[1319] Plaisirs étagés – le récit de Garance

J’observais Marion passer mon collier sur ma poitrine dégagée, et j’observais mes pensées qui m’amenaient au passé, celui d’une vie simple qui ne m’avait pas donné l’occasion de porter cette robe rouge éclatante offerte pour un de mes jeunes anniversaires. Elle s’approcha de ma nuque pour mieux distinguer le mécanisme de fermeture. Je relevai un peu plus mes cheveux et étirai mieux ma nuque. Dans le miroir, mon regard se rassasiait de la scène tandis que mon amie tâchait de se concentrer.

Après avoir paré nos lèvres du même rouge carmin, je rangeais ma trousse à maquillage en supposant sa curiosité d’accéder aux étages supérieurs et de rencontrer les invités. Je me rappelai alors le premier soir de notre rencontre, il y avait quelques mois de cela, chez moi, quand elle ne put s’empêcher de faire irruption dans le couloir alors que je Le déchaussais lors de notre rituel habituel.
Mais ce soir, c’est moi qui me chaussais pour accéder au salon, marche après marche à ses côtés.

Salutations et présentations se succédèrent auprès des invités en tenue atypique. Au passage, je notais la robe de Louize dont j’appréciais la simplicité et les détails des reflets pailletés.

Dans la cuisine Cléante, en caleçon et nœud papillon, servait les convives. Bonne occasion pour exercer ma dominance en devenir : je m’insurgeai à haute voix que mon verre en plastique, qui devenait soudainement la chose la plus précieuse de la salle, n’était pas rempli à la hauteur de ma soif. Cléante remplit son office sans grand entrain, et je me résignai à prendre des informations sur les dates de prochaines festivités excitantes.

Nous découvrîmes ensuite nos fantasmes respectifs, dans la joie, la bonne humeur et… la gêne ! Qui avait eu l’idée de me gager de lui lécher les pieds, alors que je me présentais ce en dominante ce soir-là ?! Et lorsque je me retrouvai à devoir trouver comment porter un boxer de résille pour la soirée, Polymnie intervint en génie pour m’en faire un boléro.
Avec rires et suspens, la soirée commençait bien.

Les invités se dispersèrent et je m’allongeai de tout mon long sur un des canapés. À chaque soupir, c’était comme si je me délestais d’un kilo de soucis et de tracas. Je m’étirais, je me détendais…  plus encore sous les caresses de Marion. Était-ce elle qui démarrait les choses sérieuses avec tant de légèreté, ou alors CUI qui échauffa les esprits en lisant un roman érotique ? Dans cette langueur, je ne me souviens plus très bien.
Les yeux clos, la voix de CUI, la langue de Marion et un délicieux massage de la nuque contribuèrent à me plonger dans un état hypnotique. Mes doigts vinrent s’engouffrer dans cette bouche au-dessus de moi, celle de Thomas dont j’avais reconnu les gestes délicats et attentionnés. Ils allaient et venaient sur sa langue jusqu’à sa glotte guidés par une inspiration mystérieuse, jusqu’à ce que les hommages soutenus de Marion me donnèrent envie l’envie fougueuse d’embrasser cette dernière. Pas d’orgasme, juste un baiser, la première rencontre de nos lèvres. Émue, je ne m’attardais pas pour autant à cette étreinte et descendis lui lécher le sexe, alors qu’elle appelait Cléante à rejoindre le tableau dont elle occupait à présent le centre.

Plus tard, poussée par la curiosité, je gravis les marches du «donjon». Je découvrais les accessoires disposés en me remémorant leurs noms et leurs usages, comme une bonne écolière qui retient ses leçons. CUI qui passait par là me présenta la barre d’écartement et ses combinaisons possibles avec des attaches. L’écolière que j’étais pensa qu’il serait bon d’être forcée à écarter les jambes pour être prise avec vigueur contre un mur.

Tout près, Jeanne discutait sur le canapé. Mes enquêtes me portaient à croire qu’elle était l’auteur de ce fantasme fétichiste qui me mettrait à ses pieds. Je la fis avouer, et sa réserve me décida d’emblée à lui faire plaisir. Mais dilemme : je ne suis censée lécher les pieds que d’Un seul, le même qui m’a prescrit de ne prendre du plaisir qu’avec les femmes ce soir-là. Était-ce mal de profiter de la courbe de ses jolis pieds, soulignée pour l’occasion de féminins souliers noirs ? Je la regardai dans les yeux en cédant à tentation de laper ces voûtes et sucer ces délicats orteils. Si c’était une faute, Il jugerait la punition appropriée plus tard.

De retour au salon, l’ambiance était trop calme. P*** émit l’hypothèse que la plupart étaient descendus dans les chambres tester le nuru-nuru et d’autres jeux pluriels. Moi, je déclarai vouloir tester la cravache avec lui. À l’étage, il commença par me frapper au martinet. Mon dos, et surtout mon cul, reçurent les coups dont je découvrais les sensations inédites. Plutôt rodée à la vigueur du cuir, j’en voulais plus, plus fort, plus longtemps.
Ce fut différent avec la cravache au trait plus fin mais pas moins vif.
Et encore autre chose lorsque Marion et Jeanne me pénétrèrent l’une après l’autre au gode ceinture. Il me prit alors l’envie d’insulter ces perverses guidées par un P*** résolument taquin. Mais toute étonnée de ces grossières pulsions et ne sachant pas comment ces dames prendraient leurs expressions, je retenais mes mots.

À la fin, moi aussi je voulus essayer ce gode ceinture ! Sous le regard de Jeanne et P***, je me sentis une fois de plus affublée d’un prolongement factice qui ne me sied pas. Ce n’était pas encore ce soir que je j’allais exécuter mes aspirations androgynes.

Je redescendis avec P*** dans le salon vide. Il me devança et m’accueillit en bas des marches avec ce regard particulier que je reconnu immédiatement, celui qui appelle pincements et gémissements imposés. Du haut de la rampe, je le piétinai en le fixant du regard qu’il devait aussi bien reconnaître. Quand les disparus des étages inférieurs refirent surface, j’étais moins innocente sur mon sadisme latent et rassurée sur ma capacité à le maîtriser sur la durée.

Je partis à la recherche de Marion qui était bien entourée dans une des chambres du bas. Je me frayais un passage à ses côtés, et, après quelques discussions nonchalantes, ses complices des instants précédents prirent congés de nous. Je profitai de notre intimité pour conclure la soirée dans ses bras, dans cette chambre où j’avais chaussé avec le sourire mes escarpins de velours rouge.

 Un baiser (entre deux femmes ?), une lèvre mordue

5 gazouillis sur “Plaisirs étagés – le récit de Garance”  

  1. #1
     
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    Cynabre a gazouillé  :
    OMG les fautes ! Pouvez-vous m’indiquer où je peux me cacher s’il vous plaît ? ^^
  2. #2
     
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    Ellie C. a gazouillé  :
    Ne vous cachez pas ce ne sont pas elles que l’on regarde…
  3. #3
     
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    Comme une image a gazouillé  :
    ou Garance, tout cela est souligné de rouge… Cela me donne une idée d’expiation !
    (mâchoire pendante ?)
  4. #4
     
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    Ellie C. a gazouillé  :
    …Et langue qui se déroule jusque par terre ! ;p
  5. #5
     
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    Comme une image a gazouillé  :
    Ça pourrait faire une chouette attraction ! On vous invite à la prochaine édition ?

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