(le titre de cette note est emprunté à Bashung)
Il y a des soirées comme ça, des soirées qui s’approchent, l’air de rien, et qui vous happent comme des succubes, vous font vibrer en sur-régime et vous libèrent, hagards, à une heure où les métros ont depuis longtemps fini de rouler, avec le sourire riveté sur le visage des heures heureuses qui viennent de s’écouler.
La soirée de samedi était de celles-là. J’avais été invité par I***. Initialement, je n’étais pas sûr de pouvoir m’y rendre, le week-end étant en principe réservé à la sagrada familia, mais j’ai chèrement négocié une exception : I*** est une sorte d’alchimiste folle, elle mélange toutes sortes de gens d’univers différents, des partouzeurs frénétiques avec les voisins du dessous, des amis de longue date avec des rencontres d’il y a 30 minutes, croisées dans la rue ou sur OkCupid, et très étonnamment, tout le monde s’entend à merveille et la fête pétille.
Au programme de cette édition, en vrac :
- Trouver L*** et N*** qui m’accueillent depuis la terrasse d’un bar au bout de la rue quand je suis encore en train de garer mon scooter (coucou vous deux !)
- Joe Dassin en musique d’ambiance, quand on arrive, avant qu’on ne se charge de lui faire la peau (mais après avoir fait montre d’une belle patience)
- L’été indien, en revanche, sur le balcon, avec une température plus que clémente pour la saison et un joli ciel qui vire à la nuit (rien que ça, ça donne envie d’être heureux)
- Un invité qui transpire un peu de ne connaître absolument personne et que je verrai plus tard, bien plus à l’aise, en train de papoter entouré de trois demoiselles
- Une bouteille de Trousse-Chemise qui me donnera des idées
- Du jus de gingembre qui se marie très bien avec le champagne (cocktail auquel j’ai carburé presque toute la soirée)
- Revoir O*** avec une légère appréhension vite envolée et la satisfaction d’avoir à nouveau du plaisir en sa compagnie (évidemment, un tout autre plaisir que jadis ! mais j’étais content de vérifier dans les actes ce que j’avais senti à propos de la fin de mon deuil depuis quelques temps)
- Sécher devant l’exercice consistant à se définir en un adjectif. Jeu proposé par un cabotin, défi relevé par une intrépide (nous y reviendrons), puis une fuyante puis par une ouverte. Et vous, ami lecteur, quel adjectif choisiriez-vous pour vous ?
- Assister à une bien jolie démonstration de tango
- Prendre mon audace à deux mains et voler un baiser à une intrépide, qui pour le coup, trouve que c’est moi qui mérite le qualificatif. (Les baisers suivants n’auront plus rien du larcin ;-)
- Donner de sa personne pour le rapprochement entre les peuples en parlant anglais à une Américaine et une Roumaine
- Voir une grosse chatte qui se fait caresser en prenant des poses étranges
- Observer que ça n’est pas si simple de réunir l’amoureux et l’amant !
- Finir la soirée en sortant de mon téléphone quelques morceaux qui me font danser tout seul quand les cinq autres survivants sont affalés sur les canapés
- … j’en oublie