Site icon Comme une image

En rut (1)

Voilà plus de huit jours que nos seuls échanges passent par la voie électronique. Je ne vois plus ton œil briller de malice ni ta bouche me sourire en coin. Huit jours que je ne t’ai pas serrée dans mes bras en soupirant de ce mélange d’épanouissement et d’inquiétude qui est le mien depuis que je sens qu’avec toi, mon cœur ne bat pas que pour gonfler ma queue.

Tout cela est bien romantique, n’est-ce pas ?

Par voie de conséquence, huit jours que ta langue n’a pas plongé dans ma bouche, que mes doigts ne sont pas venus rendre une petite visite de groupe à ta chatte avide, que mon sperme n’a pas éclaboussé ta gorge et que je ne t’ai pas entendu crier mon prénom pendant que je te pilonnais.
Le romantisme, ça va un moment, mais tu auras compris au titre de cette note (suivi d’un petit numéro laissant présumer d’une suite que j’annonce imminente) que ça ne servira qu’aux préliminaires.

Petite salope.
Ma petite salope.
Ma douce petite salope.

Je ne sais pas si tu imagines le chemin parcouru pour que moi qui ai dit et répété moult fois combien j’étais mal à l’aise avec ce genre de propos que j’estime (dois-je dire estimais ?) avilissant pour mes partenaires ; je te le répète maintenant si souvent à l’oreille et jusqu’à la place publique de mon burp.

Force est de constater que tu dois posséder une belle dose de turpitude pour t’éclipser un instant de la soirée avec tes amis, pour aller dans la salle de bain prendre un cliché que tu m’enverras accompagné d’un petit texte ne visant qu’à entretenir à petit feu1 mon désir jusqu’à notre prochaine rencontre. Je ne pense pas que tu sois allée jusqu’à leur dire « Vous m’excusez quelques minutes, il faut que j’aille prendre une photo. J’ai promis à mon amant un SMS pour le faire bander et je pense qu’un MMS sera un peu plus efficace – il est un peu frustre, voyez vous ! »

Tu m’as annoncé que tu portais un collant sans culotte en dessous, qu’« une des raisons pour lesquelles [tu] aime[s] bien porter juste des collants, c’est la caresse du nylon sur [t]a chatte (et de la couture du collant sur [t]on clitoris). »
J’imagine du coup qu’une légère humidité teintait ton collant sur l’entrecuisse au moment où tu as pris ta photo même si ton cadrage prude ne laissait rien apparaître de ton sexe. Et je rêve. Que tu es face à moi. Que je te dis des mots qui te font rougir. Que je te promets quelques coups de ceinture sur tes fesses, mais seulement si le spectacle que tu m’offres devient terriblement obscène. Je veux que, sans même te toucher, la mouille coule de ton sexe et souille ton collant. Peut-être imprimeras-tu à tes cuisses ce petit mouvement alternatif – serrées, desserrées, serrées, desserrées… – qui t’agite quand nous discutons juste sagement ensemble mais que les pensées qui t’animent se sont éloignées du fil de notre conversation.


Je te demanderai de te retourner, d’agripper tes mains sur le rebord du meuble (une commode ? un comptoir ? les barreaux d’un lit ?), je déferai ma ceinture et sans même baisser tes collants, je ferai doucement cingler les premiers coups sur ton petit cul à travers le nylon.
Progressivement, je ferai monter l’intensité des impacts. Viendra un moment où tu commenceras à lâcher un aïe ! mais je t’interdirai de bouger – souviens-toi que tu es une petite salope et que tu as intérêt à m’obéir – et quand tu commenceras à me trouver gonflé de te faire mal comme ça alors que ça n’est censé être qu’un petit jeu, j’abaisserai brutalement ton collant, le déchirant sans doute au passage, et je te montrerai que oui, je suis sévèrement gonflé en enfonçant d’un coup ma queue au fond de ta chatte juteuse, et ça fera un bruit sonore et humide dont tu auras un peu honte. Est-ce possible d’être tellement mouillée ? Et seulement après avoir bien canonné ton con, je te retournerai, je te soulèverai pour poser tes fesses sur ce meuble (le lavabo de la salle de bain en fait), jambes bien écartées, et enfin je plongerai ma bouche au cœur de la fournaise pour à grand coups de langue laper le jus parfumé de ton amande.


  1. Entre nous, le petit feu, c’est du thermostat 8 au bas mot.
    Quitter la version mobile