[1269] Se voiler la face

J’aime bien les filles de La Quête de la Sainte Culotte, j’en ai d’ailleurs déjà parlé ici, et en particulier leur vision d’un féminisme « pro-sexe » (vision partagée à des degrés divers – tant il est vrai qu’il y a presque autant de féminismes que de féministes – par nombre de mes amantes, ce qui montre une certaine cohérence dans mes choix électifs) ; on avait même un projet d’article à quatre (ou six) mains, hélas resté à l’état de projet dans un carton recouvert de poussière et de toile d’araignée.

Il y a aussi chez elles des points d’intérêt qu’elles développent et qui ne me passionnent pas, moi ; par exemple la « culture porn » (même si j’en participe moi-même avec ce burp).

Et puis parfois, on n’est pas d’accord.

Après un débat sur Twitter où chacun campait sur ses positions, j’ai souhaité développer mes arguments dans une note en espérant, au mieux, ouvrir une brèche dans les convictions de mon opposante (je pense que c’est Sophie mais ça pourrait être Louise !), au pire, éviter de tenir des propos trop lapidaires1 ou caricaturaux comme Twitter nous y encourage avec son format court.

Aux chiottes le micro-blogging, vive le macro !

✦✦✦

Tout a commencé par ce tweet (que j’essaye de reproduire ci-dessous) :

Le lien renvoi à un article du Guardian – journal centre gauche –, titrant sobrement « Feminists are failing Muslim women by supporting racist French laws » et déclarant, en gros, que les lois françaises contre le port du voile sont des lois racistes et que les féministes français qui les défendent se trompent de combat car ce sont des lois qui, sous couvert de libérer la femme du joug de l’oppression, ne font que les contraindre plus encore au lieu de les libérer.

C’est un point de vue.
Que je ne partage pas. J’ai donc réagi :

On notera ici que je commence avec un point de vue modéré, soulignant que plusieurs points de vue valides s’affrontent. J’avais d’ailleurs en tête, en postant ce tweet, au portrait Libé de Fatima Benomar, femme d’origine marocaine, elle-même féministe, pourfendant le voile – et la religion, de façon générale, me rejoignant dans un athéisme militant. Extrait :
De ces années marocaines, elle a gardé le sentiment d’une profonde injustice dans les relations hommes-femmes. Elle a «mal au cœur» en pensant aux femmes voilées.
Je poursuis avec un point de vue plus personnel :

CUI : Quand je vois un gars en jogging qui se balade avec sa femme en niqab, je ne vois pas en quoi il y a racisme à trouver ça offensant pour la femme.

Le débat se poursuit :


  1. Et il ne faut pas jeter la pierre à la femme adultère, je suis derrière. []
  2. Euh désolé, mais là, c’est un procédé rhétorique visant à annuler les propos de l’autre, c’est un peu malhonnête, NDLR []
  3. Par arrêté municipal. C’est assez con, comme loi, mais ça existe. Y aussi des gars qui se sont faits licencier parce qu’ils portaient des bermudas au boulot. Enfin bref, la liberté individuelle, c’est louable – et je la défends, évidemment – mais elle ne justifie pas tout et surtout pas de “point barre”. []

12 gazouillis sur “Se voiler la face”  

  1. #1
     
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    Lilou a gazouillé  :
    C’est un sujet aussi intéressant que complexe. J’admets que Twitter n’est pas du tout, mais pas du tout, propice au débat et je trouve ça très bien que tu t’exprimes ici sur un sujet qui te concerne et nous concerne tous !
    Parler du choix volontaire de porter une burqa est très subjectif, tout comme celui du mini-short. L’habillement est loin d’être un choix à moins d’être isolé dans le trou du cul des Alpes. Il y a des codes de sociétés, des normes des “lois” non-dites et les musulmanes d’orient, de France et même nous n’échappons pas à cette “obligation” consentie.
    Pour ce qui est de parler au nom ou non, ou à la place des concerné.e.s, je ne comprends pas vraiment… Je considère que tout le monde à le droit de traiter un sujet qu’il ait un pied dedans ou non, de plus ce débat est (a priori) français donc en tant que citoyenne française, je me sens concernée et je pense avoir légitimement le droit de prendre la parole.
    Je ne tiens pas forcément à me prononcer sur le port du voile ou autre mais l’État a (évidemment) le droit et le devoir de légiférer sur la chose, si c’est dans l’intérêt commun ou au nom de l’ordre public. Les vaccins obligatoires, les transfusions imposées en cas de danger sont des atteintes à la liberté du corps, même si cela semble évident ici, pourquoi est-il si compliqué de ne pas comprendre les interdictions du port du voile ? L’État, ce vilain petit canard, veille à l’ordre public et je rappelle que c’est une de ses premières mission (pas simple!).
    Il est vrai que les gens acceptent mieux l’interdiction d’être à poil dans la rue ou encore l’interdiction de porter des mini jupes ou short dans certaines entreprises alors pourquoi est-ce différent avec les signes religieux?
    Enfin, tamponner le sujet du voile comme de “féministe” a un peu tendance à m’iriser le poil… D’autant plus que si on se place comme l’État, interdire le port du voile est féministe car cela se fait dans le soucis de redonner un droit au femme.
    Encore une fois, je ne me prononce ni en faveur, ni contre le port du voile, je préfère parler de la place de l’État et de ses obligations.

    Belle journée à vous, je vais profiter de mon premier jour de vacances !

  2. #2
     
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    dita a gazouillé  :
    j’adhère totalement au commentaire de Lilou. (et pourtant je viens du trou du cul des Alpes ^_^)
    C’est se voiler la face de croire que c’est si simple d’être libre de porter ce que l’on porte, et même pour les minis shorts. C’est simple de le croire quand on le vit mais on est très peu à décider librement de ce que l’on veut – peut ou pas assumer.

    Pour la liberté de notre sexualité c’est un peu pareil. Il faut faire attention de ne pas croire que ce que l’on peut vivre est si simple que ça à vivre pour tout le monde, juste parce qu’on dit ” aimez vous librement” .
    comme de dire ” je suis pour la liberté de vêtement”… point barre. si c’est simple pour moi, c’est simple pour tout le monde.

    Je ne suis pas abonnée à Twitter. mais qu’est ce que ça doit être compliqué de se limiter en mots et de se comprendre !!! Ils auraient plutôt dû inventer une plate forme où- le nombre de lettre a un minimum de tant de caractère pour nous obliger à argumenter et à développer nos idées. twitter cherche-t-il à nous réduire ? ;)

  3. #3
     
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    Comme une image a gazouillé  :
    Tu as parfaitement raison, (avec ) de rappeler que nous ne sommes pas si libre que ça du choix de nos vêtements, mais on doit quand même faire le distinguo entre ce qui est du ressort de la censure (auto-censure, ou censure sociale) et ce qui est du ressort de l’interdiction légale.
    Pour resituer la loi actuelle en France (je ne suis pas un spécialiste), il faut distinguer l’interdiction de la dissimulation du visage dans l’espace public (par exemple, pas le droit de se promener en cagoule sur les Champs Élysées) et l’interdiction des signes religieux ostentatoires dans l’administration et en particulier l’enseignement.
    Tu dis être irritée que l’on qualifie de féministe le sujet du port du voile, mais ça n’est pas exactement ce qui est dit. En fait, cet article vise à préciser mon opinion sur la loi au travers du prisme du féminisme.
    En fait, s’affronte ici la théorie de THC (quel dommage qu’elle n’intervienne pas ici et se limite à la pensée raccourcie de Twitter) qui dit que cette loi est anti-féministe parce qu’elle limite la liberté de choix des femmes (de s’habiller comme elles le souhaitent / de vivre leur foi comme elles le souhaitent). En fait, la loi a été écrite de façon un peu plus subtile et “unisexe” mais on ne peut pas nier que, concrètement, la femme qui veut se voiler se trouve dans l’interdiction de le faire dans certaines conditions (et j’insiste lourdement sur ce point, parce que le port du voile n’est pas interdit par cette loi).
    L’autre sujet, qui dépasse un peu le cadre strict de la loi, est : les féministes français-es (comme E. Badinter) qui s’opposent (dans le cadre de l’expression de leur opinion – il ne s’agit pas de loi) au port du voile parce qu’ils/elles prétendent que le voile abaissent la femme font-ils/elles fausse route en voulant imposer une vision blanche/occidentale au monde. Et sur ce sujet, je les rejoins (encore une fois, juste un foulard, ça ne me dérange pas, ce qui me choque, ce sont les tenues très couvrantes) et hélas, sur ce sujet, THC ne se prononce pas avec un argumentaire avec lequel je suis en désaccord, et je pense qu’il faut soit de l’aveuglement, soit de la mauvaise foi, pour prétendre que le droit pour une femme à porter un mini-short ou le droit pour une femme à porter un niqab, c’est kif-kif.
    Sur ce point “D’autant plus que si on se place comme l’État, interdire le port du voile est féministe car cela se fait dans le soucis de redonner un droit au femme”, il faudrait que tu précises ta pensée parce que la corrélation n’est pas immédiate.
    Profite bien de tes vacances !

    J’ajoute juste pour te répondre, un point sur Twitter : non, Twitter ne cherche pas à nous réduire, il offre un média et libre à chacun de l’accepter. Mais le fait que ça soit du « micro-blogging » favorise certainement son succès. C’est plus facile pour tout le monde d’asséner “sa vérité” en un petit coup de cuillère à Tweet et de rester en compagnie de ceux qui pensent (grosso modo) comme nous (ce que je fais moi-même, hein, je ne me sors pas du lot).

  4. #4
     
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    Mnémosyne a gazouillé  :
    Sujet délicat que ce voile… Je l’analyse sous un angle très personnel mais aussi professionnel (je suis fonctionnaire et donc j’exerce dans un espace public où on ne doit pas dissimuler son visage (c’est ce que dit la loi).

    Dans le cadre de mon travail, et il m’est arrivée une seule fois de demander à… un homme qui portait son casque de moto de l’enlever, ce qu’il a fait de suite ! Les femmes voilées ne posent aucun problème, mais celles qui portent le niqab par exemple doivent découvrir leurs visages pour que l’on puisse comparer leur visage avec la pièce d’identité qu’elles produisent. Cela ne m’est jamais arrivée mais la loi (et les instructions données) sont très claires sur ce point. Et je trouve cela tout à fait normal du fait que nous vivons dans un État laïque. Comme je trouve normal d’exclure tout port de signe ostentatoire dans un établissement d’enseignement. De fait la loi n’interdit pas de porter le voile mais pose des conditions à son port dans certains espaces en vertu du fameux principe de laïcité cher à notre République.

    Ensuite, je suis profondément convaincue que le port du voile est un signe d’inégalité entre l’homme et la femme. Je me souviens encore du jour où j’ai visité une mosquée en Syrie (avant que ce pays ne soit en guerre) : toutes les femmes du groupe ont du enfiler une sorte de grande cape noire et se couvrir la tête avec la capuche intégrée. Nous avons donc marché ainsi tels de grands corbeaux noirs tandis que les hommes déambulaient à nos côtés en pantalon ou short et t-shirt manches courtes ! Quelle hypocrisie ! Cela dit il m’est difficile de me mettre à la place de ces femmes qui portent le voile. Choix ou contrainte ? Cela me fait penser à mon histoire familiale : mes grands-parents, orphelins très jeunes, ont été élevés par les sœurs à l’orphelinat (où ils se sont rencontrés). Même éducation donc. Mes grands parents en sortis athées et anti-cléricaux tandis que ma tante (sœur de ma grand-mère) est rentrée dans les ordres… J’ai toujours entendu dire ma grand-mère qu’elle avait été “embrigadée” !

    La pression est grande dans beaucoup de pays sur les femmes pour porter le voile, et nous devons poser chez nous les limites que nous impose le principe de laïcité. Et aussi un peu pour ces femmes qui luttent dans le monde entier pour se libérer du voile.

  5. #5
     
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    Comme une image a gazouillé  :
    Totalement en phase avec ton commentaire ! Merci pour cet éclairage « de l’intérieur » (même si ce n’est pas un témoignage de femme musulmane).
  6. #6
     
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    Fay Grim a gazouillé  :
    Je suis un peu triste de te contredire cher CUI, mais je suis d’accord avec les filles de THC sur ce point.
    D’une part, la réponse que tu donnes au 1er article recommandé me déconcerte. Il ressemble un peu à ce que dit Badinter, c’est-à-dire que ça la gêne de devoir évoluer dans le même espace qu’une femme en foulard/niqab. C’est un argument complètement égocentrique, parce que chacun peut avoir un avis sur les autres sans que cet avis intervienne dans leur liberté d’agir sur leur propre corps. Par exemple cela pourrait me gêner de voir une fille menée en laisse dans la rue. Est-ce que je devrais me sentir offensée et le lui faire savoir ? Repérer des policiers et leur annoncer qu’une femme se fait maltraiter ? Vouloir la secourir et devoir entendre de façon gênée que c’est son choix, son fétiche, et de quoi je me mêle ? Mon interprétation de la scène et la sienne divergent largement…
    D’autre part, mettons-nous un peu à la place de ces femmes qui sont forcées de porter le foulard. D’une part, une personne mâle qui ne partage pas son expérience de femme lui dit qu’il faut qu’elle le porte. D’autre part, un état aux tendances religieuses éloignées des siennes lui dit qu’il ne faut pas qu’elle en porte. En gros, dans les deux cas des individus qui ne partagent en rien sa situation lui demandent d’alterner son apparence pour leur plaire à eux, pour coller le plus possible à leur idéal inatteignable, que ce soit d’idéaux dits “universels” d’une part (bonjour la vision colonialiste qui pense que seul son système est bon!), d’idéaux dits “religieux” d’autre part.
    Je pense que malgré quelques images médiatiques très choquantes de l’islamisme, la plupart des femmes musulmanes vivant en France prennent de plus en plus le contrôle de leur vie (celles que je côtoie en tout cas). Si on risque un jour de laisser tomber (dans le monde occidental) cette interprétation absurde du Coran, ce serait dommage qu’on garde une loi tout aussi absurde…
  7. #7
     
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    Carnets d'Eros a gazouillé  :
    Bonjour,
    Il y a bien longtemps que je n’étais pas venu ici, pour lire et gazouiller.
    Vous lirez avec intérêt cet article du Monde Diplomatique de ce mois-ci (Août 2015) “Femmes arabes dans le piège des images”. Il est écrit par Sahar Khalifa, féministe et romancière palestinienne.
    Elle y fait le constat que, trop souvent, en particulier dans les médias (mais que peut-on attendre de bon dans les médias ?) les femmes arabes sont enfermés dans des images et des représentations réductrices d’être de second plan sans formation ni compétence. Or, il existe aussi des combats féministes arabes. Ils sont peu connus et évidement différents de ceux qui peuvent exister en Europe.
    C’est en page 3. A lire à l’ombre, dans un coin tranquille qui permet deux sous de réflexion !

    CdE

  8. #8
     
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    Comme une image a gazouillé  :
    Ne sois pas désolée de me porter la contradiction, au contraire ! Cet article était là pour susciter le débat et je ne peux que regretter que THC se soit limitée à dialoguer sur Twitter à coup de missives alors que j’avais essayer de porter le débat dans un espace où l’expression était moins contrainte (et possiblement moins publique, mais je ne crois pas que la foule soit le bon endroit pour débattre vraiment !).

    Bref !

    D’ailleurs, je ne ressens pas tant de décalage entre ce que tu dis et ce que je ressens. Quand je croise une femme en niqab, je suis mal à l’aise, mais j’en reste là. Je ne vais pas la dénoncer, je ne vais pas l’agresser ni même la dévisager ; juste, je suis mis mal à l’aise par cette vision de la femme et c’est pire quand je vois son mec en jogging à côté. Je le juge, oui ! Tout comme tu pourrais être mal à l’aise, dis-tu, en voyant une femme en laisse.

    Et je ne trouve pas encore d’argument qui me permette de penser différemment et de mettre de côté ce malaise qui est le mien.

    Quant à la loi, qu’elle évolue avec le temps, c’est la règle !

    Merci pour la référence ; je verrai si je trouve ça à mon retour en France !

  9. #9
     
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    Brigit a gazouillé  :
    je n’ai pas tout lu parce que bon… c’est long et il fait chaud ! j’y reviendrai, promis !

    j’avoue qu’il est difficile de ne pas être en contradiction, en plein paradoxe, comme souvent dans la cause féministe, entre “mais laissez les vivre sans leur dicter quoi que ce soit ! elles ont le droit de s’habiller comme elles veulent” et “faut quand même protéger les gens malgré eux, la loi s’est fait pour ça”

    (j’avoue aussi que j’ai la même contradiction vis-à-vis de la prostitution MAIS là où je ne suis pas d’accord avec vous, c’est qu’on ne peut pas lier les deux sujets ou alors va falloir creuser un peu plus profond que par tweet !)

    ce que les féministes oublient (un peu vite) en assimilant nos loi à des lois racistes et sexistes, au-delà de la liberté d’une femme de porter ou non le voile, ou une jupe plus ou moins longue, c’est l’origine de ces lois (attitudes dans les hopitaux et les écoles, e.g. vis à vis des soignants hommes ou des enseignements “non respectueux ou conformes”).

    un non-débat que l’on ne peut épuiser.
    c’est le paradoxe de la tolérance (ou de la liberté) de Karl Popper : à tout tolérer, y compris l’intolérance, on met en danger la tolérance elle-même, la liberté, et on fait le jeu de l’intolérance. on doit donc déclarer l’intolérance illégale et criminelle. La tolérance absolue (ou la liberté absolue) ne peut donc exister. L’intérêt du paradoxe de Popper, c’est qu’il place le droit comme rempart. car on trouve aussi la critique de ce paradoxe

    mais au moins il ancre le débat : il faut donc prendre la responsabilité de légiférer, donc d’être dans un état de droit. quitte à se facher avec les unes (féministes) et les autres (traditionalistes et/ou religieux, ou néo-traditionalistes, ceux qui ré-inventent les traditions).
    pas n’import quel état de droit, ni le libéralisme ni le droit religieux. notre choix de société, c’est le vivre ensemble, pas à coté (comme cela est le cas aux Etats-Unis, faux melting pot qui prétend nous donner des leçons de liberté absolue ou au Royaume Uni qui maintient le système de privilèges et de classes, voire de castes… et donc s’accommode très bien des traditions ostracisantes et des signes visibles d’appartenance à une communauté, religieuse ou non. communauté, tradition et religion n’étant pas assimilables)
    ce vivre ensemble impose ici que dans l’espace public on ne cache pas son visage d’une part et on reste modéré sur son mode de vie, de façon à ne pas indisposer/choquer l’autre. quitte à être en contradiction permanente, à afficher une nudité commerciale et artistique autant que des normes sécuritaires
    ce qui s’impose donc aussi aux naturistes, aux fétichistes et autres amateurs de dress code ou de totale liberté vestimentaire.

    pas évident à accepter. surtout si personnellement, j’ai beaucoup de difficulté avec le “rester modéré” et je préfère l’extravagance, le hors norme…

  10. #10
     
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    Comme une image a gazouillé  :
    Merci de ce commentaire, éclairé et inspirant comme souvent ! Certainement, notre société n’en est pas à une contradiction et nos lois sont loin d’être parfaites. Et le discours féministe est, lui aussi, ambivalent ; la preuve en est tout simplement, sur le débat autour du voile, le fait qu’il y a des féministes pro et des féministes contre.
  11. #11
     
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    josette a gazouillé  :
    Le débat me passionne et me paraît fondamental.
    La loi interdisant le port de vêtements qui masquent le visage me parait fondée par un principe de sécurité justifié.
    Je regrette cependant que certains métiers et statuts soient fermés aux filles/femmes qui souhaitent porter quelque chose sur la tête ainsi que des vêtements amples et longs.
    Une pièce de théâtre “les monologues voilés” décrivait les sentiments, désirs et expériences de femmes portant ces vêtements. Très semblables à mes ressentis de femme occidentale, avec une once de liberté supplémentaire: liberté de posture (nous avons intégré le “jambes serrées” depuis que nos jupes ont raccourci et que les pantalons nous sont accessibles) et à certains égards, une forme de séduction entre hommes et femmes où les standards de beauté imposés par les pubs et la magazines sont bien moins une entrave à la rencontre.
    Cela m’avait fait réfléchir…
  12. #12
     
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    Comme une image a gazouillé  :
    Oui, il n’y a sans doute pas lieu d’avoir des positions trop radicales dans un sens ou dans l’autre et je veux bien croire que, dans certaines proportions, le voile puisse avoir des effets bénéfiques dans les rapports hommes-femmes, mais franchement, je pense que c’est hélas l’exception plutôt que la règle. Une fois la phase de séduction passée, je vois vraiment plus le voile comme une cage qu’autre chose.

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