[83] Charité mal ordonnée

J’ai du mal à comprendre les efforts désespérés des pouvoirs publics à montrer qu’ils sont vachement vigilants sur la canicule.

Lors de la canicule 2005, il y a eu environ 5.000 morts comptabilisés comme étant victimes de la canicule. Soit. L’année d’après, une intéressante étude a montré qu’il s’agissait bien d’une surmortalité, autrement dit que les morts de l’été 2005 n’étaient pas tous cacochymes, et n’allaient pas crever dans les mois qui allaient suivre. Statistiquement parlant, ça se traduit par l’absence de creux à la suite du pic.

On dira ce qu’on voudra, mais les pauvres bougres étaient bel et bien condamnés, comme vous et moi.

 

Les vieux vivant de plus en plus longtemps, et coûtant par la même de plus en plus cher à la société, non seulement en versement de pensions, de retraites, mais plus encore par leurs attaques organisées au système de santé publique (le trou de la sécu, c’est eux, les boucs émissaires tout trouvés).

Alors non seulement on leur sacrifie un jour de congé (Esprit de Pentecôte, où t’es tu envolé ?), mais en plus on les bichonne dès que le thermomètre grimpe. Faudrait qu’on m’explique la logique de tout ça.
Laissons le dieu Soleil les rôtir en toute quiétude.

Râ Lovely. 

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[82] Rewind ▐◄◄

medium_memento.jpgVu ce soir en DVD le thriller Memento (de Christopher Nolan, 2000). Un film pas tout récent, mais qui avait eu un certain succès, critique et public. Je ne l’avais pas encore vu, on m’en avait souvent parlé, j’en avais ré-entendu parler à l’époque où j’étais allé voir un autre film (Novo, de Jean-Pierre Limosin, 2002) plus confidentiel basé également sur le même principe : un homme qui a perdu la mémoire immédiate, et comment il organise sa vie autour de ce handicap.

L’originalité de Memento est d’être un récit à rebours ; chaque chapitre du film précède chronologiquement celui auquel il succède pour le spectateur, lequel reconstitue l’histoire comme il rembobine une pelote. Si on filmait une balle en caoutchouc rebondir, on la verrait rebondir tout aussi bien en visionnant la bande à l’envers. Les scénaristes se sont donc malignement appliqués à échafauder une histoire pleine de rebondissements, et que l’on ne comprend pleinement qu’arrivé à la fin (c’est à dire … au début !).

Memento est un thriller très plaisant, même si l’on sait, de par la structure même du film, qu’on va s’y faire balader tout du long aussi facilement qu’un enfant à qui on promet une barbapapa (ou, par les temps qui courent, une glace).

 

 


Il m’est apparu que lorsqu’au hasard de nos déambulations sur le net, nous tombions sur un burp qui nous plaisait, et qu’il nous venait l’envie de lire ce que son auteur avait écrit avant, et puis encore avant, nous remontions nous aussi le temps en suivant le fil des notes, commençant par la plus récente présente sur la page d’accueil, et remontant ainsi le passé du burpeur.

Ainsi, ami lecteur, sur mon burp, sans présumer de ce que je serai dans un mois, un an, tu me trouves en cette fin juillet en train de me remettre doucement d’un violent chagrin d’amour ; aujourd’hui, quasi guéri, et pourtant.. il y a à peine deux mois, j’extirpais des sanglots à mes lectrices sensibles en exposant mon pauv’tit cœur blessé.

Mon burp est né pour combler le vide que cette séparation avait créé.

Je ne sais pas s’il y aura un happy end. Sûrement.

Mon burp est né d’un sad beginning.

 



« Je reste couché là, ignorant depuis combien de temps je suis seul.
Alors, comment guérir, comment faire mon deuil si je ne sens pas le temps qui s’écoule ? »
 
(Ouf, eh ben heureusement qu’on n’a pas les mêmes soucis que Leonard Shelby) 

 

[81] Patrie

Pour moi qui me supposerais très malheureux d’avoir à quitter un jour la France, ces propos touchants lus dans Libération du 18 juillet, de Nisrine, Libanaise de 31 ans, « née en 1975 avec la guerre » :

 

« Nous allons bien malgré tout. Dans ma tête, je suis prête au départ, et je crois à un départ définitif du pays. (…) Je n’ai rien ici, ni morceau de terre, ni propriété. Je ne possède que quelques livres (elle est professeur de français, NDLR). C’est toute ma richesse. Ma famille, c’est sûr. Je me fous du patriotisme malade, du pays où on est né, qu’on doit défendre. Tout ce que je vois, c’est que pour le défendre on ne fait que le détruire. Dans ma tête, c’est fini. Je suis libre, je ne suis pas enchaînée. (…) Je suis fille de la vie. Ni terre, ni attaches. Rien ne compte plus pour moi. Je suis Nisrine, et ça veut dire ” la femelle de l’aigle “. Si je suis un rapace, ce que je chasse n’est autre que la vie (…). »

[79] I ♠ RSS

Je ne sais pas si ça fait pareil chez toi, ami lecteur syndiqué, mais ma note I ♥ Laurence a rendu fou mon plugin firefox Wizz RSS.

Désolé, ça doit être à cause du ♥. Je ne le referai plus. 

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[78] Haute gastronomie

Comme cette précédente note le laisse supposer, la bouffe est un sujet qui m’intéresse. Je le précise, ami lecteur, parce que pour les plaisirs de la chair, je crois que c’était suffisamment clair. Pour ce qui est des plaisirs de la chère, je n’avais pas encore beaucoup développé.

J’aime donc faire la cuisine, et si possible bien faire la cuisine. 

Un été, lors d’un séjour dans un gite rural, je suis tombé sur un vieux livre de recettes. Certains se seraient précipités sur des vieux bouquins de la Bibliothèque Rose ou Verte, plein de nostalgie, moi non, je me jette sur un vieux livre de cuisine poussiéreux. Je me souviens avec émotion de la vieille vieille édition du best-seller « Je sais cuisiner » de Ginette Mathiot, qui débutait par des leçons de savoir vivre, comment une bonne maîtresse de maison doit dresser sa table, répartir ses invités, toutes ces règles de bienséance expurgées progressivement à chaque réédition (on voit bien à quoi ça mène : regarde les jeunes d’aujourd’hui, ami lecteur, taper des SMS, ça ils savent faire, mais positionner correctement fourchette, couteau, cuillère à soupe, cuillère à dessert, verre à eau et verre à vin, y’a plus personne. Nan, les dents du couteau vers l’assiette, je te l’ai répété cent fois).

Du vrai bonheur ethnologique, ces vieux bouquins de cuisine.

C’est donc avec enthousiasme que je feuilletais La cuisine moderne illustrée (rédigée par une réunion de professionnels – librairie Aristide Quillet – 1948), et que je tombais sur ce chapitre que je vous retransmets verbatim :

« Les plaisirs de la table sont des plaisirs intimes. Ils n’aiment pas le tapage ni la foule. Quelle grossière erreur aujourd’hui ! Comment croire à l’intelligence humaine quand on voit ces restaurants où l’on danse entre deux plats et au son d’un orchestre nègre bon à nous donner la colique ?
C’est un scandale. On comprend que des nègres qui dévorent du couscous ou des fragments de chair rôtis saupoudrés de la poussière du sol se consolent de cette maigre chère en dansant ; mais des êtres civilisés ! C’est à peine croyable. Un bon repas demande du recueillement et un échange de paroles spirituelles et gaies. »

Quand je pense qu’on ergote encore sur les bienfaits de la colonisation.