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Mille et une nuits (1)

Préambule

Je tiens à rassurer mon aimable lectorat (et moi d’un même élan) en le prévenant qu’il ne voit pas ici démarrer une éprouvante et interminable saga. Il est pour moi bien trop tôt pour vous dire combien d’épisodes comportera cette série numérotée (sur papier vergé), mais à ce jour, une seule et unique femme peut se valoir d’avoir partagé mille et une fois ma couche, et sans vouloir hypothéquer le moins du monde l’avenir de la liaison dont je vais vous livrer ici les prémisses, il est assez peu probable que sa protagoniste soit la deuxième. Je serai mort avant.

En second lieu, constatant une saturation certaine des A**, B***, C*** et autre O*** dans mon abécédaire burpien, je cède à la ridicule tentation de trouver un surnom aux personnages de mes chroniques, jusqu’à ce qu’une autre lubie me saisisse (lecteur fidèle, sauras-tu retrouver dans mes interminables archives un précédent ? il y en a au moins un).

* * *

J’ai rencontré Shéhérazade (j’ai osé !) dans un cosy café parisien suffisamment bruyant puisque l’on puisse parler cul sans alerter la foule parisienne, insuffisamment intime pour que que les voisins ne puissent pas, dans un moment de pause de leur propre conversation, intercepter des mots compte triple comme « trio », « bondage » ou « double pénétration ». Ce qui convient très bien à mon exhibitionnisme latent, surtout après le premier rhum.

Shéhérazade et moi n’avons pas attendu très longtemps entre son premier message, reçu dans ma messagerie (j’aime les femmes qui font le premier pas !) et notre rencontre. Je ne savais presque rien d’elle et de ses envies (ce qui me fait me sentir peu confiant, ne sachant pas en quelle terre érotique je mets les pieds) ; j’avais deux photos d’elle et elle une de moi, ce qui n’avait ni coupé court à notre envie de nous rencontrer, ni fait naître non plus un élan irrépressible de nous rencontrer sur le champ. Business as usual, fait-il, mi-cynique, mi-cabot.

Petit imprévu le jour J qui me fit craindre que nous repoussions à une autre date notre premier rendez-vous ; je balaye l’obstacle d’un revers de la main : non recevable. Je m’installe dans le café, j’envoie un SMS pour signaler ma position, et j’attends paisiblement qu’elle arrive. Nous n’aurons pas beaucoup de temps devant nous, car je laisse pour l’occasion mes filles seules à la maison, et je suis attendu pour mettre la main à la pâte à un DM1 de maths.
Là voilà qui arrive et me rejoins alors qu’on me sert à peine le verre que j’ai commandé sans l’attendre. Elle goûte mon truc et préfère quelque chose d’un peu moins piquant. Nous commençons à discuter, et j’entreprends mon pilonnage, pour essayer de savoir un peu plus qui elle est et ce qu’elle veut. Mais elle semble intimidée, ne se livre pas, minaude.

Je regarde ses yeux qui brillent d’un éclat polisson. À plusieurs reprises, je me rends compte que je bande sans que la discussion ne s’y prête immédiatement. Des flashs me traversent : envie – qu’elle – me suce – aux toilettes. Il y a quelque chose en elle qu’elle dégage, comme le le parfum d’une fausse innocence. Je la sens rougir des idées qui la traversent mais qu’elle n’exprime pas.

Je reste gentleman. Je ne l’inviterai pas à me suivre au sous-sol. Je prendrai poliment congé d’elle, une fois notre quota de temps épuisé.

La prochaine fois, en revanche, qu’elle ne compte pas sur moi pour rester gentleman.

Shéhérazade est une petite vicieuse (et il se pourrait que ce soit contagieux).

 


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