[1436] Valse minettes

„Willst feiner Knabe du mit mir geh’n?
Meine Töchter sollen dich warten schön,
Meine Töchter führen den nächtlichen Reihn,
Und wiegen und tanzen und singen dich ein.“

Goethe – Erlenkönig (le roi des Aulnes) – extrait

Les scénarios, ça n’est vraiment pas ma spécialité. Certes, je ne boude pas l’excitation qui précède la consommation, et l’intensité qu’un protocole original ou inhabituel peut ajouter. Je ne bêcherai pas Clemenceau, mais, à la montée de l’escalier, je préfère les moments où il s’agira de rauquer. L’ami Vagant en est un grand spécialiste et c’est d’ailleurs à un de ses complexes stratagèmes que je dois d’avoir rencontré Camille. C’est également grâce à une mise en scène audacieuse de C*** que j’ai rencontré et vampé Pascualina. C’est aussi lors d’un événement festif fomenté par le même C*** que j’ai rencontré Daphné et profité (sans scrupules) pour la première fois de ses charmes.
Aussi, quand l’occasion s’est présentée de retrouver Daphné pour qu’elle nous rejoigne, Pascualina et moi, dans cette chambre de l’hôtel I***, ce samedi-soir, je me sentais sur mes épaules une certaine pression : il me fallait faire preuve de quelque talent de mise en scène pour ces retrouvailles. Cette pression venait-elle de quelqu’un d’autre que moi ? Non, c’était une pression auto-immune, oserais-je.
Fidèle à mes habitudes et à mon expérience, je me limitais à imaginer un dispositif initial, confiant à la destinée la suite des opérations. J’aime qu’aux jeux de l’amour et du hasard, ce dernier prenne une place de choix.

Quand Daphné, très très très poliment en retard, toque à la porte de notre chambre, je dois la faire patienter quelques secondes. Non pas pour mettre en place la scénographie, mais pour je ne sais plus quelle obscure raison très pragmatique qui faisait que Pascualina devait finir un truc, je ne sais plus lequel. Je lui ouvre la porte, me demandant si je devais enclencher mon cérémonial de bienvenu, mais Daphné dégonfle immédiatement la pression en disant qu’elle a absolument besoin de se fumer une cigarette, ce qu’elle s’apprête à faire après avoir simplement posé son manteau, m’avoir tendu une bouteille de bulles que je mets au frais sans autre forme de procès. Du coup, aucune tension artificielle ne subsiste et toute la soirée1 sera au diapason : les choses se feront simplement, sans chichi, sans apprêt, sans gêne ni calcul. J’ouvre la bouteille que j’avais moi-même apportée et ainsi Pascualina et Daphné – qui ne se connaissaient pas – font simplement connaissance en trinquant et en tirant sur une clope à la fenêtre.

Tout le reste sera improvisé, donc, mais une fois la clope consumée et la première coupe vidée, j’enclenche les hostilités avec le petit jeu que j’ai imaginé. Appelons ça de l’écologie érotique : faut pas gâcher !
Quel point commun entre Pascualina et Daphné ? Le premier qui me sera venu à l’esprit aura été le fil conducteur de ma mise en scène : toutes deux apprécient toutes les deux d’avoir le cul sérieusement rougi.

— J’ai un petit jeu à vous proposer pour faire connaissance ! Approchez, Mesdemoiselles ! annoncé-je en mode Monsieur Loyal.

Pascualina porte ses vertigineuses cuissardes en velours noir et pas grand-chose d’autre. Daphné est en bottine, porte une petite robe noire minimaliste et une ceinture. Ce qu’il y a en dessous, je l’ignore encore.
À l’une puis à l’autre, je pose aux deux poignets une menotte en cuir, puis je mets les deux donzelles l’une face à l’autre, assez proches pour que les bras de l’une puisse ceindre le corps de l’autre, et réciproquement. Clic ! Clic ! Deux mousquetons complètent l’appareillage pour cette étreinte imposée sans protestation.

— Les règles sont assez simples. J’ai différents ustensiles à portée de main (tout était disposé sur le lit et la photo-teasing avait même été envoyée à Daphné pour l’attirer dans mes griffes aussi sûrement que le goujon appâté par un ver gras se tortillant sur mon hameçon) et je vais commencer par l’un de vos deux culs. Quand vous souhaiterez une pause, il vous suffira de tourner pour offrir un répit à votre séant, ce qui présentera à mes coups le fessier de votre camarade.
Et maintenant, tournez manège, valsez minettes !

L’hôtel offre dans chaque chambre les enceintes Bluetooth qui permettent de sonoriser la soirée à volonté. J’opte pour une playlist électro adaptée et je démarre le jeu.
Comme je suis un garçon bien élevé, c’est à notre invitée que j’offre les premières volées de paddle, laquelle supporte assez bien la chose, mais finit par pivoter de 180° pour permettre à Pascualina de chanter un peu. Valsez minettes ! Au rythme de la musique, mes coups claquent sur les fesses de Pascualina, qui en ont vu d’autres, mais souhaitent assez rapidement repasser la main – si je puis dire – aux fesses d’en face. Valsez minettes !
Il faut dire que, sur la chair nue de Pascualina, le paddle mord plus cruellement que sur le derrière de Daphné dont les arrières sont protégées par culotte et robe. Je décide de mettre fin à cette injustice en retroussant cette robe et en la coinçant avec l’élastique de sa fine culotte noire que je découvre dans les deux sens du terme. De fait, Daphné tourne un peu plus vite qu’avant – Valsez minettes ! – mais hélas le dispositif n’est pas fiable : en moins de deux, les pans de sa robe tombent et se remettent en place. Il va falloir agir et déboutonner tout ça. Adieu robe, adieu culotte ! Bonjour martinet ! Ravies de faire votre connaissance, glapissent poliment les fesses de Daphné en rougissant (bien que ce ne soit pas la timidité qui les caractérise). Valsez minettes !

Photo pas du tout contractuelle, mais rigolote (Betty Page & friend)

Les belles dansent et tournent pour moi, et c’est ma tête qui tourne…

Valsez, minettes !


  1. Oui, je divulgâche presque !

3 gazouillis sur “Valse minettes”  

  1. #1
     
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    Cristophe a gazouillé  :
    Oh mince déjà le septième billet de toi qui s’ajoute dans mes flux et que je n’ai pas lu ! Un effet collatéral covidien ? Mais je lirai tout un jour, sans doute pas tout le même jour, mais je lirai !
  2. #2
     
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    Comme une image a gazouillé  :
    » Ben oui ! Du contenu, de ma part, on n’a plus l’habitude ! Je comprends que tu en sois tout désorganisé ! (Heureusement, ce sont souvent des textes courts, je te fais confiance pour rattraper ton retard…)
  3. #3
     
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    Dita a gazouillé  :
    Merveilleuse idée .
    Si j’ ai bien compris , on peut imaginer que celle du ” dessous” ressentait les sursauts de sa partenaire ?
    Se disaient elles des choses à l’oreille?

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