[1225] À une lectrice

Tracy Peper

Le transilien traînant autour de moi grinçait.
Longue, mince, désirable, chevelure somptueuse,
Une femme lisait, une moue langoureuse,
Un livre sur les hommes, le sexe, l’amour : pincée !1

Ô seins couleur d’ébène ! Je l’imaginais nue,
Déesse de l’amour, dévorant ses amants !
La voilà qui repose son livre un moment
Parcourt sa tablette, surfe sans retenue,

Puis délaisse l’objet, papote au téléphone
Laissant apercevoir le site qu’elle consultait.
Stupeur de ma part, j’en suis resté aphone !

Des cons ! Des vits ! Partout, le sexe y virevoltait.
Je les ai reconnues, ces pages rien moins que sages :
Le site luxurieux du sieur Comme une image !

₪₪₪

 

Inspiré par le témoignage d’un lecteur charmant et respectueux, ce petit texte est évidemment une invitation faite à cette belle lectrice anonyme de se faire connaître, soit auprès de lui (il en serait ravi), soit auprès de nous (nous le serions tout autant) !


Illustration : Tracy Peper via Flying Cat

  1. Philippe Brenot - Les hommes, le sexe et l'amourLes hommes, le sexe et l’amour, Éditions Poche Marabout []

[1224] Rester sur sa faim

J’y pensais ce midi en finissant de préparer le tajine aux coings qui mijotait depuis la veille. Un des trucs qui me manquent le plus avec mes amantes, c’est de pouvoir cuisiner pour elles.

Passer une nuit entière, c’est terriblement tentant également et difficile à réaliser, mais c’est à portée de main. Il suffit d’être « en déplacement » et la nuit est à nous.

Préparer à manger demande beaucoup plus de temps ; il faut faire les courses, avoir la patience de passer devant les fourneaux le temps qu’il faut pour préparer ce qui doit l’être – alors que le temps précieux passé en compagnie de l’amante, on l’imagine plus volontiers sous la couette – surveiller la cuisson, etc.

repasUn luxe.


Illustration : Marta Santospirito via Orgasme Cérébral

[1223] Femelle

J’étais pourtant aux bras de deux demoiselles aux courbes parfaites – peau d’albâtre et peau d’ébène, seins de velours, bouches de fraise – mais tu irradiais quelque chose de tellement cul que je n’ai pas plus pu résister à ton appel qu’un rat au pipeau du joueur de flûte de Hamelin.

▫▪●▪▫

Tu t’étais jetée sur nous trois, dès notre arrivée dans le jacuzzi (la tenancière me confia plus tard que ton compagnon et toi tourniez comme lions en cage dans le club encore désert ce soir-là avant notre prompt renfort). Moi, je bandais déjà comme un diable, me frottant à mes deux nymphes et rêvant de superpositions acrobatiques tous les trois, mais tu auras sans doute précipité notre envie d’aller, au sec, faire fructifier ce désir naissant. Je ne faisais pas encore vraiment attention à toi, pour dire vrai, A*** et Nina1 accaparaient toutes mes attentions mais le thermostat avait, en ta présence, pris quelques degrés de plus que si nous étions restés seulement tous les trois. (suite…)

  1. Pour toi, ami lecteur qui aurais besoin d’une piqûre de rappel, ce sont bien deux des protagonistes de l’Anniversaire ! []

[1222] Plume, rock, cerise

widget1_FLYER_ALE11Appâté par un commentaire laissé sur le blog de l’ami Vagant qui y proposait une recette de sa confection pour une soirée érotico-littéraire, je profitais d’une semaine de grande liberté pour me rendre à un de ces « apéros littéraire érotique » organisés par une certaine Flore Cerise.

Moyennant une participation modique (10 €) et une réservation à l’avance, j’obtenais mon sésame pour le Café Châtelet, ce mercredi soir, où allait se jouer les événements. J’y allais au bras de Dame InVirgoVeritas qui avait saisi l’occasion d’y participer elle aussi, ayant vu l’annonce de ma participation sur lérézossossio.

Nous nous y faisons accueillir avec le sourire par la Miss Cerise, très à l’aise dans son rôle d’animatrice jeune-et-sexy, dans sa robe légère toute (fleur ?) bleue, qui nous remet à chacun une enveloppe à notre nom contenant deux mots dont l’utilité nous sera expliquée plus tard (mes deux mots – trois, si vous comptez bien – sont écrits en gras ci-dessus !).

Nous nous installons où nous pouvons, là où il y a de la place, et tout près des deux artistes à qui sera consacrée la première partie de la soirée : Julia Palombe et son guitariste de compagnon Sergio. Celle-ci nous interprétera 3 ou 4 morceaux, complété par la diffusion du clip de son dernier single « J’aime mon vagin »j'aime mon vagin, où il est question en termes directs d’une sexualité libre et joyeuse, s’affranchissant des diktats de notre société, de désir, de queues et de chattes non épilées1, en finissant par une reprise des Nuits d’une demoiselle.

Après quoi, elle répond avec franchise et enthousiasme à des questions que j’ai trouvées pour ma part (pardon à notre hôtesse !) un peu convenues.

 

La première heure a filé ainsi que nos mojitos, place à la seconde partie de la soirée qui reste dans le thème de la soirée : il s’agit d’écrire, par petits groupes, ou plutôt de réécrire les paroles d’une chanson connue pour en faire une chanson érotique intégrant, contrainte supplémentaire, les fameux mots qui nous ont été distribués en début de soirée.

Et là ! Ça a été galère ! Écrire seul, c’est une chose (et les mots au clavier me viennent aisément), mais écrire à huit mains, c’est une autre histoire, surtout quand elles ne vont pas dans la même direction. L’accouchement est donc assez laborieux, avec IVV aux abonnées absentes, et les trois mâles cherchant chacun à infléchir le texte vers leur objectif, sans qu’aucun ne l’atteigne. Parfois j’impose, parfois je renonce, je concède, je tente de convaincre, j’accepte l’idée… Je me serais cru à un stage d’entreprise de cohésion de groupe.

Le pire reste à faire : il faut aller interpréter le produit de nos réflexions devant la foule en délire. Naannnnnn ! Et moi qui déteste le karaoké…

Pour finir, on vote (les meilleurs ont gagné : c’est déjà ça !) et la foule se disperse, en se disant au revoir et à dans quinze jours.

Pour ma part, je participerai volontiers une deuxième fois, pour ne pas me faire une opinion trop définitive sur une seule séance. Probablement d’une thématique à une autre, l’ambiance évolue.

Les +

Les –

Format horaire sur deux heures, pratique à caser dans l’agenda Le temps limité réservé à l’écriture elle-même (30 mn)
L’accueil convivial, les boissons à un tarif très abordable Le lieu, un peu étroit pour le nombre de participant, ne favorisant pas la circulation et le mélange
La thématique de la soirée, la découverte d’une artiste pleine de peps La frustration de l’écriture à plusieurs avec des partenaires que l’on n’a pas pu choisir

 

[Edit de 18:55]

Une petite photo de votre serviteur, vampé par Julia, prise par Daniel Nguyen

CUI CUI & la Palombe
  1. Sur l’affaire, Julia Palombe a épousé le camp des anti-épilation. Je n’ai pas eu l’occasion de vérifier si elle joignait les actes à la parole – je n’en doute d’ailleurs pas – mais j’ai pu voir que ses aisselles, elles, étaient épilées, comme quoi il est difficile d’échapper à tous les marqueurs sociaux. Quant à moi, vous le savez, je suis un adepte de : faites bien comme vous le voulez, je ne vous jugerai pas ! []

[1221] Le lendemain matin

Quand j’entre dans cette chambre d’hôtel, je sais que je ne serai là que pour une demi-heure, afin d’arriver à une heure acceptable au bureau ce matin.

Les rideaux sont tirés, aucune lumière n’est allumée, aussi mes yeux n’ont pas encore eu le temps de s’habituer à l’obscurité que mes mains parcourent déjà son corps nu et chaud. Il m’apparaît d’autant plus chaud que, pour ma part, mes mains sont encore fraîches du parcours que je viens de faire en scooter dans le petit matin.

Je me suis débarrassé hâtivement de mon lourd blouson de moto mais n’enlève rien de plus ; je suis en costume, pas de cravate.

Je l’ai attrapée par la taille pour la sentir contre moi. Dans le texto qu’elle m’avait envoyé plus tôt pour s’enquérir de ma possible visite de courtoisie, elle indiquait « mes seins m’ont susurré leur envie d’être repris en bouche » alors je n’attends guère pour glisser mes lèvres de sa bouche à ses seins, d’abord le droit puis son frère impatient, puis je la bascule sur le lit tout proche et je poursuis ma plongée sur son sexe, plus chaud encore que tout le reste de son corps. (suite…)

[1220] L’autruche de la politique

Bien longtemps que je n’avais pas commis un billet sur la politique ici-bas, mais le fait est que je n’avais pas – et je n’ai toujours pas – le cœur à ça.

Quand Kayzer Sözy est arrivé au pouvoir, je m’invitais à trouver consolation dans un autre champ que le politique, compte tenu entre autre de l’état lamentable dans lequel la défaite de la gauche avait laissé le PS1. 2012 est arrivé qui aura vu François Hollande l’emporter d’abord à la primaire socialiste (DSK ayant été, juste avant, fauché par l’affaire du Sofitel de New-York) face à une Martine Aubry dont j’espérais la victoire. Deux ans après, Hollande aura réussi ce tour de force de refoutre le PS, pourtant au pouvoir, dans la tourmente2 et de rendre crédible le retour de Sözy qu’on penserait pourtant grillé et archi-grillé avec toutes les casseroles qu’il se traîne3.

Je soupçonne les 16 % de Français ayant encore une opinion favorable de Hollande4 de mentir, de coucher avec lui ou de ne pas avoir compris la question. (suite…)

  1. Cf. cette archive. []
  2. Faut-il rappeler la branlée électorale reçue lors des deux dernières élections ? Peut-être que oui, vu à quel point le Français a, politiquement, la mémoire courte – pas toi, bien sûr, ami lecteur. Ou bien simplement évoquer l’ambiance tendue de l’Université d’été du PS au lendemain de la nomination du gouvernement « Valls 2 ». []
  3. Hélas encore, ces veaux de Français n’ont aucune réticence à élire et réélire les politiques les plus corrompus et à la morale abjecte. []
  4. Selon le sondage le plus récent que j’ai pu me mettre sous la main. []