J’attaque la deuxième journée du festival avec un enthousiasme très mesuré, n’ayant pas grand chose qui m’attire à l’affiche. Festival (!) de groupes de rap aujourd’hui, qui donne l’impression d’une programmation déséquilibrée entre ces trois jours, comme je m’en plaignais déjà dans ma chronique du Jour 1.
Fort heureusement, beaucoup ne veut pas dire uniquement et mes oreilles trouvent tout de même quelques idées pour aller traîner.

Je commence par donner sa chance à Zed Yun Pavaroti, jeune rappeur français qui a au moins le bon goût de nous éviter l’auto-tune. Ça se laisse écouter sans m’écorcher les oreilles ni m’offrir d’émotion. Après quelques morceaux, je glisse vers la grande scène où se produit Catastrophe qui porte parfaitement son nom. J’arrive pour les derniers morceaux. C’est nul, et le discours final bisounours me donne envie de vomir des paillettes.
Demi-tour pour aller retrouver sur la Cascade une chanteuse étiquetée « néo-soul » sur le programme de Rock-en-Seine, Celeste. N’en attendant pas grand chose, je suis plutôt satisfait de ce que j’entends, surtout lorsque ses morceaux s’aventurent sur un territoire plus rock. Je m’amuserai un peu plus devant Louis Cole qui délivre une électro-pop avec des accents jazzy dans une ambiance « sympathoche » avec tout le crew déguisé en squelettes. Ça a la pêche, tout le monde rôtit sous le soleil déchaîné de cette fin août, sauf ceux qui, comme moi, se sont réfugiés sur les quelques mètres carrés de pelouse à l’ombre des marronniers. (Ça n’est toutefois pas assez funky pour me donner l’envie de me lever et danser – bien que l’envie de voir cette choriste [fausse-]blonde de plus près me démangeât !).

Je me dirige ensuite vers la cascade et prends un plaisir coupable à écouter ces fumistes de Polo & Pan qui sirotent un punch en faisant semblant de tapoter sur leur console pendant qu’une gonzesse fait des grands moulinets de bras et de jambes sur la scène. On se croirait à un pot de bienvenue du Club Med. C’est les vacances. C’est cool. La la la !

Mon accompagnatrice du moment

Grand black out par la suite : je m’étais mis sur la liste des groupes à écouter Jorja Smith mais je pense que j’ai dû aller boire un verre ou manger un truc à la place. Il faut attendre 22 heures pour que je retrouve le chemin d’une scène. Un peu avant, même, puisqu’avec mon accompagnatrice du moment (notre illustration), on s’installe devant la scène de la cascade avec pas mal d’avance pour nous retrouver dans les premiers rangs. La façon dont on apprécie un concert dépend fortement des circonstances dans lesquelles on l’écoute. Sans doute, si j’avais écouté ce concert au fond de la « salle », allongé en sirotant un verre de bière, je n’aurais pas apprécié Jungle comme je les ai appréciés immergé dans la foule en délire, à quelques mètres de la scène. Je me suis donc bien agité et c’était chouette.

En revanche, quand je me suis retrouvé devant le grand show tarte à la crème de Major Lazer, quelle déconvenue ! Je dois dire que j’en n’attendais pas grand chose, mais j’imaginais que, faisant l’affiche de la journée, ça pouvait susciter un peu d’attention. Las… le major s’agitait dans tous les sens avec son micro pendant que son grandiloquent avatar vidéo clignotait sur les écrans dans une débauche de mégalomanie que j’avais initialement pris pour du second degré (innocent que j’étais !) et que de, certes, jolies créatures faisaient le concours de celle qui bougerait le mieux son booty au rythme des beats que le DJ balançait pour alimenter le flow de son boss. Rideau !

separator

Flop 3 :

  1. Pire catastrophe : Catastrophe
  2. Major de promo en musique à la con : Major Lazer
  3. Journée merdique de Rock-en-Seine 2019 : le samedi
separator

Épilogue : prudent le premier jour, j’étais venu les mains vides, mais le samedi, j’avais ma traditionnelle flasque de rhum arrangé. N’ayant pas croisé ma bande habituelle de potes au moins aussi amateurs de rhum que de décibels rocks, ma flasque était encore à moitié pleine quand j’entendis la complainte d’une Antillaise du stand boudin et autres rougail antillais implorant une dose d’alcool. Avec la générosité chrétienne que vous me connaissez, je lui propose une lampée de mon rhum qu’elle allait allonger avec du coca. Je lui ai dit que mon truc se buvait pur ou ne se buvait pas ! Elle reconnut le lendemain que j’avais sauvé sa journée !

Rompez.