[92] Zidane et le conflit au Moyen-Orient, c’est kif-kif

Préambule

J’ai lu récemment de le journal de la semaine d’un écrivain allemand vivant à Rome (Libération du 22/07/2006) que, selon lui, l’histoire du coup de tête de Zidane était l’événement sur lequel le plus de monde avait pris position depuis l’attentat du World Trade Center en septembre 2001. 

Je ne crois pas que ce soit le cas, il me semble que c’est une vision assez européo-centriste de la situation ; en gros, que ça n’intéresse que les pays footeux, au premier rang desquels l’Italie et la France. Certes, il y a autour de cette affaire un buzz sur Internet assez phénoménal, qui a probablement un peu dépassé les frontières de nos deux pays. Comme je ne suis qu’en France, je ne sais pas dire avec précision si c’est effectivement un phénomène planétaire, mais j’en doute. Et la planète a trouvé un sujet de prise de position autrement plus intéressant avec l’inflation de violence au Moyen-Orient.

Avant de t’exposer, ami lecteur, comment mon esprit pervers a réussi à trouver une connexion entre ces deux faits historiques et géopolitique, je voudrais t’exposer un truc que j’ai reçu (avec la légende — c’est le cas de le dire — d’origine) qui m’a fait rigoler et qui a dû faire le tour de la France, mais qui t’aura peut-être échappé. Truc qui démontre l’impact mondial de ce coup de boule, hein, au moins !

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AFP 15 heures, le 25/07/2006
Fidel Castro serait mort suite à un attentat commis par un touriste en villégiature à La Havane…

 

[ Inutile de vérifier sur fr.news.yahoo.com, Castro est hélas encore frais comme un gardon saur. ] 

Là où je voulais en venir…

Un récent rebondissement sur l’affaire Zidane-Materazzi est ce scandale en Italie où l’on s’indigne que Materazzi se voit infliger une sanction comparable (même si moindre) à celle de Zidane.

Il faut reconnaître que c’est assez inhabituel que l’on sanctionne avec un niveau équivalent l’auteur du geste sanctionné (en l’occurrence, le coup de tête) et celui qui l’a, selon toute vraisemblance, provoqué. Sur le terrain, au moment où cette faute a eu lieu, la sanction a d’ailleurs été unilatérale : carton rouge pour l’auteur du mauvais geste, tandis que le joueur italien restait sur le terrain. Dès cet instant, pourtant, on pouvait se douter que Zidane ne s’était pas laissé aller à ce geste d’énervement gratuitement. (Il n’en reste pas moins que je pense que Zidane a eu tort de s’emporter, qu’il n’avait pas à s’abaisser au niveau de ses adversaires, bref, il ne devait pas entrer dans leur jeu, mais nous n’avons pas découvert le côté impulsif de Zidane au moment du dernier match de sa carrière, il y avait des précédents…)

Bref, l’Italie s’offusque de ce que le provocateur (n’ayant eu que des mots) se retrouve mis au même niveau que celui qui a eu un vilain geste. Je trouve pour ma part, et sans aucun chauvinisme, que le contraire aurait été injuste. Tant que les provocateurs et les simulateurs resteront impunis, il n’y aucune raison que ces comportements d’anti-jeu disparaissent des terrains.

Israël, en attaquant le Hezbollah au Liban, répond à ce même principe militaire de riposte graduée mis en œuvre par Zizou. La riposte doit être supérieure à l’attaque pour être dissuasive. Ici, pas d’arbitre pour sortir le carton rouge, mais ça gronde, ça fulmine. Pourtant, une bonne partie de l’opinion considère comme légitime la réponse d’Israël aux attaques du Hezbollah. Probablement les ennemis de l’état juif auraient aimés, justement, qu’on sorte le carton rouge. Mais ça n’arrive pas et bien malin qui peut dire comment le conflit va évoluer, parce qu’il n’y aura pas d’arrêt de la partie à la quatre-vingt-dixième minute, ou au deux-cent-millième mort.

[89] Ça me la coupe

Ouais, évidemment, j’aurais pu titrer cette note Da Vinci Gode, jeu de mot qui a déjà été fait environ 25 000 fois (d’après Google). Ç’aurait été un peu plus racoleur quoi que légèrement inexact.

Je vous soumets donc deux petits croquis de Léonard de Vinci, effeuillés sur mon éphéméride Taschen 2006 (une merveille, ces éphémérides).

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Tu imagines, ami lecteur, qu’avec des effeuillages aussi affriolants éparpillés en juin, j’ai passé un mois dans un état d’excitation paroxystique ! 

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Il est amusant de noter au passage sur le copyright que ces dessins sont issus de la collection appartenant à Her Majesty Queen Elizabeth II. (Non, je ne sortirai pas non plus le terrible jeu de mot Gode save the Queen.)

[88] Zéro Papier

Vous allez voir que l’UMP va s’en sortir grandie dans cette affaire de sans-papier avec enfants scolarisés.

Au départ, pourtant, c’était plutôt mal barré. Large mobilisation consensuelle (bien que plutôt pilotée par des organisations de gauche) autour du soutien à ces familles menacées d’expulsion, dont les enfants (plus ou moins jeunes) scolarisés n’ont souvent pas connu autre chose que la France. Mobilisation des parents d’élèves, gêne du gouvernement, annonce du traitement « cas par cas », nomination d’un médiateur (le gadget Arno Karlsfeld), bordel dans les préfectures, cris lancés contre l’arbitraire, tout le toutim : la droite était dans l’embarras, Sarkozy obligé de danser sur un pied (nous resterons fermes) et sur un autre (nous serons humains), blabla.

Droite embarrassée, d’autant plus qu’on touche au sacré du sacré dans notre société actuelle : l’enfant. Le petit n-enfant innocent. Moi ça m’a toujours fait tiquer, lors des actes de guerre, de l’on dénombre souvent à part les enfants tués par une bombe, comme si monsieur Michu qui achetait lui une botte de poireaux sur le marché méritait plus (ou moins) de mourir éventré. Comme si la vie de ce gamin qui n’avait simplement pas eu le temps de devenir aussi con et haineux que son papa, valait plus. Or non, elle vaut tout autant, à mon sens. 

Revenons-en à nos moutons.

Ça commençait mal pour la droite, donc, mais voici que se sont mis à vociférer les Le Pen et les de Villiers, à appeler à la surenchère, la tolérance zéro.

Face à un électorat (de gauche comme de droite) globalement plutôt opposé à l’immigration, la droite gouvernementale va avoir beau jeu de prétendre incarner la voix de la modération, de la justice, de l’équilibre réaliste entre la gauche appelant à la régularisation la plus large et l’extrême-droite xénophobe.

[86] Plus j’aime les hommes, moins j’aime les chiens

… et ce malgré une misanthropie légère, née au fil des ans et s’épanouissant avec l’âge. Mais je fais partie mordicus de cette frange de l’humanité qui place au dessus du lot, au dessus des dieux et des animaux, l’homme. Je mets aussi la femme par dessus le lot ; après, de savoir qui prend le dessus de l’homme ou de la femme, on en discutera dans une prochaine note sur le kamasutra.

Je voue un mépris féroce pour les défenseurs des animaux qui n’ont pas trouvé de meilleure cause à défendre que ces pauvres bestioles au cerveau rachitique, incapables de rire devant un dessin du Canard Enchaîné (pourtant, Lefred-Thouron est hilarant, non ?). Y en a qui se plaignent quand l’épouvantail de la politique français vomit qu’il ne trouve pas que l’occupation allemande pendant la seconde guerre mondiale ait particulièrement était inhumaine, y en a qui s’indignent que le gavage des oies ne soit pas une manière de traiter ces palmipèdes avec assez d’humanité. Bordel, le foie gras c’est quand même meilleur que le tofu.

medium_delphinarium.gifMon indignation n’a fait qu’un tour en lisant cet article de Libération paru le 21 juillet, spirituellement titré selon la coutume en vigueur dans ce journal « le troisième delphinarium français fait flipper ». Mon indignation serait un coureur cycliste, faire un tour aurait pu prendre du temps, mais là, non, 1,32 seconde a suffi entre le moment où mon cerveau supérieur d’hominidé déchiffrait les caractères imprimés sur le journal (fais-en autant, ami rottweiler arrivé par je ne sais quel coup du destin sur mon burp) et celui où mon cri indigné résonna dans la rame de métro : « Putain mais comment peut-on dire des conneries pareilles sans se sentir immédiatement sidéré par sa propre crétinerie ? ». En réalité, je laissais mes voisins terminer tranquillement leur Sudoku et je criais en silence (un truc que nos amis les canards ne savent pas faire).

Présidente de One Voice, Muriel Arnal déclare donc que ces pauvres dauphins vivants en captivité « travaillent pour les spectacles uniquement motivés par la nourriture ». À croire que selon Muriel Arnal, les O.S. de chez Renault seraient motivés par le grand épanouissement qu’ils retirent en trimant devant leur tourneuse-fraiseuse en faisant les 3×8 (plus que deux cent dix huit enjoliveurs et j’aurai le droit à une sardine).

Je sais bien qu’on dit que les dauphins sont des être dotés d’intelligence, d’un langage, même. Fort bien. Mais les ouvriers du BTP qui bossent au noir et qui crèvent en silence sous la canicule pour construire nos autoroutes et nos Musées des Arts Premiers, est-ce qu’elle s’en tape, Muriel Arnal ? Est-ce qu’elle est vraiment convaincu au fond d’elle-même que le sort d’une quarantaine de dauphins (au bas mot) est une cause plus nécessaire à défendre que la liberté d’expression des journalistes dans les régimes dictatoriaux, que les conditions de vie dans les prisons françaises, que les nègres qui crèvent de faim ou du sida par millions en Afrique ?

Je ne voudrais pas qu’on croit que je pense que parce qu’une cause serait moins importante qu’une autre, elle ne mériterait pas d’être défendue (comme les ânes qui gueulent sur l’argent dépensé pour la culture ou un feu d’artifice alors qu’à côté y a des gens qui ont faim), je parle là d’un fossé, d’un abîme qui sépare ces combats, et qu’ils ne sont pas loin de la maladie mentale ceux qui investissent leur énergie dans la bataille pour les conditions de vie des souris de laboratoires (il y en a qui vont jusqu’à tuer) quand leurs frères humains ont des problèmes un peu plus lourd à gérer qu’un peu de peinture qui s’effrite dans leur bassin (sic).

Et les propriétaires de clebs qui ne ramassent pas leurs déjections sur le trottoir, ils m’emmerdent, au littéral comme au figuré.