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Rangé des voitures

Je ne sais pas vous, mais moi, je me sens de plus en plus largué avec le monde automobile.

Je crois que j’avais déjà noté ici (mais était-ce dans un article, un commentaire, ou en réaction sur un autre burp ? je ne sais plus et j’ai la flemme de chercher) la masculinisation des noms de voitures, du moins dans la publicité. On avait toujours dit « une DS », « une Laguna », « une 205 » ou « une BM… » et maintenant c’est « un Espace  »1, « le nouveau 1008  » et j’en passe.

Bon, ça, ça m’énerve, mais je comprends. Enfin, non, je ne me l’explique pas. Mais j’arrive à suivre, quoi. Sûrement un revirement qui se prétend anti-sexiste mais qui doit certainement être fondamentalement phallocrate.

Par contre, depuis quelques années, le vocabulaire automobilistique se nappe d’un jargon anglais auquel je ne bite que dalle et qui ne va pas arranger ma peur du garagiste. Aussi loin que je me souvienne, le premier terme que j’ai ainsi repéré était common trail. J’ai trouvé et lu un jour l’explication de cette locution, aussitôt oubliée. Je vois maintenant des sigles et mots étranges consteller les publicités et qui me mettent terriblement à distance. Je me sens largué, tout comme je me sens aujourd’hui largué en feuilletant ces canards qui, pourtant, jadis me ravissait quand j’allais chez le coiffeur ou chez ma belle–sœur. Voici, Closer et autres Interview sont désormais peuplés de peoples (chuis fier de moi, là) dont je ne reconnais ni le nom, ni le visage. Je me dis que ce doivent être des créatures issus de la télé-réalité, sans aucune certitude.

Pour la bagnole, ça donne SUV ou Crossover et d’autres choses dont je ne me rappelle même plus.

Ah, quand même, j’avoue que je sais ce que veut dire « moteur hybride » car je suis un consommateur éco-responsable (teuh teuh).

Vous ne me croirez pas, mais quand j’étais petit (enfin, vers 14 ou 15 ans, ça n’aura duré qu’une année), j’ai eu une passion pour les grosses-belles-chères voitures et je rêvais de pouvoir m’offrir une Porsche 908 (ou un numéro du genre) quand je serai grand. Et puis ça m’a passé, mais alors complètement, et je suis bien plus fier aujourd’hui de ma 106 Kid cabossée avec ses taches de cyprine que de n’importe quelle grosse bagnole intérieur cuir impossible à garer (Mel’Ody, une bise à ton homme en passant, je sais désormais qu’on peut aimer les grosses voitures en ayant une grosse bite :-).

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Volkswagen ayant perdu son humour décalé pour nous vendre ses voitures, les publicités pour les voitures défilaient devant mes yeux (quand je regardais la télé, ce qui n’est pas souvent, mais néanmoins la voiture occupant un nombre non négligeable d’écrans publicitaires, je n’y ai pas échappé) m’inspirant le même ennui que les bornes kilométriques le long de l’A6.

Quand tout à coup, je découvrais ce clip :

Bon, alors certes, le slogan MOTION & EMOTION, complètement nase et pas traduit (parce que c’est MOTION en anglais, évidemment, pas MOTION en français, ça ne voudrait rien dire) est sérieusement pompé sur le  « AUTO EMOCION » de SEAT. Passons.

Mais pour une fois, la putain de débauche d’effet spéciaux déployée pour ce clip crée (à mes yeux) une émotion (!) autrement plus palpable que celle provoquée par une bagnole se transformant en robot dansant (ouais, transformers, c’était très bien déjà en dessin animé, j’ai pas besoin de plus), ou un publicitaire retouchant les images de son clip (sur une publicité inepte dont j’ai oublié le scénario), ou une vache déplacée sur le toit d’une station essence.

Je pense que la petite scie techno2 qui accompagne la vidéo n’est pas non plus pour rien dans le plaisir que je prends à regarder (et écouter, donc), ce petit bijou de créativité. Mes sincères félicitations à la firme au Lion pour cette publicité (dans laquelle il ne manque qu’une 106 cabossée à la banquette tachée de cyprine).


  1. alors que tout le monde sait qu’en typographie, c’est une espace !
  2. Il s’agit de Tonight par Yuksek.
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