[1395] Pourquoi je ne t’ai pas enculée

Étant donné que j’en avais envie et que tu en avais envie, on peut se poser légitimement la question.
Étant donné que tu avais écrit un texte où tu détaillais tes envies, le plaisir que tu prenais à te faire – lâchons les mots – brutalement défoncer le cul, et que cela avait fait croître en moi l’envie, déjà alimentée par de nombreux autres stimuli – et pas que sexuels, avouons-le, à cet instant où tu étais – n’ayons pas peur des clichés – nue et offerte, à quatre pattes, la croupe relevée n’attendant que mon glaive (notre illustration, allégorique et donc non contractuelle), on peut s’étonner que je ne le fisse pas.

Et pourtant c’est bien moi qui ai loupé le coche, qui suis passé à côté de l’occasion – peut-être unique – pour une raison piteusement pragmatique : je ne bandais pas. Qu’était devenu le braquemart nerveux gorgé de sang qui se dressait, palpitant d’excitation, devant l’évocation de cette demoiselle aux envies de sexe rude et engagé ? Flacide !

On pourrait s’en tenir à cette explication simple et ne prêtant guère flanc à la contradiction, mais ce ne serait pas faire honneur à la démarche introspective qui fit la réputation de ce burp du temps où il attirait les foules de lecteurs avides de détails crus sur mes aventures sexuelles débridées et de lectrices dévorées par le désir de vivre, par procuration ou beaucoup plus directement, les dites aventures (ou leurs épisodes à venir). Sans aller jusqu’à interroger les cinq pourquoi (ça me rappellerait le boulot), il convient d’interroger la ou les raisons de cette mollesse inopportune, de ce dépôt des armes au pied du mur où l’on n’a pas reconnu le maçon.

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Pour trouver des éléments de réponse, il me paraît utile de mettre les choses en perspective et d’expliquer un peu à nos amis lecteurs, comment nous nous sommes retrouvés là, toi nue sur le lit de cette chambre d’hôtel, moi non moins nu, posté derrière toi et les mains sur tes hanches. Et lui, m’invitant à baiser vigoureusement ton cul. Car, oui, nous étions trois.
Il serait un peu fastidieux de te raconter comment je vous ai connus tous les deux, ce serait un chemin plein de détours et de circonvolutions, pas forcément inintéressant mais qui nous ferait perdre de vue l’objectif. Pour simplifier, et sans mentir, disons que nous avions tous les trois envie de nous voir, pas spécifiquement dans ce dispositif où j’étais l’invité de votre couple (je ne crois pas me tromper en disant que j’étais plus certainement son invité), mais ce dispositif s’avérait une excellente opportunité de faire prendre corps à cette envie partagée. La rencontre a eu lieu non pas directement dans la chambre mais au bar de l’hôtel. Lui, je l’avais déjà rencontré dans des circonstances qui étaient – à mon grand regret – restées beaucoup plus chastes ; de toi, je ne connaissais que des bribes, à travers tes textes, nos échanges, et, pour ton physique les clichés discrets, pudiques ou à faire rougir, qui formaient les pièces d’un puzzle que mon imagination avait reconstitué sans rendre suffisamment hommage à ton charme réel. Cette rencontre autour d’un verre était parfaite pour une prise de connaissance en douceur. Et quand il jugea que les civilités avaient duré un temps suffisant pour que l’on puisse qualifier cette rencontre de courtoise (« assez de salamalecs ! »), il plongea la main entre tes cuisses, sous ta robe légère, sans qu’aucun tissu ne se mette sur la route de ses doigts pour atteindre ton con dont il vérifia que le degré d’hygrométrie siérait à l’hôte que j’étais, il m’invita à vérifier par moi-même. Je me glissais à mon tour – plus timidement – sur le sentier de ton intimité, récoltais sur mes doigts quelques larmes épaisses de ton désir que je portais à mon nez puis à ma bouche pour en découvrir l’odeur chaude et le goût sucré-salé.

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Une petite quinzaine de minutes suffirent pour passer de ce jeu aux limites de l’exhibition publique (nous n’étions évidemment pas seuls à ce bar) à des jeux plus engagés à l’abri dans votre chambre ; tu fus vite invitée à « me mettre complètement à l’aise » en dégrafant ma ceinture, déboutonnant mon pénible pantalon du costume que je portais en ce début de soirée, en provenance directe de mon bureau sans passer par la case « vestiaire » (pourquoi trois points de fixation sur les pantalons de costard, là où les autres pantalons gèrent l’affaire sans que personne ne s’en offusque avec un seul ?) pour faire connaissance avec mon sexe directement dans ta bouche. Par la suite, nous jouâmes à différents jeux, je t’ai baisée, je t’ai fessée, je t’ai doigtée avec vigueur (peut-être parce que, déjà, mon sexe avait besoin de renfort ?), tandis que lui jouissait du spectacle dans une posture essentiellement candauliste.

Puis vint le moment où il m’invita à t’enculer (comme un deuxième « assez de salamalecs ! »). J’en étais ravi. Je profitais de ta bouche gourmande pour m’assurer une belle érection, je m’encapuchonnais de latex et, une virgule plus tard, quand mon sexe aurait dû tendrement ouvrir ton œillet pour se glisser au fond de ton cul, sentir les contractions de ton conduit serré, y enfler encore au fil de mes allées et venues de plus en plus vives et rapides tandis que ton cul s’ouvre et que tu pars dans cette transe de douleur-plaisir dont je sais que tu raffoles, eh bien non : la débandade.
Ce n’est pas la première fois, hélas, que ma queue me fait le coup de la panne1 et je sais désormais qu’il est vain de s’escrimer. La partie du cerveau qui dit « Eh bien : non ! » est généralement inflexible et repousse d’un revers hautain de la main tous les arguments de l’autre partie toute en excitation frustrée : « Allons ! une occasion comme ça ne se présente qu’une fois ! » « C’est pourtant exactement ce que tu demandais ! » etc.
C’est d’autant plus frustrant que, face aux arguments massues déployés les uns après les autres, les arguments du cerveau récalcitrant qui prend tout le monde en otage ne sont, eux, pas très clairs. Il faut gratter pour trouver un bout d’explication, généralement pas très convaincant. Je te les avance, malgré tout, parce que tu pourrais trouver un peu gonflé (sic) de m’arrêter là après t’avoir appâté avec un titre pareil :

  • À n’en pas douter, son rôle dans notre trio y est pour quelque chose, ou, plus précisément : mon positionnement par rapport à son rôle (il ne s’agit pas de chercher un responsable – pas besoin de le chercher : c’est moi – mais de décortiquer ce qui se passait dans les méandres de mon cortex). Il doit y avoir une part de jalousie, certainement, puisque c’est lui qui a su te conquérir, même si en aucune façon je ne pouvais le « concurrencer ». J’avais quand même envie de te séduire. Là, tu m’étais m’était offerte, mais tu n’étais pas à moi.
  • Sans doute une projection de ma première rencontre avec lui, je l’imaginais dans un rôle moins candauliste dans ce trio (j’en aurais eu envie, d’ailleurs). Paradoxalement, de t’avoir entièrement pour moi (en tout cas, ton corps) m’a fait me sentir moi-même objet, intercesseur de son désir auprès de toi.
  • Enfin, et malgré le temps que nous avons pris pour cette rencontre, il me manquait un peu de temps avec toi (avec vous). Une plus longue acclimatation, pour transiter du fantasme de papier glacé à la chaleur de vos corps. De sentir le désir circuler entre nous trois.

Après vous avoir remercié de ce moment en votre compagnie, je me suis éclipsé en vous laissant tous les deux profiter – vraiment – l’un de l’autre et, filant sur mon scooter, la cacophonie continuait sous mon casque :

— Ah ! Mais que c’était bon !
— Mais pourquoi tu ne l’as pas enculée ?
— Tu te rends compte, tu espérais ce trio depuis l’instant où tu les avais sus en couple et en un claquement de doigt, tu te retrouves dans leur chambre à t’envoyer en l’air !
— Mais pourquoi tu ne l’as pas enculée ?
— Tu ne penses vraiment qu’à la sodomie, mon pauvre Jérôme !

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J’ai eu, deux mois plus tard, une expérience qui m’a permis de comprendre que le facteur temps reste, dans mon fonctionnement érotique, primordial pour passer du désir mécanique (« Tu me suces, donc je bande »), et la fragilité qui va avec, au désir enraciné, celui qui te fait bander à la seule évocation de ce qui pourrait advenir, dans une minute, une heure ou une semaine. Nous étions trois, à nouveau, deux hommes, une femme, convoqués par un tiers (absent – il n’était hélas pas en mesure de ce joindre à nous) qui avait fomenté un délicieux traquenard pour son amante qui me tombait, là encore, toute crue dans les bras sans que j’ai à déployer le moindre effort de séduction.
Au programme, nous avions le devoir (oh oui, je sens que je vous apitoie avec ce genre d’obligations) de faire découvrir à la demoiselle la double pénétration, qui n’était pas encore entrée dans la liste de ses turpitudes. Quand, après les salamalecs, il fallut que nos deux sexes bandent de concert pour arriver au résultat attendu, ce fut laborieux, hésitant, penaud. (Petite parenthèse pour ceux qui ne connaissent cette pratique que pour l’avoir vue dans des films de Rocco Siffredi, la double pénétration est une position souvent inconfortable, où les queues doivent être, autant que faire se peut, longues et dures pour pénétrer chaque orifice et ne pas en sortir au moindre mouvement, or quand on est trois empilés en équilibre approximatif, ça bouge beaucoup. Autant dire qu’un sexe moyennement bandé est vite pris en défaut : plus court et moins vaillant pour s’enfoncer dans un conduit rendu plus étroit par la présence du sexe dans le conduit voisin. Dit comme ça, c’est technique et pas très excitant, mais dans la pratique, ça peut être un moment magique.)

Je bandais mou, à nouveau. Pourtant, au fil de la soirée, j’ai observé mes érections devenir progressivement moins fragiles et – au risque de te rendre envieuse – je dois dire que j’ai fini par lui défoncer le cul, à elle (mais avec tendresse, bien sûr, je ne sais pas faire sans).

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Tu peux voir dans la morale de mon histoire une invitation à vérifier si le facteur temps est bien la clé de la réponse à la question initialement.
#jdcjdr


  1. Rappelez-vous !

12 gazouillis sur “Pourquoi je ne t’ai pas enculée”  

  1. #1
     
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    Usclade a gazouillé  :
    Ça ne se commande pas, comme dirait Georges..
    Et moi j’ai l’impression que mon sexe devient prude avec l’âge.. genre “jamais le premier soir” :-)
  2. #2
     
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    mila a gazouillé  :
    J’aime vous lire comme cela. Démarche introspective incluse :-)
  3. #3
     
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    philomenne a gazouillé  :
    A mon avis, c’est “face aux arguments”. Pas “fasse”. (N’étant pas compétente sur le fond, je t’embête sur la forme… ;o) )
  4. #4
     
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    p_apanoel a gazouillé  :
    Ah, grâce au printemps de ce burp, je renoue avec mes plaisirs de lecteur : me laisser porter par les mots, sourire, admirer la simplicité avec laquelle ces pratiques (sodomie, pluralité, candaulisme) sont affirmées sans militantisme.

    Et je prends conscience que ce petit organe capricieux que nous avons tous de logé dans la boîte crânienne ne prend jamais de vacances, il s’invite à toute les fêtes et réclame son tribut.

    La lecture des témoignages des invités au sein des trios fait apparaître que la 3ème personne est souvent un objet (consentant, bien entendu) des couples. Le récit de cette faiblesse passagère me montre que c’est aussi la porte ouverte sur une position de sujet dans ces aventures.
    Le questionnement honnête restitué dans ce texte m’a attiré vers cette révélation.

    J’y repenserai souvent, en marchant sur la plage, la poitrine gonflée par le souffle marin et le désir de vivre encore.

    Merci encore de partager avec nous tes tribulations et tes réflexions sur ces sujets passionnants.

  5. #5
     
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    Comme une image a gazouillé  :
    » C’est un peu plus compliqué que ce que ne le chantait Georges. D’autant plus que l’âge pourrait jouer.
    Tiens, une autre chanson : https://www.youtube.com/watch?v=M06e6DaHw7w

    » Eh bien, ravi de vous avoir contentée (j’ai pris aussi beaucoup de plaisir à écrire ce texte… comme quoi)

    » Ça m’aurait été qu’avec un texte comme ça, je ne sorte pas quelques grosses coquilles. S’il n’y en a qu’une (j’ai corrigé), je ne m’en sors encore pas trop mal !

    @p_apanoel » Merci pour ce long retour. Je ne sais plus si j’en ai fait le récit une fois ici, mais il m’est arrivé, il y a fort longtemps et à l’occasion d’un trio dont j’étais l’invité au sein d’un couple adultère, que ce soit l’homme invitant qui se sente le moins à l’aise. Chaque situation a ses particularités !

  6. #6
     
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    Sophie a gazouillé  :
    Décidément instructif. Aucun détail n’est épargné. Après avoir vomi (et tu n’y es pour rien, cher Jérôme), je me réjouis quand même d’avoir été celle de la première rencontre, celle qui fut trop chaste.
  7. #7
     
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    Cristophe a gazouillé  :
    Tu es un éternel romantique.
  8. #8
     
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    Comme une image a gazouillé  :
    Je suis bien désolé pour tes désagréments gastriques (pour lesquels, malgré tes précautions oratoires, je pense devoir endosser une part de responsabilité).
    Je me réjouis aussi de t’avoir rencontrée, même dans la chasteté !

    J’ai beau me dissimuler derrière un écran de stupre, on lit toujours en moi comme dans un burp…

  9. #9
     
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    Santa Rita a gazouillé  :
    Il est vrai qu’ayant les yeux bandés, ces “désagréments” ne sont pratiquement pas perceptibles… Et ce n’est pas ce que l’on retient ;)
  10. #10
     
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    Comme une image a gazouillé  :
    Bienvenue ici ! C’est sans doute grâce à quelques génuflexions que les causes les plus désespérées se trouvent entendues…
  11. #11
     
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    kamelia a gazouillé  :
    Petit mot pour , votre sexe devient prude avec l’âge ? Vous êtes sûr ? ;)
  12. #12
     
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    Usclade a gazouillé  :
    je n’en mettrai pas ma main à couper au feu en effet !

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