[34] Connaissance du monde (un rebond)

Je suis tombé vraiment par hasard sur le burpzine de Frantico (à propos d’une histoire d’oiseaux qui gazouillaient, pour tout vous dire), et je me suis rendu compte que son mystérieux auteur (mais sur ce sujet-là, je reviendrai, je n’en dis donc pas plus) s’était préoccupé de questions proches des miennes.

Je vous laisse donc vous-même juger ici et encore .

Un jour où je serai dans de meilleures dispositions, je vous raconterai ma méthode alternative à celle présentée par Frantico, et qui me semble à la fois plus efficace et plus hygiénique – encore que ce dernier point soit probablement sujet à controverse.

[29] Connaissance du monde

Prologue

La première fois que je suis allé en Bretagne, c’était avec mes grands-parents. Ils m’emmenèrent, ma sœur et moi, dans leur Peugeot©, au Village Vacances Famille de Beg Meil.
Vous imaginez un Paris-Beg Meil en Peugeot ©1974, avec des gamins, un pur bonheur que mes grands-parents devaient savourer, pas mécontents d’enfin être à la retraite pour bien profiter de leur petits-enfants.

— C’est bientôt qu’on arrive en Bretagne ?
— Pas encore les enfants, un peu de patience…
— Ça y est, on est en Bretagne ?
— On est encore sur le périphérique, les enfants…
(Quelques heures plus tard…)
— Quand est-ce qu’on arrive en Bretagne ?
— Ben on est en Bretagne déjà !
— Ah bon ? Et pourtant, les publicités sont toujours en français !

Voilà, j’avais 7 ans, et allant à Beg Meil, je pensais que les Bretons parlaient breton.

Propos

Ceci n’est qu’un préambule au sujet que je voulais vraiment évoquer. J’aurais pu titrer cette note « Les voyages forment la jeunesse » ou encore « qu’est-ce qu’on peut croire comme conneries sur l’Étranger » – et je mets une majuscule sur Étranger pas seulement pour souligner mon penchant maniaque pour les majuscules accentuées mais aussi pour signifier que mon Étranger recouvre tant les personnes que les lieux, de manière générale : ce qu’on ne connaît pas, qui est étrange(r).

Toilettes à la TurqueAinsi, lorsqu’à 20 ans, j’allais avec ma chérie d’alors en voyage en Turquie, j’avais un peu mûri, et je devais en principe être mieux armé pour appréhender l’étranger, sans trop d’idées préconçues idiotes. Pour autant, si je n’harcelais pas le conducteur de notre charter en faisant régulièrement demander à l’hôtesse si c’était bientôt qu’on décollait (question pourtant fort à propos vu qu’on est arrivés avec 5 heures de retard, et qu’on s’est retrouvés dans la merde pour trouver un hôtel – mais n’anticipons pas trop !), pour autant, j’étais persuadé que pendant ces trois semaines en Turquie, j’allais devoir me résoudre à déféquer systématiquement sur des toilettes à la turque.

Et bien figurez-vous que je fus doublement surpris. Même doublement agréablement surpris.

D’abord, parce que la plupart des WC sont à l’européenne, voilà, avec lunette et tout le tralala. On peut s’asseoir tranquillement et lire Le Guide du Routard – Turquie pépère, pour apprendre à compter en turc (fastoche), comme en France.
Je ne dis pas qu’on ne tombe pas parfois dans certains lieux sur les fameux WC à la turque, mais ma foi, cela arrive aussi en France et on s’en accommode.

Ma deuxième surprise fut de constater que ces WC différaient toutefois légèrement de ceux que j’avais la coutume d’utiliser dans mon pays natal, en cela qu’ils étaient munis d’un petit tuyau en plastique relié au réservoir et dotés d’un petit robinet. Je me suis d’abord interrogé sur l’usage de ce bitoniau : machin pour la vidange ? système anti-débordement ? avant de comprendre (ou d’apprendre) que les musulmans utilisaient de l’eau pour se laver le cul après avoir déféqué, plutôt que du papier, et que le bitoniau bricolé était donc une petite douchette de fortune prévue à cet effet.
(Pour info, un bon musulman se torche avec la main gauche et n’utilise donc la droite pour manger ou serrer la main. Je n’ai pas d’info sur les tolérances accordées aux manchots. Je recommande également de malgré tout se laver la main gauche après l’opération, ne serait-ce que pour manger des kebabs de la main droite et des frites simultanément de la main gauche. Burp.)

Il y eut donc la phase de découverte.
La phase de compréhension.
Puis vint donc la phase d’expérimentation : voyons donc voir ce que ça donne.

On prend le tuyau, on ouvre son robinet (faut se tortiller un peu pour ne pas foutre de l’eau partout) et puis on vise (à l’aveugle, précisé-je à l’attention des personnes ayant une mauvaise perception tridimensionnelle et des contorsionnistes) le trou du cul. Ouhhh c’est froid !
Bon… comme le jet n’a rien d’un Kärcher©, on est obligé d’y mettre du sien. En clair : se mettre le doigt dans le cul pour nettoyer. La toute première sensation du doigt rencontrant un peu de caca mou n’est pas forcément ragoutante, mais après tout, tant qu’à essayer, autant faire les choses jusqu’au bout, et ne pas tergiverser. Figurez-vous qu’une fois le gros de la merde enlevé (NB : les choses se passent probablement différemment selon qu’on fait plutôt caca mou – vous mangez trop gras – ou caca dur – vous ne mangez pas assez de fibre), l’anus étant une zone érogène, la pratique n’est pas désagréable – au contraire. Et puis reconnaissons également que quand on se lave sérieusement, le cul est bien propre, et le risque de marques jaunâtres au fond du slip est réduit à quasi nul, sauf si la nourriture turque vous file la tourista, mais c’est une autre histoire.

Le papier toilettes, fourni, ne sert plus qu’à se sécher les fesses, plus la peine d’en utiliser des tonnes, c’est écologique.

L’essayer, c’était donc l’adopter, et jusqu’à la fin de mon voyage en Turquie, je profitais donc pleinement des toilettes turques (les vraies), avec la satisfaction très bobo d’avoir, en touriste évolué, su adopter une coutume locale.

De retour en France, il m’arrive fréquemment de ne pas avoir à ma disposition cette petite douchette. Ayant eu l’occasion d’acheter pour mon chez-moi un nouveau chiotte, j’ai cherché à trouver un modèle similaire. Et bien si on recherche via Google des WC avec douchette, on ne tombe que sur des bolides japonais truffés de technologies qui soufflent de l’air frais, diffusent un programme radio, et calculent votre espérance de vie par IRM de votre étron.

Vous comprendrez dans ces conditions que je sois un farouche partisan de l’entrée de la Turquie dans la Communauté Européenne.

Épilogue – I

rouleau de papier toilettesMa connaissance sur l’art subtil de l’after-défécation a fait un progrès inattendu en lisant le résultat d’un étrange sondage dans un magazine, concernant la façon dont chacun avait l’usage de se torcher le cul. Une large majorité des sondés procèdent en allant de bas en haut (c’est d’ailleurs la méthode fortement recommandée pour toutes les femmes, afin d’éviter d’approcher de vilains germes de leur proche muqueuse vaginale, NDLR), puis se répartissaient – je n’ai plus les chiffres en tête – ceux qui procédaient dans les deux sens et ceux qui allaient de haut en bas.
Moi, à cet époque, je faisais justement partie de cette dernière catégorie, et un océan de possibilités s’est ouvert devant moi en un instant. Depuis, j’appartiens à la deuxième catégorie. Je me torche bi(-directionnel).

Épilogue – II

Sur mon lieu de travail, il y a quelques mois, se sont mises à apparaître dans les toilettes collectives de l’étage des bouteilles d’eau vides. Enfin, une bouteille d’eau vide. Je me suis d’abord dit « Tiens, la femme de ménage a laissé par inadvertance une bouteille de produit d’entretien » (mais c’était j’en conviens une hypothèse absurde) puis « Ça doit être quelqu’un qui était venu remplir sa bouteille au robinet qui l’aura oubliée » et puis un jour, la bouteille ne fut plus vide et ce n’est qu’alors que j’ai compris (je suis un peu dur de la comprenette, ami lecteur, toi tu auras sûrement déjà deviné de quoi il était question vu que mon billet ne parle que de ça) qu’il devait y avoir parmi nous un bon musulman qui tenait à se laver les fesses comme il est de coutume, et que faute de bitoniau, une bouteille faisait l’affaire.

Décidément, moi habituellement si imaginatif, il fallait vraiment qu’on me mette le nez dedans pour que je progresse dans ce domaine. J’ai donc à nouveau adopté l’usage de la bouteille d’eau, même si ce n’est qu’occasionnellement. Parce que je n’y pense souvent que trop tard. Si la bouteille est moins pratique que le petit tuyau, elle a l’avantage de pouvoir être préalablement remplie d’eau tiède, ce qui rend le contact sur les fesses assez plaisant.

J’ai notamment pris l’habitude de procéder ainsi tous les jours où je vais rejoindre mon amante, afin que mon cul soit propre si l’envie lui vient de vouloir l’embrasser. Et l’envie lui prend plutôt souvent. Et je m’en réjouis à chaque fois ostensiblement.

[28] Ketchdown

Lu récemment un article sur Heinz qui va procéder prochainement à la fermeture de 20 usines et licencier dans la foulée environ 2 700 personnes, poussée dans cette charmante direction sous la pression d’un puissant actionnaire qui voudrait qu’augmentent encore la marge, les bénéfices, le rendement.

 

medium_bottle1024_2.jpg

Ainsi va notre monde, sous la pression de certains hommes obnubilés par le pouvoir et la puissance. Cet actionnaire a probablement déjà dû gagner plus d’argent qu’il ne pourrait jamais en dépenser (j’entends : pour en profiter personnellement, se payer de chouettes vacances au Groënland, faire dorer à l’or fin son porte brosse-à-dents, acheter un berlingot d’adoucissant Fraîcheur de pommier parce que l’autre va être bientôt vide, etc.), mais il en veut encore, et tant pis si pour un homme plus riche, on en fait 2 700 plus pauvres. Qui devront probablement faire quelques restrictions sur le ketchup, mais c’est probablement quantité négligeable.

 

Jusqu’à quand ?

PS1 : Le visuel défend une toute autre cause que celle qui transparait dans ce message mais je me suis qu’après tout peu importait.

PS2 : en cherchant cette image, je suis tombé sur une autre qui me rappelait que John Kerry, candidat démocrate malheureux aux E.U., était marié avec madame Heinz. Démocrate (de demos, le peuple, et crate, le pouvoir). 

[27] Testostérone à bloc

[Comme mon inspiration n’est pas toujours au rendez-vous en cette période troublée, je vous ressors avec le soleil revenu ce petit texte gratté durant l’été 2003.]

Ça fait déjà quelques semaines que ça me démange.
Oui, quelques mois, même, rapport à ces mois de mai et juin qui furent si doux. Plein de touristes autour de moi, à la sortie du bureau. Des filles plutôt jeunes. Courtement vêtues. D’habitude, je réserve mes élans libidineux vers des créatures plus mûres, s’approchant de la trentaine, mais cette année non, je me sens un ogre affamé de chair fraîche.

Toi petite fille blonde, tu dois être allemande, n’as tu pas envie que je te plaque contre le sol, histoire que tu embrasses doucement le sol parisien comme le Pape en visite. Un Avé, et toi par terre. Je remonte les quelques centimètres de ta mini-jupe pour faire apparaître ton cul.
Tu portes un string, ça ne m’étonne pas.

Ton sexe, par contre, est presque « nature », pas d’épilation, ou juste le maillot. Je vois ta vulve gonflée, j’écarte avec un doigt le mince bout de tissu (merci Lycra®), ce qui me permet au passage de sentir que tu es toute mouillée.

Schön Paris, ma tour Eiffel se plante au sommet de ton arc de triomphe. Autour de nous, les badauds forment un petit attroupement. Tiens, les japonais rapporteront cette année quelques clichés qui changeront de l’ordinaire.
Quelques uns nous donnent la pièce. Quand j’aurais lâché mon foutre dans ta chatte, mein Liebe, quand tes cris de plaisir se seront mélangés aux coups de klaxon, nous irons boire une bière.

[26] Vos luttes

Vu dans le journal, une publicité contre le tabac, ou plus exactement en vue de promouvoir la journée mondiale sans tabac. On peut discuter des heures – et plus encore – sur l’intérêt des ces journées mondiales qui se succèdent et se multiplient, pour n’aboutir qu’à un grand brouhaha de l’actualité.

« Aujourd’hui, vendredi 12, bonne fête à toutes les Ludivine, les James, les Hectorette, 11ème anniversaire de la mort de Jean-Denis Dumoulin, journée mondiale des femmes gauchères, du paludisme chronique et de la non-prolifération des dictatures. »

On pourrait en discuter des plombes, mais ce n’est pas du tout mon propos.

medium_journeesanstabac.jpgVoilà, c’était juste pour vous dire que cette image (voui, sur mon burp, je parle d’Images à l’occasion), et bien quand je l’ai trouvée dans mon journal, je l’ai regardée. Mon regard s’est d’abord porté sur le narguilé, puis sur le slogan, pour finalement remonter sur les volutes.

J’étais sûr que les volutes allaient dessiner quelque chose, mais sachant cela, il m’a tout de même fallu un effort de concentration pour enfin voir apparaître des brumes de mon cerveau la faucheuse.

Une fois qu’on l’a vue, évidemment, on ne voit qu’elle.

Je me suis dit que cette image devait être mal faite (que la zone du bas capture trop le regard, que la dimension – pleine page – ou que la pliure du journal empêche une vision avec suffisamment de recul), mais pour confirmer ma théorie, j’ai besoin de savoir si, vous aussi, vous n’avez pas vu l’image tout de suite.

Hum ? Alors ? qu’est ce que vous en dites ? (drôlement interactif ce burp.)

(Ouais je sais, le cul c’est un peu plus vendeur, je m’y remets.) 


PS : j’ai ramé un peu pour vous trouver cette image. J’ai commencé par chercher sur le site dont l’adresse est indiquée sur la publicité. Site même pas actualisé. Lamentable ! J’ai googlé un peu, j’ai cherché sur le site de l’agence de pub qui a signé la campagne – en travaux hélas). Bref. J’ai fait chou blanc. J’ai fini par sortir ma carte bleue pour acheter en ligne une version PDF du journal, pour en extraire à la mimine l’image en question. Vous pouvez cliquer dessus pour la voir en grand, profitez. Quelle abnégation, hein ?

[25] Monomaniaque

Razzye Hammadi, président du Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS), était ce matin l’invité de Questions directes sur la tranche 8-9 sur France Inter. Le Parti Socialiste ayant tenu la veille son Bureau National, devait accoucher du fameux projet. Les journalistes étaient évidemment avide de savoir si Fabius avait tapé sur Royal qui avait tapé sur Lang qui avait tapé sur Strauss-Kahn qui avait tapé sur Montebourg qui avait tapé sur Emmanuelli qui… Des questions de fond importantes, quoi. Le quoi on s’en fout, ce qui compte c’est le qui.

Hammadi avait donc été choisi par France Inter pour commenter cette actualité toute chaude (attendu que les discussions s’étaient prolongées la nuit pendant plus de 8 heures, je suppose qu’ils n’avaient aucun « éléphant » à se mettre sous la dent, vu qu’ils étaient probablement en train de piquer un roupillon). Verbatim : « (…) les querelles de présidentiables, les mesures préconisées par le projet, qu’en pense la jeune génération (…) ? »

Vous pouvez, si vous avez raté ce beau moment de radio, aller le consulter sur le podcast de France-Inter, mais en voici un résumé :

– Le journaliste (Pierre Weil) : Vous avez lu le projet (…) ?
– L’interviewé (Razzye Hammadi) : Oui (…)
– Le journaliste (Pierre Weil) : Vous allez le voter (…) ?
– L’interviewé (Razzye Hammadi) : Nous répondons (et ça fait rire) « notre candidat, c’est le projet »

Voilà ce qui sera la ligne de conduite d’Hammadi, annoncée dès le début de l’interview. Suivent quelques questions sur le fond du projet, puis, après tout ce temps perdu à – essayer de – parler de question de fond, ça démarre :

– Le journaliste (Pierre Weil) : Justement, quand on parle de Ségolène Royal en ce moment, on dit qu’elle a vraiment compris … [à noter que le justement ne fait pas référence à Ségolène Royal dont il n’avait pas été question pendant ces quatre premières minutes ]
– L’interviewé (Razzye Hammadi) : Écoutez … l’ensemble des présidentiables … le projet … refondation de la République … [ belle tentative de revenir sur le fond, qui va vite déplaire à Pierre Weil ]

– Le journaliste (Pierre Weil) : mais restons en 2006…Est-ce que Ségolène Royal ne dit pas tout haut ce que tout le monde au PS pense tout bas ?
– L’interviewé (Razzye Hammadi) : Je pense que Ségolène Royal constitue un espoir pour la gauche [Ah ! il prononce le nom, il n’évite pas le sujet… On espère que ça va rassasier le journaliste. On est trop optimiste], ne serait-ce que … victoire de la gauche … sondage … Les sondages ne font pas une élection… projet … débat … chaque candidat…

– Le journaliste (Pierre Weil) : Vous n’êtes pas naïf …
– L’interviewé (Razzye Hammadi) : … vision de la démocratie … Président monarque …

– Le journaliste (Pierre Weil) : Mais est-ce que vous estimez que Ségolène Royal… ?
– L’interviewé (Razzye Hammadi) : … droit d’inventaire … famille socialiste … congrès … vous me disiez « elle » … ils font tous ….

– Le journaliste (Pierre Weil) : Mais personne n’en parle [la bonne phrase était « Mais les médias ne reprennent pas les déclarations des autres présidentiables du PS », les auditeurs auront rectifié d’eux même] ! Ségolène elle …
– L’interviewé (Razzye Hammadi) : oui … on parle … bureau national …

– Le journaliste (Pierre Weil) : Et maintenant, vous allez soutenir quel candidat ?
– L’interviewé (Razzye Hammadi) : Je vous le redis [en effet, cf. ci-dessus] notre candidat est redoutable (…) c’est le projet … blablabla

Ici le journaliste se plaint de la langue de bois. Bizarre, non ?

Bon. C’est pas demain la veille que le projet sera aussi bandant que Ségolène. 

[23] Et la tendresse, bordel ?

Découvert dans le journal du 30 mai, ce fait divers entre Bernadette, « jolie femme de 46 ans » et son jeune amant de 27 ans, Luc. Luc vit en couple, et devrait être père dans 2 mois. Dans ces circonstances, Bernadette considère qu’il serait raisonnable de mettre un terme à leur relation, qui dure pourtant depuis plusieurs années. Lui voudrait que ça continue.

« Luc m’a appelé vers 23 heures, raconte Bernadette, je suis allé le chercher à la gare RER de Neuilly-Plaisance. Nous étions contents de nous retrouver. À la maison, nous nous sommes fait des bisous, des câlins, puis nous avons bu du vin grec, et on a fait l’amour. C’était un peu violent, mais j’étais consentante. J’avais acheté des mezze chez Picard. Il est venu manger nu, sur mes genoux. Là, j’ai commencé à lui dire qu’il fallait qu’on se quitte. »

Je ne sais pas si vous connaissez le vin grec, mais le retzina c’est assez dégueu. Je ne sais pas si ça déclenche des envies sodomites ou si ça favorise « l’amour violent ». Faudrait que j’essaye. Pour du sexe courtois à la française, préférez un Saint-Amour.

Bernadette poursuit son récit : « (…) Je lui ai dit que j’avais une arme à la maison. Il a voulu la voir, il a joué avec, faisant semblant de tirer au plafond. Puis il l’a posée sur le matelas. On a recommencé à faire l’amour. À un moment, il a repris l’arme, me l’a posée sur la tempe. Là, pour moi, tout a changé. C’était comme un viol. On est là, on n’est pas là… On ne peut pas expliquer avec des mots cette sensation. J’ai attendu qu’il éjacule… »

C’est ce qu’on appelle tirer un coup ?

medium_hand-in-hand.jpg« La suite est très floue, reprend-elle. Luc est descendu boire un verre. Lorsqu’il est remonté, j’ai tiré. Il y avait beaucoup de sang. Je voyais toutes ces choses, le sang, mais je ne me rendais pas vraiment compte, c’était irréel. Je me suis retrouvée avec une hache à la main, je lui ai retiré les bras et les jambes. Un peu après, je me suis couchée, j’ai dormi deux heures. J’avais gardé une main de Luc dans la mienne…»

Vous avez bien saisi. Juste une main, séparée du bras. Ce détail me la rend extrèmement touchante, vraiment. Elle en a pris pour vingt ans, la Bernadette. Si j’avais été dans le jury, elle s’en serait mieux sortie.

Bon. Peut-être est-ce une manipulatrice.

Enfin, en tout cas, en voilà une qui sait couper court à une relation. 

[22] Sortie des artistes

Une grosse publicité lumineuse qui se faisait la malle ce week-end. Probablement pour être remplacée par un Orange géant.

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Je cherche quelque chose de spirituel à dire. J’ai essayé de faire un cliché amusant, en voyant ce que je pouvais masquer comme lettre pour arriver à quelque chose de subtil, du genre Elliot Erwitt. Mais je ne suis arrivé à rien. Je n’ai même pas pensé à prendre la photo avec le feu pas vert. J’aurais habilement titré « Passage à l’orange ». Raté. Ça sera pour une autre fois. Bon, c’était un peu insolite à voir en tout cas.

[21] Centre du monde

medium_nombril_pj.2.jpgAh ! voilà une publicité qu’elle est jolie.

Remarquez cet érotisme larvé. Un ventre musculeux, une peau bronzée, une petite demoiselle jaune (en bas à droite, par les phéromones attirée).

Une image qui m’a instantanément plu (il faut dire que je développe un léger fétichisme du nombril).

En revanche, pour ce qui est de l’efficacité du message… j’émets quelques réserves. D’abord, ce n’est généralement pas « moi » qu’on recherche dans les pages jaunes (bon, mon voisin, mon quartier, ça le fait). Deuxio, mettre le consommateur potentiel face à ses défauts – ici, l’égocentrisme – est toujours délicat. Surtout quand le message incite à persévérer.

Non ?

[20] Merci Hexaspray

medium_hexaspray.2.jpgJ’avais une angine
Mais elle est partieeee
Ce sens à ma vieeee
Il n’est plus en vieeeee

(J’avais oublié la richesse des rimes Téléphonées.)

Angine ! Casse toi tu pues, tu m’fous les glandes.
(et marche à l’ombre)

Bon, ben voilà, je tiens à remercier le collutoire Hexaspray qui une fois de plus fait des merveilles. Pour moi qui n’aime pas le pastaga, c’est une horreur à se pulvériser dans la gorge, mais je pense que c’est une bonne motivation pour guérir. En tout cas, voilà au moins un produit plus efficace que les pastilles Bidule ou Trucmuche vendues à prix d’or et ne servant pas à grand chose à part faire oublier 5/10 minutes qu’on a la gorge enflée.

NB : il semblerait que le conditionnement en France soit légèrement différent de celui en vigueur aux États-Unis (notre illustration).

[16] Méfions-nous de Word©

medium_fellisorthographe.jpgAmi lecteur,

Ton orthographe est déplorable.

Ton orthographe est déplorable, mais tu es conscient qu’un texte truffé de fautes, ça la fout mal, que ce soit pour séduire ta belle (tout le monde n’est pas comme Christian avec un Cyrano sous la main), ou faire un rapport important à ton patron (lecteur ami & néanmoins fonctionnaire, je te prie de m’excuser pour mes clichés, et tu peux remplacer le mot « patron » par « président » ou « ministre »).

Donc, tu te dis – et je ne te donne pas tout à fait tort – que tu vas utiliser le vérificateur d’orthographe intégré de Word pour éviter les coquilles.

Et là, je dis « méfiance » et t’offre quelques suggestions pour éviter d’affreuses chausse-trapes, qui pourrait t’apporter le mépris de tes pairs (et le mien en particulier).

Les problèmes viennent généralement d’homonymes ayant une orthographe proche, mais des sens voire des fonctions grammaticales totalement différentes (NB : c’est le cas de la plupart des homonymes d’ailleurs). Word étant très basique ni verrat queue du feux.

À tout saigneur toute horreur

Commençons par le pire de tous, commençons par çà.

Je pourrais dire pour simplifier que çà n’existe pas. Quitte à ne mémoriser qu’une orthographe, ami lecteur paresseux, ne retient que ça, sans accent, et on n’en parle plus.

Si tu souhaites aller un peu plus loin, tu ouvres un dictionnaire, et tu trouves que ça est l’abrév. fam. du pronom démonstratif neutre cela dont la définition est « La chose, l’idée, les paroles que voilà ».

Et voilà, en effet, l’explication de cette faute provient probablement de sa définition : on pense à voilà et on y met le même accent grave.

Quant à çà, le dictionnaire nous apprend qu’il s’agit d’un adverbe de lieu (forcément, on a un peu honte de confondre un adv. de lieu avec un pron. dem. neutre. Non ? Ah ben ben merde alors. L’orthographe française, aime-là ou quitte-là : retourne au Bled), synonyme d’ici.

Un exemple dans cette fameuse charade à tiroirs :

Mon premier va çà et là
Mon second est employé de La Poste
Mon troisième ne rit pas jaune
Mon quatrième n’est pas rapide
Mon tout est l’auteur de
La Légende des Siècles

(Soluce : Errant-Besancenot-Boucher de la Villette-Projet socialiste)

Mon conseil ci-dessus doit déjà avoir été donné parce que ça fait plusieurs fois que je vois écrit dans le journal « ça et là ».

Çà a un petit frère moins profus (car Word© lui fait la peau), c’est celà, oui. Empathie patente avec voilà.

Cyprès de toi, mon dieu

Même genre de faute, avec son accent malheureux, faîtes. Souvent, pensant bien faire, on ajoute des accents circonflexes à profusion. Ça s’appelle de l’hypercorrection. Donc, ne faites pas cette faute-là, faîte désigne le sommet d’un édifice, d’un arbre, d’une montagne, blablabla.

French connexion

Je l’aime bien, celui-là, parce que je me suis un moment demandé pourquoi Word© laissait passer « connections ». Une faute classique en informatique, où ça connecte de partout. D’abord parce qu’en anglais, connexion s’écrit connection.

Alors, ami lecteur, as-tu deviné toi aussi pourquoi ce gros lourdaud de Word© acceptait connections mais refuse connection ? Eh bien tout simplement parce que connections est une forme conjuguée existante du verbe connecter.

ex : Longtemps, nous nous connections de bonne heure (Marcel Proust in Minitel mon Amour – 1985).

 

Élisions douteuses

Pour finir cette note qui malgré mes efforts va finir par devenir indigeste, j’aborderai le délicat cas de l’élision souvent confondue avec le « t » euphonique.

Il ne faut donc pas confondre « t’ » où l’apostrophe signifie l’élision de la voyelle finale (je te aime => je t’aime) et « -t- » où le t n’a aucune valeur sémantique, ce n’est pas le pronom « tu » abrégé, ni quoi que ce soit d’autre d’abrégé, c’est juste pour faire joli à prononcer (eu-phonique : qui sonne bien à l’oreille) entre deux voyelles : « Écoute-t-il ce que je dis ? ».

En s’amusant avec Google, on est ravi par les nombreuses variantes imaginées pour écrire « Y a-t-il … ».
Y’a t’il ? Y-a-t-il ? Y a t-il ? Y-a-t’il ? Mathématiquement, en combinant espace, trait d’union et apostrophe, on peut arriver à 27 graphies différentes. Malheureusement, une seule est correcte, et si tu y vas au pif, ça ne laisse que 3,7% de chance de tomber sur la bonne.

 

PS : ami lecteur, lisant mon burp plein d’arrogance, tu n’hésiteras sûrement pas à m’allumer pour les fautes que j’aurais laissées çà ou là (car je suis faillible, hélas), et ça sera bien fait pour ma gueule.