[94] Un petit divertissement

Ce n’est pas tant que l’inspiration me manque ; c’est plutôt que j’ai à vous faire découvrir une œuvre selon moi encore trop méconnue [Nota : après vérification, tout de même 130 occurrences dans Google, je ne me ferai pas si facilement passer pour un Christophe Colomb de la poésie oulipienne], quand les jeux de George Sand et d’Alfred de Musset se sont, eux, déjà largement couverts de gloire.

Le poème naïf qui suit est de Paul Adam (romancier français, 1862 – 1920) :

La première fois quand je l’ai vue
J’ai tout de suite remarqué son regard
J’en étais complètement hagard

Dans ce jardin du Luxembourg
Je me suis dit: Faut que je l’aborde
Pour voir si tous deux on s’accorde

J’ai déposé mon baluchon
Alors j’ai vu tes gros yeux doux
J’en suis dev’nu un peu comme fou

Quand je t’ai dis que tu me plaisais
Que j’aimerais bien te revoir
Tu m’as donné rendez-vous le soir

Et je t’ai dis: Oh Pénélope
Que tu étais une sacrée belle fille
Que je t’aimerai toute ma vie

Quand dans ce lit de marguerites
Tu m’as caressé doucement la tête
Ma vie entière est une fête

Et sous les regards de la foule
J’ai posé ma main sur ta main
Vous voyez bien que ce n’est pas malsain

À l’ombre des eucalyptus
Je t’ai dit: je veux que tu me suives
Je te sentais d’humeur lascive

Alors comme ça dans les tulipes
Tu m’as fait une petite promesse
Gage d’affection et de tendresse

Si notre amour devait céder
Je n’aurais plus qu’à me faire prêtre
Je ne pourrai jamais m’en remettre

Car si un jour notre amour rouille
Je m’en mordrai très fort les doigts
Chérie vraiment je n’aime que toi

separator

Naïf mon œil ! Changez maintenant la fin du second vers de chaque strophe, avec ce qui vous traversera l’esprit, de manière à ce que la rime se fasse non plus avec le dernier vers, mais avec le premier.

[93] L’arme absolue

medium_Firefox.gifQue constaté-je avec stupeur dans mes statistiques hautes et fortement détaillées ?
Que 50% de mes  — dois-je l’avouer ? encore rares — visiteurs naviguent avec Firefox. Alors là, ami lecteur, tu m’épates. Alors que la moyenne nationale n’est que de l’ordre de 18% (sur la part de marché réelle de Firefox, on trouve selon les sites différents pourcentages ;  ce billet sur MozillaZine n’indique une part de marché que de l’ordre de 12% en France).

Bon, quand je dis 50%, j’exagère un peu. C’était surtout vrai le premier mois d’existence de mon burp, quand je devais en être le quasi-unique lecteur.

Les statistiques ont un peu changé depuis, et Internet Explorer (I.E.) a repris le dessus, mais dans des proportions tout de même surprenantes. Juges-en plutôt, ami lecteur :

  • En mai 2006 : FF : 50,7%, I.E. : 21,5%
  • Sur le mois de juin 2006, on note :
    • 45,30% pour I.E. versus 43,08% pour Firefox dans les chiffres bruts de fonderie ;
    • 51,3% pour I.E. versus 48,7%, proportions réévaluées en ne prenant pas en compte les moteurs de recherche et autres outils de syndication
  • Sur le mois de juillet 2006, je relève :
    • 49,22% pour I.E. versus 30,22% pour Firefox dans les chiffres bruts de fonderie ;
    • 61,8% pour I.E. versus 37,9%, proportions réévaluées (le pauvre navigateur Opera atteignant 0,3%)

J’en tire les conclusions suivantes :

  • Plus l’audience de mon burp croît (et ça reste encore très raisonnable), plus la proportion de navigateurs IE se rapproche de la moyenne nationale (ce qui paraît assez logique)
  • Que néanmoins, la proportion de surfeurs équipés de Firefox reste largement au dessus de la moyenne nationale, et pour ça, ami lecteur, je te félicite, tu m’épates.

La suite de cette note s’adresse à mon aimable lectorat pas encore équipé de Firefox : un peu de propagande !

Ô toi, lecteur qui n’a pas cru bon de passer du côté argenté de la force, il y a probablement plusieurs explications possibles à ça :

  • La plus simple, la plus évidente, c’est que ça ne t’intéresse pas d’installer plein de nouveaux logiciels sur ton PC, que tu laisses ce genre d’occupations aux bidouilleurs, aux informaticiens, que tu utilises I.E. et que tu en es satisfait(e) (de fait, je ne trouve pas que ça soit un navigateur si mauvais que ça … mais … mais…)
  • La deuxième possibilité, c’est que tu es au bureau et que tu n’as pas le droit de changer de navigateur
  • La troisième… euh… ben j’en vois pas de troisième raison.

Si tu es dans la deuxième situation, je ne peux rien pour toi, mais si tu es dans la première, il me semble judicieux de porter à ta connaissance l’information suivante. Il s’agit d’un article qui cite les travaux d’une société belge :

Leur analyse démontre qu'”une version complètement patchée d’Internet Explorer était non sécurisée 98% du temps en 2004. Pendant 200 jours (54% du temps) en 2004, il y avait un ver ou un virus en liberté capable d’utiliser l’une de ces failles non patchées”. Pour Firefox, il y avait 56 jours en 2004 (15% du temps) où une faille connue n’était pas contrée par un patch, et zéro jour pendant lesquels un logiciel malfaisant était capable d’utiliser une de ces vulnérabilités.

Alors on pourrait croire que Firefox, c’est un machin pour informaticiens, un truc pour ceux qui maîtrisent à fond la question informatique alors que pas du tout, au contraire, c’est quelque chose qui va simplifier la vie de ceux qui n’ont pas justement suffisamment de compétences en informatique pour se protéger de toute la vérole qui circule sur Internet.

Moi qui suis — je le confesse — informaticien, je me suis retrouvé un jour à me battre pendant près de deux heures contre une saloperie de spyware/adware qui s’était installée sur mon PC alors que je naviguais avec I.E. sur hotmail (j’avais déjà installé Firefox, mais quand on accède à Hotmail depuis MSN Messenger, c’est I.E. qui s’ouvre automatiquement). J’étais persuadé qu’avec mes anti-virus, et les quelques mesures de sécurité que j’avais prises sur mon PC, j’étais à l’abri de ce genre de déconvenues, et bien pas du tout !

Je me suis dit, suite à cette mésaventure (j’ai installé le graticiel Spybot depuis, pour améliorer ma protection, que si moi, informaticien, j’avais mis tant de temps à me débarasser de cette saloperie retorse, alors probablement le néophyte n’avait lui aucun moyen de s’en sortir et devait subir, résignés, les fenêtres de publicité permanentes auxquelles nous expose généralement les adwares, quand ce n’est pas pire.

J’ai donc demandé à mes parents d’installer sur leurs PC Firefox, et c’est une bien meilleure protection que la désactivation de javascript et des cookies, manipulation douteuse qu’avait suggérée mon oncle (informaticien aussi, mais de la vieille école) qui rend impossible la navigation sur la plupart des sites en particulier d’e-commerce.

 

Pour être objectif, il y a tout de même quelques petits inconvénients à Firefox, mais qui ne pèsent pas bien lourds face aux avantages déjà avancés.

D’abord, la connaissance de l’anglais est un plus pour en exploiter toutes les possibilités : les pages décrivant les extensions sont majoritairement anglophones.
Mais :

  • il existe un site francophone qui présente le navigateur lui-même, et ses principales extensions ;
  • les extensions elles-mêmes sont généralement disponibles en français (mais pas toujours).

Ensuite, le copier-coller des tableaux entre Firefox et Excel ne marche pas super. J’utilise encore I.E. pour ce genre de rares besoins.

Il existe encore (mais de moins en moins) des sites qui s’affichent assez mal avec Firefox, et là encore, il est intéressant d’avoir I.E. sous la main, ou l’extension IE Tab qui est justement faite pour ça.

Allez hop, puisque tu as courageusement ingéré cette note fastidieuse jusqu’à son terme, au travail, il y en a pour 3 minutes, et je veux voir mes statistiques FF remonter dès le mois d’août !

[92] Zidane et le conflit au Moyen-Orient, c’est kif-kif

Préambule

J’ai lu récemment de le journal de la semaine d’un écrivain allemand vivant à Rome (Libération du 22/07/2006) que, selon lui, l’histoire du coup de tête de Zidane était l’événement sur lequel le plus de monde avait pris position depuis l’attentat du World Trade Center en septembre 2001. 

Je ne crois pas que ce soit le cas, il me semble que c’est une vision assez européo-centriste de la situation ; en gros, que ça n’intéresse que les pays footeux, au premier rang desquels l’Italie et la France. Certes, il y a autour de cette affaire un buzz sur Internet assez phénoménal, qui a probablement un peu dépassé les frontières de nos deux pays. Comme je ne suis qu’en France, je ne sais pas dire avec précision si c’est effectivement un phénomène planétaire, mais j’en doute. Et la planète a trouvé un sujet de prise de position autrement plus intéressant avec l’inflation de violence au Moyen-Orient.

Avant de t’exposer, ami lecteur, comment mon esprit pervers a réussi à trouver une connexion entre ces deux faits historiques et géopolitique, je voudrais t’exposer un truc que j’ai reçu (avec la légende — c’est le cas de le dire — d’origine) qui m’a fait rigoler et qui a dû faire le tour de la France, mais qui t’aura peut-être échappé. Truc qui démontre l’impact mondial de ce coup de boule, hein, au moins !

medium_castrozizou.gif

AFP 15 heures, le 25/07/2006
Fidel Castro serait mort suite à un attentat commis par un touriste en villégiature à La Havane…

 

[ Inutile de vérifier sur fr.news.yahoo.com, Castro est hélas encore frais comme un gardon saur. ] 

Là où je voulais en venir…

Un récent rebondissement sur l’affaire Zidane-Materazzi est ce scandale en Italie où l’on s’indigne que Materazzi se voit infliger une sanction comparable (même si moindre) à celle de Zidane.

Il faut reconnaître que c’est assez inhabituel que l’on sanctionne avec un niveau équivalent l’auteur du geste sanctionné (en l’occurrence, le coup de tête) et celui qui l’a, selon toute vraisemblance, provoqué. Sur le terrain, au moment où cette faute a eu lieu, la sanction a d’ailleurs été unilatérale : carton rouge pour l’auteur du mauvais geste, tandis que le joueur italien restait sur le terrain. Dès cet instant, pourtant, on pouvait se douter que Zidane ne s’était pas laissé aller à ce geste d’énervement gratuitement. (Il n’en reste pas moins que je pense que Zidane a eu tort de s’emporter, qu’il n’avait pas à s’abaisser au niveau de ses adversaires, bref, il ne devait pas entrer dans leur jeu, mais nous n’avons pas découvert le côté impulsif de Zidane au moment du dernier match de sa carrière, il y avait des précédents…)

Bref, l’Italie s’offusque de ce que le provocateur (n’ayant eu que des mots) se retrouve mis au même niveau que celui qui a eu un vilain geste. Je trouve pour ma part, et sans aucun chauvinisme, que le contraire aurait été injuste. Tant que les provocateurs et les simulateurs resteront impunis, il n’y aucune raison que ces comportements d’anti-jeu disparaissent des terrains.

Israël, en attaquant le Hezbollah au Liban, répond à ce même principe militaire de riposte graduée mis en œuvre par Zizou. La riposte doit être supérieure à l’attaque pour être dissuasive. Ici, pas d’arbitre pour sortir le carton rouge, mais ça gronde, ça fulmine. Pourtant, une bonne partie de l’opinion considère comme légitime la réponse d’Israël aux attaques du Hezbollah. Probablement les ennemis de l’état juif auraient aimés, justement, qu’on sorte le carton rouge. Mais ça n’arrive pas et bien malin qui peut dire comment le conflit va évoluer, parce qu’il n’y aura pas d’arrêt de la partie à la quatre-vingt-dixième minute, ou au deux-cent-millième mort.

[89] Ça me la coupe

Ouais, évidemment, j’aurais pu titrer cette note Da Vinci Gode, jeu de mot qui a déjà été fait environ 25 000 fois (d’après Google). Ç’aurait été un peu plus racoleur quoi que légèrement inexact.

Je vous soumets donc deux petits croquis de Léonard de Vinci, effeuillés sur mon éphéméride Taschen 2006 (une merveille, ces éphémérides).

medium_vinci1.jpg
 

Tu imagines, ami lecteur, qu’avec des effeuillages aussi affriolants éparpillés en juin, j’ai passé un mois dans un état d’excitation paroxystique ! 

medium_vinci2.jpg

 

Il est amusant de noter au passage sur le copyright que ces dessins sont issus de la collection appartenant à Her Majesty Queen Elizabeth II. (Non, je ne sortirai pas non plus le terrible jeu de mot Gode save the Queen.)

[88] Zéro Papier

Vous allez voir que l’UMP va s’en sortir grandie dans cette affaire de sans-papier avec enfants scolarisés.

Au départ, pourtant, c’était plutôt mal barré. Large mobilisation consensuelle (bien que plutôt pilotée par des organisations de gauche) autour du soutien à ces familles menacées d’expulsion, dont les enfants (plus ou moins jeunes) scolarisés n’ont souvent pas connu autre chose que la France. Mobilisation des parents d’élèves, gêne du gouvernement, annonce du traitement « cas par cas », nomination d’un médiateur (le gadget Arno Karlsfeld), bordel dans les préfectures, cris lancés contre l’arbitraire, tout le toutim : la droite était dans l’embarras, Sarkozy obligé de danser sur un pied (nous resterons fermes) et sur un autre (nous serons humains), blabla.

Droite embarrassée, d’autant plus qu’on touche au sacré du sacré dans notre société actuelle : l’enfant. Le petit n-enfant innocent. Moi ça m’a toujours fait tiquer, lors des actes de guerre, de l’on dénombre souvent à part les enfants tués par une bombe, comme si monsieur Michu qui achetait lui une botte de poireaux sur le marché méritait plus (ou moins) de mourir éventré. Comme si la vie de ce gamin qui n’avait simplement pas eu le temps de devenir aussi con et haineux que son papa, valait plus. Or non, elle vaut tout autant, à mon sens. 

Revenons-en à nos moutons.

Ça commençait mal pour la droite, donc, mais voici que se sont mis à vociférer les Le Pen et les de Villiers, à appeler à la surenchère, la tolérance zéro.

Face à un électorat (de gauche comme de droite) globalement plutôt opposé à l’immigration, la droite gouvernementale va avoir beau jeu de prétendre incarner la voix de la modération, de la justice, de l’équilibre réaliste entre la gauche appelant à la régularisation la plus large et l’extrême-droite xénophobe.