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Des lunes (et quelques étoiles)

On m’enjoint, avec insistance, de rapporter ici ma (récente) découverte du Moon City. Voyez comme je suis faible et suivez-moi…

La réalité ne dépasse pas toujours la fiction. Parce que je raconte ici quelques unes de mes aventures, on imagine que c’est l’arbre qui cache la forêt, qu’une femme m’attend dans chaque port (ce qui pour un parisien comme moi n’est guère pratique surtout depuis que je n’habite plus du côté de l’Arsenal, NDLA), que je suis un habitué des clubs libertins et que dans chacun d’entre eux trône, en bonne place, la bouteille de rhum qui porte mon nom (recouvert par de nombreuses traces de rouge à lèvres).

Or, si je ne saurais me faire passer pour un perdreau de l’année, le nombre de fois où je suis allé dans un club échangiste se comptait, jusqu’au 17 août dernier, sur les doigts d’une seule main. Parce qu’aucune de ces fois ne fut un grand moment, je ne cherche pas à tout prix à passer une soirée dans ces endroits étranges où l’on se trouve plongés vivants dans un film porno. C’est excitant, mais la sensualité des moments vécus n’arrivait pas à la cheville de ce que je pouvais vivre dans une plus grande intimité. Malgré mon voyeurisme et mon exhibitionnisme, je n’ai pour les clubs qu’une curiosité distante.

Depuis ce 17 août, donc, il faut ajouter le pouce de la seconde main, que je lève vers le haut, avec désormais l’intention d’accélérer un peu le décompte de mes plongées (le mot s’impose) dans ces endroits de peu de vertu, car enfin… Mais ne précipitons rien et reprenons le récit par son commencement.

Ce dimanche 17 août, donc, j’ai rendez-vous avec P***. Je rentre de vacances et elle va bientôt prendre les siennes ; nous profitons de ces quelques jours de chassé-croisé pour nous revoir plus longuement et profiter un peu plus l’un de l’autre que lors de notre précédente entrevue. C’est elle qui a choisi le programme de la soirée. Plutôt, je lui avais fait plusieurs suggestions et elle en a choisi une : ce sera le Moon City. Elle comptait justement me le proposer. Cela faisait en effet un moment que l’envie me démangeait de découvrir cet endroit vanté par quelques proches connaissances. J’avais, préalablement, un a priori négatif sur les « hammams échangistes », puisque c’est de ça qu’il s’agit, a priori négatif basé sur plusieurs récits concordants d’autres proches qui n’avaient pas trouvé les ambiances de ces endroits agréables. Pas mal d’hommes seuls, les femmes regardées comme des proies par des hyènes, attendant le signal du lion pour se précipiter dessus. Je force un peu le trait. N’empêche que cet a priori négatif, doublé par ce que je viens d’appeler ma « curiosité distante » (cf. mon introduction) finit par basculer en envie suite à quelques confidences doublées du fait que j’adore le hammam.

P*** et moi passons un agréable moment dans un restaurant proche puis vient le moment de découvrir le lieu. Un grand sourire d’enthousiasme doit pouvoir se lire sur mon visage. Nous sonnons ; on nous fait entrer et une fois réglée le tarif de l’entrée, on nous pose la question sans doute rituelle « vous connaissez les lieux ? », tout en nous remettant clé de la consigne et bon pour une boisson, serviette et paréo. Puisque P*** connaît déjà l’endroit et moi non, elle sera mon guide. Nous commençons tout simplement par le vestiaire où nous croisons d’autres couples. Curieusement, une certaine pudeur règne dans ce lieu où il faut simplement … se mettre à poil ! Sentant une légère gêne dans mon entourage, je ne me laisse pas contaminer mais prends malgré tout le soin de mettre mes parties génitales à l’abri des regards lorsque j’ôte mon jean (ah oui ! oups, rien mis sous mon jean !) pour pudiquement la dissimuler sous la serviette que je me noue autour de la taille. P*** me rejoint qui s’était mise à l’écart, paréo noué avec une habilité toute féminine autour de ses formes généreuses (en fait, c’est très simple à nouer, un paréo, mais pour moi qui ne l’avais jamais fait, c’était comme si j’étais un moussaillon à qui l’on demandait de faire son premier nœud de chaise).

Je demande à P*** de me faire visiter les lieux. Nous quittons le vestiaire, traversons assez rapidement le bar (non sans que j’ai maté systématiquement toutes les personnes croisées), longeons plus lentement la première attraction aquatique (non, je ne parle pas du pédiluve mais de l’immense jacuzzi enchâssé dans une sorte de grotte et décoré (comme le reste du lieu) de statues en stuc d’inspiration indienne et gentiment érotiques (des femmes aux seins nus, tout simplement, pas la débauche sexuelle des maithunas du temple Khajuraho – dommage !). Nous grimpons quelques marches, pour apercevoir le hammam (joie ! il est vraiment envahi de vapeur), puis le sauna (je jette un œil, encore, mais ne vois rien d’excitant), enfin l’étroit couloir où s’enchaînent les « coins calins », comprendre les endroits où l’on s’enferme (ou non) pour s’envoyer en l’air. Tout au bout du périple, le préféré de P*** dont les murs sont tapissés de miroir (pas le plafond, dommage là encore !). Tout est très calme à l’heure (21 heures ? 22 heures ?) où nous démarrons la visite. Peu de couples et aucunes des alcôves n’est occupée. Qu’à cela ne tienne, j’emmène P*** jusqu’au hammam où je veux commencer à suer. Passage préalable par la douche, je me suis débarrassé de ma serviette, il était temps. (Je ne vous ai pas dit ? J’adore me promener à poil !)

Le hammam est assez grand. Carrelage blanc sans fioriture, pas de style bains arabes, donc, un bouddha trône dans un coin sous un éclairage bleuâtre. La vapeur est dense, on ne voit pas les couples qui sont à l’autre bout de la pièce. J’ai localisé un recoin qui, semble-t-il, est dédié aux ébats que l’on souhaite démonstratifs. P*** et moi nous mettons un peu plus loin, dans un coin d’où l’on peut vaguement apercevoir ce qui se passe (on entend, surtout !) et je commence par lentement la masser. Le dos, longuement, puis mes mains se feront un peu moins sages et courront un peu partout tout en gardant une attitude presque professionnelle !

Quand, plus tard, P*** a un peu chaud, nous prenons une douche puis enchaînons avec le jacuzzi.

Comme je vous le racontais dans l’épisode déjà fléché plus haut, si j’adore le hammam, le jacuzzi m’enthousiasme moins. Pour autant, celui-là était vraiment vraiment agréable. Par sa taille, déjà, qui fait que compte tenu du petit nombre que nous étions (le maximum, ça a dû être 7 ou 8 personnes à la fois), on ne se marche pas dessus. Ça pourrait être un obstacle, me direz-vous, à la « mise en relation » souvent promue dans les clubs échangistes. Certes ! Mais pour papoter tranquillement tout en tripotant ma voisine, c’était parfait.

Dans cette atmosphère calme et détendue, où nous n’étions pas nombreux, je me suis senti à mille lieux des précédents clubs visités.

Par la suite, nous sommes allés (seuls) dans une des alcôves pour y faire tranquillement l’amour, sans ouvrir la porte ni nous offrir aux regards (ainsi le souhaitait P***), puis nous nous sommes allés au bar, puis au hammam à nouveau, puis au jacuzzi encore, puis puis puis… Bref. Nous avons profité de l’endroit.

Au chapitre des regrets, celui que nous n’ayons fait connaissance avec d’autres. Il y avait pourtant quelques mecs seuls pas vilains, et des couples même très mignons, mais le contact ne s’est pas fait. Une fois, il aurait pu avoir lieu si ce charmant couple qui venait de nous rejoindre dans le jacuzzi n’était reparti si vite. Étaient-ils si pressés de s’envoyer en l’air ? Toujours est-il que notre rythme indolent et hédoniste n’était pas accordé au leur.

Nous avons quitté, moi en renâclant, elle fatiguée, l’endroit vers deux heures du matin et je n’avais qu’une envie : y retourner rapidement !

* * *

Je viens de relire le compte-rendu détaillé (en cinq épisodes) que fit Georges de sa visite « privée » au Moon City (il y partage mon enthousiasme et mes quelques réserves sur l’endroit) puis de sa virée avec Madeleine, qui fut pour eux un fiasco. Je sais combien le plaisir que l’on trouve dans ces lieux dépend ô combien des rencontres que l’on y fait. Pourtant, il y a un point majeur sur lequel je suis en désaccord avec eux, et quelques raisons pour lesquels cet endroit m’a plus séduit que les précédents.

Pour conclure, vous l’aurez compris, l’endroit m’a plu et de même Le Point d’Orgue incarne pour moi une sorte d’idéal en matière de roman érotique, de même le Moon City représente à mes yeux ce que j’ai vu de mieux en matière de club échangiste.

Je t’y accompagne quand tu veux !

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