[1043] La vie insulaire ★★★

La vie aquatique de Wes Anderson m’avait laissé le souvenir d’un film tout-à-fait sympathique et foutraque, un film attachant mais proclamant d’une façon qui me semble, à moi, trop ostentatoire « je suis un film indé pour intellos ». Du coup, j’avais zappé ses productions suivantes, attendant d’un film autre chose qu’un sentiment d’appartenance à une caste1.

Sur le choix de ma compagne, nous sommes allés voir Margin Call2 et en voyant la bande annonce de Moonrise Kingdom, j’ai eu une sorte de coup de foudre et j’ai absolument voulu voir ce film, en me disant même que ce serait une excellente occasion de montrer à mes filles du cinéma sachant être à la fois haut-de-gamme et accessible.

Photo du film Moonrise KingdomLa première chose à dire, c’est que la bande-annonce ne m’a pas trompé sur la marchandise ! Quel film pétillant, enthousiasmant ! On y suit les pérégrinations sur une île (imaginaire) de la Nouvelle-Angleterre d’un (ex-)boyscout orphelin et mal-aimé de ses comparses, Sam, et d’une jeune adolescente mal dans sa peau, Suzy, lesquels se sont rencontrés dans des circonstances que je vous laisserai découvrir, alors que la police locale, le chef des scouts et les autres scouts,  l’assistance sociale et les parents de Suzy sont à leurs trousses et qu’une terrible tempête menace…

La distribution est formidable, tant chez les adultes où défilent les vedettes (j’ai été particulièrement touché par l’interprétation d’Edward Norton) que chez les enfants (toujours une gageure pour les films consacrés à l’enfance), le scénario nous captive du début à la fin, c’est magistralement filmé (la séquence d’introduction du générique du début est un petit bijou qui donne d’emblée le ton – ne quittez pas non plus votre siège avant la fin du générique de fin). Bref, à ne pas manquer, même si l’on n’a pas d’enfant !

* * *

Puisque l’on parle de cinéma « parental », quelques mots aussi sur Sur la piste du Marsupilami vu pendant le pont de l’Ascension avec ma fille cadette. Clairement bien plus dispensable que Moonrise Kingdom, le dernier film d’Alain Chabat permet quand même de passer un bon moment.
Il y a quelques faiblesses dans le scénario (mentions spéciales au rôle tout bidon de la productrice télé et à celui de Jacques Weber qui semble cachetonner sans le moindre effort), quelques facilités auxquelles Chabat et sa bande nous ont, hélas, habitués, le manichéisme des personnages comme si les films pour enfants ne pouvaient y échapper (Moonrise Kingdom est justement l’illustration du contraire), mais c’est globalement plutôt marrant. La scène où Lambert Wilson interprète une chanson de Céline Dion, dont j’avais entendu parlé et que j’appréhendais particulièrement est vraiment un moment bidonnant. Jolie petite séquence de deux secondes où l’on voit une grosse limousine (la voiture, pas la vache), dont le conducteur est aveuglé, traverser un carrefour particulièrement dense en grillant le feu, quelques gags fameux dont une partie éventée par la bande-annonce. Houba houba.

Hop !


  1. Pour être plus précis, je serais bien allé voir, quand même, Fantastic Mr Fox avec mes enfants, mais le destin en a décidé autrement. []
  2. J’en profite pour dire quelques mots : un film au casting au poil – j’adore Kevin Spacey, Jeremy Irons est un de mes acteurs favoris – ou était parce que je le préférais à l’époque de Faux semblants –, une histoire d’économie traitée à la façon d’un thriller, on ne s’ennuie pas une seconde, mais… il m’a manqué un je-ne-sais-quoi pour que je sorte tout-à-fait enthousiaste de la projection. []

9 gazouillis sur “La vie insulaire ★★★”  

  1. #2
     
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    Marie a gazouillé  :
    Et c’était comment Margin call?
    Sur la piste du marsupilami est le dernier film que j’ai vu, je crois, et je le trouve tout à fait dispensable. Mon fils a adoré et était mort de rire du début à la fin. Pour ma part, si certains détails et passages m’ont fait sourire, j’ai été loin d’être aussi emballée que lui.
    Je n’ai qu’un lointain souvenir de La vie aquatique, mais “intello” n’est pas l’adjectif qui me serait venu spontanément à l’esprit.
    Bien tentée par Moonrise kingdom en revanche, du fait de ce que j’ai pu en lire.
  2. #3
     
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    Olivier M. Chapeau a gazouillé  :
    J’ai adoré La Vie aquatique, complétement frappadingue. (Je confirme que Seu Gorge chante plusieurs fois dans le film, en plus d’avoir un rôle secondaire.) Je comprends qu’on puisse trouver le film trop volontairement décalé, mais ça ne m’a pas gêné.

    The Darjeeling Limited est plus nostalgique mais toujours farfelu.

    Mr Fox est génialoïde. Il y a des scènes qui me font encore rire des années après. (Fire in the hole ! Ah ha.) J’ai le bleu-disque d’ailleurs, si on se croise.

    J’ai la ferme intention de voir son nouveau film, dont la bande annonce m’a charmé.

  3. #4
     
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    Comme une image a gazouillé  :
    Cristophe » J’ai honte, mais je ne me souvenais absolument pas de ces séquences (contrairement à M. Chapeau).

    Marie » La réponse à votre question se trouve dans la 2e note de bas de page (note de bas de note ?) !

    Olivier M. Chapeau » Assez partant pour voir Fantastic Mr. Fox (qui me fait d’ailleurs penser à un bouquin que j’ai lu enfant, Fantastique Maître Renard, je ne sais pas s’il y a une parenté entre les deux œuvres au delà de leur titre).

  4. #5
     
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    Olivier M. Chapeau a gazouillé  :
    Le film est une adaptation du livre. Les titres sont identiques en anglais, à un point près. L’histoire de base est la même. Le personnage du cousin et le thème de la jalousie entre enfants est propre au film, et la fin est différente.

    Pour Seu Jorge, je m’en souviens d’autant mieux qu’il reprend des chansons d’un de mes chanteurs fétiches d’adolescence, David Bowie. Et j’ai moins de mérite, ayant vu le film au moins trois fois. :)

  5. #6
     
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    mimilette a gazouillé  :
    Magnifique ce petit dernier de Wes Anderson. Le scénario est bien cousu, moins frappadingue que “la vie aquatique” et aussi délirant, par moment, que “Fantastic Mr Fox” (@ M. Chapeau : ça m’a fait (re) rire aux éclats, le fire In the hole haaha)
    Dans “Moonrise kingdom”, j’ai retrouvé une certaine sensibilité, dissimulée dans “Darjeeling Limited” ( qu’il faut regarder sans être sous pression ou avec une attente particulière car pour moi d’une profondeur particulière) … Le rôle de B. Wilis est étonnant, egalement. On se dit, qu’on a tout compris à un certain moment mais on se fourvoie, dans un autre. Les 2 enfants, aux expressions figés, dans la découverte …
    Bref, j’ai bcp apprecié le film !
    A mon humble avis, Mr Fox m’aurait plus tenté avec ma fille ! C’est un film qu’on comprend et non qu’on regarde, simplement :)
  6. #7
     
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    Comme une image a gazouillé  :
    Olivier M. Chapeau » Je dois dire que j’ai lu ce bouquin il y a tellement longtemps que je ne m’en souviens plus guère. Mais il est à parier que le visionnage du film aura un effet madeleine !

    mimilette » Bienvenue mimilette !
    Je vois que nous partageons les mêmes impressions sur ce film. Je n’ai pas vu Darjeeling… et j’ai donc le renard en file d’attente.

  7. #8
     
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    Fiso a gazouillé  :
    Et bien, autant j’ai beaucoup aimé La Vie Aquatique, autant je me suis limite ennuyée pendant Moonrise Kingdom et serais bien incapable d’en raconter la moindre scène, 1 mois après l’avoir vu !
  8. #9
     
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    Comme une image a gazouillé  :
    Fiso » Comme c’est étrange (et surtout dommage pour toi) que tu n’aies pas été sensible à la poésie de ce film…

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