[51] Solde de tout compte

Camille MM, dont le graphoburp fait partie de ceux que je recommande en colonne de droite, m’a fait le plaisir de répondre favorablement à ma demande d’illustrer ce billet. La légende que j’ai ajoutée à l’illustration est jaillie de ma propre purée de cerveau. J’ai tenté de m’approcher de l’esprit de l’auteur(e), on y reconnaît néanmoins ma patte.

Pour conclure cette introduction, je précise que ce billet a été écrit il y a déjà quelques temps ; j’attendais le fruit du travail de Camille pour que l’ensemble fasse sens. Tout ça pour dire à celle à qui ces propos étaient adressés qu’il n’est pas nécessaire qu’elle m’envoie une nouvelle fois sur les roses. J’y suis déjà et je commence à m’habituer aux épines.

Mon amante, ma douce, ma belle,

Puisqu’il faut qu’on se quitte, dis-tu, quittons-nous, mais quittons nous proprement. Si nous avions un contrat, que sa résiliation se fasse dans les règles.

C’est moche, les emplois jetables… ça m’allait bien un CDI. Je n’exclue pas un recours aux prud’hommes, en attendant, je reviens sur les termes du préavis.

Avant que je ne prenne mes cliques et mes claques, je dois dire au revoir à ton clic-clac.
Une dernière nuit pour nous emmêler, penser « ça je le regretterai… ça aussi… ». Le dire, le pleurer, le sourire, le croire, le savoir. Poser mes lèvres sur les tiennes, et se dire « la prochaine fois, je l’embrasserai sur les joues, mais je désormais je pourrais vivre en paix avec cette idée ».

Tu as quelques objets à me rendre qui m’appartiennent. Ce n’est pas que je sois matérialiste, ce que tu voudrais garder, je te l’offre de bon cœur, mais qu’est-ce que tu pourrais bien faire, toi, de ce bout de silicone violet réalisé sur — mes – mesures ? Ça sera mon objet transitionnel. Ma madeleine.

Et puisque tu pleures quand je dis que je te baise, j’ai le droit, moi aussi, à verser mes larmes quand tu me répondras « tu m’as peut-être baisée mais moi j’t’encule ! ».

Qu’on soit quittes si on se quitte.

Juliette commençait à en avoir plein le cul des exigences de son amant

Visuel non contractuel

[50] Molla Lex

Une situation perdure depuis des années en France, alors qu’une loi existe interdisant ce qu’on appelle la vente liée.
En gros, si tu veux acheter un produit A, il est interdit de te le vendre systématiquement avec un produit B, même lorsque tu exprimes ta volonté de ne pas payer de supplément pour le produit B.

Evidemment, rien ne t’empêche de souhaiter A+B qui restent généralement compléméntaire, moyennant bénéfice d’un tarif promotionnel… Le problème est que, dans ce cas de figure, on ne t’offre pas ce choix légitime (au sens propre).

La situation en question, c’est la vente d’ordinateur. À moins d’être un nerd fondu d’informatique, il est quasiment impossible d’acheter sinon en pièces détachées un ordinateur “familial” qui ne soit pas équipé de Windows XP, Norton Antivirus, Microsoft Works et autres machins qui finissent par représenter 100 à 300€ sur la facture, ce qui est loin d’être négligeable sur le coût total d’achat.

medium_racketiciel.pngJ’ai bien conscience que pour la majorité des non-informaticiens, il est confortable de pouvoir bénéficier de son ordinateur dès le premier allumage, sans avoir à installer le système d’exploitation (une opération relativement simple, mais qui demande un peu de recul que tout le monde n’a pas). Toutefois, cette situation, évidente il y a quelques années, l’est de moins en moins : le grand public commence à acheter son deuxième ordinateur (voire plus), a acquis laborieusement un certain nombre de connaissance. S’il a fouiné un peu sur le web, dans les forums ou ailleurs, il a pu découvrir qu’il existait des alternatives crédibles et parfois gratuites à des programmes indispensable comme un antivirus (par exemple l’excellent AVAST), ou une suite bureautique comme Open Office qui constitue une réponse honorable au Word™ & Excel™ de Microsoft™.

Il est bien rare qu’un consommateur pâtisse d’avoir le choix. C’est pourquoi je vous invite tous à aller signer cette pétition en ligne contre le racketiciel ; ça ne vous prendra que quelques minutes, et ce sera également l’occasion citoyenne de réaffirmer que les lois qui protègent les consommateurs doivent être défendues et surtout appliquées.

Le site présente en outre des moyens simples qui permettront sans complexifier outre mesure la charge des installateurs, des vendeurs et bien sûr des utilisateurs, d’arriver à cette solution du libre choix de ce qu’on achète. 

Je compte sur vous ! 

[49] Avec un mois de retard

Avril, une production Haut et Court (ça change de Haut et Fort, amis burpeurs), est un bel exemple de film qu’on aurait aimé aimer, mais auquel il manque un peu de finesse pour qu’on soit réellement séduit. En dépit d’un point de départ pourtant assez originale (la découverte du monde extérieur par une jeune femme n’ayant connu que le couvent où elle fut accueillie – bébé abandonné – et élevée.

Sur les conseils d’une soeur émancipatrice, elle osera toutefois faire une parenthèse de 20 jours, à la recherche de son frère jumeau dont on lui avait jusqu’à ce jour caché l’existence.

Avril (c’est le prénom de l’héroïne, incarnée par Sophie Quinton pour laquelle je dois avouer un petit faible – j’étais allé voir Qui a tué Bambi pratiquement pour la seule présence de cette jeune beauté plantureuse qui m’avait rappelé Juliette Binoche à ses débuts : joues rebondies, charmantes rondeurs, air innocent et mutin à la fois) tombe donc avec beaucoup de chance, ou l’aide de Dieu, ou l’assistance du scénariste, c’est selon, sur un jeune garçon beau et sensible qui l’accompagnera dans sa recherche … et qui à la fin, devinez-quoi ? Non je l’dirai pas.

medium_avril7.jpg
Avril et son jumeau (si, si) de frangin beau et sensible – Photo ©DR 
 

Avril finit par rencontrer son frangin (beau et sensible) dans un petit logement de fortune en bord de mer (indépendant et rock’n roll), lequel est avec son copain beau et sensible, car ce frère se révèle beau et sensible et homosexuel. Ah non pardon, sensible et bisexuel. 

Bon, au début, tout les sépare. Et puis à la fin ils sont soudés comme les doigts de la main.

Je vous laisse deviner si c’est Avril qui réussit à attirer les trois garçons vers le chemin de la stricte obédience aux commandements de Dieu, ou si les efforts conjugués des trois garçons beaux et sensibles réussiront en 3 semaines à transformer Avril qui n’avait connu pendant 20 ans qu’une petite dizaine de femmes et 3 hectares de terrain en hédoniste de première bourre.

Je ne vous dirais rien du final mélo & manichéen qu’on dirait une grosse merde holywoodienne comme dirait une commentatrice de ce burp. Encore que dans une grosse merde holywoodienne, on aurait présenté cette œuvre à un public qui se serait empressé de faire changer cette fin.

Bref, on a vraiment un peu de mal à croire à cette évolution à vitesse grand V, et c’est dommage parce que la Sophie Quinton reste furieusement mignonne (avec ou sans robe de bure), avec un jeu un peu hébété charmant mais qui n’atteint pas la luminosité de Catherine Mouchet dans le Thérèse d’Alain Cavalier.
Par contre, le choix de Miou-Miou dans un des rôles me paraît tout à fait judicieux.

 

Message personnel : 

Il est paraît-il
Des terres brûlées
Donnant plus de blé
Qu’un meilleur Avril

[44] Sélavy (pas toujours très Rrose)

Le crapaud

Sur les bords de la Marne,
Un crapaud il y a,
Qui pleure à chaudes larmes
Sous un acacia.

– Dis-moi pourquoi tu pleures
Mon joli crapaud ?
–  C’est que j’ai le malheur
De n’être pas beau.

Sur les bords de la Seine
Un crapaud il y a,
Qui chante à perdre haleine
Dans son charabia.

– Dis-moi pourquoi tu chantes
Mon vilain crapaud ?
– Je chante à voix plaisante,
Car je suis très beau,
Des bords de la Marne aux bords de la Seine
Avec les sirènes.

Robert Desnos – Chantefables et chantefleurs