[1384] La quadrature du quinqua

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette année 2017 aura été, de mon point de vue sur moi-même, une année particulière, en demi-teinte. J’essaye de me replonger dix ans en arrière et je me souviens que l’année qui avait précédé mon passage à la quarantaine, l’année où je me suis accroché jusqu’au bout à ce neuf qui m’empêchait de chuter dans cet abîme de désolation que devait être la quadragénitude, que cette année, donc, avait été une année médiocre où je ruminais sur ma condition. Résultat : je n’ai jamais été plus épanoui, dans ma vie personnelle, sentimentale, sexuelle, que pendant cette décennie.

Ce constat pourrait être d’excellent augure pour la nouvelle décennie qui démarre (puisque depuis un peu moins de trois semaines, j’ai acquis le vénérable statut de quinquagénaire), disons “pourquoi pas ?”, même si je sens bien que le temps continue de faire son œuvre lente de laminage (je ne compte plus le temps que j’ai passé dans le cabinet du kyné à traiter entorses, tendinites et autres maux de dos). Je reste fondamentalement optimiste d’autant plus que je ne me trouve pas malheureux, au contraire. Toujours plutôt heureux et épanoui ; simplement j’ai vécu, cette année “moins fort”.

Une petite culotte qui vous dit Il faudrait que j’évalue (mais il me faudra encore plus de temps et de recul) la blessure que m’a infligé la pénible histoire de harcèlement moral que j’ai vécu en 2016 (et qui a trouvé sa conclusion dans le licenciement, pardon, la rupture conventionnelle que j’ai subi en début d’année, comme quoi il ne fait pas bon reporter un cas de harcèlement aux RH – j’ai lu le chiffre effarant de 95 % de femmes qui se feraient licencier après avoir dénoncer au boulot un harcèlement sexuel ; ma conclusion est que l’entreprise préfère les personnes agressives à celles qui, subissant des violences, se retrouvent donc dans une situation de victime), même si j’ai très bien rebondi professionnellement, les poches remplies d’indemnités. Ce qui est sûr, c’est qu’une bonne partie de mon énergie vitale s’est retrouvée absorbée dans un repli défensif et protecteur, me construire une bulle où il ne se passait sans doute pas grand chose, mais où, s’il ne m’arrivait pas de choses merveilleuses, j’échappais aussi aux beignes. J’ai constaté que je ne supportais plus l’absence de bienveillance. Une réaction probablement anodine, mais que j’ai considéré déplacée, d’une twitta à laquelle je tenais a suffi à m’éloigner de Twitter. J’ai plus de difficulté à analyser les raisons qui ont fait que je me suis éloigné de mon burp. Pour autant, il n’a jamais été question une seconde dans mon esprit d’y mettre un point final. Je viens de consacrer pas mal de temps, en coulisses, pour corriger quelques éléments techniques en vue d’améliorer le fonctionnement du moteur dont vous ne vous rendrez sans doute pas compte ; plus visible, j’ai remis en état de marche (et amélioré au passage) un billet vieux de dix ans mais dont j’étais particulièrement fier, un de ces billets qui (je le dis sans la moindre modestie) font de ce burp un site unique en son genre. Pour l’occasion, j’ai rendu le billet public : Œuvre de chair – travaux pratiques attend donc votre visite !

Dans cette période, j’ai dû aussi encaisser ma séparation d’avec Camille ; elle était annoncée, évidemment, elle était intrinsèque de notre histoire puisqu’une jeune femme célibataire pleine d’atouts ne pouvait pas rester indéfiniment avec un homme marié-ou-quasi n’ayant pas l’intention de changer de statut. Cela fait partie de la donne initiale, et je n’ai jamais cherché à retarder l’échéance, à faire croire à mon amante que je pourrais me séparer. J’ai conscience de la séduction que je peux mettre en œuvre pour attacher à moi les femmes dont je m’éprends, mais je me répugne à faire miroiter de faux espoirs et dès que Camille a eu l’opportunité de démarrer, en parallèle de la nôtre, une histoire avec un jeune homme célibataire, je l’ai encouragée à faire les choix “raisonnables” qui s’imposaient, et ma place auprès d’elle s’est réduite comme peau de chagrin ; d’amant de premier plan, je suis passé à amant de complément, puis amant clandestin (car “l’autre” était jaloux de la place que je pouvais prendre dans le cœur de Camille), enfin ex-amant banni puisque j’étais même interdit de correspondance. Mon cœur ne s’est pas brisé, plusieurs choses d’importance dans notre histoire m’empêchaient de m’abandonner complètement, mais cette rupture un peu moche m’a rendu triste et après ces deux ans et demi éclairés par sa présence, Camille me manque depuis, sans personne pour la remplacer ni dans mon agenda ni dans mes fantasmes.

L’année 2018 vient tout juste de démarrer et je sens en moi renaître lentement l’envie de mettre fin à cette semi-torpeur.
J’étais il y a peu à une sortie plus ludique que libertine, mais j’ai pu constater une fois de plus combien il est difficile pour moi d’envisager la sexualité de groupe sans, à mes côtés, une personne qui compte émotionnellement pour moi. 2017 n’aura pas été une “année blanche” et j’y ai vécu de très vifs moments érotiques dont le récit avait sa place ici (nous verrons si ma plume se délie dans les semaines qui viennent).
Pour demain, j’ai encore du mal toutefois à me projeter vers des découvertes, de nouvelles rencontres. Mon esprit est encore plein de ces envies (plusieurs fois évoquées ici) d’histoire que je juge inachevées, comme si elles n’étaient qu’en hibernation et n’attendaient qu’une caresse chaude pour se raviver et nous embraser. De quoi sera fait le plaisir de demain, de nouveauté ou de renouveaux, je ne saurais vous dire, mais je sens que je sors de ma torpeur…

Je vous souhaite une très belle année 2018 ! (Et bien le bonjour à vos kinés)

8 gazouillis sur “La quadrature du quinqua”  

  1. #1
     
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    Cristophe a gazouillé  :
    Continue donc de sortir de ta torpeur, et bonne semaine !
  2. #2
     
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    Amandilh a gazouillé  :
    Bienvenue dans le club très ouvert des quinquas, en espérant une année 2018 riche en rencontres et en leurs narrations ici pour notre plus grand plaisir…

    En espérant que le come-back soit moins douloureux que celui de Spiderman ;-)

  3. #3
     
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    ivv a gazouillé  :
    Bonne année (encore ^^) !
    Aucun doute, je suis sûre que tu rebondiras pour une belle décade !
  4. #4
     
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    Ellie C. a gazouillé  :
    Ces moments de “semi vie ” comme c’est dur … Mais comme c’est bon quand on sort de leur cocon ! :D Bonne éclosion 2018
  5. #5
     
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    dita a gazouillé  :
    ça fait plaisir de te relire !
  6. #6
     
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    Mnemosyne a gazouillé  :
    Je te souhaite une année avec beaucoup de piments d’Espelette (et sans trop d’haïkus)
  7. #7
     
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    Olyse a gazouillé  :
    Je te souhaite une très douce année, enfin pas trop douce, mais pas rêche non plus… Enfin piquante peut-être ! C’est bien, quand ça pique un peu. Ca réveille ! Cela devrait t’aider pour cette histoire de torpeur…
    Et je me permets même un baiser de bonne année ! Que tous tes jolis voeux se réalisent !
  8. #8
     
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    Judie K a gazouillé  :
    Très bonne année alors ! Et bon réveil.
    Je suis restée accrochée sur le terme émotionnellement, parce que j’aurais écrit affectivement. Mes émotions et moi… c’est compliqué. Mon coeur et moi aussi d’ailleurs.

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