[13] Traces

Il y a d’abord, simple, l’odeur de ta peau, agrémentée du parfum que tu portes, et qui se mélange à la mienne, quand nos corps se frottent.

Elle s’élimine facilement avec un peu de savon, si possible lui-même non parfumé. Elle est également couverte par l’odeur de ma propre transpiration.

Il y a, plus forte, plus tenace, l’odeur de ton sexe qui se glisse sous mes ongles quand je te caresse intimement. Celle là mérite un traitement plus sérieux ; savon, et brosse à ongles. Il en reste souvent un peu. Éviter de glisser les doigts sous le nez de celle qui ne doit pas savoir.

Éventuellement, il y a celle des cosmétiques (le rouge à lèvres, par exemple), que la douche enlèvera, et sinon qui partiront avec un coton démaquillant.

Ensuite, il y a celles qui ne peuvent être éliminées que par le temps.

Une griffure.

Une rougeur, comme celle qui ornait hier soir mon gland (un coup de dent mal maîtrisé ?).

La plus anodine, mais pourtant la plus confondante : les rougeurs d’irritation au niveau des genoux, vers l’intérieur, qui stigmatise des opérations à genoux au sol répétées (que ce soit de la moquette ou des draps, le résultat est quasiment le même).

Ne pas négliger celles laissées dans la tête. Ne pas arborer un air trop extatique, ou méditatif…

Un petit texte sorti du placard « 2003 »

[10] Tu bosses dans quelle boîte ?

Une jolie idée publicitaire trouvée sur www.marketing-alternatif.com :

Je reste circonspect devant le nom du site (apparemment allemand – et puis pas qu’apparemment d’ailleurs, je suis allé vérifier) et le slogan anglophone… J’aurais bien aimé savoir où, et à quelle occasion, cette photo a été prise…

[7] Première de corvée

[Erratum : il ne s’agit pas du magazine « Première » mais de son faux-jumeau « Studio ». Du coup, mon subtil titre est caduc. Tant pis, je le garde quand même. ]

 

medium_pixar.jpg

L’affiche de promo pour le prochain film Pixar Cars – Quatre Roues qui recouvre depuis quelques jours de nombreux murs à Paris (et probablement ailleurs – image ajoutée le 05/06) rapporte cette belle mention promotionnelle :

 

« Le plus extraordinaire film Pixar à ce jour »
**** Studio

Alors voilà, avec l’amélioration permanente des moyens informatiques qui permettent de faire des films en image de synthèse[1] de plus en plus chiadés, probablement que ce dernier film en date est techniquement plus avancé que les précédents. Plus qu’hier, et moins que demain. Gageons que dans un an, pour le prochain Pixar, un couper-coller dans Premiere sera encore possible.

J’étais sidéré d’apprendre que Disney il y déjà plusieurs mois, suite aux échecs commerciaux de ses derniers navets, abandonnait son département d’animation traditionnelle. Il a fallu que j’attende plusieurs mois pour trouver dans un interview (désolé, je ne me souviens plus de qui, ni de la date, ni rien…) un vaillant animateur qui déclarait que ce n’était pas tant la technique d’animation qui comptait que l’intelligence de l’histoire (et éventuellement la beauté de l’animation – car un film ne se réduit tout de même pas à sa diégèse).

Il y a des moments où l’on se demande comment ces gens probablement payés très cher utilisent leur cerveau.

Quant aux Indestructibles, c’est probablement le plus extraordinaire film Pixar à ce jour (mais ça ne vaut pas Chihiro).


[1] Je n’aime pas beaucoup le terme de 3D communément employé – y compris par les professionnels même de ce secteur – pour désigner ces films qui ne sont pourtant que des films 2D, en tout cas projetés comme tels. Sur le DVD de Shrek 1, il y a un vrai supplément 3D, avec les lunettes bleues et rouges qui permettent vraiment de voir du relief avec ce procédé certes assez ancien et discutable, mais économique et simple à diffuser. Pour le reste, effectivement, ce sont des images issues de modélisation tridimensionnelle, mais le résultat est en pure 2D.

[6] Cinquième Ripoublique

Jacques Chirac, décidément pas à court d’idée pour être chaque jour un peu plus haï, a eu la bonne idée d’accorder la grâce présidentielle au député UMP Guy Drut (ah pardon ! Wikipedia m’apprend qu’il s’agit également d’un ancien champion olympique – je vous parle d’un temps que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître), soi disant parce que l’absence d’un justiciable français au Comité Olympique serait dommageable à la France. C’est vrai que pour un Comité présidé jusqu’il n’y a pas si longtemps par un franquiste, ça la fout mal. On a un rang à tenir, bordel !

On va avoir droit encore de toute part à des critiques sur la Cinquième République, qui se barre en couille, qu’il est temps de changer, etc.
Peut-être.
Ça ne m’empêchera pas de penser que le fond du problème n’est pas la Cinquième, mais Chirac, qui semble n’avoir comme but, à ce poste, que de se protéger contre ses casseroles judiciaires. Reconnaissons au moins que ça, il le fait avec maestria.

[4] Versailles, riff gauche

medium_drapeau_france.jpgSofia Coppola, dont les deux précédentes productions m’avaient séduit par leur originalité et leur maîtrise, nous présente cette année une grande production en costume dans un univers radicalement différent, dans l’espace, et surtout dans le temps.

Je ne vais pas ici raconter l’histoire (NB : pas de happy end hollywoodien à attendre, production indé oblige), mais juste quelques impressions.

  1. C’est lent. Le film dure tout de même plus de deux heures. Au début, on se dit que la réalisatrice veut prendre le temps de poser le décor. Intention louable. Mais ça ne décole pas. Le temps défile pour la jeune reine, et pour le spectateur (pas royaliste, cf. cette note récente) qui ne s’est pas laissé emporté par la magie du film (je ne doute pas qu’il y en ait une, elle m’a échappé, dommage).
  2. Malgré les nombreux personnages, il n’y a finalement que le principal qui est un peu fouillé. On ne comprend pas grand chose de ce qui agite notre Louis XVI (non, ce n’est pas un film à clefs), ou Mme de Truc, ou la Vicomtesse du Balai.
  3. J’ai toujours trouvé ennuyeuse la description de l’ennui (on pourrait dire que c’est réussi, du coup). Par exemple le film L’ennui. Ou À Rebours d’Huysmans (moi pas comprendre). Bon, ben là, c’est pareil. Au bout de la dixième coupe de champagne, et au dixième fraisier, on comprend le message. It’s chiant to be the queen. Alors la reine prend un amant. C’est plein de profondeur, cette passion. Ils échangent des regards. On comprend qu’ils se plaisent. C’est trop fort, le cinoche.
  4. La musique. Ah, la musique ! Sofia Coppola est connue pour ses B.O.F. branchouilles, de la bonne pop indé des familles. Perso, à la maison, j’ai l’album d’Air du film Virgin Suicides et c’est drôlement bien. Amateurs de pop, méfiez-vous : pour 1 p’tit Cure des familles, vous vous tapez deux ou trois menuets + le best of des Arts Florissants.
  5. N’empêche qu’elle est mimi, la Kristen Dunst, y’a pas à chier. Un autre jour, je vous raconterai comment j’ai copié le baiser de Spiderman et Mary-Jane, mais c’est une autre histoire.
  6. Amis lecteurs (je n’hésite pas, je mets le pluriel, j’ai vu que mon compteur annonçait 35 visites – truc de ouf) n’allez jamais voir des films autrement qu’en V.O. Je vous concède que ça fait un peu drôle d’entendre Autrichiens & Français causer dans la langue de Tony Blair, mais après tout qu’importe. On s’y habitue presque. Dans un autre genre de reconstitution historique, La folle histoire du Monde, de Mel Brooks, il y avait un passage sur la même période de l’histoire de France, et l’on retrouvait dans une auberge une assemblée populaire fomontant la révolution. « Nous sommes tellement pauvres – disaient-ils en anglais dans la V.O. – que nous sommes obligés de parler dans une langue qui n’est pas la nôtre. » Je me suis longtemps demandé comment ce gag avait pu être transposé en V.F. J’ai eu la réponse bien des années après en revoyant ce film à la téloche. Et ben c’était moins drôle.

Sinon, mon titre est un jeu de mot plutôt tiré par les cheveux, mais il me plaît alors silence dans les rangs.
Et puis sur l’image y’a écrit « Queen is (almost) dead », et c’est hyper-inter-textuel, alors on est prié d’apprécier.

[3] Ouverture des hostilités

Publicité CICÇa faisait un petit moment que ça me démangeait. L’envie d’exprimer sur mon site ce que certaines publicités m’inspiraient. Et puis « pas le temps », « pas le courage » bla bla bla… C’était avant l’invention du burp. Puis le burp est arrivé, et c’est devenu drôlement plus simple. N’empêche, ça fait déjà un petit moment que ça existe maintenant, et, lecteur attentif, tu remarqueras que nous sommes déjà le 24 mai 2006. Mais je te mets au défi, lecteur attentif : va donc au supermarché, et cherche une paire de ciseaux à couper le poil dans la main : tu ne trouveras pas. J’ai fini par en dégotter un à La plateforme du bâtiment (j’ai des soucis avec des travaux à la maison, mais c’est une autre histoire). Donc voilà, hop. Comme une image parlera donc de temps à autre de publicité. Généralement pour en dire du mal, mais lecteur attentif et publiphobe, ne te réjouis pas pour autant. D’abord, parce que je ne suis personnellement pas anti-pub (même si je compte prochainement débarrasser ce burp des bandeaux de pubs, dès que le bébé aura été déclaré viable). Ensuite, tout simplement parce qu’en relayant ici des publicités, ma foi, j’en fais d’une certaine manière la publicité.

Venons-en à nos moutons

Voici donc une publicité pour le Crédit du Nord qui vante probablement le bon bouche à oreille dont bénéficierait cette compagnie bancaire.

Première question : d’où sort ce « 2 clients sur 3 » ? Aucune annotation sur la publicité n’indique la source de cette belle statistique.

Deuxième question, et qui devrait précéder la première : que signifie « [venir] chez [eux] par le bouche à oreille » ? Est-ce Monsieur Martin qui glisse à Mademoiselle Viezlovik à la cantine « je suis au Crédit du Nord et y me font pas chier pour 100 euros de découvert » ? Est-ce Monsieur Blanc-père qui glisse à Monsieur Blanc-fils : « fiston, je t’ai ouvert un compte au Crédit du Nord, parce qu’on y est depuis 3 générations, et t’es pas content c’est le même prix » ?

Et puis en vrac les questions qui se bousculent : est-ce que c’est une bonne chose, finalement ? Apparemment, ça n’a pas l’air suffisant, cet effet bouche à oreille, sinon à quoi bon faire une campagne de pub pour donner aux futurs clients potentiels l’idée de s’adresser au Crédit du Nord ? Les clients qui viennent au Crédit du Nord après avoir vu cette publicité ne vont-ils pas se sentir en quelque sorte « exclus » de cette grande communauté de Créditiens Nordistes Bouche-à-Oreilleurs ? « Ben non, moi je viens et je ne connais personne… Vous voulez bien de moi ? ».

Enfin, cette campagne, si elle a du succès, ne risque-t-elle pas du coup de faire drastiquement baisser cette belle statistique ?

[2] C’est gogol

Bon, vous avez dû entendre parler de Ségolène Royal.

En tant que candidate à la candidature au sein de son parti (le Parti Socialiste, NDLR), elle se doit à ce titre d’être a minima à la tête d’un courant, et comme il est de coutume en politique française (je ne sais pas ce qu’il en est dans les autres pays), on nomme généralement ce courant d’après le nom de famille de la personne concernée.

ex : Mitterrand => Mitterrandisme, Chirac => Chiraquisme etc. Ami lecteur, je ne poursuis pas plus loin mes exemples, tu pourrais légitimement considérer que je te prends pour un con.

Or donc, Mademoiselle Ségolène Royal trouve que « Royalisme », c’est pas terrible, et ça fait penser à autre chose que ce à quoi ça devrait faire penser (si elle ne vivait pas dans le péché, elle aurait pris son compagnon pour époux, et son nom avec, on parlerait de Hollandisme, et ç’aurait été l’occasion d’une nouvelle ambiguïté, mais là n’est pas le propos). Bref. La voilà qui propose donc « Ségolisme ».

C-gaulisme ?

Et pourquoi pas « Ségolènisme », hein ? Pourquoi cette abréviation ? Quitte à abréger, pourquoi pas « Royisme » et on n’en parle plus.

« Mon projet ne sera pas ségoliste. »

[1] Avant Propos

Évidemment, je pourrais continuer à retourner encore sept fois la plume dans mon clavier, sortir ma balance de Roberval de mes vieux cahiers du collège pour soupeser chaque mot de cette introduction, me rendre compte qu’un kilo de clavier AZERTY pèse moins lourd qu’un kilo de plume d’oie Sergent-Major (j’en parle pour faire plaisir à ma vieille mère – Maman, si tu me lis, casse-toi !) et trouver au finale mille raisons de repousser encore l’échéance du démarrage de mon burp.

Donc voilà. Je déclare ouvert le burp Comme une image, et j’aurais toujours le temps de revenir par la suite sur cette note introductive, du moment que la voilà désormais déposée comme une première pierre.

Visiteurs qui passez ici par hasard ou par nécessité, soyez les bienvenus et j’émets le souhait que vous vous amusiez de ma prose (sinon, à quoi bon ?).

[TODO] Présenter le contenu présumé de ce burp

[TODO] Expliquer pourquoi mélanger tout ça est une erreur terrible

[TODO] Tenter de trouver une justification à foncer dans le mur en connaissance de cause

[TODO] Expliquer pourquoi « burp » et pas « b… » (non je ne le dirai pas !)

[À FAIRE] Arrêter les anglicismes à la con. ASAP !