Ah si j’avais un GPS, je serais le plus heureux des hommes. Je l’accrocherais à mon pare-brise, je le brancherais sur mon allume-cigare qui ne sert pas à grand-chose vu que je n’ai jamais fumé de cigare (mais si j’avais un GPS je fumerais peut-être des cigares, qui sait combien ma vie pourrait être révolutionnée par cet accessoire), je m’installerais confortablement sur mon siège. Je bouclerais ma ceinture de sécurité (on n’est jamais trop prudent, même avec un GPS), j’allumerais mon autoradio et je mettrais une petite musique légère, pas trop prise de chou pour rester concentré sur la route et mon GPS — FIP, 105,1 MHz, par exemple, ça devrait coller, en plus il y a de temps à autre des infos trafic et ça pourrait être raccord avec le GPS, bien que, même si celui que j’aurais était doté de la parole, il serait peu probable qu’elle soit aussi suave que celles des fipettes, mais qu’importe. Je réglerais la température intérieure de l’habitacle (mettons que si j’avais un GPS, j’aurais aussi la climatisation dans ma voiture, mais même sans climatisation, j’arrive tout de même à régler une température convenable dans l’habitacle, ça prend juste quelques minutes de plus et un peu de pratique de l’hystérésis). Bref, je me mettrais à-l’ai-se. Une fois tout cela fait, je programmerais ma destination : par exemple, mettons qu’on serait un lundi matin. Tiens, ben ce lundi matin, et si j’allais au bureau ? (je suis un aventurier des temps modernes.)
Ne croyez pas que le GPS m’aurait si facilement. Je ne suis pas du genre à taper Ⓑ Ⓤ Ⓡ Ⓟ ⌫ Ⓔ Ⓐ Ⓤ sur mon GPS et râler parce qu’il ne trouve pas. Je suis in-gé-ni-eur-in-for-ma-ti-cien (et dans ingénieur il y a nieur) alors je taperai d’abord la ville et puis la rue où est sis mon burpeau. Ensuite, je taperais sur le bouton GO et c’est parti mon kiki. Alors évidemment, au tout début, il me dirait d’aller tout droit, mais moi, très désobéissant, je commencerais par faire une marche arrière (pour sortir de mon box), suivi d’une habile manœuvre (que j’ai mis 2 mois à mettre au point, après plusieurs frôlements et pire sur ma carrosserie) pour extraire mon véhicule de son box (qui est drôlement étroit et très mal situé dans ce parking). J’essaierais de ne pas trop me laisser distraire par mon beau GPS parce que c’est une manœuvre délicate (oui je sais, je l’ai déjà dit) et que malgré le peu de soin que j’apporte à ma 106, je ne tiens pas non plus qu’elle ressemble à une épave, des fois que j’aie à draguer une nana qui ne connaisse pas la blague de renard et lapin, et qui soit suffisamment myope pour confondre ma Peugeot avec une Jaguar). Ensuite je sortirais de mon parking et j’entrerais rue O***. Et là, enfin, mon GPS, une fois qu’il aura assimilé que mon véhicule était bien dans l’alignement de la rue, il me dirait d’aller tout droit. Pas con ce GPS. Il sait que c’est une rue à sens unique et qu’il ne s’agirait pas d’aller à contresens. Il a intérêt d’ailleurs parce que s’il me dit de prendre une rue à contresens il se prend une grande baffe pendant que je gueulerais « mais qu’est-ce que c’est que cette merde fabriquée à Taïwan ? ». Mais on supposera que j’aurais un GPS malin avec une base de données à jour des rues en sens unique de C*** et du reste de la région parisienne.
Ensuite, il me dirait de tourner à droite puis 50 mètres plus loin à gauche, suivre tout droit la rue puis tourner à droite. Bon, parfait, je me dirais. Parfait, t’es un super gadget fabriqué à Taïwan (putain y sont fort ces asiatiques, ils vont dominer le monde dans 10 ans, c’est sûr), et je tournerais à droite puis 50 mètres plus loin à gauche, et je suivrais tout droit la rue jusqu’au feu, j’attendrais qu’il soit vert et je tournerais comme indiqué à droi-teu. Parfait, donc, me dirais-je, jusque là, tout va bien, c’est le chemin que je prends d’habitude. Ensuite tout droit, qui dirait, le GPS. Ouais, ouais, ben j’y vais, tout droit, mais no stress GPS mon amour, y a des voitures devant ! (Il faut savoir qu’après le premier feu,
Le soir venu, après une belle journée de travail, je redescendrais au parking, j’allumerais mon GPS et je me laisserais entièrement guider pour rentrer chez moi. Ça me libèrera probablement les neurones tendus par cette épuisante journée de travail et j’arriverais chez moi. Après, je ferais (de mémoire) le chemin qui sépare mon chez-moi du parking où se trouve mon box, et puis je ré-éteindrais tout ça.
Si j’avais un GPS, ça serait vraiment trop chouette.
Si j’avais un GPS, sûr que je le laisserais allumé tout le temps que je passerais dans ma voiture, même si c’est pour prendre un itinéraire que je connais par cœur. Même si ça consomme un peu plus de batterie (une misère, par rapport à la climatisation) dans les embouteillages. Des fois que je sois saisi par un Alzheimer foudroyant, hein. Mince, comment c’est déjà pour la Porte d’Orléans quand je suis sur le périphérique à Porte de la Muette ? Ah oui : tout droit.
Mais j’ai pas de GPS.