[1027] Ethnologie

Il m’a fallu des années pour réussir à les approcher, gagner leur confiance, être accepté comme un des leurs. Le témoignage que je vous rapporte aujourd’hui est le fruit de ce patient travail d’infiltration.

J’étais donc à une soirée avec des libertins. Il s’agissait, dans le vocabulaire de cette ethnie, d’une soirée dite « verticale », par opposition aux soirées dites « horizontales », c’est-à-dire que les gens sont supposés être debout, éventuellement assis, en train de danser, discuter plaisamment un verre à la main, s’enfiler des mojitos fraise mais pas s’empiler les uns sur les autres en introduisant des membres saillants dans des orifices. Il n’est pas aisé, au premier regard, de faire la différence entre une soirée verticale avec des libertins et une soirée normale de gens normaux. Dans les deux cas, pour peu que la compagnie soit plaisante et que l’alcool coule à flot, on s’amuse bien. C’était le cas. Ça tombait bien, parce que ce soir-là, j’espérais bien m’amuser. J’avais la vague intention de draguer la gueuse si l’occasion m’en était donnée (elle me le fut, mais je ne sus la saisir), mais cela ne m’empêcha pas de passer des heures agréables. Pour ma part, j’avais ingéré une quantité non négligeable de rhum sous différentes formes (toutes liquides, cependant), et afin de rentrer chez moi en scooter en une seule pièce, je baissais le coude et profitais de l’ambiance (vous excuserez mon immodestie légendaire, mais c’était quand même nettement plus cool de danser sur ma musique que sur le hit parade d’Europe 1, millésime 1982). Les heures s’écoulaient, légères, et progressivement, les gens normaux, n’ayant pas la même horloge biologique que les libertins (cf. les travaux publiés par MM. Klitberg et Reddick in Nature n°2836, février 2007) rentraient se coucher paisiblement tandis que les libertins, l’air de rien, attendaient que le dernier indigène s’éclipsât afin de faire basculer subrepticement la soirée en mode horizontal. (suite…)

[1023] À côté de la plaque

Je vous parlais il y a deux ans déjà, dans un article sans doute polémique qui avait donné lieu à un débat presque aussi enflammé que dans mon billet sur l’affaire Mérah, des nouvelles plaques d’immatriculation françaises et de la disparition annoncée du numéro de département qui avait fait pleurnicher les départementalistes de France et de Navarre (enfin, surtout de France), lesquels furent heureusement sauvés de leur chagrin par la possibilité qui leur fut offerte de faire apparaître, sur la droite de la plaque, le numéro de leur département chéri, auquel s’ajoute le logo de leur région adorée. Ouf !

Ce que je n’avais pas anticipé, et que je constatAutocollant à l'aise breizhe aujourd’hui, maintenant que les nouvelles plaques pullulent, c’est que, puisque cette indication du département est facultative et non contrôlée, eh bien des tas de gens choisissent un autre département que celui où réside leur tuture. Incredible!

Du coup, chacun y va de son département coup de cœur, et vas-y que je choisis la Corse (super cote), vas-y que je te prends mon département de naissance, celui où j’ai passé mes plus belles vacances, le Rhône parce que je suis un obsédé sexuel, etc. Désormais, le Breton déraciné n’est plus obligé de se contenter de son sticker À l’aise Breizh, il peut également se numéroter 22.

C’est beau, le progrès.

PS perso à ma 106 : T’inquiète pas, titine, je vais pas te changer ni changer ta plaque. Toi, tu as la plus belle immatriculation du monde, les taches de cyprine de L*** sur le siège avant et la banquette arrière.

[1020] Ma femme est (encore) une actrice

Un jour, j’irai à Hollywood avec toi
Toutes les nuits déconner
Et voir aucun film en entier, ça va d’soi
Avoir la vie partagée, tailladée…

(Antienne des années 80)

(Ce billet remarquable est la suite de celui-ci.)

Femme au sol, surplombée par une araignée géante et velue (berk)
À force de faire des rencontres sur la toile, j'ai fini par tomber sur une jolie brune piquante. Au poil !

 

Gif animé extrait de forbidden zone (un homme lézard baise une femme contre une baignoire)
Y a pas d'lézard, y a pas d'malaise, avec elle, j'étais toujours dur-dur ! (Cliquez sur l'image pour l'animer)

 

 

 

godzilla en goguette
Nous avons passé une excellente lune de miel au Japon et ma chérie transportait toujours un pot de gel avec nous pour parer à toute envie subite.

À suivre ?

[1019] Invitation

Je ne m’en suis jamais caché, mon burp est une source remarquable d’amantes potentielles. Comme je m’y livre sans fard, entier, mes lecteurs réguliers (et donc mes lectrices régulières) peuvent se faire une idée assez précise de qui je suis « à l’intérieur ». Souvent, on trouve dans les textes des autres, sur les burps qu’on lit avec régularité, des situations et des réflexions qui font écho aux nôtres. Ce sont sur les bases de ces « affinités électives » que se bâtissent et s’enchevêtrent les burposphères. Et quand les frustrations des uns répondent aux siennes, il arrive que s’immisce l’envie de les oublier avec celui qu’on lit. Cette situation conduit à transformer les réseaux de burps « adultes » en foire aux bestiaux, où un peu tout le monde a baisé avec un peu tout le monde…

Parfois, un ou une nouvel(le) arrivant(e) fait son apparition, rejoint la joyeuse troupe. Il m’est arrivé à plusieurs reprises de constater qu’aussitôt repérée une nouvelle plume par un commentaire laissé chez moi, plusieurs mâles qui gravitent dans la même burposphère que moi se retrouvent immédiatement sur son site pour la courtiser. C’est de bonne guerre, et dans cette situation, je peux toujours me prévaloir d’être le découvreur, cela ne m’ouvre aucune priorité, aucun droit de cuissage.

Il arrive aussi que la commentatrice n’ait pas de burp. Ça se complique alors pour les requins assoiffés de chair fraîche qui rodent dans mes eaux territoriales, surtout si j’ai l’insigne honneur d’être le tenancier de l’unique burp où la donzelle s’exprime, car j’ai alors un avantage de taille sur eux : l’accès à l’adresse courriel de la nouvelle venue (sans oublier l’adresse IP qui me permet généralement de savoir si l’innocente (?) proie est à portée de main ou si ses hémisphères sont à l’autre bout du globe). Se joue alors, sous le feu des projecteurs dans les commentaires, ou en coulisse par courriels interposés, un nouveau jeu de séduction.

Une femme en bas blancs et porte-jarretelle s'approche d'une machine à écrire
Allégorie « La muse et le burpeur »

Laisser un commentaire n’est pas nécessairement une capitulation, une façon de dire « tu m’as conquise et je dépose les armes, ainsi que mon adresse courriel – et si tu insistes un tout petit peu, mon 06 suivra ». Mais certains commentaires sonnent comme une invitation, et certaines invitations me donnent envie d’y répondre. J’ai fait la connaissance d’O*** par ce biais, et avant elle L***, K***, S***, E***, F***, C*** et d’autres encore.

♣♣♣

 Je ne l’avais pas écrite pour toi, cette note, et pourtant tu y as laissé un commentaire où tu me regardais droit dans les yeux en me disant « je suis aussi cette femme que tu veux posséder ». Tu t’offrais ainsi à moi, sans condition, il n’y avait plus qu’à convenir de la date et les conditions de ta reddition, mais la distance qui nous sépare ne rendait pas les choses faciles, il y eut des contretemps, mon année avec O***, un coup du sort. Mais presque deux ans après, ton invitation ne s’est toujours pas périmée et nous allons l’honorer avec gourmandise.


Illustration : source inconnue, via Librairy Vixen

[1018] Deux poids, deux mesures

Puisqu’il semble avéré qu’il s’agit du même tueur au mobile encore obscur qui a tué trois militaires et grièvement blessé un quatrième et, ce matin, trois enfants et un adulte devant une école juive, j’ai un peu de mal à comprendre la différence de traitement entre ce qu’il convient donc d’appeler « un odieux attentat antisémite » et les précédents « faits divers » dont les victimes sont d’origine maghrébine et antillaise.

Le fait d’être militaires (basanés) les rend-ils moins innocents (en tant que victime) que des enfants (juifs) ?

Je me suis fait inconsciemment cette réflexion, d’avoir été plus touché par la nouvelle de la tuerie de ce matin (sans doute parce que j’ai des enfants qui vont à l’école) que par les deux précédents crimes, qui avaient suscités chez moi plus de curiosité (qui est le tueur ? quel est son mobile ? va-t-il frapper à nouveau et qui ? va-t-il être arrêté ? etc.) que de compassion.

Mais j’avoue être mal à l’aise par cet appel à un rassemblement silencieux ce soir à République et à toutes les réactions entendues aujourd’hui qui me semblent aussi déplacés que les « marches blanches » organisées à l’occasion de meurtres d’enfant qui ne me semblent pas témoigner de notre plus belle part d’humanité.