[1420] Haïkus de printemps

De temps à autres, il m’arrive d’avoir envie d’offrir à mes contacts Twitter des petits poèmes express se faisant passer pour des haïkus. Comme je le confiais à un interlocuteur dans les cuisines, il s’agit d’un exercice à la fois facile et compliqué. Facile, parce que la concision du texte et sa forme déstructurée permet de créer de la poésie (ou l’illusion de poésie) assez facilement ; compliqué parce que j’essaie tout de même de construire mon texte en pensant à son destinataire (que je connais – ou « sens » – parfois très peu) de telle sorte que les graines que je lance au vent aient une chance d’entrer en résonance avec leur lecteur·trice.

Je vous propose à lire la compilation de ma production récente, qui m’a permis un instant de me changer les idées après trois épisodes très pénibles à tenter en pure perte de défendre une vision complexe du monde.

Bien sûr que #BlackLivesMatter

@capuchenoire

Vrombissement d’ailes
Allongée dans le jardin
Le parfum de chèvrefeuille attend la nuit

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[1419] Coronavirus & partouze

Préambule

Ce n’est ni la première, ni la dernière pandémie à laquelle nous sommes confrontés. Avant H5N1 ou le SRAS, qui n’auront été, en France, qu’un pétard mouillé (sauf pour les canards), nous avions connu une « grippe de Hong-Kong » dans les années 1968-70 (j’étais donc déjà de ce monde) assez superbement ignorée (elle n’a généré, à l’époque, que quelques minces articles dans la presse, et n’a pas laissé de trace dans la mémoire de ma mère, par exemple) (source : Libération « 1968, la planète grippée », un article du 7 décembre 2005).

N’étant pas prescient, je ne sais pas dire combien de dizaines, centaines, milliers ou millions de morts cette épidémie provoquera (j’aurais tendance à dire, avec les mesures actuellement en vigueur un peu partout dans le monde et la prise de conscience qui semble doucement naître en France – on est trop des rebelles ! – qu’elle restera modérée et aura un bien plus grand impact dans notre mémoire collective – première pandémie de l’ère des rézossossios – que dans les cimetières), mais j’entends déjà les voix de ceux qui diront qu’on aura fait beaucoup de barouf pour pas grand chose, face à ceux qui rétorqueront que si on avait pris le sujet plus rapidement au sérieux, le bilan n’aurait pas été si lourd.

Avec un taux de létalité autour de 2 % (il y a sûrement d’autres chiffres qui circulent et je ne suis pas sûr qu’il existe une méthode exacte de calcul), nous avons toutes nos chances, toi ami lecteur, moi, et les autres, de nous en sortir… Surtout si nous avons moins de 70 ans.

Cette introduction ne se veut pas un exposé fiable et scientifique de la situation, mais juste une façon de dire qu’on peut légitimement s’en foutre et tout aussi légitimement s’inquiéter.

J’en arrive au sujet même de cet article : comment réagir à cette exigence de confinement quand on aime fréquemment se vautrer dans la luxure, de préférence à plusieurs ?

Weegee - boy meets girl from outer space
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[1418] La goutte d’eau

Ô Immortels ! Qu’ai-je donc fait pour mériter votre courroux ? Quel acte ai-je commis qui déclencha votre ire ? N’ai-je point payé à temps mon tiers provisionnel ? (Certes non, je suis prélevé à la source, mais ai-je le choix ?) N’ai-je point forniqué avec rigueur et vigueur toute l’année écoulée pour honorer comme il se doit Dionysos, Hermès et le regretté Priape ? Que dois-je faire pour apaiser votre fureur et éteindre votre feu ?!

Fiente de pigeon
tombée sur la selle du scooter de location qui remplace mon scooter
(volé la nuit du réveillon de la Saint-Sylvestre),
tandis que j’étais aux urgences de l’hôpital Bichat
(en grève),
après que je me suis fait une entorse
quelques heures plus tôt pendant ma séance de sport.
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À part ça, la vie est belle et il m’en faut plus1 pour que je perde ma bonne humeur.

  1. SVP, les Dieux, ne prenez pas ça pour une invitation à pousser sur le curseur. []

[1416] Global warming

Ce que j’aime dans la baise avec Pascualina, c’est que nos séances durent tellement longtemps que nos corps tout entiers semblent être couverts de gel, nos chairs sont en fusion et chaque parcelle de notre peau finit par devenir érogène, appelant baisers, caresses, pénétration, humidité et friction.

Journal d'une fille de ferme très libre -

Illustration issue du Journal d’une fille de ferme – ouvrage anonyme, vers 1952.

[1415] Amores perros

Depuis quelques temps, nos soirées de baise se font très longues et très intenses, et parfois je constate que mon érection ne tient pas sur la durée. (Il y avait cette fois où, vers 3 ou 4 heures du matin, je passais un temps fou à essayer de donner un peu de rigueur à mon engin qui faisait la sourde oreille.)
Je vois ça comme un péri-phénomène, je ne suis pas plus inquiet que ça, vu que les heures qui précédaient, j’ai bien bandé j’ai bien cul, merci petit Jésus, mais je prends note que ça m’arrive et j’y prête attention tout de même, pour l’observer dans la durée.

D’autre part, et sans que je fasse de corrélation entre les deux sujets, je me faisais cette réflexion : mes amours avec Pascualina ne tendraient-elles pas vers une pratique de plus en plus vanillée (avec quelques coups de fouet comme mince point d’orgue de nos pratiques BDSM) ?

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