gastéropodes ? Des aliens ? Des ectoplasmes ? Des chamallows ? Des (maxi-)monnnnnnnstres ?

Être humain n’empêche pas de commettre des crimes contre l’humanité.

Il s’agit même plutôt d’une condition sine qua non.

[73] Histoire n°3

Avant de lire cette troisième et dernière histoire d’O, as-tu comme promis lu l’introduction, puis la première histoire, enfin la seconde histoire ?


 

Élévation

 

Ce soir, je rentre avec O d’une soirée très agréable. Je conduis sa voiture, et nous nous rendons chez elle. Pendant tout le trajet, O n’arrête pas de caresser mon entrejambe et tient des propos lubriques. Évidemment, dans ces circonstances, je bous ! Je garde les deux mains sur le volant, avec la route gelée, je préfère jouer la montre. Voilà d’ailleurs, on arrive dans son parking. Elle joue de l’infra-rouge, je songe à l’ultra-violer.

On arrive sur son emplacement, j’effectue une rapide manœuvre pour me garer en marche arrière. « Passe moi ta culotte », je lui dis. J’ai oublié de préciser qu’elle portait ce soir des escarpins à talons interminables, du genre à me faire bander rien qu’en y pensant les yeux fermés, des bas résille prune (les filles sont complètement fashion victim, non ?), une jupe presque trop longue, qui lui arrivait aux genoux, et un joli petit pull qui tenait bien au chaud dans son maillage Woolmark la paire d’oranges adorée. En dessous, je ne savais pas encore. Mais il y a effectivement une culotte, puisqu’elle commence à onduler de la croupe, les jambes arc-boutées, tandis que ses deux mains vont rechercher le morceau de tissu réclamé. Au passage, elle a un peu relevé sa jupe, et je peux donc observer le haut de ses bas. Pas de porte-jarretelles, du Dim-Up. Du résille Dim-Up prune ! On n’arrête pas le progrès. Je dois être une sorte de geek, ce genre de trucs high-tech me font un effet bœuf (enfin, bœuf c’est vraiment pas le mot).
Elle me tend sa prise : une jolie culotte en dentelle sombre, avec quelques broderies brillantes. Je la renifle ostensiblement, une grande expiration incantation :  « Venez à moi les petites molécules ! » Elle est là, non seulement je la respire à grand nez, mais rien qu’au toucher, je sens l’humidité de sa mouillure. Alors, avec la même délicatesse de mon grand coup de pif, je sors ma langue, la plus pointue possible, et je lèche le tissu. C’est pas terrible, le goût du coton, mais c’est tellement cinématographique. O me regarde. Elle ne me dit pas « arrête ton cinéma », mais je sens une interrogation diffuse dans ses yeux. « Où veux-tu en venir ? ». Et toi, ma belle, où voulais-tu en venir, tout à l’heure, quand tu me rendais fou tandis que je ramenais nerveusement le carrosse au domicile de ma cendrillon ?

Je range la culotte dans la poche de ma veste. « Relève ta jupe ! ». O s’exécute (que pouvait-elle faire d’autre ?). « Écarte tes jambes ! ». J’approche mon visage de son sexe qui bée. Elle l’a rasé presque intégralement, il reste juste un fin triangle, comme la pointe d’une flèche qui montre le bouton. Sonnez et entrez !
Mon œil parcourt cette complexe anatomie, ces replis, coquillage, mille-feuilles, ce mystère qu’on ne se lasse pas de redécouvrir, sans jamais vraiment le connaître vraiment. Je pointe un des éclairages orientables du plafonnier vers son bas-ventre. Dans la pénombre de l’habitacle, la cyprine offre un reflet brillant sur l’un des pans de son sexe. Quel œil hypnotisera l’autre ?
Cela fait quelques minutes déjà que je contemple sa chatte sans dire un mot, ni faire un geste. O me regarde, silencieuse elle aussi. Je finis par dire « magnifique ! », puis je sors de la voiture, en lui lançant « tu viens ? », juste avant de refermer ma portière. Elle fronce un sourcil mais obtempère.
Nous marchons sans échanger d’autres paroles jusqu’à la cage d’escalier. Ses pas sont rythmés par le claquement vif de ses talons sur le bitume, qui résonne dans la nuit du parking. J’appelle l’ascenseur. La tringlerie se met en branle (curieux, comme le bruit de cette phrase est différent du bruit qu’elle décrit). Drôle, comme les bruits qu’on entend à peine le jour paraissent amplifiés la nuit. Je mets ça sur le compte de la vue, défaillante, qui passe le relais aux autres sens. J’ai l’impression que ce vacarme va réveiller tout l’immeuble. Viens, O, dans mes bras que je t’embrasse. Je t’ai prise par la taille, et je t’ai juste embrassée, O. Ta bouche est gourmande, mais ne sera pas rassasiée. L’ascenseur est arrivé. J’appuie sur le 4 de ton étage. Un bouton qui réagit sans état d’âme. Il s’allume. Les portes se ferment. Je plaque O face contre le miroir au fond de la cabine. « Lève tes mains ! Écarte les jambes ! ». Cette fois, c’est moi qui remonte sa jupe, qui dévoile une splendide paire de fesses. T’ai je dit que j’aimais tes fesses, O., leur galbe, leur rondeur ferme, ton cul qui me fait envie mais dans lequel je ne me suis pas encore aventuré ?
Ma main remonte le long de sa cuisse. Elle atteint le globe d’une fesse, qu’elle caresse pleinement. Elle redescend sur le sillon des fesses, effleure l’œillet, entre dans son sexe humide, sans difficulté. O frémit, se cambre sous la caresse, que je poursuis sur l’autre jambe. Maintenant, entre son cul et sa chatte, plusieurs doigts s’affairent, barbouillent de mouillure toute la zone. Dans son con, O sent désormais mon index et mon majeur, unis comme les deux doigts de la main, qui la fouillent, et, pas gêné, le pouce qui s’est invité en solo dans le passage étroit. Les petits gémissements d’O redoublent, et avec eux mon désir. Mon sexe gonflé tend le tissu de mon pantalon. Il devient un peu claustrophobe. S’il pouvait parler, il crierait « de l’air ! ouvrez ! laissez moi sortir ! laissez moi sentir ! laissez moi me frotter ».
Il ne parle pas, mais je le pense doué d’un pouvoir plus grand encore, il est télépathe, car, en pliant inconfortablement son bras, O lui tend la main, et, à travers les deux épaisseurs de mes vêtements, vient lui offrir une caresse apaisante. Sois tranquille, mon beau, ton heure viendra.

Depuis combien de temps sommes nous arrivés à l’étage ? J’ai le vague souvenir d’avoir entendu le bruit mécanique de la porte qui s’ouvrait, ou se refermait. Je me demande si l’ascenseur va repartir, appelé par un voisin en voie de devenir, pour toi O, soit un ennemi prêt à te darder des foudres de la vertu, soit un ami à l’œil lubrique et à la lippe baveuse dont tu te passerais peut-être ! O implore le dieu des syndics « sortons, on sera plus confortable sur mon lit », dit-elle. Peuh ! Quelle petite joueuse.
J’ouvre la porte de l’ascenseur, et nous sortons. O commence à chercher dans son sac les clefs de son appartement, mais je ne lui laisse pas le temps de les trouver. Je lui saisis brutalement les deux bras, au haut de ses poignets la force à s’infléchir, puis à s’agenouiller. Je rabaisse son torse vers le sol, sa tête également. La voilà prosternée, et sa joue se frotte contre le paillasson rêche, et je maintiens d’une main, par ses poignets ses deux bras dans le dos. O n’a pas protesté. Peut-être n’ose-t-elle pas faire de bruit, les voisins de palier n’ont pas tous le sommeil lourd, peut-être est-elle seulement muette de surprise, et prépare sa riposte.
Mais non, elle garde le silence, tandis que je relève sa jupe pour faire apparaître à nouveau son cul rebondi. C’est ma langue qui maintenant va honorer son œil. J’ai réuni les deux poignets de ma prisonnière pour les tenir d’une main et me libérer l’autre, dont j’ai grand besoin.
D’abord, pour écarter plus les cuisses d’O, et ouvrir l’accès à son sexe et à son cul.
Ensuite, pour la caresser. Ma main glisse sous son pull et atteint le globe de son sein droit ; je le pétris tendrement, pinçote le mamelon déjà durci, et prolonge ma caresse en redescendant le long de son flanc. Puis c’est autour des cuisses qu’elle se frotte, et remonte sur le sexe, entrouvre les lèvres de l’index et de l’annulaire, et habilement, faut bien le reconnaître, plonge le majeur au plus vif du sujet. Mon sujet, ma sujette, O, justement, laisse échapper de ses lèvres jusqu’alors silencieuses une interjection, homonyme….
Il faut dire que dans le même temps, ma langue s’est insinuée comme elle a pu à l’entrée de l’étroit conduit. Croyant deviner que je vais m’arrêter, déjà ? O m’implore : « continue ! ». Je poursuis, donc mon baiser de la langue, et mes doigts courent trouver de l’occupation dans la grotte voisine, elle aussi très accueillante… O ondule des reins, pour rythmer mes caresses.
J’abandonne un instant son con pour ouvrir mon pantalon et sortir mon sexe dressé. Ma main gauche retient toujours les poignets d’O, l’autre tient ma queue, et la dirige… Je m’amuse à la presser alternativement à l’entrée de ses deux orifices. Ma salive conjuguée à sa cyprine promettent pour chacun une entrée aisée, mais je préfère la voie classique. Je pénètre assez brusquement mon gland qui se fraye sans difficulté, comme prévu, un chemin. Puis, plus lentement, mais sans reculer, je m’enfonce complètement. Je reste un bref instant à éprouver la sensation de cette pénétration complète.
Cette confession vous semblera peut-être ridicule : je trouve le sexe d’O confortable. Un vrai bonheur !
Suffisamment large pour que mon sexe puisse aller et venir sans gêne, suffisamment étroit pour enserrer ma verge et lui offrir ces sublimes sensations, suffisamment profond pour qu’elle puisse s’enfoncer jusqu’au bout, sans craindre de faire mal à ma partenaire.

Avant de démarrer quelques mouvements de va-et-vient, je promène mes doigts sur les lèvres du sexe d’O, et je récolte leur mouillure, qui me sert à lubrifier encore un peu son cul que j’ouvre en douceur d’un doigt. Puis d’un deuxième. Je donne quelques coups de reins, mais O comprend que ce ne sera qu’un aimable préambule. Je me retire en effet, pour approcher maintenant la tête de mon sexe, bien raide désormais, et parfaitement lubrifiée, du seuil de sa rosace. Je m’y enfonce alors très doucement. J’ai lâché ses poignets, une main maintient mon sexe et guide sa progression lente, mais ferme, tandis l’autre ceinture O, passant sous son ventre, et s’accrochant à sa hanche. C’est comme pour t’empêcher de m’échapper, O, mais tu n’as pas l’air de vouloir renoncer, ma douce, à ce premier hommage sodomite que ma queue te rend. Tu grimaces un peu quand mon sexe commence ses premiers aller et retour, mais ton souffle devient de plus en plus rauque, et je vois une de tes mains, enfin libérée, prendre le chemin de ta chatte et la caresser au rythme de mes secousses.

Je me suis allongé sur ton dos, O, je te mords doucement l’épaule, puis l’oreille, où je susurre des petits mots qui resteront entre nous. Quand vient ta jouissance, explosive, les cris que tu n’as pas réussi à retenir ressemblent presque à des pleurs. Je jouis à mon tour, vite. Nous restons serrés l’un sur l’autre dans cette posture, un long instant, dans le silence. L’immeuble ne s’est pas réveillé, finalement. Ou alors, tout le monde a retenu son souffle, le cœur battant au rythme des nôtres, tendus sur la pointe des pieds, interdits par l’intensité de notre spectacle amoureux.
J’ai soif ! O m’invite à boire un verre.


Voilà, ami lecteur, le périple est accompli, tu as lu mes trois historiettes humides, tu peux donc nous dire quelle est ta préférée, et pourquoi !

[72] Histoire n°2

Avant de lire la seconde histoire, merci de passer jeter un œil à l’introduction, puis à la première histoire.

 


 

O et son double

Aujourd’hui, O est seule chez elle. Son amant l’a appelé, mais elle a prétexté une gastro (très efficace, très dissuasif la gastro comme alibi) pour rester seule avec elle-même.
Peut-être recommencera-t-elle demain.

Elle prend un long bain, trop chaud, mais elle ne peut pas s’en empêcher, et s’amuse avec un galet effervescent qu’elle a coincé sous la naissance de ses cuisses. Une caresse, une chatouille, à peine perceptible… Elle s’abandonne lascive, dans ses pensées, ouvrant les yeux, les fermant parfois… Elle se remémore quelques moments passés avec son amant, sa rencontre avec lui, un jour où pourtant elle était particulièrement remontée contre la gent masculine ; il avait su faire preuve d’une douceur si surprenante.

Parfois sa main s’aventure sur son corps. Entre savonnage et caresse, parfois elle se caresse le sexe, pour aviver la piqûre de certains souvenirs, mais elle ne s’abandonne pas à son plaisir, le laisse décroître, et continue sa promenade dans ses pensées.

Elle pense aussi à Pierre, son amant précédent. En réalité, il y en avait eu un autre dans l’intervalle, mais tellement pitoyable, O ne veut même pas y penser. Pierre avait été une parenthèse magique dans son existence, trop courte. Mais elle le savait dès le départ. Pierre avait révélé en elle un pouvoir et des envies qu’elle aurait farouchement repoussées de la main si on lui en avait parlé seulement un mois avant sa rencontre avec Pierre. (Un peu comme votre serviteur : « moi, voter Chirac ? et pis quoi encore ? » — ben encore : avec une procuration, donc deux fois mon coco — Ca va les mecs, ne débandez pas je continue ;-) [Eh oui, ce texte date de 2002, NDLR]

O sort de son bain, un peu troublée par les rivages où ses rêves l’ont fait échouer, contemplant le chemin parcouru par elle en si peu de temps. Sa vie sexuelle était passé d’une suite de moments plus ou moins roses — ou moroses — selon la qualité de ses amants, à un torrent de découvertes qui l’emportait, lui faisait mal, la sublimait…

Elle enfile son peignoir, s’essuie à peine les jambes, et se rend à son salon. Quelques gouttes d’eau tachettent sa moquette ; elles sécheront vite.
Elle glisse dans sa platine un ancien CD des Cocteau Twins, et s’allonge sur son canapé pour poursuivre ses rêveries.

O choisit de se rappeler sa découverte du bondage. Un jour, son amant lui avait bandé les yeux. Jusque là, O ne savait pas jusqu’où ce jeu allait l’amener. Les yeux bandés, elle connaissait, elle avait d’ailleurs souvent eu l’occasion de vivre cette situation où, privée de la vue, elle voyait (!) ses autres sens exacerbés. En premier lieu, le toucher. Chaque caresse, venue d’on ne sait où, surprend comme un fer rouge. L’ouïe également, l’oreille aux aguets pour savoir où se trouve l’ennemi, essayer de deviner où il va frapper ! Mais cette fois-ci, O, les yeux bandés, n’avait pas deviné ce qui allait lui arriver. Son amant l’avait couchée sur le lit, et l’avait embrassée, caressée… Elle aussi l’embrassait, mais à chaque fois qu’elle voulait poser ses mains sur son corps d’homme, il les repoussait brutalement…

Puis, quand il avait senti que son excitation était assez grande (en fait, O avait cette faculté à ne laisser aucune ambiguïté sur la force de son désir, son sexe était vite très très humide), il avait saisi ses poignets et les avaient noués d’un foulard. Les foulards étaient doux, mais le nœud était serré.

Les mains entravées, O avait entendu son amant s’affairer dans le placard et se demandait avec un mélange de crainte et d’excitation ce qu’il aurait dans les mains en revenant…

Pendant qu’O se laisse aller à cette rêverie rétrospective, elle promène sa main sur son corps. Son peignoir bâille largement, découvrant un de ses seins, et comme elle avait les jambes un peu écartées, son sexe est lui aussi ouvert à tous les regards — malheureusement, personne à part O, pour profiter du spectacle.

O fait avancer sa main sur son ventre. Elle ne s’attarde pas sur son pubis lisse. Parfois, elle regrette de ne plus pouvoir promener ses doigts dans sa toison, brune, abondante, mais son amant l’a astreinte à l’épilation totale. Son sexe n’est plus tout à fait le même ainsi. Comme s’il avait changé de personnalité. Elle ne s’attarde pas sur son pubis, donc, et atterrit vite sur son sexe. D’abord, de la pointe du majeur, elle frôle de haut en bas, puis de bas en haut, ses deux grandes lèvres, effleure le clitoris, puis plus violemment elle plonge son doigt (instant majeur !) en elle. Alternant l’intensité de ses caresses, elle reprend le fil de son souvenir.

O sentit alors que son amant glissait entre ses poignets une corde. Quelques tours, puis un nœud. Il lui leva les bras, et ses mains désormais touchaient les barreaux du lit. Presque par réflexe, elle les empoigna, et c’est dans cette position que son amant lui ligota ses mains aux barreaux du lit. O ne pouvait plus les bouger. Son amant avait astucieusement serré les liens ; suffisamment lâches pour que le sang circule, mais dès qu’elle faisait mine de vouloir s’en libérer, l’entrave était complète. Avec une autre corde, l’amant enserra ensuite sa cheville (non sans l’avoir auparavant embrassée), qu’il attacha à l’autre bout du lit, puis inévitablement l’autre jambe connut le même sort.

Si ses bras étaient l’un contre l’autre, ses jambes étaient en revanche, bel et bien écartées, et O fut un instant honteuse d’offrir ainsi son sexe ouvert, bien qu’elle n’aurait en aucune façon pu adopter une pause moins indécente.
O sentit ensuite les mains de son amant parcourir son ventre, ses jambes, ses bras, sa nuque. Il avait des mains à la fois fines et puissantes, O les avait remarquées dès sa rencontre ; à l’œuvre sur son corps, elles tenaient toutes les promesses qu’O avait imaginées d’elles. Tout son corps était caressé, sauf son sexe, pourtant il appelait le contact. O mouillait. O voulait qu’un doigt, une main, un sexe, comble ce vide, vite. Mais l’attente continuait, la fièvre montait, O avait envie de crier « prends moi ! baise moi ! »… Bientôt ce fut la bouche de l’amant qui se joignit au ballet de ses mains, mais toujours fuyant l’origine du monde, malgré quelques passages en haut des cuisses, là où la peau est si douce et si vibrante.

Au moment même où O se souvient du premier contact de la bouche de son amant sur son corps immobile, elle est foudroyée par son premier orgasme qui part comme un spasme de son ventre pour remonter jusqu’à l’échine. Elle regarde sa main, elle a presque l’impression que ce n’est plus elle qui la pilotait tandis que défilait dans son crâne le film de cette nuit fondatrice. Elle constate presque honteuse que son con a englouti quatre de ses doigts. Sa cyprine fait briller ses jambes jusqu’à mi cuisse… Elle fait une petite pause dans ses souvenirs, se caresse encore, et s’offre rapidement un deuxième orgasme, moins intense, mais plus doux, plus prolongé.

Le disque des Cocteau Twins est terminé. O se lève, et met sur sa platine le premier album d’Archive, un sublime sirop à souvenirs languissants… Puis elle va farfouiller dans un tiroir où elle réunit, oui, au salon, pas dans sa chambre ! quelques objets offerts par ses différents amants. En matière de petits cadeaux, c’était Pierre qui s’était montré le plus prolixe, et le plus imaginatif aussi ! Elle se saisit ainsi d’un minuscule vibreur qui se met au doigt comme une bague, le rendant bio-nique, comme s’amusait à dire son amant. Elle s’allonge de nouveau, allume le gadget qui se met à bourdonner comme une mouche. Elle en apprécie à nouveau la caresse et reprend le fil de son souvenir…

Écartelée sur le lit, livrée aux caresses de son amant, O avait non seulement les nerfs à fleur de peau, chaque baiser étant comme une brûlure, mais également le cerveau à vif, l’imagination au grand galop qui explorait l’étendu des possibles, cherchant à anticiper son sort, se trompant toujours.

Les caresses s’interrompirent. O retint son souffle.
Son amant prit un foulard et la bâillonna. Elle était aveugle. Désormais elle serait aussi muette.
Elle tressaillit en entendant ce qui lui avait bien semblé être le bruit d’un briquet qu’on allumait.
Puis quelques instants de silence. Elle lança une petite plainte, étouffée, d’inquiétude. « Ushhhhh » intima l’amant.

Elle se cambra de douleur et de surprise quand la première goutte de cire tomba sur son ventre. Elle voulut crier, mais elle ne put émettre qu’une sourde plainte. Deuxième goutte. Nouvelles contorsions. Son amant avait alors resserré le bâillon, retendu les cordes qui l’immobilisaient. Troisième goutte. La douleur, toute aussi vive, avait malgré tout changé de nature. La douleur était devenue pulsation. Comme si, à l’endroit même où la goutte avait atterri, battait tout son sang. Quatrième goutte… Cinquième goutte. Son cœur lui même semblait s’être déplacé juste sous le point d’impact. Les seins d’O furent épargnés. Et son amant, même s’il avait, à dessein, fait progresser les impacts chaque fois plus bas sur le ventre d’O, s’était arrêté en haut du pubis. Nouvel orgasme sur le canapé.

O sentait son ventre entier palpiter. C’est à ce moment là qu’elle sentit le sexe de son amant s’introduire en elle. O, sans pouvoir se contrôler, se mit à pleurer. Sans le bandeau qui les absorbait, de grosses larmes auraient coulé sur ses joues. Elle pleurait, son corps secoué de spasmes, tandis que son amant allait et venait en elle sans sembler s’en soucier… Pleurs de douleurs, pleurs de joie, pleurs de plaisir, pleurs de folie. Elle pleurait et sentait monter en elle le plaisir… Son amant venait de lui retirer le bâillon, elle ne poussait plus de cris mais des petits gémissements, quelques sanglots, puis un cri de jouissance… Son amant, ce soir là, ne jouit pas en elle. Il l’embrassa. Elle lui dit « je t’aime » (et pourtant, ce vocabulaire-là, comme il était interdit entre eux !!!), il lui répondit « ushhhh » à nouveau, tandis qu’il défaisait ses liens.

 

[71] Histoire n°1

Avant de lire la première histoire, merci de passer jeter un œil à l’introduction.

 


 

O avait reçu comme instruction pour son rendez-vous ce jeudi soir avec son amant, de s’habiller en garçonne. Chose inhabituelle, pour tout dire à l’opposé des consignes habituelles. Elle choisit donc un costume plutôt sobre, un pantalon et une veste bleu nuit, mit des souliers plats, ne résista pas à instiller une touche de féminité avec son chemisier, sous laquelle elle avait mis un soutien-gorge un peu étroit, de manière à rendre plus discrète sa poitrine. Elle sacrifia sa coupe de cheveux, un carré à la Louise Brooks, pour une coupe « garçonne » (ça repoussera vite !), et se sentait fin parée pour la soirée. Elle poussa le raffinement jusqu’à porter un parfum d’homme, mais qui allait de toute façon tellement bien aux femmes : Habit Rouge.

Le rendez-vous été fixé au théâtre. O avait reçu chez elle la place. Elle devait se rendre seule jusqu’à son siège. Quand elle fut sur place, elle fut conduite dans une loge où se trouvait déjà un homme, assez jeune (elle lui donna 24 ans). Qui l’accueillit sans un mot, mais avec un grand sourire. Les autres places étaient vides.
Les lumières s’éteignirent et la pièce débuta. C’était une pièce assez ennuyeuse, l’Andromaque de Racine, dans une mise en scène classiquement fade. Mais pour O le spectacle n’était pas sur les planches.

Effectivement, avec beaucoup de discrétion, à côté de lui, le jeune homme commençait de se dévêtir. Mais uniquement le bas. De sorte qu’il fut rapidement nu comme un ver, des pieds au nombril. Sa chemise, sa veste, toujours en place, faisait illusion pour les spectateurs d’en face qui, dans l’ennui profond de la pièce, auraient pu être tentés de trouver source d’intérêt parmi le public…

Le jeune homme pris ensuite la main d’O, et la guida sur ses jambes, sur son sexe, pour qu’elle le caresse. Il n’eut pas longtemps besoin de guider O, dont la main avait rapidement su reprendre son indépendance. Son amant lui avait appris comment intensifier le plaisir de chaque caresse, les coins où il fallait s’aventurer, là : plus de pression, ici : plus rapide, là : on ne fait qu’effleurer, mais on y revient souvent… Là : on insiste…
Le sexe qu’elle avait entre les doigts était très beau. Pas particulièrement grand (O en avait déjà vu qui l’avaient effrayée au premier abord – au premier abord seulement), mais vraiment beau. Une belle ligne droite, terminée par un gland joliment dessiné, et gonflé par le sang. Les battements de cœur du garçon agitaient d’ailleurs son membre de discrets, mais réguliers, soubresauts.

Son sexe avait aussi la raideur de la jeunesse. Par jeu, O essaya un peu de le tordre, elle savait que ce ne serait pas douloureux, mais d’une seule main, elle n’y arrivait pas. L’inconnu respirait un peu plus bruyamment, mais réussissait à faire illusion, les yeux perdu dans le vague en direction de la scène. Oreste avouait à Pylade qu’il est toujours amoureux de celle qui était aujourd’hui la fiancée de Pyrrhus, la princesse Hermione, la fille d’Hélène et du roi Ménélas, et qu’il avait l’intention de l’enlever.

O accéléra le rythme et branla le jeune homme plus vigoureusement… Elle sentait – ou pensait sentir – le plaisir monter, et voulut prendre le bel objet dans sa bouche ; elle allait se mettre à genoux quand le jeune homme l’en empêcha. C’est à ce moment là qu’O entendit puis vit son amant entrer dans la loge. Il tenait dans sa main deux paquets. Il tendit l’un deux à O. Elle l’ouvrit et en sortit un petit godemiché. Pendant ce temps, le jeune homme, faisant fi de toute tentative de décence, s’était mis à quatre pattes et tendait sa croupe vers O. « Enfonce-lui dans le cul ! » indiqua son amant. O s’exécuta. Le godemiché n’était pas lubrifié, et O n’avait pas pris l’initiative de saliver dessus. Le garçon gémissait au fur et à mesure que l’engin s’introduisait en lui. Était-ce de la douleur, était-ce du plaisir ?.. Sans doute un peu les deux.

O fut surprise de voir son amant se déboutonner devant le jeune homme à genoux. « Suce ma queue » lui ordonna-t-il, mais vu le sourire que fit le garçon, un ordre n’était sans doute pas nécessaire.
Surprise, et excitée. C’était la première fois qu’elle voyait un homme s’occuper de son amant. Celui-ci avait déjà extrait le sexe de sa tanière, et, alors qu’il était encore en état de semi érection, il l’avait déjà avalé goulûment pour le sentir gonfler dans sa bouche. Avec une main, il se maintenait au sol, avec l’autre, il empoigna les couilles en engouffrant sa main dans sa braguette.
O, déconcentrée par la scène, avait cessé de faire aller et venir le gode, qui avait désormais dilaté l’anus et se déplaçait plus aisément. Le jeune homme remua le cul pour la rappeler à son devoir.

Les malheurs d’Andromaque n’était plus dans le champ de considération de nos trois protagonistes depuis un moment – l’avaient-ils seulement été un instant ?
L’amant d’O semblait goûter avec volupté au plaisir que lui donnait la bouche de cet homme, mais il ne s’y abandonna pas… Son sexe était tantôt entièrement englouti, tantôt c’était à peine une pointe de langue qui l’effleurait. Il tendit la main pour attraper le deuxième paquet qu’il avait apporté, et le remit à O. Abandonnant un instant son ouvrage, elle l’ouvrit pour en extraire un obscène godemiché. Celui ci avait deux têtes, une relativement courte et épaisse, la deuxième plus longue et plus fine. Des lanières permettaient de se l’arrimer aux hanches.

O compris très bien ce qu’elle avait à faire.
Elle dégrafa simplement son pantalon et s’enfonça l’engin, côté épais, dans son con, sans que nulle lubrification artificielle ne fut nécessaire… Elle le fit aller et venir quelque instant, pour prendre la mesure de l’objet et finit par en nouer les liens autour de sa taille pour le maintenir en place. Elle était prise et, désormais, également pourvue d’un sexe. Avec sa salive, elle lubrifia l’œillet de son nouveau partenaire et commença à le pénétrer. Elle perçut à peine un léger gémissement. O remarqua alors que son amant n’était plus en train de se faire sucer, mais se trouvait derrière elle.
Elle sentit ses mains se glisser sous sa chemise et caresser son corps là où il était nu.

Il remontait le long du dos, en la massant, jusqu’aux épaules. Il caressait ses seins, pinçant légèrement ses tétons dressés, il caressait son ventre mais n’avait pas accès à son sexe recouvert par la ceinture. Il caressait ses fesses à pleine main, et fit descendre jusqu’à mi-cuisse son pantalon.

Tandis qu’O avait maintenant entièrement envahi le cul de son partenaire avec son nouveau sexe (hélas, dépourvu de terminaisons nerveuses – sur le coup O regretta un instant de ne pas être, vraiment, un homme) et commençait un lent va et vient, elle sentit la langue de son amant parcourir la raie de ses fesses, jusqu’à son petit trou, qu’elle alla fouiller avec indécence. O adorait cette caresse, toujours annonciatrice, avec son amant, d’une visite plus profonde et plus ferme… Et comme attendu, celle-ci eut lieu.

O s’était donc retrouvée au beau milieu de cet insolite trio, jouant un autre rôle que celui qu’elle avait pu imaginer dans ses rêveries avec deux hommes, rêveries que son amant avait de part le passé réussi à illustrer de si belle façon.

Une nouvelle corde à son arc, que ce phallus, prolongation en silicone de son propre sexe !
O se laissa porter par les sensations toujours très intenses quand elle se faisait sodomiser, tout en continuant d’offrir un plaisir analogue au jeune homme qui avait désormais aplati son torse sur le sol comme pour mieux s’offrir.

À vrai dire, c’était l’amant de O qui impulsait à l’ensemble son rythme, et imperceptiblement la cadence augmentait….
De la salle bruissait des murmures, d’énervement, de honte, ou d’excitation, car tous les trois commençaient à gémir ostensiblement ; mais aucun n’y portait attention.

O sentit le sperme de son amant jaillir en elle, et les spasmes du sexe de son amant se confondirent avec les siens. Une petite flaque de sperme, sur le côté, était là pour signifier que le jeune homme, les yeux fermés, qui semblait dormir, avait lui aussi atteint le plaisir.

[Rideau]

[70] Trois histoires d’O – Introduction

Introduction ou note d’intention

Ami lecteur1, je vais te présenter ici trois petits textes écrits il y a déjà quelques années et pas retravaillés depuis. À juste titre, tu pourrais t’effrayer à l’avance du titre un peu cliché Histoires d’O, mais j’avance, pour ma défense, que ces textes ont été créés afin d’être postés dans un forum (c’était à une époque où les burps n’existaient pas encore, ou presque pas, et où je dépensais mon énergie scribouillarde sur un site de rencontre plutôt plus convivial que les autres, en l’occurrence Love@Lycos) nommé « Histoires d’O ».

Ce forum avait été conçu par son initiatrice comme un espace prévu pour se raconter des histoires érotiques. Sans vouloir trop tirer la couverture à moi (en outre, désormais, il est trop tard pour que tu puisses vérifier mes dires, ce forum a été englouti par l’une des refontes du site), j’étais à peu près le seul à avoir pris cette tâche un peu au sérieux.
Je n’avais, à l’époque, pas encore lu le célébrissime bouquin éponyme de Pauline Réage, mais j’avais une idée de l’atmosphère qui pouvait y régner, et je me suis donc astreint à essayer de le restituer tel que je l’imaginais, à ma sauce.

Tu constateras donc que le personnage central de ces trois histoires se nomme donc O, que l’univers SM, ou plus précisément les jeux de domination, y constituent une toile de fond qui s’estompe progressivement au fil des histoires, et que (c’est ça le plus intéressant à mon sens), chaque histoire a sa tonalité propre, ses qualités, ses défauts.

Ces histoires ayant, comme je le disais, déjà quelques années, je dois t’avouer qu’elles ont déjà trouvé d’autres lecteurs et — surtout, dois-je avouer — lectrices sélectionnés, à qui je demandais à chaque fois de me dire quelle était leur histoire préférée, et pourquoi.

J’aimerais bien que tu te prêtes au même jeu.

Bonne lecture.

 


1 Amie lectrice, j’espère que tu ne te formaliseras pas de mon masculin ayant ici valeur de neutre. Si tu veux du « Amies lectrices, Amis Lecteurs, Mes chers Compatriotes », ça se passe sur France 2 aujourd’hui même avec l’ami Jacquot Monsieur le Président de la République Française Jacques Chirac.

 

[65] Abattons la campagne

Com : deux images, pour le prix d’une :

medium_pubs_nases.jpg J’aurais même pu en mettre trois, ou quatre, ou cinq, ou plus mais il me manquait les affinités.

J’ai été frappé de voir la première campagne de publicité pour le film d’animation Cars (voir aussi cette ancienne note) basée presque exclusivement sur des jeux de mots pour le moins bidons.

J’ai été doublement frappé de voir qu’un nouveau film d’animation Nos voisins les hommes lançait une campagne sensiblement analogue basée sur l’équation :

 

 

Image du personnage
+
ligne de présentation du personnage contenant un jeu de mot foireux
=
publicité à deux balles

Il semblerait que le procédé soit d’origine américaine, parce qu’en cherchant sur le web des images moins pourries que celles que je vous présente ci-contre, photographiées avec l’APN de mon téléphone, je suis tombé sur les images en v.o. de Nos voisins les hommes exactement du même tonneau.

(Parenthèse : j’en profite aussi pour dire que je me suis planté au début et que j’ai tapé dans Google Nos amis les hommes et que je suis tombé à cette occasion sur un ancien bouquin de Maïa Mazaurette dont j’apprécie grandement la prose sur foisonnant burp Sexe ‘n Love ‘n Gaudriole, bouquin qu’elle aurait renié depuis, enfin bref…)

Quelque chose me tracasse dans ces pubs : à qui s’adressent-elles ???

Compte tenu de l’ineptie des jeux de mots qui nous sont présentés, je n’ose imaginer qu’elles s’adressent à des adultes. Est-ce que « Baba roule » avec un van Volkswagen en illustration, ça te fait rire, ami lecteur ? Est-ce que ça te fait seulement sourire ? Esquisser ne serait-ce qu’un rictus par la stimulation réflexe d’un seul des 43 muscles mis en œuvre lors du rire ? Moi, non.

Elles s’adresseraient donc à des enfants (un des publics cibles pour ce genre de film, me dira-t-on avec logique ; certes, et ça ne m’aura pas échappé). Sauf que « Baba roule » me paraît totalement incompréhensible à un public de moins de 25 ans, qui n’aura même pas connu l’époque où le Collaro Show était le sommet de l’humour télévisuel français (« Ah dur ! dur ! »). De même, le foireusissime « Raton Leader » sera inaccessible à la compréhension de quiconque n’a pas étudié 4 ans d’anglais (de préférence en tombant amoureux du/de la prof’, ça permet des progrès fulgurant).

Pour en avoir le cœur net, j’ai réalisé une petite étude à la sortie d’une école primaire du *** arrondissement de Paris.

Moi (présentant un visuel de Cars) —  Dis-moi, qu’est-ce que tu peux me dire de cette affiche ?
Une jeune élève de CE1 — Ouais, Cars, trop bien comme film !
Moi — Tu l’as vu ?
L’élève — Euh non, mais c’est trop drôle !
Moi (ne perdant pas le nord) — Humm. Ok. Et cette affiche alors, tu comprends quoi ?
L’élève— Ben c’est un des personnages du film, t’es bête ou quoi ?

Je poursuis mon étude avec un autre élève plus âgé :

Moi (présentant le visuel de Nos voisins… ci-dessus) — Bonjour jeune homme ! Que penses-tu de cette affiche ?
L’élève (CM1 à vue de nez) — Ouais, Nos voisins les hommes ! Trop génial !
Moi — Tu l’as … ? Bon, mais tu peux m’expliquer ce que tu vois sur l’affiche ?
L’élève (ânonnant : les ravages de la méthode globale probablement ) — Ra… ton… léa… dé… Raton-Léadé !
Moi — Ça veut dire quoi ?
L’élève — Ben chais pas moi, c’est trop drôle ! T’as des places gratuites ?

S’en suivit une altercation avec quelques parents d’élèves qui me trouvaient louche avec mes Chupa-Chups et mirent fin à mon travail scientifique.

Trop dur, dur !