[1502] Le fil du souvenir

Hier fut, irrémédiablement.
Je m’accroche au fil de ce souvenir pour inventer un demain qui, bien sûr, ne sera pas. En tout cas, pas comme je le projette. Je ne suis pas une Parque filant le destin.

Lis-moi, non pour qu’advienne ce que je projette, mais pour t’emplir de mon présent, de ce rêve qui m’habite (oui, lol). Je rêve que cette envie, qui vibre et résonne en moi, se propage par tes yeux au fond de ton ventre. Je me rêve, avec mes mots, faiseur de prophéties autoréalisatrices.

Peut-être faudrait-il que j’égorge un coq noir, que je psalmodie une incantation au centre d’un pentagramme tracé à la craie sur lequel, à la pointe de chaque branche, vacille une bougie, que je trouve chez quelque sorcière un philtre dont, minutieusement, j’injecterais quelques gouttes dans chaque chocolat de ce grand faiseur avant de te les offrir.
Mais je ne crois qu’à mes mots, et à leur pouvoir érodé.

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[1501] Dix ans après

Je caresse le projet de raconter à nouveau, ici, mon « anniversaire » dix ans après les faits.

Juste pour voir ce que ma mémoire a gardé de ces quarante-huit heures d’anthologie, en tout cas d’anthologie pour ma petite histoire érotique personnelle.

Qu’est-ce que t’en penses, ami·e lecteur·trice ? (déjà, faut que tu fasses partie des meubles pour savoir à quoi je fais référence, quand je parle d’anniversaire !)

puzzle de la mémoire

[1500] Passer nos amours à la machine

Il y a quelques jours, je remplaçais notre ancien lave-linge, mort en plein exercice à l’âge vénérable de 17 ans (et ce, sans la moindre hospitalisation préalable, chapeau !) par un nouveau modèle acheté sur un site d’électroménager reconditionné. J’ai eu l’impression de sauver le monde par ce geste atteignant des sommets d’engagement écologique.

ornement séparateur

Pour mes amours, je crois aussi à une certaine écologie érotique : je m’engage pour la durée, je consomme local, quand il y a une panne, je préfère essayer de réparer que de jeter et remplacer. Et je préfère souvent les modèles qui ont déjà servi aux modèles tout neufs qu’il va falloir débrider.
Peut-être parce que je vieillis et que je prends de plus en plus conscience de l’importance de ne pas gaspiller les belles ressources de notre planète, je regarde avec tendresse (et quelques bonnes louches de concupiscence, avouons-le) ces amours éloignées, mais que j’imagine pouvoir encore toucher, simplement en tendant le bras (et, peut-être aussi, ma queue, parce que je n’ai pas le monopole de la concupiscence).

Un sac en papier kraft, sur lequel est inscrite la mention « reuse until I break. Then recycle me. » accompagné d'un logo de recyclage en forme de cœur

(Je me demande si ce billet n’est pas lui-même un recyclage de celui-ci…)

[1499] Enfin officiellement récompensé !

Ah ! Vous le savez, ami·es lecteur·rices, je ne cours pas après la gloire ni les médailles ; je suis adepte du « pour vivre heureux, vivons cachés » et votre présence ici est ma plus belle récompense – et c’était encore mieux si elle se manifeste activement en commentaires (#jdcjdr).

Toutefois, en 45 ans d’activité sexuelle plus ou moins intense (j’enclenche le compteur à mes premières branlettes), il me manquait tout de même une marque de reconnaissance officielle, une attestation me permettant de démontrer, preuve à l’appui, que je joue dans la cour des grands. La voici enfin !

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[1498] Ffffffffff…

Avant-propos

Je sais que ça ne saute pas aux yeux, mais ce burp est vivant. Outre les nouveaux articles (que j’espère poster plus régulièrement cette année – qui vivra verra), il m’arrive régulièrement d’aller relire d’anciens articles, d’en remanier quelques phrases ou simplement d’y corriger quelques fautes. Souvent aussi, je pleure sur des liens qui pointent désormais vers le néant du World Wild Web (sic) et quand c’est possible, j’essaie de leur rendre un peu d’actualité.
Je travaille même sur un nouveau thème depuis… au moins un an. Il sortira peut-être un jour, mais je ne parierais pas sur 2024.
Bref… Il y a parfois du neuf dans le vieux.

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[1497] Proprioception

J’ai ce bouton que je sens sur mon front, je l’approche d’un doigt, regrette de ne pas avoir de l’essence d’arbre à thé à portée de main pour le traiter, ni même d’un peu de savon pour me laver les doigts qui se posent dessus.

Zut !

Le lendemain, je suis au bureau, je sens encore ce bouton, je regrette de ne me souvenir de sa présence que quand je suis en incapacité à le traiter. Que n’y ai-je pensé hier soir ?!
Je me dis : au moins, il est caché par mes cheveux.

Un peu plus tard, je peux me rendre aux toilettes, et réaliser devant le miroir qu’il n’y a aucun cheveu pour dissimuler ce bouton. Et ce depuis de nombreuses années.

Superzut !