[77] Trop jambon, trop con

Fleury-Michon nous prend vraiment pour des cons.

Jusqu’à présent, c’était une des rares marques de grande distribution a proposer du jambon Label Rouge, c’est à dire un jambon un peu moins insipide que la moyenne (j’entends : que la moyenne de ce qu’on peut trouver en supermarché).
De fait, le jambon au bouillon de chez Fleury-Michon était plutôt bon, et puis le voilà qui a disparu de la gamme. Alors bon, on se rabat sur le jambon au torchon qui n’est pas trop mal non plus. Label Rouge, toujours.

Et puis tout dernièrement, cherchant désespérément du Label Rouge dans les rayons, j’aperçois qu’une bonne partie de la gamme F-M voit son Label Rouge substitué par un Label Spécial Couillon, le genre de truc dont l’industrie agro-alimentaire use et rabuse : le pseudo label, le label maison, le sticker publicité du genre « élu produit de l’année » par un jury de consommateur invités moyennant rétribution à départager différents produits dont les fabriquant ont dû payer pour se voir sélectionnés (un peu comme si les cinéastes devaient payer pour voir leur film sélectionné au festival de Cannes, genre).

 

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AVANT

APRÈS 

À ma gauche, un jambon Label Rouge, c’est à dire répondant à des critères définis et contrôlés par le Ministère (de l’Agriculture je suppose).

À ma droite un nouveau jambon moins bon avec une qualité garantie. Ça veut dire quoi « qualité garantie » ? Ben rien, justement. Rien du tout. Voilà. On vous garantit que c’est du jambon fait à base de porc. Oh, Monsieur Fleury-Michon est trop bon.

Je n’imagine pas une seule seconde que ce nouveau label soit mieux-disant que le précédent. Si c’était le cas, les joyeux marketeurs de F-M se seraient empressés de les accoler l’un à côté de l’autre. Du jambon double label, la classe.

Ce qui me désole, dans cette affaire, c’est qu’on nous serine en permanence avec la qualité de ce qu’on met dans son assiette, que F-M a dû penser qu’il y avait un créneau à occuper, celui du jambon de qualité en supermarché, il lance une belle gamme de Label Rouge, et puis au bout d’un moment, il se dit que finalement, il vaut mieux berner le consommateur en lui refilant un produit de qualité moindre. Probablement parce que son créneau marketing n’était pas suffisamment rentable. Parce que nous n’étions pas assez nombreux à dépenser quelques dizaines de centime d’euros en plus pour acheter un jambon d’un peu meilleure qualité que le jambon supérieur d’à côté.
De fait, la part du budget des ménages consacré à l’alimentation continue de décroître. Les gens ont d’autres priorités.

Lu ici :
La part de l’alimentation dans le budget familial serait statistiquement passée en quarante ans de 45 % à 14 % actuellement (sauf dans les familles en situation de précarité où le problème de l’alimentation reste prégnant).

Et ici :
En quinze ans, les ménages ont réduit la part de budget qu’ils consacrent à leur alimentation et aux boissons non alcoolisées à domicile : cette part est passée de 15,7 % en 1990 à 14,3 % en 2004. 

[76] I ♥ Laurence

Il n’est pas impossible, ami lecteur, que tu aies entendu du projet d’introduire dans la loi française la possibilité de conduire des class actions, c’est à dire (et ami lecteur juriste, tu excuseras mes imprécisions, n’étant pas de la partie — et tu es chaleureusement invité à ajouter toute précision que te sembleras utile dans l’espace à commentaires qui t’est ouvert) la possibilité pour une association d’attaquer en justice une société en représentant une collectivité. Système qui existe aux États-Unis et qui permet aux fumeurs de Malboro de toucher un max de pognon pour soigner leur cancer, ou plus probablement d’aller boire un coup pour oublier.

Jusqu’à présent, en droit français, s’il y a 2000 internautes qui se sont fait entuber par les clauses iniques de leur fournisseur d’accès, seuls ceux qui vont participer personnellement au procès auront la possibilité de toucher un dédommagement en cas de victoire (au procès).

Jacques Chirac, qui s’y connaît en matière de justice, a dit que ça serait bien, machin, grande cause nationale, on attend. C’est en train de sortir doucement, mais ça arrive. Évidemment, ça lobbyise à fond dans les arrières boutiques de l’Assemblée Nationale et du Sénat, et de Bercy, et tout ça. Et puis en front de scène, la Laurence Parisot, ci-devant Présidente du Medef, la vlà-t-y pas qu’elle raconte des trucs du genre :

— Ouais, mais ces procès, comprenez-vous, ça serait un coup dur porté aux entreprises
— Et ça nous coûterait un point de PIB, faites gaffe !
— Et ça pourrait atteindre à la réputation d’une marque ou d’une entreprise
— Et même que ça pourrait favoriser des formes de chantage…

Tout ces propos quasiment verbatim

Bref, on voit effectivement qu’en matière de chantage, on a affaire à une spécialiste. 

Moi je trouve ça assez exceptionnel, une telle dose de cynisme sans la moindre once de gêne, de culpabilité. Du genre : vous vous rendez compte ? Un procès, ça peut nuire à l’accusé. Sans blague ?
Il faudrait lui rappeler que dans justice, il y a juste
Non, il faudrait lui rappeler tout simplement pourquoi la Justice existe, avec son Ministère et tout le tralala. C’est pour que le fort ne bouffe pas toujours le faible (Sîn va me chambrer et me traiter d’idéaliste), qu’il ne se croit pas tout permis.

Ouais, pas très Medef comme concept, la justice. 

[75] Le poids des mots

J’apprends par voie de presse que Jean-Marie Le Pen va devoir comparaître en justice, pour répondre des délits de « complicité d’apologie de crime de guerre » et de « complicité de contestation de crime contre l’humanité » pour avoir tenu dans l’hebdomadaire Rivarol (moi je ne connais pas cet hebdo, mais a priori c’est plutôt tant mieux) des propos où il aurait notamment jugée « pas particulièrement inhumaine ».

Je ne suis pas du genre à soutenir Le Pen, le roi de la provocation à mots généralement choisis, pesés et soupesés, mais sur ce coup-là, je ne vois pas comment on peut lui donner tort.

Je ne vois guère plus humain que la guerre.

Ou alors, si les Allemands n’étaient pas humains, faudrait me dire ce qu’ils étaient. Des gastéropodes ? Des aliens ? Des ectoplasmes ? Des chamallows ? Des (maxi-)monnnnnnnstres ?

Être humain n’empêche pas de commettre des crimes contre l’humanité.

Il s’agit même plutôt d’une condition sine qua non.

[74] Ça fait peur

medium_ils.jpgSur les écrans, un film d’angoisse.

Je ne sais pas pourquoi, mais ça doit être à la mode, en ce moment, l’angoisse. À profusion, des films qui font peur.

Je n’ai jamais aimé les films qui font peur.

Je garde un souvenir atroce de Shining, que j’avais vu à 13 ans tout juste (à l’époque, c’était justement interdit aux moins de 13 ans). J’étais allé le voir juste pour faire plaisir à ma copine, qui avait 12 ans d’ailleurs (c’est drôle, parce que la caissière m’avait dévisagé bizarrement, moi et un autre copain : « Vous avez 13 ans, vous ? » alors que nous avions l’un et l’autre 13 ans, alors que mes 2 camarades — dont ma copine, si tu as bien saisi, ami lecteur — qui n’avaient pas encore atteint la limite d’âge n’avaient pas été inquiétés).

Je garde un souvenir un peu moins atroce de Chucky (épisode 1 ou 2, qu’importe) que j’avais regardé juste pour essayer de niquer une nana. Ce qui s’était avéré payant, avec toutefois 24 heures de patience. Très payant. Un de mes meilleurs coup de ma vie. Ma première et dernière MST (un condylome, je te raconterai ça à l’occasion).

Cela dit, ce n’est pas de cinéma dont je voulais parler, mais de l’affiche de ce film.

Notamment du titre, et des deux accroches.

Bon, sur le titre, Ils, je ne vais pas m’attarder, juste dire que je le trouve assez nase. Pas très original. Genre Ça et Eux ont déjà été pris, Elles, ça ne collait pas, alors on a pris Ils. Quand on fait aussi peu d’effort pour le titre d’un film, on peut craindre le pire du scénario. Enfin, je dis ça, je n’ai pas vu le film, si ça se trouve c’est un chef-d’œuvre du film d’angoisse. Mais je n’irai pas le voir pour autant.

Venons-en à la première accroche :

Vous ne vous sentirez plus jamais en sécurité chez vous…

Bon, alors déjà ça aussi les lignes du genre machin …plus jamais ceci cela… ça non plus c’est pas du genre très original. J’aimerais bien que dans les agences de pub, on signe une charte : Nous ne ferons plus jamais de slogan avec les mots plus jamais. Fontaine, fontaine…

Mais le clou de l’affiche reste quand même la deuxième ligne d’accroche, qui décroche le pompon.

Inspiré de faits réels…

Note les points de suspension encore… Dans suspension il y a suspens. On aurait tort de se priver.
Mais inspiré de faits réels, alors ça, pour une œuvre de l’esprit, moi je dis bravo. Mais comment ont-ils fait ? Même le plus pur produit de l’imagination ne peut être qu’inspiré de la réalité, non ?

medium_picasso.jpgMême ce tableau là ►►► il est inspiré de la réalité.
(Et il fout pas mal la trouille aussi, non ?)

[Picasso, le joueur de Hockey]

Ami lecteur, je me dois de t’en avertir : cette note (ainsi que les 73 qui la précèdent) est salement inspirée de la réalité.

Je crois que je vais interdire mon burp au moins de 13 ans (NDLR vu les cochonneries que tu écris, ça paraît un minimum).

[73] Histoire n°3

Avant de lire cette troisième et dernière histoire d’O, as-tu comme promis lu l’introduction, puis la première histoire, enfin la seconde histoire ?


 

Élévation

 

Ce soir, je rentre avec O d’une soirée très agréable. Je conduis sa voiture, et nous nous rendons chez elle. Pendant tout le trajet, O n’arrête pas de caresser mon entrejambe et tient des propos lubriques. Évidemment, dans ces circonstances, je bous ! Je garde les deux mains sur le volant, avec la route gelée, je préfère jouer la montre. Voilà d’ailleurs, on arrive dans son parking. Elle joue de l’infra-rouge, je songe à l’ultra-violer.

On arrive sur son emplacement, j’effectue une rapide manœuvre pour me garer en marche arrière. « Passe moi ta culotte », je lui dis. J’ai oublié de préciser qu’elle portait ce soir des escarpins à talons interminables, du genre à me faire bander rien qu’en y pensant les yeux fermés, des bas résille prune (les filles sont complètement fashion victim, non ?), une jupe presque trop longue, qui lui arrivait aux genoux, et un joli petit pull qui tenait bien au chaud dans son maillage Woolmark la paire d’oranges adorée. En dessous, je ne savais pas encore. Mais il y a effectivement une culotte, puisqu’elle commence à onduler de la croupe, les jambes arc-boutées, tandis que ses deux mains vont rechercher le morceau de tissu réclamé. Au passage, elle a un peu relevé sa jupe, et je peux donc observer le haut de ses bas. Pas de porte-jarretelles, du Dim-Up. Du résille Dim-Up prune ! On n’arrête pas le progrès. Je dois être une sorte de geek, ce genre de trucs high-tech me font un effet bœuf (enfin, bœuf c’est vraiment pas le mot).
Elle me tend sa prise : une jolie culotte en dentelle sombre, avec quelques broderies brillantes. Je la renifle ostensiblement, une grande expiration incantation :  « Venez à moi les petites molécules ! » Elle est là, non seulement je la respire à grand nez, mais rien qu’au toucher, je sens l’humidité de sa mouillure. Alors, avec la même délicatesse de mon grand coup de pif, je sors ma langue, la plus pointue possible, et je lèche le tissu. C’est pas terrible, le goût du coton, mais c’est tellement cinématographique. O me regarde. Elle ne me dit pas « arrête ton cinéma », mais je sens une interrogation diffuse dans ses yeux. « Où veux-tu en venir ? ». Et toi, ma belle, où voulais-tu en venir, tout à l’heure, quand tu me rendais fou tandis que je ramenais nerveusement le carrosse au domicile de ma cendrillon ?

Je range la culotte dans la poche de ma veste. « Relève ta jupe ! ». O s’exécute (que pouvait-elle faire d’autre ?). « Écarte tes jambes ! ». J’approche mon visage de son sexe qui bée. Elle l’a rasé presque intégralement, il reste juste un fin triangle, comme la pointe d’une flèche qui montre le bouton. Sonnez et entrez !
Mon œil parcourt cette complexe anatomie, ces replis, coquillage, mille-feuilles, ce mystère qu’on ne se lasse pas de redécouvrir, sans jamais vraiment le connaître vraiment. Je pointe un des éclairages orientables du plafonnier vers son bas-ventre. Dans la pénombre de l’habitacle, la cyprine offre un reflet brillant sur l’un des pans de son sexe. Quel œil hypnotisera l’autre ?
Cela fait quelques minutes déjà que je contemple sa chatte sans dire un mot, ni faire un geste. O me regarde, silencieuse elle aussi. Je finis par dire « magnifique ! », puis je sors de la voiture, en lui lançant « tu viens ? », juste avant de refermer ma portière. Elle fronce un sourcil mais obtempère.
Nous marchons sans échanger d’autres paroles jusqu’à la cage d’escalier. Ses pas sont rythmés par le claquement vif de ses talons sur le bitume, qui résonne dans la nuit du parking. J’appelle l’ascenseur. La tringlerie se met en branle (curieux, comme le bruit de cette phrase est différent du bruit qu’elle décrit). Drôle, comme les bruits qu’on entend à peine le jour paraissent amplifiés la nuit. Je mets ça sur le compte de la vue, défaillante, qui passe le relais aux autres sens. J’ai l’impression que ce vacarme va réveiller tout l’immeuble. Viens, O, dans mes bras que je t’embrasse. Je t’ai prise par la taille, et je t’ai juste embrassée, O. Ta bouche est gourmande, mais ne sera pas rassasiée. L’ascenseur est arrivé. J’appuie sur le 4 de ton étage. Un bouton qui réagit sans état d’âme. Il s’allume. Les portes se ferment. Je plaque O face contre le miroir au fond de la cabine. « Lève tes mains ! Écarte les jambes ! ». Cette fois, c’est moi qui remonte sa jupe, qui dévoile une splendide paire de fesses. T’ai je dit que j’aimais tes fesses, O., leur galbe, leur rondeur ferme, ton cul qui me fait envie mais dans lequel je ne me suis pas encore aventuré ?
Ma main remonte le long de sa cuisse. Elle atteint le globe d’une fesse, qu’elle caresse pleinement. Elle redescend sur le sillon des fesses, effleure l’œillet, entre dans son sexe humide, sans difficulté. O frémit, se cambre sous la caresse, que je poursuis sur l’autre jambe. Maintenant, entre son cul et sa chatte, plusieurs doigts s’affairent, barbouillent de mouillure toute la zone. Dans son con, O sent désormais mon index et mon majeur, unis comme les deux doigts de la main, qui la fouillent, et, pas gêné, le pouce qui s’est invité en solo dans le passage étroit. Les petits gémissements d’O redoublent, et avec eux mon désir. Mon sexe gonflé tend le tissu de mon pantalon. Il devient un peu claustrophobe. S’il pouvait parler, il crierait « de l’air ! ouvrez ! laissez moi sortir ! laissez moi sentir ! laissez moi me frotter ».
Il ne parle pas, mais je le pense doué d’un pouvoir plus grand encore, il est télépathe, car, en pliant inconfortablement son bras, O lui tend la main, et, à travers les deux épaisseurs de mes vêtements, vient lui offrir une caresse apaisante. Sois tranquille, mon beau, ton heure viendra.

Depuis combien de temps sommes nous arrivés à l’étage ? J’ai le vague souvenir d’avoir entendu le bruit mécanique de la porte qui s’ouvrait, ou se refermait. Je me demande si l’ascenseur va repartir, appelé par un voisin en voie de devenir, pour toi O, soit un ennemi prêt à te darder des foudres de la vertu, soit un ami à l’œil lubrique et à la lippe baveuse dont tu te passerais peut-être ! O implore le dieu des syndics « sortons, on sera plus confortable sur mon lit », dit-elle. Peuh ! Quelle petite joueuse.
J’ouvre la porte de l’ascenseur, et nous sortons. O commence à chercher dans son sac les clefs de son appartement, mais je ne lui laisse pas le temps de les trouver. Je lui saisis brutalement les deux bras, au haut de ses poignets la force à s’infléchir, puis à s’agenouiller. Je rabaisse son torse vers le sol, sa tête également. La voilà prosternée, et sa joue se frotte contre le paillasson rêche, et je maintiens d’une main, par ses poignets ses deux bras dans le dos. O n’a pas protesté. Peut-être n’ose-t-elle pas faire de bruit, les voisins de palier n’ont pas tous le sommeil lourd, peut-être est-elle seulement muette de surprise, et prépare sa riposte.
Mais non, elle garde le silence, tandis que je relève sa jupe pour faire apparaître à nouveau son cul rebondi. C’est ma langue qui maintenant va honorer son œil. J’ai réuni les deux poignets de ma prisonnière pour les tenir d’une main et me libérer l’autre, dont j’ai grand besoin.
D’abord, pour écarter plus les cuisses d’O, et ouvrir l’accès à son sexe et à son cul.
Ensuite, pour la caresser. Ma main glisse sous son pull et atteint le globe de son sein droit ; je le pétris tendrement, pinçote le mamelon déjà durci, et prolonge ma caresse en redescendant le long de son flanc. Puis c’est autour des cuisses qu’elle se frotte, et remonte sur le sexe, entrouvre les lèvres de l’index et de l’annulaire, et habilement, faut bien le reconnaître, plonge le majeur au plus vif du sujet. Mon sujet, ma sujette, O, justement, laisse échapper de ses lèvres jusqu’alors silencieuses une interjection, homonyme….
Il faut dire que dans le même temps, ma langue s’est insinuée comme elle a pu à l’entrée de l’étroit conduit. Croyant deviner que je vais m’arrêter, déjà ? O m’implore : « continue ! ». Je poursuis, donc mon baiser de la langue, et mes doigts courent trouver de l’occupation dans la grotte voisine, elle aussi très accueillante… O ondule des reins, pour rythmer mes caresses.
J’abandonne un instant son con pour ouvrir mon pantalon et sortir mon sexe dressé. Ma main gauche retient toujours les poignets d’O, l’autre tient ma queue, et la dirige… Je m’amuse à la presser alternativement à l’entrée de ses deux orifices. Ma salive conjuguée à sa cyprine promettent pour chacun une entrée aisée, mais je préfère la voie classique. Je pénètre assez brusquement mon gland qui se fraye sans difficulté, comme prévu, un chemin. Puis, plus lentement, mais sans reculer, je m’enfonce complètement. Je reste un bref instant à éprouver la sensation de cette pénétration complète.
Cette confession vous semblera peut-être ridicule : je trouve le sexe d’O confortable. Un vrai bonheur !
Suffisamment large pour que mon sexe puisse aller et venir sans gêne, suffisamment étroit pour enserrer ma verge et lui offrir ces sublimes sensations, suffisamment profond pour qu’elle puisse s’enfoncer jusqu’au bout, sans craindre de faire mal à ma partenaire.

Avant de démarrer quelques mouvements de va-et-vient, je promène mes doigts sur les lèvres du sexe d’O, et je récolte leur mouillure, qui me sert à lubrifier encore un peu son cul que j’ouvre en douceur d’un doigt. Puis d’un deuxième. Je donne quelques coups de reins, mais O comprend que ce ne sera qu’un aimable préambule. Je me retire en effet, pour approcher maintenant la tête de mon sexe, bien raide désormais, et parfaitement lubrifiée, du seuil de sa rosace. Je m’y enfonce alors très doucement. J’ai lâché ses poignets, une main maintient mon sexe et guide sa progression lente, mais ferme, tandis l’autre ceinture O, passant sous son ventre, et s’accrochant à sa hanche. C’est comme pour t’empêcher de m’échapper, O, mais tu n’as pas l’air de vouloir renoncer, ma douce, à ce premier hommage sodomite que ma queue te rend. Tu grimaces un peu quand mon sexe commence ses premiers aller et retour, mais ton souffle devient de plus en plus rauque, et je vois une de tes mains, enfin libérée, prendre le chemin de ta chatte et la caresser au rythme de mes secousses.

Je me suis allongé sur ton dos, O, je te mords doucement l’épaule, puis l’oreille, où je susurre des petits mots qui resteront entre nous. Quand vient ta jouissance, explosive, les cris que tu n’as pas réussi à retenir ressemblent presque à des pleurs. Je jouis à mon tour, vite. Nous restons serrés l’un sur l’autre dans cette posture, un long instant, dans le silence. L’immeuble ne s’est pas réveillé, finalement. Ou alors, tout le monde a retenu son souffle, le cœur battant au rythme des nôtres, tendus sur la pointe des pieds, interdits par l’intensité de notre spectacle amoureux.
J’ai soif ! O m’invite à boire un verre.


Voilà, ami lecteur, le périple est accompli, tu as lu mes trois historiettes humides, tu peux donc nous dire quelle est ta préférée, et pourquoi !

[72] Histoire n°2

Avant de lire la seconde histoire, merci de passer jeter un œil à l’introduction, puis à la première histoire.

 


 

O et son double

Aujourd’hui, O est seule chez elle. Son amant l’a appelé, mais elle a prétexté une gastro (très efficace, très dissuasif la gastro comme alibi) pour rester seule avec elle-même.
Peut-être recommencera-t-elle demain.

Elle prend un long bain, trop chaud, mais elle ne peut pas s’en empêcher, et s’amuse avec un galet effervescent qu’elle a coincé sous la naissance de ses cuisses. Une caresse, une chatouille, à peine perceptible… Elle s’abandonne lascive, dans ses pensées, ouvrant les yeux, les fermant parfois… Elle se remémore quelques moments passés avec son amant, sa rencontre avec lui, un jour où pourtant elle était particulièrement remontée contre la gent masculine ; il avait su faire preuve d’une douceur si surprenante.

Parfois sa main s’aventure sur son corps. Entre savonnage et caresse, parfois elle se caresse le sexe, pour aviver la piqûre de certains souvenirs, mais elle ne s’abandonne pas à son plaisir, le laisse décroître, et continue sa promenade dans ses pensées.

Elle pense aussi à Pierre, son amant précédent. En réalité, il y en avait eu un autre dans l’intervalle, mais tellement pitoyable, O ne veut même pas y penser. Pierre avait été une parenthèse magique dans son existence, trop courte. Mais elle le savait dès le départ. Pierre avait révélé en elle un pouvoir et des envies qu’elle aurait farouchement repoussées de la main si on lui en avait parlé seulement un mois avant sa rencontre avec Pierre. (Un peu comme votre serviteur : « moi, voter Chirac ? et pis quoi encore ? » — ben encore : avec une procuration, donc deux fois mon coco — Ca va les mecs, ne débandez pas je continue ;-) [Eh oui, ce texte date de 2002, NDLR]

O sort de son bain, un peu troublée par les rivages où ses rêves l’ont fait échouer, contemplant le chemin parcouru par elle en si peu de temps. Sa vie sexuelle était passé d’une suite de moments plus ou moins roses — ou moroses — selon la qualité de ses amants, à un torrent de découvertes qui l’emportait, lui faisait mal, la sublimait…

Elle enfile son peignoir, s’essuie à peine les jambes, et se rend à son salon. Quelques gouttes d’eau tachettent sa moquette ; elles sécheront vite.
Elle glisse dans sa platine un ancien CD des Cocteau Twins, et s’allonge sur son canapé pour poursuivre ses rêveries.

O choisit de se rappeler sa découverte du bondage. Un jour, son amant lui avait bandé les yeux. Jusque là, O ne savait pas jusqu’où ce jeu allait l’amener. Les yeux bandés, elle connaissait, elle avait d’ailleurs souvent eu l’occasion de vivre cette situation où, privée de la vue, elle voyait (!) ses autres sens exacerbés. En premier lieu, le toucher. Chaque caresse, venue d’on ne sait où, surprend comme un fer rouge. L’ouïe également, l’oreille aux aguets pour savoir où se trouve l’ennemi, essayer de deviner où il va frapper ! Mais cette fois-ci, O, les yeux bandés, n’avait pas deviné ce qui allait lui arriver. Son amant l’avait couchée sur le lit, et l’avait embrassée, caressée… Elle aussi l’embrassait, mais à chaque fois qu’elle voulait poser ses mains sur son corps d’homme, il les repoussait brutalement…

Puis, quand il avait senti que son excitation était assez grande (en fait, O avait cette faculté à ne laisser aucune ambiguïté sur la force de son désir, son sexe était vite très très humide), il avait saisi ses poignets et les avaient noués d’un foulard. Les foulards étaient doux, mais le nœud était serré.

Les mains entravées, O avait entendu son amant s’affairer dans le placard et se demandait avec un mélange de crainte et d’excitation ce qu’il aurait dans les mains en revenant…

Pendant qu’O se laisse aller à cette rêverie rétrospective, elle promène sa main sur son corps. Son peignoir bâille largement, découvrant un de ses seins, et comme elle avait les jambes un peu écartées, son sexe est lui aussi ouvert à tous les regards — malheureusement, personne à part O, pour profiter du spectacle.

O fait avancer sa main sur son ventre. Elle ne s’attarde pas sur son pubis lisse. Parfois, elle regrette de ne plus pouvoir promener ses doigts dans sa toison, brune, abondante, mais son amant l’a astreinte à l’épilation totale. Son sexe n’est plus tout à fait le même ainsi. Comme s’il avait changé de personnalité. Elle ne s’attarde pas sur son pubis, donc, et atterrit vite sur son sexe. D’abord, de la pointe du majeur, elle frôle de haut en bas, puis de bas en haut, ses deux grandes lèvres, effleure le clitoris, puis plus violemment elle plonge son doigt (instant majeur !) en elle. Alternant l’intensité de ses caresses, elle reprend le fil de son souvenir.

O sentit alors que son amant glissait entre ses poignets une corde. Quelques tours, puis un nœud. Il lui leva les bras, et ses mains désormais touchaient les barreaux du lit. Presque par réflexe, elle les empoigna, et c’est dans cette position que son amant lui ligota ses mains aux barreaux du lit. O ne pouvait plus les bouger. Son amant avait astucieusement serré les liens ; suffisamment lâches pour que le sang circule, mais dès qu’elle faisait mine de vouloir s’en libérer, l’entrave était complète. Avec une autre corde, l’amant enserra ensuite sa cheville (non sans l’avoir auparavant embrassée), qu’il attacha à l’autre bout du lit, puis inévitablement l’autre jambe connut le même sort.

Si ses bras étaient l’un contre l’autre, ses jambes étaient en revanche, bel et bien écartées, et O fut un instant honteuse d’offrir ainsi son sexe ouvert, bien qu’elle n’aurait en aucune façon pu adopter une pause moins indécente.
O sentit ensuite les mains de son amant parcourir son ventre, ses jambes, ses bras, sa nuque. Il avait des mains à la fois fines et puissantes, O les avait remarquées dès sa rencontre ; à l’œuvre sur son corps, elles tenaient toutes les promesses qu’O avait imaginées d’elles. Tout son corps était caressé, sauf son sexe, pourtant il appelait le contact. O mouillait. O voulait qu’un doigt, une main, un sexe, comble ce vide, vite. Mais l’attente continuait, la fièvre montait, O avait envie de crier « prends moi ! baise moi ! »… Bientôt ce fut la bouche de l’amant qui se joignit au ballet de ses mains, mais toujours fuyant l’origine du monde, malgré quelques passages en haut des cuisses, là où la peau est si douce et si vibrante.

Au moment même où O se souvient du premier contact de la bouche de son amant sur son corps immobile, elle est foudroyée par son premier orgasme qui part comme un spasme de son ventre pour remonter jusqu’à l’échine. Elle regarde sa main, elle a presque l’impression que ce n’est plus elle qui la pilotait tandis que défilait dans son crâne le film de cette nuit fondatrice. Elle constate presque honteuse que son con a englouti quatre de ses doigts. Sa cyprine fait briller ses jambes jusqu’à mi cuisse… Elle fait une petite pause dans ses souvenirs, se caresse encore, et s’offre rapidement un deuxième orgasme, moins intense, mais plus doux, plus prolongé.

Le disque des Cocteau Twins est terminé. O se lève, et met sur sa platine le premier album d’Archive, un sublime sirop à souvenirs languissants… Puis elle va farfouiller dans un tiroir où elle réunit, oui, au salon, pas dans sa chambre ! quelques objets offerts par ses différents amants. En matière de petits cadeaux, c’était Pierre qui s’était montré le plus prolixe, et le plus imaginatif aussi ! Elle se saisit ainsi d’un minuscule vibreur qui se met au doigt comme une bague, le rendant bio-nique, comme s’amusait à dire son amant. Elle s’allonge de nouveau, allume le gadget qui se met à bourdonner comme une mouche. Elle en apprécie à nouveau la caresse et reprend le fil de son souvenir…

Écartelée sur le lit, livrée aux caresses de son amant, O avait non seulement les nerfs à fleur de peau, chaque baiser étant comme une brûlure, mais également le cerveau à vif, l’imagination au grand galop qui explorait l’étendu des possibles, cherchant à anticiper son sort, se trompant toujours.

Les caresses s’interrompirent. O retint son souffle.
Son amant prit un foulard et la bâillonna. Elle était aveugle. Désormais elle serait aussi muette.
Elle tressaillit en entendant ce qui lui avait bien semblé être le bruit d’un briquet qu’on allumait.
Puis quelques instants de silence. Elle lança une petite plainte, étouffée, d’inquiétude. « Ushhhhh » intima l’amant.

Elle se cambra de douleur et de surprise quand la première goutte de cire tomba sur son ventre. Elle voulut crier, mais elle ne put émettre qu’une sourde plainte. Deuxième goutte. Nouvelles contorsions. Son amant avait alors resserré le bâillon, retendu les cordes qui l’immobilisaient. Troisième goutte. La douleur, toute aussi vive, avait malgré tout changé de nature. La douleur était devenue pulsation. Comme si, à l’endroit même où la goutte avait atterri, battait tout son sang. Quatrième goutte… Cinquième goutte. Son cœur lui même semblait s’être déplacé juste sous le point d’impact. Les seins d’O furent épargnés. Et son amant, même s’il avait, à dessein, fait progresser les impacts chaque fois plus bas sur le ventre d’O, s’était arrêté en haut du pubis. Nouvel orgasme sur le canapé.

O sentait son ventre entier palpiter. C’est à ce moment là qu’elle sentit le sexe de son amant s’introduire en elle. O, sans pouvoir se contrôler, se mit à pleurer. Sans le bandeau qui les absorbait, de grosses larmes auraient coulé sur ses joues. Elle pleurait, son corps secoué de spasmes, tandis que son amant allait et venait en elle sans sembler s’en soucier… Pleurs de douleurs, pleurs de joie, pleurs de plaisir, pleurs de folie. Elle pleurait et sentait monter en elle le plaisir… Son amant venait de lui retirer le bâillon, elle ne poussait plus de cris mais des petits gémissements, quelques sanglots, puis un cri de jouissance… Son amant, ce soir là, ne jouit pas en elle. Il l’embrassa. Elle lui dit « je t’aime » (et pourtant, ce vocabulaire-là, comme il était interdit entre eux !!!), il lui répondit « ushhhh » à nouveau, tandis qu’il défaisait ses liens.