[72] Histoire n°2

Avant de lire la seconde histoire, merci de passer jeter un œil à l’introduction, puis à la première histoire.

 


 

O et son double

Aujourd’hui, O est seule chez elle. Son amant l’a appelé, mais elle a prétexté une gastro (très efficace, très dissuasif la gastro comme alibi) pour rester seule avec elle-même.
Peut-être recommencera-t-elle demain.

Elle prend un long bain, trop chaud, mais elle ne peut pas s’en empêcher, et s’amuse avec un galet effervescent qu’elle a coincé sous la naissance de ses cuisses. Une caresse, une chatouille, à peine perceptible… Elle s’abandonne lascive, dans ses pensées, ouvrant les yeux, les fermant parfois… Elle se remémore quelques moments passés avec son amant, sa rencontre avec lui, un jour où pourtant elle était particulièrement remontée contre la gent masculine ; il avait su faire preuve d’une douceur si surprenante.

Parfois sa main s’aventure sur son corps. Entre savonnage et caresse, parfois elle se caresse le sexe, pour aviver la piqûre de certains souvenirs, mais elle ne s’abandonne pas à son plaisir, le laisse décroître, et continue sa promenade dans ses pensées.

Elle pense aussi à Pierre, son amant précédent. En réalité, il y en avait eu un autre dans l’intervalle, mais tellement pitoyable, O ne veut même pas y penser. Pierre avait été une parenthèse magique dans son existence, trop courte. Mais elle le savait dès le départ. Pierre avait révélé en elle un pouvoir et des envies qu’elle aurait farouchement repoussées de la main si on lui en avait parlé seulement un mois avant sa rencontre avec Pierre. (Un peu comme votre serviteur : « moi, voter Chirac ? et pis quoi encore ? » — ben encore : avec une procuration, donc deux fois mon coco — Ca va les mecs, ne débandez pas je continue ;-) [Eh oui, ce texte date de 2002, NDLR]

O sort de son bain, un peu troublée par les rivages où ses rêves l’ont fait échouer, contemplant le chemin parcouru par elle en si peu de temps. Sa vie sexuelle était passé d’une suite de moments plus ou moins roses — ou moroses — selon la qualité de ses amants, à un torrent de découvertes qui l’emportait, lui faisait mal, la sublimait…

Elle enfile son peignoir, s’essuie à peine les jambes, et se rend à son salon. Quelques gouttes d’eau tachettent sa moquette ; elles sécheront vite.
Elle glisse dans sa platine un ancien CD des Cocteau Twins, et s’allonge sur son canapé pour poursuivre ses rêveries.

O choisit de se rappeler sa découverte du bondage. Un jour, son amant lui avait bandé les yeux. Jusque là, O ne savait pas jusqu’où ce jeu allait l’amener. Les yeux bandés, elle connaissait, elle avait d’ailleurs souvent eu l’occasion de vivre cette situation où, privée de la vue, elle voyait (!) ses autres sens exacerbés. En premier lieu, le toucher. Chaque caresse, venue d’on ne sait où, surprend comme un fer rouge. L’ouïe également, l’oreille aux aguets pour savoir où se trouve l’ennemi, essayer de deviner où il va frapper ! Mais cette fois-ci, O, les yeux bandés, n’avait pas deviné ce qui allait lui arriver. Son amant l’avait couchée sur le lit, et l’avait embrassée, caressée… Elle aussi l’embrassait, mais à chaque fois qu’elle voulait poser ses mains sur son corps d’homme, il les repoussait brutalement…

Puis, quand il avait senti que son excitation était assez grande (en fait, O avait cette faculté à ne laisser aucune ambiguïté sur la force de son désir, son sexe était vite très très humide), il avait saisi ses poignets et les avaient noués d’un foulard. Les foulards étaient doux, mais le nœud était serré.

Les mains entravées, O avait entendu son amant s’affairer dans le placard et se demandait avec un mélange de crainte et d’excitation ce qu’il aurait dans les mains en revenant…

Pendant qu’O se laisse aller à cette rêverie rétrospective, elle promène sa main sur son corps. Son peignoir bâille largement, découvrant un de ses seins, et comme elle avait les jambes un peu écartées, son sexe est lui aussi ouvert à tous les regards — malheureusement, personne à part O, pour profiter du spectacle.

O fait avancer sa main sur son ventre. Elle ne s’attarde pas sur son pubis lisse. Parfois, elle regrette de ne plus pouvoir promener ses doigts dans sa toison, brune, abondante, mais son amant l’a astreinte à l’épilation totale. Son sexe n’est plus tout à fait le même ainsi. Comme s’il avait changé de personnalité. Elle ne s’attarde pas sur son pubis, donc, et atterrit vite sur son sexe. D’abord, de la pointe du majeur, elle frôle de haut en bas, puis de bas en haut, ses deux grandes lèvres, effleure le clitoris, puis plus violemment elle plonge son doigt (instant majeur !) en elle. Alternant l’intensité de ses caresses, elle reprend le fil de son souvenir.

O sentit alors que son amant glissait entre ses poignets une corde. Quelques tours, puis un nœud. Il lui leva les bras, et ses mains désormais touchaient les barreaux du lit. Presque par réflexe, elle les empoigna, et c’est dans cette position que son amant lui ligota ses mains aux barreaux du lit. O ne pouvait plus les bouger. Son amant avait astucieusement serré les liens ; suffisamment lâches pour que le sang circule, mais dès qu’elle faisait mine de vouloir s’en libérer, l’entrave était complète. Avec une autre corde, l’amant enserra ensuite sa cheville (non sans l’avoir auparavant embrassée), qu’il attacha à l’autre bout du lit, puis inévitablement l’autre jambe connut le même sort.

Si ses bras étaient l’un contre l’autre, ses jambes étaient en revanche, bel et bien écartées, et O fut un instant honteuse d’offrir ainsi son sexe ouvert, bien qu’elle n’aurait en aucune façon pu adopter une pause moins indécente.
O sentit ensuite les mains de son amant parcourir son ventre, ses jambes, ses bras, sa nuque. Il avait des mains à la fois fines et puissantes, O les avait remarquées dès sa rencontre ; à l’œuvre sur son corps, elles tenaient toutes les promesses qu’O avait imaginées d’elles. Tout son corps était caressé, sauf son sexe, pourtant il appelait le contact. O mouillait. O voulait qu’un doigt, une main, un sexe, comble ce vide, vite. Mais l’attente continuait, la fièvre montait, O avait envie de crier « prends moi ! baise moi ! »… Bientôt ce fut la bouche de l’amant qui se joignit au ballet de ses mains, mais toujours fuyant l’origine du monde, malgré quelques passages en haut des cuisses, là où la peau est si douce et si vibrante.

Au moment même où O se souvient du premier contact de la bouche de son amant sur son corps immobile, elle est foudroyée par son premier orgasme qui part comme un spasme de son ventre pour remonter jusqu’à l’échine. Elle regarde sa main, elle a presque l’impression que ce n’est plus elle qui la pilotait tandis que défilait dans son crâne le film de cette nuit fondatrice. Elle constate presque honteuse que son con a englouti quatre de ses doigts. Sa cyprine fait briller ses jambes jusqu’à mi cuisse… Elle fait une petite pause dans ses souvenirs, se caresse encore, et s’offre rapidement un deuxième orgasme, moins intense, mais plus doux, plus prolongé.

Le disque des Cocteau Twins est terminé. O se lève, et met sur sa platine le premier album d’Archive, un sublime sirop à souvenirs languissants… Puis elle va farfouiller dans un tiroir où elle réunit, oui, au salon, pas dans sa chambre ! quelques objets offerts par ses différents amants. En matière de petits cadeaux, c’était Pierre qui s’était montré le plus prolixe, et le plus imaginatif aussi ! Elle se saisit ainsi d’un minuscule vibreur qui se met au doigt comme une bague, le rendant bio-nique, comme s’amusait à dire son amant. Elle s’allonge de nouveau, allume le gadget qui se met à bourdonner comme une mouche. Elle en apprécie à nouveau la caresse et reprend le fil de son souvenir…

Écartelée sur le lit, livrée aux caresses de son amant, O avait non seulement les nerfs à fleur de peau, chaque baiser étant comme une brûlure, mais également le cerveau à vif, l’imagination au grand galop qui explorait l’étendu des possibles, cherchant à anticiper son sort, se trompant toujours.

Les caresses s’interrompirent. O retint son souffle.
Son amant prit un foulard et la bâillonna. Elle était aveugle. Désormais elle serait aussi muette.
Elle tressaillit en entendant ce qui lui avait bien semblé être le bruit d’un briquet qu’on allumait.
Puis quelques instants de silence. Elle lança une petite plainte, étouffée, d’inquiétude. « Ushhhhh » intima l’amant.

Elle se cambra de douleur et de surprise quand la première goutte de cire tomba sur son ventre. Elle voulut crier, mais elle ne put émettre qu’une sourde plainte. Deuxième goutte. Nouvelles contorsions. Son amant avait alors resserré le bâillon, retendu les cordes qui l’immobilisaient. Troisième goutte. La douleur, toute aussi vive, avait malgré tout changé de nature. La douleur était devenue pulsation. Comme si, à l’endroit même où la goutte avait atterri, battait tout son sang. Quatrième goutte… Cinquième goutte. Son cœur lui même semblait s’être déplacé juste sous le point d’impact. Les seins d’O furent épargnés. Et son amant, même s’il avait, à dessein, fait progresser les impacts chaque fois plus bas sur le ventre d’O, s’était arrêté en haut du pubis. Nouvel orgasme sur le canapé.

O sentait son ventre entier palpiter. C’est à ce moment là qu’elle sentit le sexe de son amant s’introduire en elle. O, sans pouvoir se contrôler, se mit à pleurer. Sans le bandeau qui les absorbait, de grosses larmes auraient coulé sur ses joues. Elle pleurait, son corps secoué de spasmes, tandis que son amant allait et venait en elle sans sembler s’en soucier… Pleurs de douleurs, pleurs de joie, pleurs de plaisir, pleurs de folie. Elle pleurait et sentait monter en elle le plaisir… Son amant venait de lui retirer le bâillon, elle ne poussait plus de cris mais des petits gémissements, quelques sanglots, puis un cri de jouissance… Son amant, ce soir là, ne jouit pas en elle. Il l’embrassa. Elle lui dit « je t’aime » (et pourtant, ce vocabulaire-là, comme il était interdit entre eux !!!), il lui répondit « ushhhh » à nouveau, tandis qu’il défaisait ses liens.

 

[71] Histoire n°1

Avant de lire la première histoire, merci de passer jeter un œil à l’introduction.

 


 

O avait reçu comme instruction pour son rendez-vous ce jeudi soir avec son amant, de s’habiller en garçonne. Chose inhabituelle, pour tout dire à l’opposé des consignes habituelles. Elle choisit donc un costume plutôt sobre, un pantalon et une veste bleu nuit, mit des souliers plats, ne résista pas à instiller une touche de féminité avec son chemisier, sous laquelle elle avait mis un soutien-gorge un peu étroit, de manière à rendre plus discrète sa poitrine. Elle sacrifia sa coupe de cheveux, un carré à la Louise Brooks, pour une coupe “garçonne” (ça repoussera vite !), et se sentait fin parée pour la soirée. Elle poussa le raffinement jusqu’à porter un parfum d’homme, mais qui allait de toute façon tellement bien aux femmes : Habit Rouge.

Le rendez-vous été fixé au théâtre. O avait reçu chez elle la place. Elle devait se rendre seule jusqu’à son siège. Quand elle fut sur place, elle fut conduite dans une loge où se trouvait déjà un homme, assez jeune (elle lui donna 24 ans). Qui l’accueillit sans un mot, mais avec un grand sourire. Les autres places étaient vides.
Les lumières s’éteignirent et la pièce débuta. C’était une pièce assez ennuyeuse, l’Andromaque de Racine, dans une mise en scène classiquement fade. Mais pour O le spectacle n’était pas sur les planches.

Effectivement, avec beaucoup de discrétion, à côté de lui, le jeune homme commençait de se dévêtir. Mais uniquement le bas. De sorte qu’il fut rapidement nu comme un ver, des pieds au nombril. Sa chemise, sa veste, toujours en place, faisait illusion pour les spectateurs d’en face qui, dans l’ennui profond de la pièce, auraient pu être tentés de trouver source d’intérêt parmi le public…

Le jeune homme pris ensuite la main d’O, et la guida sur ses jambes, sur son sexe, pour qu’elle le caresse. Il n’eut pas longtemps besoin de guider O, dont la main avait rapidement su reprendre son indépendance. Son amant lui avait appris comment intensifier le plaisir de chaque caresse, les coins où il fallait s’aventurer, là : plus de pression, ici : plus rapide, là : on ne fait qu’effleurer, mais on y revient souvent… Là : on insiste…
Le sexe qu’elle avait entre les doigts était très beau. Pas particulièrement grand (O en avait déjà vu qui l’avaient effrayée au premier abord – au premier abord seulement), mais vraiment beau. Une belle ligne droite, terminée par un gland joliment dessiné, et gonflé par le sang. Les battements de cœur du garçon agitaient d’ailleurs son membre de discrets, mais réguliers, soubresauts.

Son sexe avait aussi la raideur de la jeunesse. Par jeu, O essaya un peu de le tordre, elle savait que ce ne serait pas douloureux, mais d’une seule main, elle n’y arrivait pas. L’inconnu respirait un peu plus bruyamment, mais réussissait à faire illusion, les yeux perdu dans le vague en direction de la scène. Oreste avouait à Pylade qu’il est toujours amoureux de celle qui était aujourd’hui la fiancée de Pyrrhus, la princesse Hermione, la fille d’Hélène et du roi Ménélas, et qu’il avait l’intention de l’enlever.

O accéléra le rythme et branla le jeune homme plus vigoureusement… Elle sentait – ou pensait sentir – le plaisir monter, et voulut prendre le bel objet dans sa bouche ; elle allait se mettre à genoux quand le jeune homme l’en empêcha. C’est à ce moment là qu’O entendit puis vit son amant entrer dans la loge. Il tenait dans sa main deux paquets. Il tendit l’un deux à O. Elle l’ouvrit et en sortit un petit godemiché. Pendant ce temps, le jeune homme, faisant fi de toute tentative de décence, s’était mis à quatre pattes et tendait sa croupe vers O. “Enfonce-lui dans le cul !” indiqua son amant. O s’exécuta. Le godemiché n’était pas lubrifié, et O n’avait pas pris l’initiative de saliver dessus. Le garçon gémissait au fur et à mesure que l’engin s’introduisait en lui. Était-ce de la douleur, était-ce du plaisir ?.. Sans doute un peu les deux.

O fut surprise de voir son amant se déboutonner devant le jeune homme à genoux. “Suce ma queue” lui ordonna-t-il, mais vu le sourire que fit le garçon, un ordre n’était sans doute pas nécessaire.
Surprise, et excitée. C’était la première fois qu’elle voyait un homme s’occuper de son amant. Celui-ci avait déjà extrait le sexe de sa tanière, et, alors qu’il était encore en état de semi érection, il l’avait déjà avalé goulûment pour le sentir gonfler dans sa bouche. Avec une main, il se maintenait au sol, avec l’autre, il empoigna les couilles en engouffrant sa main dans sa braguette.
O, déconcentrée par la scène, avait cessé de faire aller et venir le gode, qui avait désormais dilaté l’anus et se déplaçait plus aisément. Le jeune homme remua le cul pour la rappeler à son devoir.

Les malheurs d’Andromaque n’était plus dans le champ de considération de nos trois protagonistes depuis un moment – l’avaient-ils seulement été un instant ?
L’amant d’O semblait goûter avec volupté au plaisir que lui donnait la bouche de cet homme, mais il ne s’y abandonna pas… Son sexe était tantôt entièrement englouti, tantôt c’était à peine une pointe de langue qui l’effleurait. Il tendit la main pour attraper le deuxième paquet qu’il avait apporté, et le remit à O. Abandonnant un instant son ouvrage, elle l’ouvrit pour en extraire un obscène godemiché. Celui ci avait deux têtes, une relativement courte et épaisse, la deuxième plus longue et plus fine. Des lanières permettaient de se l’arrimer aux hanches.

O compris très bien ce qu’elle avait à faire.
Elle dégrafa simplement son pantalon et s’enfonça l’engin, côté épais, dans son con, sans que nulle lubrification artificielle ne fut nécessaire… Elle le fit aller et venir quelque instant, pour prendre la mesure de l’objet et finit par en nouer les liens autour de sa taille pour le maintenir en place. Elle était prise et, désormais, également pourvue d’un sexe. Avec sa salive, elle lubrifia l’œillet de son nouveau partenaire et commença à le pénétrer. Elle perçut à peine un léger gémissement. O remarqua alors que son amant n’était plus en train de se faire sucer, mais se trouvait derrière elle.
Elle sentit ses mains se glisser sous sa chemise et caresser son corps là où il était nu.

Il remontait le long du dos, en la massant, jusqu’aux épaules. Il caressait ses seins, pinçant légèrement ses tétons dressés, il caressait son ventre mais n’avait pas accès à son sexe recouvert par la ceinture. Il caressait ses fesses à pleine main, et fit descendre jusqu’à mi-cuisse son pantalon.

Tandis qu’O avait maintenant entièrement envahi le cul de son partenaire avec son nouveau sexe (hélas, dépourvu de terminaisons nerveuses – sur le coup O regretta un instant de ne pas être, vraiment, un homme) et commençait un lent va et vient, elle sentit la langue de son amant parcourir la raie de ses fesses, jusqu’à son petit trou, qu’elle alla fouiller avec indécence. O adorait cette caresse, toujours annonciatrice, avec son amant, d’une visite plus profonde et plus ferme… Et comme attendu, celle-ci eut lieu.

O s’était donc retrouvée au beau milieu de cet insolite trio, jouant un autre rôle que celui qu’elle avait pu imaginer dans ses rêveries avec deux hommes, rêveries que son amant avait de part le passé réussi à illustrer de si belle façon.

Une nouvelle corde à son arc, que ce phallus, prolongation en silicone de son propre sexe !
O se laissa porter par les sensations toujours très intenses quand elle se faisait sodomiser, tout en continuant d’offrir un plaisir analogue au jeune homme qui avait désormais aplati son torse sur le sol comme pour mieux s’offrir.

À vrai dire, c’était l’amant de O qui impulsait à l’ensemble son rythme, et imperceptiblement la cadence augmentait….
De la salle bruissait des murmures, d’énervement, de honte, ou d’excitation, car tous les trois commençaient à gémir ostensiblement ; mais aucun n’y portait attention.

O sentit le sperme de son amant jaillir en elle, et les spasmes du sexe de son amant se confondirent avec les siens. Une petite flaque de sperme, sur le côté, était là pour signifier que le jeune homme, les yeux fermés, qui semblait dormir, avait lui aussi atteint le plaisir.

[Rideau]

[70] Trois histoires d’O – Introduction

Introduction ou note d’intention

Ami lecteur1, je vais te présenter ici trois petits textes écrits il y a déjà quelques années et pas retravaillés depuis. À juste titre, tu pourrais t’effrayer à l’avance du titre un peu cliché Histoires d’O, mais j’avance, pour ma défense, que ces textes ont été créés afin d’être postés dans un forum (c’était à une époque où les burps n’existaient pas encore, ou presque pas, et où je dépensais mon énergie scribouillarde sur un site de rencontre plutôt plus convivial que les autres, en l’occurrence Love@Lycos) nommé « Histoires d’O ».

Ce forum avait été conçu par son initiatrice comme un espace prévu pour se raconter des histoires érotiques. Sans vouloir trop tirer la couverture à moi (en outre, désormais, il est trop tard pour que tu puisses vérifier mes dires, ce forum a été englouti par l’une des refontes du site), j’étais à peu près le seul à avoir pris cette tâche un peu au sérieux.
Je n’avais, à l’époque, pas encore lu le célébrissime bouquin éponyme de Pauline Réage, mais j’avais une idée de l’atmosphère qui pouvait y régner, et je me suis donc astreint à essayer de le restituer tel que je l’imaginais, à ma sauce.

Tu constateras donc que le personnage central de ces trois histoires se nomme donc O, que l’univers SM, ou plus précisément les jeux de domination, y constituent une toile de fond qui s’estompe progressivement au fil des histoires, et que (c’est ça le plus intéressant à mon sens), chaque histoire a sa tonalité propre, ses qualités, ses défauts.

Ces histoires ayant, comme je le disais, déjà quelques années, je dois t’avouer qu’elles ont déjà trouvé d’autres lecteurs et — surtout, dois-je avouer — lectrices sélectionnés, à qui je demandais à chaque fois de me dire quelle était leur histoire préférée, et pourquoi.

J’aimerais bien que tu te prêtes au même jeu.

Bonne lecture.

 


1 Amie lectrice, j’espère que tu ne te formaliseras pas de mon masculin ayant ici valeur de neutre. Si tu veux du « Amies lectrices, Amis Lecteurs, Mes chers Compatriotes », ça se passe sur France 2 aujourd’hui même avec l’ami Jacquot Monsieur le Président de la République Française Jacques Chirac.

 

[65] Abattons la campagne

Com : deux images, pour le prix d’une :

medium_pubs_nases.jpg J’aurais même pu en mettre trois, ou quatre, ou cinq, ou plus mais il me manquait les affinités.

J’ai été frappé de voir la première campagne de publicité pour le film d’animation Cars (voir aussi cette ancienne note) basée presque exclusivement sur des jeux de mots pour le moins bidons.

J’ai été doublement frappé de voir qu’un nouveau film d’animation Nos voisins les hommes lançait une campagne sensiblement analogue basée sur l’équation :

 

 

Image du personnage
+
ligne de présentation du personnage contenant un jeu de mot foireux
=
publicité à deux balles

Il semblerait que le procédé soit d’origine américaine, parce qu’en cherchant sur le web des images moins pourries que celles que je vous présente ci-contre, photographiées avec l’APN de mon téléphone, je suis tombé sur les images en v.o. de Nos voisins les hommes exactement du même tonneau.

(Parenthèse : j’en profite aussi pour dire que je me suis planté au début et que j’ai tapé dans Google Nos amis les hommes et que je suis tombé à cette occasion sur un ancien bouquin de Maïa Mazaurette dont j’apprécie grandement la prose sur foisonnant burp Sexe ‘n Love ‘n Gaudriole, bouquin qu’elle aurait renié depuis, enfin bref…)

Quelque chose me tracasse dans ces pubs : à qui s’adressent-elles ???

Compte tenu de l’ineptie des jeux de mots qui nous sont présentés, je n’ose imaginer qu’elles s’adressent à des adultes. Est-ce que « Baba roule » avec un van Volkswagen en illustration, ça te fait rire, ami lecteur ? Est-ce que ça te fait seulement sourire ? Esquisser ne serait-ce qu’un rictus par la stimulation réflexe d’un seul des 43 muscles mis en œuvre lors du rire ? Moi, non.

Elles s’adresseraient donc à des enfants (un des publics cibles pour ce genre de film, me dira-t-on avec logique ; certes, et ça ne m’aura pas échappé). Sauf que « Baba roule » me paraît totalement incompréhensible à un public de moins de 25 ans, qui n’aura même pas connu l’époque où le Collaro Show était le sommet de l’humour télévisuel français (« Ah dur ! dur ! »). De même, le foireusissime « Raton Leader » sera inaccessible à la compréhension de quiconque n’a pas étudié 4 ans d’anglais (de préférence en tombant amoureux du/de la prof’, ça permet des progrès fulgurant).

Pour en avoir le cœur net, j’ai réalisé une petite étude à la sortie d’une école primaire du *** arrondissement de Paris.

Moi (présentant un visuel de Cars) —  Dis-moi, qu’est-ce que tu peux me dire de cette affiche ?
Une jeune élève de CE1 — Ouais, Cars, trop bien comme film !
Moi — Tu l’as vu ?
L’élève — Euh non, mais c’est trop drôle !
Moi (ne perdant pas le nord) — Humm. Ok. Et cette affiche alors, tu comprends quoi ?
L’élève— Ben c’est un des personnages du film, t’es bête ou quoi ?

Je poursuis mon étude avec un autre élève plus âgé :

Moi (présentant le visuel de Nos voisins… ci-dessus) — Bonjour jeune homme ! Que penses-tu de cette affiche ?
L’élève (CM1 à vue de nez) — Ouais, Nos voisins les hommes ! Trop génial !
Moi — Tu l’as … ? Bon, mais tu peux m’expliquer ce que tu vois sur l’affiche ?
L’élève (ânonnant : les ravages de la méthode globale probablement ) — Ra… ton… léa… dé… Raton-Léadé !
Moi — Ça veut dire quoi ?
L’élève — Ben chais pas moi, c’est trop drôle ! T’as des places gratuites ?

S’en suivit une altercation avec quelques parents d’élèves qui me trouvaient louche avec mes Chupa-Chups et mirent fin à mon travail scientifique.

Trop dur, dur !

[64] Le bar à côté de la mairie

Il y a un bar à côté de la mairie du *** arrondissement qui m’a, par deux fois, accueilli accompagné de J***.

La première fois, c’était en octobre 2005, il était à peu près minuit. Nous venions de dîner J*** et moi dans une pizzeria banale, à proximité. Nous avions passé un repas agréable ensemble, et nous eûmes tous les deux l’envie de prolonger le tête à tête.

Ce point, déjà, n’avait rien d’évident a priori. Je dois préciser que nous nous voyions alors pour la toute première fois. Nous nous étions croisés sur un site de rencontre, nous avions rapidement poursuivi sur MSN, et après avoir très peu échangé, elle m’a rapidement invité, à l’improviste, pour dîner. J’eus à peine le temps de lui indiquer que je n’étais pas célibataire. Je déteste faire une rencontre sans en informer ma partenaire, je ne suis pas de ceux qui mentent à tout bout de champ pour arriver à leurs fins (i.e. coucher) ; j’attends juste le moment où je juge mon interlocutrice disposée à entendre cette effroyable vérité. J’imagine que ça ne doit pas être facile non plus pour les contrôleurs budgétaires ou les Villieristes de s’ouvrir à l’autre en toute transparence. Quand je le lui ai annoncé, elle a mis un vingtaine de secondes à encaisser le choc, mais, très fair-play, a maintenu l’invitation.

Nous nous sommes donc rencontrés devant la mairie, nous avons hésité un instant sur le choix du restaurant (après tout, c’était son quartier, je me laissais guider), et une fois assis, nous y avons commencé à discuter. Nous ne connaissions rien de l’autre, ou presque. Nous nous imaginions probablement juste quelques affinités possibles autour de la musique, de notre orientation politique et — en tout cas je l’espérais — un certain hédonisme.

Le temps passait agréablement en sa compagnie, la conversation était déliée, sans silences embarrassés ; mes yeux plongeaient parfois dans un décolleté qu’elle n’hésite pas à mettre en valeur quand elle est en mode séduction (et moi qui aime plutôt les petits seins, je me laissais pourtant émouvoir !). Le moment était agréable, donc, et nous n’avions pas envie de nous séparer si vite. Ma maison m’attendait, avec femme et enfants. Son dispositif anti-homme-marié était prêt à s’armer, mais elle souhaitait attendre encore un chouïa avant de l’activer.

Elle m’invita donc à boire un verre (après une courte pause à discuter avec des connaissances de son quartier — c’est une célébrité locale, peu de rues dans Paris où elle peut se promener sans risquer d’être alpaguée par un de ses camarades) dans ce bar où elle avait ses habitudes. Je pris une bière, elle une eau minérale (si ma mémoire ne me joue pas de tour). C’était le mois d’octobre, mais il faisait encore doux. Nous étions en terrasse, la conversation continuait de se dérouler bon train, nous étions face à face, je commençais à regretter d’avoir promis de rentrer chez moi ; en même temps, je ne pouvais pas vraiment me permettre de rentrer à une heure indécente et peu avant une heure du matin, nous nous séparâmes.

J’envoyai de ma voiture le SMS qui tue, vous savez, celui qu’il ne faut jamais envoyer, l’aveu de faiblesse, Vercingétorix déposant ses armes aux pieds de César, le SMS qui raconte combien on a passé une bonne soirée, et qu’on aimerait qu’il y en ait d’autres.
Elle me répondit du SMS qui assassine, vous savez, celui qui fait regretter amèrement à celui qui a envoyé le SMS qui tue de ne pas avoir respecté la règle d’Or. Un soufflet. Un camouflet.
Je regagnais mes pénates tout déconfit.

Neuf mois plus tard…

La deuxième fois, c’était en juillet 2006, nous étions en terrasse à nouveau, ce qui est moins inhabituel en juillet. Nous n’étions plus face à face mais côte à côte. Cette fois, c’est elle qui sirotait une bière ; j’avais moi pris un Coca pour essayer de faire passer le steak tartare qui ne passait pas (il doit y avoir un truc lacanien là-dedans, J*** ! désolé pour cette private joke). Nous étions tout près de son appartement qui m’était désormais zone interdite. Elle avait encore un joli décolleté, mais mon regard à moi était tourné vers mes chaussures. Elle avait l’air triste, je ne devais pas non plus être jovial. Nous eûmes droit au quota habituel de connaissances venues la saluer. Il fut temps vers une heure du matin de nous séparer à nouveau. Je n’envoyais pas de SMS pour lui hurler mon désespoir. Je me contentais de relâcher un peu les vannes des larmes que j’avais coupées à coup de chimie pendant une semaine.
Je regagnais mes pénates tout déconfit.

medium_max.jpg

Les jours étaient comme des semaines,
les semaines comme des mois,
mais au bout d’un an et d’un jour
il accosta enfin
en pleine nuit,
dans sa propre chambre
où il trouva son dîner
qui l’attendait

— tout chaud —

in Max et les Maximonstres, de Maurice Sendak

[63] In cauda venenum

medium_img_1070463024510.jpgDepuis un peu moins de 20 ans, je donne régulièrement mon sang.
Enfin, régulièrement, disons quelques fois par an, bien en deçà du maximum autorisé. Mais malgré mon assiduité de seconde zone, avec une certaine fierté du devoir citoyen effectué.

La toute première fois, j’ai saisi l’occasion d’une collecte effectuée sur mon lieu de travail (j’étais alors stagiaire). Avec, je ne vous le cache pas, une certaine appréhension, mais que j’ai assez facilement surmontée. D’autant plus facilement qu’à part le moment désagréable de la piqûre proprement dite, tout se passe assez rapidement et simplement. Quand j’ai donc pu me rendre compte que ce n’était pas toute une montagne, j’ai essayé d’en donner plus régulièrement. D’abord en profitant de chaque passage sur les lieux de travail (mais qui restent rares : une à deux fois par an), puis en fréquentant un établissement hospitalier proche de mon nouveau domicile, qui se trouvait également être centre de transfusion.

So far, so good.

À chaque don de sang, on vous pose toujours les mêmes questions préalables, autour de vos récents événements médicaux ou sexuels. On apprend rapidement qu’il n’est pas judicieux de candidater pour un don de sang si l’on est allé chez le dentiste récemment, ou si on vient de se faire tatouer, ou si on a eu un accident de capote, etc.

Je réponds toujours scrupuleusement aux questionnaires de santé, sans dissimuler les réalités de ma vie sexuelle légèrement plus “débridée” que celle du citoyen lambda monogame et fidèle. Je ne suis pas non plus un habitué des coups d’un soir, a fortiori non protégés ; je pratique un safe sex avec des partenaires avec qui j’essaye en général de m’engager dans une certaine durée, même dans le cadre d’une relation adultère. Je zappe beaucoup moins que bien des célibataires que j’observe autour de moi. J’ai conscience toutefois que ces activités me classent dans une catégorie « à risque », aussi j’évite d’aller donner mon sang quand je démarre juste une nouvelle liaison, et je ne confonds pas « don de sang » avec « test de dépistage » (même si, évidemment, chaque don est contrôlé).

Tout se passait donc à merveille, et même on me félicitait pour mon excellent taux de globules rouges, allant même jusqu’à me proposer une érythrophérèse (c’est à dire un don spécifique de globules rouges, comme il existe également le don spécifique de plaquette, pratique généreuse qui vous demande plusieurs heures de votre temps, contrairement au don total, assez rapide). Je n’ai pas eu l’occasion de la faire pour des raisons organisationnelles : je donne mon sang le week-end, et en semaine je bosse — loin de l’hosto. Et pas d’érythrophérèse le samedi. C’est comme dans Alice au Pays des Merveilles: « la règle est “ Confiture hier, et confiture demain, mais pas confiture aujourd’hui ” ». Déconfiture, donc.

Tout se passait donc à merveille jusqu’au jour où le médecin qui m’interrogeait (et que j’avais déjà vu plusieurs fois) me posa une question différente de celles que je recevais habituellement. Au lieu de me demander si j’avais eu une relation homosexuelle au cours des X derniers mois, il me demanda si j’avais eu une relation homosexuelle (tout court). Alors j’ai répondu oui, que ça remontait à plus de 5 ans. Il m’a demandé jusqu’où c’était allé, alors je lui ai dit qu’il y avait eu pénétration, que j’avais pénétré mon partenaire, dans les règles du safe sex, donc avec préservatif. «  Ah oui ! me dit-il, vous n’avez pas seulement joué à touche-pipi… » (et je cite ses mots qui m’avait choqués — dans la bouche d’un médecin qui devait en avoir vu d’autres). Je lui ai dit, qu’effectivement, non, mais que ça avait été fait sans contamination, que j’avais fait depuis un test HIV, etc.

Ça a déplu à ce médecin qui n’a pas voulu de mon don, a prétexté je ne sais plus quoi pour le repousser à plus tard, et curieusement, alors que j’étais régulièrement relancé par téléphone pour venir donner mon sang, depuis cet incident, je n’ai jamais plus reçu ni courrier ni appel.

Si vous crevez un jour parce que vous manquez de sang ou de globules rouges (en plus je suis donneur universel !), pensez à me blâmer d’avoir, à 32 ans, voulu aller un peu plus loin que lors de mes jeux adolescents.

[58] méli-mélo

… sans queue ni tête ?

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Une jolie petite image sur le site d’une artiste à l’imagination plaisante. Site déjà référencé sur d’autres burps, mais c’est pas grave. Si vous tombez ici par hasard (ou non) et que vous ne connaissiez pas, ça sera une occasion de plus de découvrir…

Elle s’appelle Colette Calascione et son site se visite .

 

Le titre du tableau que j’ai réduit en vignette (pour respecter les droits d’auteurs – comme je suis vertueux !) est Boudior et j’ignore s’il s’agit d’une faute de frappe ou d’une astuce volontaire (qui m’échappe un peu).

 

Mots-clés :

[54] Par un éclatement rugueux

L’érotisme selon Systran™ 

Je reçois chaque mois la newsletter de Mobipocket qui tente vainement de me faire acheter des ebooks (des euh-livres, en french). Il y a d’une part des grands classiques de la littérature française, tombés depuis des lustres dans le domaine public et à ce titre trouvables relativement facilement gratuitement sur le Web (par exemple au sein du projet Gutenberg).

Et puis, comme, comme chacun sait, le cul fait vendre, on tente aussi de me racoler en me proposant divers opuscules érotiques. Pendant quelques mois, j’ai reçu des propositions à la fois alléchantes & intriguantes, comme suit. Cette époque est hélas révolue, désormais je ne reçois que des accroches standard du genre : « On ne connaît pas l’auteur (ni l’éditeur, bien entendu) de ce mystérieux roman érotique qui ne figure pas à la Réserve de la Bibliothèque nationale, et n’est pas cité dans la grande bibliographie de Pascal Pia, Les Livres de l’enfer. On n’en a recensé que deux éditions, toutes deux supposées venir de « Montréal », l’une datée de 1957 (peut-être antidatée), l’autre de 1960, (…) »
Nul doute qu’il s’agisse là d’un délicieux petit roman érotique, mais je préfère le contact charnel du papier et j’aurais peur de provoquer quelques faux contacts si par mégarde du sperme venait à gicler sur mon Palm™ (Palm, comme la paume de la main, NDLR). Au prix que ça coûte ces saletés.

Quant aux accroches dont je pleure la disparition (sans doute quelque grincheux qui aura eu la bête idée de se plaindre auprès de Mobipocket sur le mode « mais on comprend rien à votr’ machin, c’est même pas bandant » ou encore « c’est chouette, l’érotisme selon Systran™ » – ah merde ! c’est le titre de ma note justement. Mais je ne me suis pas plaint, justement), en voici un florilège :

Apprécier !

I – Le Sexe de Noyau Dur de XXX Derrière les Portes de… by Naughty Ameroca – $2.39

A la fin du regarde/télécharge d’images le vidéo pour votre plaisir de vue.
Le professeur Lea au gingembre a enseigné Vincent tout il sait de l’orientation du couple. , Au moins qu’est bien qu’il a pensé parce que quand il diminue de son bureau pour un petit cours d’honoraires supplémentaires sur les morales et l’éthique il se trouve dans une position More…

 

II – Le meilleur Sexe Jamais by Naughty America – $2.39

A la fin du regarde/télécharge d’images le vidéo pour votre plaisir de vue.
Le vidéo est dans l’anglais – Désolé. S’il vous plaît être patient comme il peut prendre une minute ou deux charger. Si vous avez besoin de lui dans un codec différent me permets de sait s’il vous plaît :
Si vous voulez plus More…

 

III – Andrew et le sien Meilleur Mère-Vous de l’Ami Veut… by Naughty America – $2.39

A la fin du regarde/télécharge d’images le vidéo pour votre plaisir de vue.
Le Chasseur de Cheyenne est l’Enfer aider l’ami de son fils résolu à, Andrew, par un éclatement rugueux. Comme hésitant et naïf comme Andrew joue il n’est pas d’allumette pour la prouesse de telle une femme expérimentée et excitée. Juste le mensonge de retour, Andrew, et laisser l’orage More…

 

IV – Mme Monroe Trompe L’Ami Meilleur de Son Fils Avec … by Naughty America – $2.39

A la fin du regarde/télécharge d’images le vidéo pour votre plaisir de vue.
Quand Mme Monroe Chant de noël découvre son fils et son ami, Anthony, accueilli un kegger chez elle elle peut garder à peine de souffler son sommet. Et une fois Mme Monroe allume son charme séduisant pour forcer la vérité de lui son tout Anthony peut faire pour garder de sauter qu’elle More… 

 

 


Post Scriptum :

 

Si vous faites confiance aux systèmes de traduction automatique qu’on peut trouver çà et là sur internet, je vous invite à faire l’exercice de la double traduction. Vous prenez un texte. Vous le traduisez, mettons, en anglais. Puis vous transformez à nouveau la bouillie de mots ainsi obtenue en français. Contemplez le résultat. Des heures d’amusement en perspective pour les longues soirées d’hiver. La preuve par l’exemple avec ce paragraphe-ci mouliné : 

Si vous rendez la confiance avec les systèmes de traduction automatique qu’on peut trouver cela et là sur l’Internet, je vous invite à faire l’exercice de la double traduction. Vous prenez un texte. Vous le traduisez, avez mis, en anglais. Alors vous transformez encore la pulpe des mots obtenus ainsi en Français. Contemplent le résultat. Heures de récréation dans la perspective pour les longues soirées pour l’hiver. La preuve pour l’exemple avec ce paragraphe écrasé. 

[52] Gogooooooaaaaaaaal !

La note inutile du jour

Vous aurez remarqué que j’aime à l’occasion jouer les maîtres Capello (Capelli ? Capellos ?). Alors, hop, une petite leçon vite fait bien fait, histoire d’être moi aussi référencé dans Google sur les mots clés Mundial Fifa 2006 prostitution.

Q : Faut-il écrire « Vive les Pays-Bas » ou « Vivent les Pays-Bas ».

R : Faut écrire « Vive la Hollande » et pas faire chier, de toute façon ils se sont fait battre par le Portugal.

[49] Avec un mois de retard

Avril, une production Haut et Court (ça change de Haut et Fort, amis burpeurs), est un bel exemple de film qu’on aurait aimé aimer, mais auquel il manque un peu de finesse pour qu’on soit réellement séduit. En dépit d’un point de départ pourtant assez originale (la découverte du monde extérieur par une jeune femme n’ayant connu que le couvent où elle fut accueillie – bébé abandonné – et élevée.

Sur les conseils d’une soeur émancipatrice, elle osera toutefois faire une parenthèse de 20 jours, à la recherche de son frère jumeau dont on lui avait jusqu’à ce jour caché l’existence.

Avril (c’est le prénom de l’héroïne, incarnée par Sophie Quinton pour laquelle je dois avouer un petit faible – j’étais allé voir Qui a tué Bambi pratiquement pour la seule présence de cette jeune beauté plantureuse qui m’avait rappelé Juliette Binoche à ses débuts : joues rebondies, charmantes rondeurs, air innocent et mutin à la fois) tombe donc avec beaucoup de chance, ou l’aide de Dieu, ou l’assistance du scénariste, c’est selon, sur un jeune garçon beau et sensible qui l’accompagnera dans sa recherche … et qui à la fin, devinez-quoi ? Non je l’dirai pas.

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Avril et son jumeau (si, si) de frangin beau et sensible – Photo ©DR 
 

Avril finit par rencontrer son frangin (beau et sensible) dans un petit logement de fortune en bord de mer (indépendant et rock’n roll), lequel est avec son copain beau et sensible, car ce frère se révèle beau et sensible et homosexuel. Ah non pardon, sensible et bisexuel. 

Bon, au début, tout les sépare. Et puis à la fin ils sont soudés comme les doigts de la main.

Je vous laisse deviner si c’est Avril qui réussit à attirer les trois garçons vers le chemin de la stricte obédience aux commandements de Dieu, ou si les efforts conjugués des trois garçons beaux et sensibles réussiront en 3 semaines à transformer Avril qui n’avait connu pendant 20 ans qu’une petite dizaine de femmes et 3 hectares de terrain en hédoniste de première bourre.

Je ne vous dirais rien du final mélo & manichéen qu’on dirait une grosse merde holywoodienne comme dirait une commentatrice de ce burp. Encore que dans une grosse merde holywoodienne, on aurait présenté cette œuvre à un public qui se serait empressé de faire changer cette fin.

Bref, on a vraiment un peu de mal à croire à cette évolution à vitesse grand V, et c’est dommage parce que la Sophie Quinton reste furieusement mignonne (avec ou sans robe de bure), avec un jeu un peu hébété charmant mais qui n’atteint pas la luminosité de Catherine Mouchet dans le Thérèse d’Alain Cavalier.
Par contre, le choix de Miou-Miou dans un des rôles me paraît tout à fait judicieux.

 

Message personnel : 

Il est paraît-il
Des terres brûlées
Donnant plus de blé
Qu’un meilleur Avril

[44] Sélavy (pas toujours très Rrose)

Le crapaud

Sur les bords de la Marne,
Un crapaud il y a,
Qui pleure à chaudes larmes
Sous un acacia.

– Dis-moi pourquoi tu pleures
Mon joli crapaud ?
–  C’est que j’ai le malheur
De n’être pas beau.

Sur les bords de la Seine
Un crapaud il y a,
Qui chante à perdre haleine
Dans son charabia.

– Dis-moi pourquoi tu chantes
Mon vilain crapaud ?
– Je chante à voix plaisante,
Car je suis très beau,
Des bords de la Marne aux bords de la Seine
Avec les sirènes.

Robert Desnos – Chantefables et chantefleurs

[40] Il y a plus d’apprêts…

À Saint-Germain-des-Prés…
J’ai choisi un banc libre, encore baigné des rayons du soleil de cette journée finissante. L’air était tiède, j’imaginais que cette lumière sècherait les larmes qui coulaient encore sur mes joues. Je sortais de mon premier rendez-vous avec elle. Premier rendez-vous depuis notre séparation, on avait des choses à se dire, voyez-vous. Un joli passé derrière nous et un futur à imaginer.

J’ai tenté un moment de lui donner le change, je n’étais pas à l’aise, il y avait mes silences, mon regard qui fuyait, on dressait un peu le constat… J’essayais d’évoquer les discussions qu’on n’avait pas eues, les chemins différents que nous aurions pu tenter d’emprunter… Les mots s’accumulaient, devenaient chacun de plus en plus lourds, et la digue a bien entendu fini par péter, larmes, répit, puis un flot violent qui m’empêchait de penser à quoi que ce soit hormis l’abîme dans lequel son départ m’avait précipité. Quelque chose de pas très constructif, donc. Il fallait couper court.

 

 

J’étais donc assis sur mon banc, hésitant à lire le journal que je m’étais mis sous le nez, pensant que ça pouvait être une diversion, mais elle était trop grossière. J’ai plutôt choisi de faire confiance au soleil comme cicatrisant. Je levai la tête, regardai les gens passer – je les regardais sans les voir, je cherchais en moi l’apaisement – et puis j’ai vu passer cette femme devant moi, et elle, je l’ai regardée. Elle devait avoir dans les quarante ans, un peu moins, un peu plus. Elle portait une ample robe, légère, claire, qui ondulait harmonieusement au rythme de ses pas déterminés. Elle avait un sourire plein de confiance, qui disait « je suis belle » ou peut-être « je suis heureuse »,  « il fait drôlement beau », « je viens de me faire baiser comme une déesse » ou encore « je ne vais pas tarder à me faire baiser comme une déesse »… Elle marchait d’une allure altière, le port droit, la tête regardant droit devant, le torse bombé. J’ai pensé un instant qu’elle avait une allure de cowgirl, je n’aurais pas été étonné d’entendre le tintement de ses éperons scander ses pas. Sa tenue aurait pu avoir le ridicule de l’extravagance, elle était belle.

Je l’ai regardée, et elle aussi m’a regardé. Elle souriait toujours, voyant pourtant mes yeux rougis de larmes – d’autres auraient plus rapidement détourné le regard – ma bouche fermée et mon air de chien battu. Nos regards se quittèrent, puis, un instant plus tard, nous nous fixâmes à nouveau. Et là, son sourire me fut communicatif. Je lui ai souri alors que d’ordinaire, quand une femme me sourit sans que je m’y attende (dans le métro par exemple), je me fige, je détourne le regard, honteux et rougissant d’imaginer que je pourrais avoir l’audace de lui rendre un sourire.

L’histoire s’arrête là. Son pas n’a pas ralenti. Je ne me suis pas précipité sur elle « ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais ».

Non, juste, son sourire avait été comme une piqûre de rappel que le bonheur peut exister. Un signal que la vie reprendrait tôt ou tard le dessus.