Après de longs préliminaires qui ont duré des mois voire des années, Nyx est entrée dans ma vie en y prenant rapidement une place confortable.
Et puis nous nous sommes retrouvés tous les deux chez elle et là, nous formions tous les deux au pied du mur une belle paire de maçons ! On projette toujours quelque chose de ce que pourrait être l’amour avec un(e) nouveau(-elle) partenaire. Ne serait-ce que ce qui nous pousse à le/la conquérir. Comme je le disais dans mon précédent billet, « elle m’apparaissait (…) comme une créature authentiquement pansexuelle ». Si je développe, j’entendais par là qu’elle pouvait coucher indifféremment avec un homme ou une femme, mais j’entendais quelque chose au delà de « bisexuelle », comme si, pour elle, le sexe de son partenaire ne comptait pas du tout et que ce qui l’intéressait, c’était l’essence sensuelle de l’être (ceci est évidemment exagéré, d’autant que je connaissais à Nyx une préférence pour les femmes). Je lui supposais donc une sorte d’expertise sexuelle et moi même je m’imaginais comme étant supposé moi-même expert es-sexe, de par mon statut d’obsédé sexuel notoire tel qu’il transparaît sans doute au travers de mon burp. (Tout ça étant bien entendu purement fantasmé de mon côté, n’ayant jamais échangé de propos de cette nature avec Nyx.)
J’avais aussi en tête le souvenir de ma petite histoire avec cette jeune femme bi à tendance lesbienne et une légère crainte (effacée par la confiance des ans) de ne pas être celui qui lui fallait. Quand même, j’ai voulu démarrer par ce que je considérais comme une sorte de défi invisible : un cunnilingus. Je peux réfléchir des heures sur le pourquoi de la chose, tortiller dans tous les sens la question « est-ce que je voulais la lécher pour savoir si j’étais capable de la faire jouir comme ça ou bien parce que j’en avais tout simplement envie comme j’en ai souvent envie avec d’autres femmes », toujours est-il que les choses se sont faites comme ça : c’est moi qui ai attaqué le premier et je me suis donc retrouvé assez vite la tête entre ses cuisses.
Et là, il s’est produit quelque chose de magique : elle a joui.
Oh ! ça n’est pas venu tout seul. Il m’a fallu de la persévérance. Elle-même m’a dit ensuite qu’elle avait cru un moment que l’orgasme lui avait filé entre les doigts, parce que je n’avais pas su monter en intensité à certains moments clés ; mais si j’ai raté quelques opportunités, j’ai fini par en trouver une, m’y engouffrer, l’entendre gémir et sentir les puissantes contractions de sa chatte sur mon doigt enfoncé en elle tandis que ma langue suçait avec plaisir et obstination son bouton.
* * *
Il n’a pas fallu longtemps pour que je devienne accro aux orgasmes de Nyx. Ils sont clairs et fréquents. Pour un homme, ou disons pour un homme qui n’est pas excessivement confiant en lui comme c’est parfois mon cas, c’est agréable d’avoir une partenaire dont les orgasmes ressemblent à des orgasmes archétypaux, des orgasmes-étalons tels qu’on en parle dans les magazines scientifiques et dans Biba (vous savez, les joues qui se colorent, la tête qui bascule en arrière, les cris de plaisir, les spasmes de contraction du vagin), une à qui on n’a pas besoin de poser la question délicate « tu as joui, là ? ». Et puis elle n’en est pas avare, elle1. Les orgasmes multiples sont ses amis (et les miens aussi). En tout cas, pour moi qui ne suis pas très à l’aise avec une partenaire que je n’arrive que difficilement à faire jouir2, Nyx est a contrario une partenaire de choix.
— Nyx est ton amante majuscule parce que tu la fais jouir ? C’est un peu court, jeune homme !
— Il y a autre chose, Monsieur le juge ! Nyx est aussi une amante pratique !
(Grondement de mécontentement dans le public…)
Nyx est célibataire. Nyx habite à quelques minutes à vol de scooter de mon bureau. Nyx m’a progressivement, mais assez vite, laissé prendre, aussi, dans sa vie à elle, une place confortable.
— Je n’ai le temps que pour un quickie !
— OK !3
— Je peux me libérer quelques heures samedi aprèm !
— OK !
Ce qui fait qu’on a pu se voir très souvent en assez peu de temps, et forcément, ça fait que l’on finit par prendre de l’importance l’un pour l’autre.
Nyx a besoin, comme elle me l’a dit elle-même, de temps pour s’ouvrir, de plus en plus intimement, à l’autre, comme un artichaut dont on cherche longtemps le cœur. Elle le dit avec d’autres termes, mais l’idée est la même. J’aurais bien passé une nuit avec elle, un soir où j’en avais la possibilité peu après notre rencontre « biblique ». Non pas que ce soit anodin pour moi – je trouve ça au contraire délicieux de passer une nuit complète avec une femme et de partager une intimité qui n’est plus que sexuelle –, mais parce que je peux très vite donner à l’autre un niveau d’intimité qui permet de vivre ce genre de moment ensemble. Mais elle n’a pas cette faculté et elle n’y était pas prête, à ce moment.
* * *
— Nyx est ton amante majuscule parce que tu la fais jouir et que vous vous voyez souvent ? Moi, je trouve ça toujours un peu court, jeune homme !
— C’est que je garde le meilleur pour la fin, Votre Honneur !
— On ne dit pas « Votre Honneur » en France, corniaud ! C’est un truc anglo-saxon.
— Pardon, Monsieur le Juge.
Oui, je garde le meilleur pour la fin.
Nyx et moi sommes, l’un pour l’autre, deux excellents champs d’expérimentation. Ses envies – en tout cas, une partie d’entre elles – font écho aux miennes – en tout cas, une partie d’entre elles ! – si bien que nous nous lançons, tous les deux, avec une joie non dissimulée, dans quelques pratiques que nous avions pu effleurer avec nos partenaires précédents, mais sans aller – si je peux me permettre – au fond des choses. Et aujourd’hui, en tout cas depuis la semaine dernière, je crois qu’on peut dire qu’on est allés – si je puis me permettre – elle et moi, au fond des choses. Enfin, elle, surtout, est allé au fond de ma chose, au point qu’elle en a joui. Et moi, j’étais agité de spasmes tandis qu’une vague de béatitude réchauffait mon corps alangui.
Et j’aurais encore tant à dire !
- Je ne peux pas en dire autant :-(↩
- Un jour, je reviendrai sur ce sujet dans la série Penses-tu encore à moi ?↩
- En même temps, en une heure de temps, le compteur à orgasme a déjà grimpé jusqu’à 8.↩