Je ne l’aperçois que de dos, s’éloignant, au moment où mon scooter s’engouffre dans le parking de l’immeuble où je travaille.
Grande, élancée, d’autant plus grande qu’elle est juchée sur des escarpins noirs de belle hauteur. Elle porte un jean qui met en valeur ses jambes fuselées, un chemisier dont la couleur m’échappe, et tout en haut, je ne vois qu’une belle chevelure noire et bouclée, mi-longue.
Elle a la démarche chaloupée qui va bien avec ses talons, et qui transforme son cul en un métronome le plus hypnotisant qui soit.
Je retarde le moment où, d’un coup d’accélérateur, je l’effacerai de mon panorama. J’hésite une demi seconde à l’apostropher – tout en sachant très bien que je ne le ferai pas, mais l’imaginer est en soi une douce torture.
Elle est déjà loin et j’imagine désormais dans quelles circonstances je pourrais revoir cette affolante créature dont j’espère qu’elle travaille régulièrement dans le quartier, tout en me demandant comment résistera son charme à une vision de face. De combien de femmes n’ai-je été amoureux que de dos ?!
Illustration (non contractuelle) : stilettos and zebra print par TrishaMonsterr sur DeviantArt