Anne Archet n’est pas seulement une talentueuse pornographe à la plume moqueuse et à l’imagination débridée, c’est aussi une collectionneuse avertie de cochonneries délicieusement licensieuses. A côté de ses écrits, vous trouverez donc de fort belles illustrations dans son Curiosa.
En ce moment, Anne Archet nous distille les planches d’une certaine Suzanne Ballivet que je trouve d’une grande puissance érotique. J’ai été d’abord surpris d’apprendre que l’auteure de ces dessins était une femme (tant elles sont rares à exercer dans ce domaine), et puis je me suis dit que la force de ses images venait peut-être justement de ce regard féminin. Les personnages sont beaux, respirent la douceur et le désir. Ils font l’amour.
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J’ai depuis longtemps dans la collection d’images que je recueille au fil de mes furetages sur la toile cette estampe un peu plus ambiguë et que je reconnais aujourd’hui être de la même auteure :
Sans qu’on puisse en être tout à fait certain, elle semble représenter une scène de viol. Et si trouble qu’elle soit, je suis excité par cette scène érotique. J’ai cru comprendre de mes lectures – et de quelques rencontres – que le fantasme du viol était plutôt un fantasme féminin.
Un soir d’été, lors d’une brève parenthèse enchantée, je revenais d’un diner en ville à P*** au bras de mon amante. Arrivés chez elle, j’allais pour l’enlacer et l’embrasser quand elle se déroba à mon étreinte et me repoussa violemment. Je fus interloqué une seconde et le déclic se fit : elle voulait jouer et je dus donc recourir à la force pour arriver à mes fins et lui violenter un baiser rageur. Cette scène inattendue m’excita puissamment et la suite de la soirée fut bestialement lubrique.