[988] Bis repetita necunt (*)

(*) Que les latinistes me pardonnent – et surtout me corrigent – si ma tentative de conjugaison a foiré.

La clairvoyance n’empêche malheureusement pas la souffrance quand le malheur qu’on annonçait est soudain là, devant soi, tangible, même drapé du flou de l’incertitude.

Je ne tourne pas en boucle, je ne revis pas deux fois la même chose, mais il y a des similitudes d’une histoire à une autre, et il a fallu que je me retrouve aujourd’hui, dans ce même état nerveux duquel avait accouché mon burp (en mai 2006), pour percevoir des points communs qui m’avaient échappés entre O*** et J***, dans leur façon d’échapper à une histoire quand la passion devient trop menaçante. Se sauver avant d’avoir trop mal. Consciemment ou inconsciemment, se protéger. Changer les règles sans négociation.

J’interprète les actes d’O*** (dont la logique m’échappe – j’essaye donc tant bien que mal que transposer dans mon référentiel sensible) d’une façon qu’O*** infirmerait sans doute. Une façon qui ménage mon ego. O*** s’est donnée à moi sans retenue, comme je me suis donné à elle le jour même où je l’ai rencontrée1. Sourire béat aux lèvres, j’ai déposé à ses pieds mes armes, bouclier, armures, cotte de maille. Sans un regret, j’ai tourné le dos à mon ancienne doctrine (« multiplier les amantes pour éviter de tomber amoureux et de souffrir » – on constate aujourd’hui comme quoi j’apprends de mes erreurs !), sans beaucoup de ménagement (mais avec une once de culpabilité, si, si !) j’ai tourné le dos à mes autres amantes, qui, sans autre contrat que la bienveillance complice de notre relation, m’offraient généreusement tant de plaisir, et je me suis lancé dans une liaison amoureuse qui ne disait pas son nom mais dont la passion transpirait tant des récits offerts ici à votre regard que vos commentaires, amis lecteurs, montraient que vous n’étiez pas dupes.
Il n’a pas fallu longtemps pour que je voie se fissurer le muret de certitudes d’O*** sur son amour pour son compagnon. Assez vite, du haut de ma grande expérience, je jouais les Cassandre. « Dans les scénarios que je me fais, il y en a un qui a la cote, celui où je serais un pont pour toi, qui t’aiderait à traverser de ta vie avec X à autre chose » lui disais-je dès le mois d’avril.

Quelques mois plus tard, la rupture entre O*** et X est effective et, très vite, le grain de sable coince le mécanisme bien huilé de notre relation. Je mets ça sur le compte du choc de sa séparation, mais je ne mesure pas combien l’intensité que je mets dans notre relation lui pèse. C’est un premier coup de semonce quand O*** m’annonce qu’elle se sent – de façon temporaire, mais sans pouvoir être plus précise – non sexuelle. Je serre les dents. J’essaye, tant bien que mal, de ravaler mon désir (pour être franc, je n’y arrive pas vraiment) et d’attendre la fin de cette mauvaise passe.
Les mois qui suivent s’écoulent en dents de scie. Avec des moments d’harmonie formidables, qui me transportent et où je sens O*** si proche de moi, et des moments douloureux où elle devient terriblement distante. Une chose toutefois ne reviendra jamais dans ce nouveau mode de relation, ce sont les témoignages de désir que s’échangent les amants quand ils sont séparés et qui entretiennent la passion, et j’ai dû gérer le manque de nos sextos quasi quotidiens.

Je m’obstine dans ma voie, elle persiste dans la sienne. Je lui dis que je l’aime, elle me dit qu’elle ne m’aime pas. Elle me dit qu’elle veut être libre. Je lui dis que peu m’importe qu’elle vive d’autres histoires ailleurs, puisqu’avec elle, j’ai l’illusion de l’amour (et je ne lui mens pas en disant cela). Mais cette position inégale ne lui convient pas et je comprends que si je continue à faire d’elle ma partenaire unique, je finirai par la perdre complètement. Peut-on se forcer à désirer ailleurs quand on a une amante qui, tel un trou noir, absorbe tous vos désirs2 ? Ami lecteur, pas moins romantique que moi, tu me disais que non en commentaire. Je réponds oui, quand on comprend, profondément, que c’est nécessaire pour se protéger soi même. C’est mon instinct de conservation qui me pousse à, lentement, commencer à retisser des liens dénoués, réveiller des désirs enfouis… Mais cela ne se fait pas d’un simple claquement de doigt, le processus est enclenché mais l’attraction vers O*** ralentit. Je veux rester le favori, ou plutôt je veux qu’O*** reconnaisse cette place particulière que j’ai pour elle. Elle s’y refuse, et chaque attente que j’ai d’elle l’éloigne plus durement encore.
Dans cette période paroxystique, j’entends ses mots tendres qui me disent son affection pour moi, mais aucun mot qui me dit son désir. Je ne peux plus me défaire de l’idée qu’il soit mort, ou sur le point d’expirer, même si de nombreux signes tangibles devraient m’inciter à penser le contraire (je m’imagine alors qu’ils ne sont là que pour me préserver, par bienveillance, d’un chagrin trop brutal). Mais le chagrin est là qui me submerge. Cœur serré toute la journée, sensation de mal-être qui me ruine le sommeil, larmes versées en cachette. Cet état détestable rend d’ailleurs délicates les discussions avec ma femme qui, de son côté, fait l’effort de se projeter dans un futur où elle aimerait un homme devenu adultère, et voit que c’est moi qui suis abattu.
Je me dis que ce sont quelques semaines ou mois pénibles à passer, je me souviens que des petites pilules peuvent m’aider à les traverser, j’espère surtout que très vite je puisse serrer dans mes bras une donzelle toute disposée à me démontrer qu’une partie de baise peut être très jubilatoire même sans O*** (mais hélas dans cette courte période, toutes mes perspectives proches s’évanouissent). Et surtout, je me convaincs qu’O***, comme J***, confrontée à la perspective d’une histoire d’amour avec un homme marié, convaincue qu’elle ne pourrait, à terme, qu’être stérile, fait le même choix de la sacrifier sans même chercher à voir comment la sauver, comme si le combat était perdu d’avance.
Comme si le prix de la victoire ne valait pas ce combat.

J’ai quarante quatre ans, et je pleure ma cinquième histoire d’amour.
Sans doute égaré par la douleur, je me dis que si une sixième occasion se présente, je ferai un gâchis différent pour éviter celui qui s’annoncerait sur l’air de jamais deux sans trois.


  1. Sans vouloir jouer les oracles à retardement, j’ai eu, le soir de notre rencontre, un pincement au cœur en me demandant comment je réagirais si elle n’était pas tombé sous le charme comme j’avais succombé. Je me suis dit que je serais malheureux si je ne « l’avais » pas. Elle m’a vite rassuré. Vous connaissez (un peu) la suite.
  2. Y compris celui tourné vers ma femme.

19 gazouillis sur “Bis repetita necunt (*)”  

  1. #1
     
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    dita a gazouillé  :
    Ces périodes d’interprétation d’histoires sont très pénibles. On a beau tout tourner dans tous les sens, on ne connaîtra jamais ses raisons. Les connaît-elle, elle-même ?
    Je sais bien que le “c’est ainsi” n’est pas du tout satisfaisant.

    Gérer ce chagrin et les discussions avec ta femme en même temps ne doit pas être simple.
    Prends soin de toi.

  2. #2
     
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    Comme une image a gazouillé  :
    Dita » Je suis d’accord, c’est bien là la principale difficulté. Comprendre comment fonctionne l’autre aide à mieux accepter la situation, et c’est l’incompréhension et l’incommunicabilité qui compliquent tout et rendent les choses douloureuses. J’en fais l’expérience aujourd’hui : c’est le dialogue avec O***, même s’il est brutal parfois (pour elle ou pour moi), même si on se prend le bec, on se renvoie quelques vacheries, qui rendent la situation à l’arrivée plus paisible.
    Et, effectivement, ce n’est pas simple d’avoir deux fronts à gérer en parallèle !
    (Quant aux uchronies que je peux me faire dans la tête pour voir comment j’aurais pu éviter la situation où l’on est aujourd’hui, je préfère éviter de les élaborer, elles risquent de me faire plus mal encore.)
  3. #3
     
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    columbine a gazouillé  :
    j’avais justement envie de dire que tu tournes en rond, mais pas tout à fait, parce que ce n’est pas avec les mêmes personnes…

    ta façon de vivre te condamne quand même au mouvement perpétuel…et à alterner moments de bonheur et moments de larmes.

    j’aurais aussi pu jouer les Cassandre quand j’ai lu vos débuts à toi et à O mais tu ne m’aurais pas écoutée :-)…une jeune femme qui prend un amant alors qu’elle vient de se mettre en ménage avec quelqu’un (si j’ai bien suivi) ne vit pas une relation compliquée juste avec son compagnon mais aussi avec son amant. tu t’es mis dans un truc bancal en quelque sorte, dont la suite/fin aurait pu être différente, mais qu’elle soit ce qu’elle est actuellement n’est pas étonnant.

    tu l’aimes et elle ne t’aime pas, il y a de quoi la faire fuir. enfin moi, ce genre de situations m’ont fait fuir quand elles se sont présentées…

  4. #4
     
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    Vagant a gazouillé  :
    Mauvaise passe. Tu écrivais à juste titre qu’on juge les histoires des autres à l’aune de la sienne. Ce que tu écris là me fait penser à l’état dans lequel j’étais lors de ma rupture avec celle que j’avais prénommée Jeanne dans mes récits. Plus je m’y accrochais, plus je sentais la relation se déliter sous mes doigts. Avec le recul, je crois qu’elle avait aimé en moi le libertin sûr de lui qui lui donnerait la force de quitter son mari. Rétrospectivement, je crois que ma faiblesse lors d’une soirée catastrophique aux Chandelles a été le début de la fin. Me voir quémander des miettes d’amour (http://extravagances.blogspiri.....ettes.html) n’a pas amélioré mon image, ni notre liaison.

    O*** était mariée, elle est maintenant célibataire. Toi, tu n’as pas quitté ta femme et j’ai cru comprendre que O*** ne t’a pas demandé de le faire. Néanmoins, j’ai cru aussi comprendre que tu as proposé à ton épouse de faire évoluer votre relation matrimoniale vers la non exclusivité sexuelle (voire sentimentale en ce qui te concerne), sans doute afin de te rendre plus disponible pour O***. Que pourrais-tu bien faire de plus ? Sacrifier ta famille pour un amour qui n’est peut-être pas parfaitement réciproque ?

    Il est difficile d’être fort quand on sent, ou quand on croit sentir qu’on nous quitte. On aurait naturellement à se répandre en « ne me quitte pas ». Je crois que c’est contre productif. Tu ne pourras sans doute pas non plus te jeter à corps perdu dans une autre liaison, sans avoir fait le deuil de ta relation avec O***. Je ne peux donc que te conseiller de prendre du recul, de « lâcher prise » en somme. O*** reviendra peut-être vers toi, ou tu feras demain une nouvelle rencontre que tu n’imagines pas aujourd’hui. En attendant, ne néglige pas ton épouse qui doit faire face à la réorganisation de votre vie intime.

  5. #5
     
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    Comme une image a gazouillé  :
    columbine » Un plaisir de te relire ici !
    Je crois que nous partageons le même regard lucide sur la situation ; comme je l’écris dans cette note, alors que nous étions au cœur de notre passion, j’en prédisais déjà la fin. On me dira (O*** me dirait, même) que toutes les passions finissent par s’éteindre et qu’il ne faut pas être grand clerc pour le prévoir. Certes ! Mais ce qui compte, bien sûr, c’est de vivre ce qui est bon, sans se laisser arrêter par les malheurs à suivre (on va tous mourir) et en avril, je ne savais pas vraiment comment les choses évolueraient, ni à quel rythme.

    Vagant » J’irai relire la note dont tu parles, je n’en ai qu’un souvenir lointain.
    O*** ne m’a pas demandé de quitter ma femme, et d’ailleurs, j’ai moi-même devancé cette demande en lui indiquant que je ne la quitterai pas (mais je voulais témoigner que j’avais réfléchis à la question). C’est étonnant parce que dans le 2e § de ton commentaire, tu décris exactement mon état d’esprit au moment où j’étais heureux de ce vers quoi j’avançais. Mais les choses furent plus compliquées avec ma femme comme avec O***, du coup je pense autrement aujourd’hui. J’y reviendrai.
    Quant au 3e §, il confirme que nous avons la même vision de la situation. J’en suis là.

  6. #6
     
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    L Onirique a gazouillé  :
    Je ne comprends pas,

    vous ne vouliez pas vous séparer de votre femme,
    vous le signalez (ce qui vaut pour avertissement),
    et puis après il aurait fallu que O*** se batte pour.. quoi au juste?

    tout le monde n’est pas capable ou même ne souhaite pas avoir une demi-relation.

    mais peut être n’était ce pas votre histoire?

    quoi qu’il en soit,
    je m’interrogeais sur cette diminution ou frein au désir. n’est ce pas ce qui peut vous faire souffrir aussi ? car je crois me souvenir que le désir n’était pas non plus fortement nourri par votre épouse.

    c’est difficile et douloureux d”assumer” des choix qu’on n’a pas fait.

    mais quels sont les vôtres au juste, aujourd’hui?

  7. #7
     
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    Comme une image a gazouillé  :
    L’Onirique » Comme si c’était si simple, les échanges entre amant sur un sujet aussi lourd que celui-ci « Quitter son conjoint et ses enfants pour vivre une histoire d’amour ».

    En gros, dans mon histoire, ça s’est résumé à un courriel de ma part disant « je ne vais pas quitter ma femme » (sans même qu’elle me le demande, hein). Et elle, « bon, ben je vais arrêter de t’aimer dès que j’aurais quitté mon mec » (sans même le formuler, hein).

    Je pense que la phase de négociation aurait pu être un peu plus engagée si nous n’avions pas eu chacun de notre côté notre petit comportement névrotique d’obstruction.

    (Vous avez raison : je ressentais très cruellement l’absence de marque de désir de la part d’O***, et je lui ai même dit explicitement que c’était ce qui me tuait dans mon couple…)

    Aujourd’hui, pas de choix tranché définitivement, mais une perspective « raisonnable » qui se dessine plus nettement que les autres.

  8. #8
     
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    judieK a gazouillé  :
    J’ai cru voir une coquille, mais la phrase est tellement long et ma grammaire tellement approximative que j’ai hésité à vous la dire. Comme je sais que vous y êtes allergique (aux coquilles, pas aux remarques) je me lance : “comme si le combat été (ou était ?) perdu d’avance”.

    Je suis bouleversée par ce post.

  9. #9
     
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    Comme une image a gazouillé  :
    judieK » Cette coquille en était effectivement une, corrigée (merci), et d’ailleurs il y en avait une autre dans la même phrase ; j’ai souvent du mal à m’empêcher de faire des phrases à rallonge, appelons-ça « le style de l’auteur » et déduisons-en pourquoi mes ambitions littéraires s’arrêtent au stade du burp !
  10. #10
     
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    L Onirique a gazouillé  :
    Ah!
    je pensais que vous en aviez davantage parlé.. et que cela était une conclusion, non une sorte d’introduction ce “je ne quitterai pas ma femme”.
  11. #11
     
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    Comme une image a gazouillé  :
    L’Onirique » Non, justement, elle ne m’avait rien demandé (comme J*** d’ailleurs), c’est juste moi qui gambergeais dans mon coin ; c’était la 3e fois que je tombais amoureux d’une de mes amantes et je me demandais « mais qu’est-ce que je vais faire de cette situation » et c’était à un moment où elle était en couple, c’était une sorte de façon de dire, à l’époque, « ne mets pas en question ton couple à cause de moi » (ou pour préciser : « ne mets pas cette possibilité dans la balance, au sein de tes réflexions sur ton couple »). Après, elle a fait son chemin, moi un autre, avec ma femme, sur un autre rythme. Mais chaque discussion sur le sujet a été balayé d’un revers de la main.
  12. #12
     
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    Comme une image a gazouillé  :
    L’Onirique » Je suis moi-même changeant à ce sujet, hein. En ce moment, un jour je me dis un truc, le lendemain son contraire. Mais faut-il prendre des décisions aussi lourdes de conséquences sans prendre un moment le temps de la réflexion ?
  13. #13
     
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    L Onirique a gazouillé  :
    je crois que parfois secoué par des tas d’émotions on voudrait que des choix nous sauvent.
    il n’en est rien, le temps de la tempête émotionnelle n’est pas celui de la réflexion.
    les choix, les avis changent au gré des espoirs et des illusions (peut être même en temps normal d’ailleurs alors quand on est dans la tumulte..)

    sans doute qu’il n’est pas facile étant donné vos “fronts” de pouvoir simplement vous laisser le temps de la digestion..

  14. #14
     
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    Comme une image a gazouillé  :
    L’Onirique » Oui, c’est ce qu’il faut faire : laisser la tempête se calmer un peu et faire des choix plus sereinement. Juste une mauvaise passe à traverser…
  15. #15
     
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    Justine a gazouillé  :
    Il et tellement intéressant ce texte que c’est dommage qu’il soit privé. Je pense qu’il a quelque chose de très universel.

    Je t’embrasse

  16. #16
     
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    klaas a gazouillé  :
    et si ta femme décidait demain de te quitter.
    tu ferais quoi?
    tu penserais quoi?

    ouf? merde?, aie? chouette O me voila? merde va falloir finalement que je fasse ma vie avec O ? quel soulagement la liberté sans culpabilité? ….liste non exhaustive et caricaturale des réponses à une question qui posée à soi même sincèrement mets les choses sous une autre perspective très éclairante….

    enjoy :))

    pardon, juste ma petite contribution à la réflexion..

    melle a.
    (toujours sous pseudo de son propriétaire, désolée)

  17. #17
     
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    Comme une image a gazouillé  :
    Justine » Avec mon immodestie habituelle, je te dirais que c’est bien convaincu par l’immensité de la portée de mes réflexions que j’ai décidé d’ouvrir ce burp ; je me désole un peu de tous ces joyaux mis sous clé, mais je me réjouis que vous soyez 77 privilégiés à pouvoir en profiter ;)

    Mlle a. phagocytée par le propriétaire » Je ne suis pas sûr qu’il me suffise de me retrouver célibataire pour que l’option « O*** me voilà » soit ouverte. Je ne connais pas ses projections (pour reprendre le terme que nous utilisions).
    Maintenant, si la donne changeait, que ce soit de mon fait ou de celui de ma femme, probablement je serai partagé entre deux sentiments contradictoires, celui de la perte d’un équilibre et l’espoir d’un nouveau qui deviendrait possible, plus épanouissant. De la tristesse pour mes enfants à qui nous avons – j’espère, je crois – offert un environnement riche et heureux pour qu’ils se réalisent. Du soucis concernant toute l’organisation matérielle de cette nouvelle vie. Etc. Le bordel, quoi !!!

    C’est peut-être illusoire, mais une bonne partie de ma démarche actuelle, c’est de prévenir mon couple d’une rupture déchirante. Si on se quitte, je voudrais que ce soit avec tendresse et bienveillance, pas en rayant rageusement 18 années de partage en disant « tout ça, c’était rien qu’une grosse mascarade ».

  18. #18
     
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    Ange solaire a gazouillé  :
    Je comprends pour avoir vécu quelque chose de semblable. Je me suis longtemps demandé, lorsqu’il m’a «laissée», ce qui pouvait bien «l’effrayer» dans l’amour que j’exprimais pour lui. Le déséquilibre entre moi qui n’abandonnerai pas ma vie conjugale et sa vie de célibataire… La peur que je lui demande de s’engager (ce que je n’aurais pas fait)… La peur que j’aie envie de tout abandonner, moi aussi, et de se retrouver devant «l’obligation» d’envisager autre chose que nos rendez-vous hebdomadaires avec moi… Je n’ai jamais su.
    Ou peut-être que je comprends tout de travers et qu’il m’a repoussée parce qu’il ne savait plus se contenter d’une demi-relation.
    Je l’ignore… Je ne saurai jamais. Et c’est de ne pas savoir qui rend le deuil si difficile à faire. Parce que tant qu’on n’a pas compris, vraiment, on n’arrive pas à lâcher prise, complètement…
    Courage… Il y a de la lumière au bout du tunnel…
  19. #19
     
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    Comme une image a gazouillé  :
    Ange Solaire » Dans les deux situations un peu analogues (celle avec O*** et, avant, celle avec J***) que j’ai pu vivre, il me semble que c’était le caractère (apparemment) définitif d’incomplétude de la relation qui était insupportable : partir plutôt que de rester trop longtemps au second plan. Je ne sais rien de votre histoire et ne me hasarderai donc pas à imaginer que c’est la même chose pour vous !

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