[159] Crush

NB : Ami lecteur, tu (re)trouveras dans cette note-ci un billet abordant sensiblement les mêmes thèmes, avec un angle différent. Malgré quelques répétitions, ils ne sont pas redondants.

Je crois que, me mentant à moi-même, je mens aux autres, en leur refourguant le laïus dont je m’autoconvaincs. Mais depuis quelque temps, mes certitudes se craquellent et j’attends que, sans surprise, la digue cède.

Le contrat (avec moi-même, suite au constat que j’avais fait sur la situation et après plusieurs discussions avec ma femme pour tenter en vain de faire changer la situation) était pourtant simple : je m’ennuyais au sein de mon couple et il me fallait1 des extras. Je les trouvais auprès de femmes mariées, elles aussi à la recherche d’une sexualité plus solaire, nous nous rencontrions deux à trois fois par mois ; entre deux séances de baise furieuse, nous nous échangions des messages pour nous maintenir en appétit et au bout de quelques mois, nous passions chacun au partenaire suivant une fois épuisé le plaisir de la nouveauté. On ne risquait donc pas de s’attacher, la variété était au programme, le libertinage était homologué NF.

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Le premier coup de semonce se fit entendre à l’occasion de ma rencontre avec P***. Non contente d’être une amante très douce et très lubrique, P*** ajoutait à cela une conversation plus qu’agréable : je retrouvais avec elle une complicité intellectuelle proche de celle que je trouvais avec ma femme. Non que les amantes précédentes fussent inintéressantes, encore moins stupides, non, simplement avec elles c’était surtout côté cul que ça collait. Avec P***, ça collait en bas et ça collait en haut [ceci n’est pas une publicité pirate pour SuperGlue™].

Ma belle théorie comme quoi on ne pouvait pas trouver dans une femme tout ce que je recherchais s’en trouva légèrement ébranlée. Je m’enflammais un peu, lui fis part avec tact de mes doutes ; elle me recadra vite fait bien fait et nous poursuivîmes notre relation sur le mode léger & libertin sans accroc. Relation qui dure toujours, d’ailleurs, presque trois ans plus tard, même si désormais nous nous voyons assez peu.

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Le deuxième assaut apporta à mon code de conduite une secousse autrement plus dévastatrice. J’avais enfreint avec J*** la règle « femmes mariées only » (en réalité, plus qu’une règle, c’était plutôt une adaptation aux réalités du marché : l’homme marié et qui annonce franc jeu ne pas souhaiter changer cette situation et rechercher une liaison durable2 n’a guère la cote chez les célibataires, sauf dans certaines circonstances notamment post-ruptures). J*** étant simultanément une femme seule et monogame (j’avais donc d’une certaine manière la lourde responsabilité d’être pour elle un partenaire épanouissant) et une amante hors pair (ce qui constitue une excellente motivation pour assumer la responsabilité évoquée ci-devant), je me suis retrouvé dans une situation où elle était la seule à qui je voulais donner du plaisir, elle était la seule avec qui je prenais du plaisir.
Autrement dit, quand, avec S***, I*** ou P***, les émois sexuels que je vivais servaient à booster ma vie sexuelle conjugale (je retrouvais avec ma femme l’énergie d’être imaginatif pour deux), avec J***, ma vie de couple se trouvait asséchée. Je n’avais plus guère envie de faire l’amour avec ma femme, et quand je le faisais avec l’impression d’accomplir mon devoir conjugal, pour donner le change, je m’ennuyais. Gestes répétés machinalement, oui mon Amour, je sais te faire jouir, et toi aussi tu sais me faire jouir. Et vite ! En vingt ou trente minutes, la question est réglée. Bonne nuit et à la semaine prochaine.
Pour la première fois, avec J***, je commençais à me poser sérieusement la question : « Et si je quittais ma femme ? ». Se poser la question, ça ne veut pas dire y répondre, mais c’est déjà un début. Il y a une formulation rapide qui permet d’éviter de trop gamberger qui dit « on sait ce qu’on perd, on ne sait pas ce qu’on gagne ». Un peu comme à l’armée où l’on s’amusait à nous répéter « réfléchir, c’est commencer à désobéir » (il faut dire qu’on était une bande de Bac+4 et Bac+5, avec quelques normaliens qui posaient des questions aux adjudants que même nous avions parfois du mal à comprendre, mais je ne suis pas là pour vous raconter mes souvenirs de troufion). Réfléchir à se séparer, c’est déjà cesser d’imaginer que ce n’est pas possible. Que l’engagement que j’avais pris en faisant des enfants avec elle pouvait être rompu (que je me renierai, en somme – ce ne serait pas la première fois), que je pouvais, après avoir fait la promesse inverse, faire le même choix que des centaines de milliers d’autres personnes (dont mon frère et une de mes sœurs).
Pour rire, je m’étais dit que ma mère ne survivrait pas à une troisième séparation d’un de ses parfaits enfants et que j’attendrais donc sa mort comme préalable à la prise d’une telle décision.
Pour ne pas rire, je me disais qu’on était avec ma femme dans un projet (les travaux, l’emménagement dans notre nouvelle maison qu’on venait d’acheter cet hiver), que ma femme était également dans une phase importante de sa vie professionnelle et que je devais lui laisser la sérénité nécessaire pour la mener à bien, bref qu’il valait mieux attendre que ces deux échéances soient dernière nous pour prendre une telle décision.

Pour pleurer, je me disais que ma plus petite fille n’avait que quatre ans et demi et qu’elle ne comprendrait pas très bien que papa la quitte et que ma grande fille comprendrait mieux mais n’en serait pas moins triste, et que ce serait triste également pour moi de choisir de ne plus les voir grandir au quotidien parce que je pense pouvoir être plus heureux ailleurs ; de faire passer mon bonheur personnel devant le leur.

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Le troisième assaut, je suis en plein dedans et je vous écris au cœur du cyclone. Sa si grande proximité avec le coup d’avant (doublé en 2006 – lire aussi ici) est probablement révélatrice des dégâts causés à l’ouvrage. Une rencontre qui me bouleverse à tel point qu’en regardant vendredi, sur mon magnétoscope, les épisodes d’Urgences diffusés le dimanche qui précédait, je voyais dans les yeux de Juliette Goglia, guest star de dix ans (!) une ressemblance avec ceux de la femme avec qui j’avais joui dimanche et compatis (au strict sens étymologique) jeudi.

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Que ce soit avec J*** que j’ai perdue, ou avec M*** que j’attends (et qui à juste titre peut m’en vouloir de gamberger ainsi), ou avec une prochaine rencontre qui saura m’ébranler, je ne suis plus sûr de ne plus vouloir me contenter de cet équilibre que j’avais trouvé acceptable il y a quelques années.

Accepter de me priver de ces autres instants de la vie à deux que ne partagent pas les amants.

Continuer de ne vivre pleinement ma sexualité que sur des créneaux planifiés généralement avec une semaine d’avance (merci de prévenir par SMS avec accusé de réception).

Ne jamais, ou quasiment jamais, dormir avec celle qui aura illuminé ma soirée (sentir nos deux corps collés l’un contre l’autre sans regarder ma montre, m’endormir, me réveiller pour la caresser et lui refaire l’amour, à moins que ça ne soit justement elle qui viennent de me tirer des songes avec sa bouche érectophère).

Ne pas faire la cuisine pour elle, en racontant ma journée de merde et dire du mal de Ségolène Royal. Ce soir, je mets de l’ail dans la sauce, on ne s’embrassera pas ! Et en repoussant les vampires, la nuit venue, nous nous embrasserons quand même.

 

  1. On peut douter de la pertinence de l’emploi ici du verbe falloir. Cela dépend de ton propre sens moral, ami lecteur. C’est celui que je crois, moi, devoir employer. Tu pourras trouver une discussion pas inintéressante ici. []
  2. Dans la recherche d’un coup d’un soir, l’homme marié se contentera généralement de ne pas évoquer son statut – ou de mentir s’il est interrogé sur la question – pour parvenir plus aisément à ses fins. Comme ma recherche est différente, c’est une démarche qui n’est pas mienne, que je trouve légèrement malhonnête mais que je ne condamne pas définitivement pour autant. Si les femmes célibataires jouaient plus franc jeu concernant les coups d’un soir (j’ai une envie, je l’assume, sans me réfugier derrière des prétextes comme : il est célibataire, il est intelligent et drôle et charmant, une histoire est possible alors que dès demain il ne appartiendra déjà au passé), les échanges seraient plus sains, il y aurait moins de tromperies. []

[158] J’ai testé pour vous : péter dans la soie

medium_calecon.jpgLongtemps, j’ai porté des slips Kangourou…

Le modèle Monoprix, blanc, on ne peut plus standard. Acheté avec amour (?) par ma môman. Increvable. Pendant longtemps, je ne m’en souciais guère, marchand d’pomme de terre, mais quand je me suis rendu compte que mes envies de baiser pouvait être réciproque, c’est à dire sur le coup de mes 18 ans ½, il s’est avéré utile de renouveler un peu ma garde-robe (quoi qu’en l’occurrence garde-robe ne semble pas le terme le plus approprié). À l’époque (projette-toi, ami lecteur, vingt ans en arrière. Ouch !), le boxer n’était pas encore ce qu’il est aujourd’hui (à savoir : incontournable), et, amie lectrice, le string n’avait pas non plus le succès qu’il a aujourd’hui (succès à mon sens immérité, mais c’est un autre sujet sur lequel je reviendrai peut-être à une autre occasion).

Ainsi, j’ai donc commencé à m’équiper en caleçon. Mon tout premier devait être un caleçon Citroën (si, si, avec le double chevron rouge) offert par mon oncle qui bossait chez P.S.A. et piqué à ma sœur (car le caleçon était mixte à cette époque troublée). Puis quelques autres. Je tournais avec un stock restreint de deux ou trois caleçons, réservés aux — rares — journées où j’avais un rendez-vous galant et le reste du temps j’essayais de faire rendre l’âme à mes slips en les portant autant que possible (incapacité névrotique à jeter). Increvables, ces trucs, je vous dis.

Puis est venu le jour où l’on m’a offert un caleçon en soie. Alors là, pour moi, c’était le sommet du raffinement. Extrêmement doux, brillant, j’y voyais le comble de l’érotisme en matière de sous-vêtement masculin. Je le réservais donc aux grandes occasions mais je ne crois pas (il faut toutefois se méfier de ma mémoire que je n’estime pas fiable sur ce point-là) qu’il m’ait valu des commentaires particulièrement élogieux. Il faut dire que le caleçon a un gros défaut, c’est qu’il ne (se) maintient pas. On peut donc facilement se retrouver avec un bout de sexe qui pendouille d’une jambe retroussée, ce qui n’est pas très glamour. Face à une femme, un gentleman évite d’avoir le sexe qui pendouille : il bande avec ferveur pour montrer à sa dame l’émotion qu’elle lui procure. En ces circonstances, le caleçon (en soie ou pas) n’offre pas une prestation de premier choix. Certes, il ne comprime pas le sexe comme dans un slip où la bandaison est toujours délicate et généralement inconfortable. Mais là où le boxer dessinera un doux relief que votre partenaire a immanquablement envie de dessiner des doigts, le caleçon ne laissera apparaître qu’une bosse proéminente. Tu as un lapin dans la poche où c’est la joie de me revoir ? Reconnaissons au caleçon toutefois une qualité érotique : la facilité avec laquelle une main peut s’engouffrer dans une de ses jambes (voire deux mains) pour aller caresser le lapin.

Péter dans la soie n’apporte pas de plaisir particulier, par rapport à du coton.
Le caleçon en soie est certes plus doux et chatoyant que son homologue en coton, mais il a un grand inconvénient : il se lave à la main. Et passé les instants de tendresse et/ou de sexualité bestiale avec ma partenaire, quand il s’agit de devoir nettoyer ce charmant bout de tissu, curieusement, les femmes de ma vie ne montraient aucun enthousiasme : Démerde-toi (sic) avec ton caleçon, Jérôme ! (ami lecteur, et surtout amie lectrice, quelques précisions pour que je ne passe pas ici pour un sale macho : d’une part, je n’ai jamais demandé à mes amantes de s’occuper de laver mon linge, d’autre part, s’il est exact qu’au court des deux périodes de ma vie où j’ai vécu en couple, la lessive était plutôt une tâche prise en charge par ma partenaire, il n’en reste pas moins que je participe aux tâches domestiques et au tout premier rang desquelles : les courses et la cuisine. Quand je ne fais pas jouir ma femme, je la fais rire. Quand je ne la fais pas rire, je la régale. Elle est ma prisonnière à jamais ! ah ah ah ah ah !).

Péter dans la soie (et là, attention, on entre dans un niveau de glamour rarement atteint ici qui plaira à mon amie Lib) fait courir le risque de se retrouver à nettoyer sa merde.

Bref, péter dans la soie, quand on n’a pas de domestique, c’est un peu péter plus haut que son cul. 

[157] Comme un éclair

Il était autour de 20 heures. Deux coups frappés sur la porte. Nous voilà elle et moi au pied du mur.

J’enclenchai sur mon lecteur L’hôtel, la reprise par Michaël Stipe du morceau de Gainsbourg L’hôtel particulier de l’album Monsieur Gainsbourg Revisited. Les autres morceaux qui s’enchaîneront seront ceux que j’ai réussi à mettre en file dans la fébrilité des derniers préparatifs, pris par le temps alors qu’elle m’avait annoncé son arrivée.

Au cinquante-six, sept, huit, peu importe
De la rue X, si vous frappez à la porte
D’abord un coup, puis trois autres, on vous laisse entrer
Seul(e) et parfois même accompagné(e).

J’étais chargé de m’occuper de l’ambiance musicale, et elle « du reste ». J’ai un peu empiété sur mes prérogatives, j’ai aussi arrangé l’éclairage (qu’elle voulait feutré) et prévu de quoi nous désaltérer (une bouteille au frais) et de quoi la pénétrer (préservatifs & gel sur une tablette). Tout devait être en place, car voyez-vous, moi je n’allais plus y voir grand chose. Depuis le matin, je transpirais. Je transpirais d’angoisse, de stress, de tous les « et si… » que mon cerveau envisageait, « et si… » qui conduiraient à l’échec de cette rencontre. La nuit qui avait précédé, déjà, n’avait pas été bonne. Je ne trouvais pas le sommeil, je me tournais et retournais dans mon lit. J’avais anticipée cette insomnie, j’avais tenté de la désamorcer en faisant l’amour avec ma femme, mais ce soir-là, comme beaucoup d’autres, elle n’avait simplement pas envie. J’ai tant d’amour et de désir à donner, elle en accepte si peu… J’arrivais à sauver 5 heures de sommeil dans cette nuit. Depuis le matin se secrétait donc sous mes aisselles l’odeur âcre de la peur que je tentai de dissimuler avec un peu de parfum et un rapide coup d’eau savonneuse arrivé dans la chambre de l’hôtel. La transpiration des préparatifs a changé de nature. Je transpirais d’émotion. Je n’avais plus le temps d’avoir peur. Mon visage était rouge et mon cœur palpitait.

Deux coups frappés à la porte, c’était elle. Je plaçai sur mes yeux le foulard que j’avais choisi pour bandeau. Il cacherait un peu de mon émotion, finalement.
Aveugle. D’un pas peu assuré, j’entrouvris la porte et me rassis comme il avait été convenu, entièrement habillé, sur la chaise, immobile.

Une servante, sans vous dire un mot, vous précède
Des escaliers, des couloirs sans fin se succèdent
Décorés de bronzes baroques, d’anges dorés,
D’Aphrodites et de Salomés.

On peut rire des craintes que je formulais à ce moment. La première, qu’elle ne vienne tout simplement pas, était repoussée (crainte qui n’avait rien d’absurde : dans le passé j’ai hélas eu droit à un lapin dans un hôtel, d’une femme qui avait eu peur). Elle était là. La seconde, que ce soit une imposteuse (autour de cette crainte, des tas de variantes : qu’elle soit plus vieille, difforme, moqueuse, violente…) et la troisième, qu’elle soit simplement déçue et tourne les talons… ces deux-là s’évanouirent quand j’entendis le premier son qu’elle prononça. C’était un grand soupir ou un Oh ! qui ne dissimulait pas sa propre émotion de se retrouver à mes côtés, dans la même situation. Elle aussi avait mal dormi. Elle aussi avait eu son cœur agité toute la journée, l’esprit tout entier tourné vers son rendez-vous clandestin du soir avec moi.

S’il est libre, dites que vous voulez le quarante-quatre
C’est la chambre qu’ils appellent ici de Cléopâtre
Dont les colonnes du lit de style rococo
Sont des nègres portant des flambeaux.

Je n’ai pas contrôlé le premier geste que j’ai eu, je n’imaginais pas que ce serait celui-là : j’ai tendu ma main vers elle, comme si j’allais me noyer. Je me noie si je ne te touche pas. Je suis perdu dans le noir et j’ai besoin de ton contact. Les effleurements auraient pu durer longtemps. Nous avions du temps devant nous. Nous découvrions chacun ce jeu pour la première fois. Elle aurait pu lentement me supplicier, faire monter son désir, éprouver le mien. J’étais à sa merci, vous disais-je. Mais le désir ne s’est pas fait attendre, il nous a bien vite emporté l’un contre l’autre.

Entre ces esclaves nus taillés dans l’ébène
Qui seront les témoins muets de cette scène
Tandis que là-haut un miroir nous réfléchit,
Lentement j’enlace Melody.

 

 

J’ai revu M*** quelques jours après.

Frappée par un éclair, un autre, vacillante, au bord du vide.

Un sourire triste, mais un sourire tout de même, passait de temps à autre sur son visage.
Ses yeux, magnifiques, me faisaient baisser les miens. Je souhaitais qu’ils me dévorent encore.
Que notre rencontre ne se résume pas à ces deux éclairs.

Premier éclair de plaisir — qui nous emporte.
Second éclair de destruction — qui punit au prix fort les amants adultères.

 

Merde merde merde ! La vie doit l’emporter. La vie devrait toujours l’emporter.

Et moi, pour la deuxième fois cette année, condamné à voir souffrir une femme à laquelle je tiens sans pouvoir vraiment l’aider.

[156] J’ai niqué

ma montre au concert de Peaches.

La soirée aurait tout à fait pu prendre une autre tournure. Je me serais installé quelque part, dans la salle, plutôt au fond, et j’aurais apprécié le rock tonique de Peaches qui porte terriblement bien son nom (quelle pêche !), j’aurais dansé sur les morceaux les plus entraînants et montré ma joie sur les autres en gigotant des mains.

J’aurais bu une deuxième bière (la première, prise à mon arrivée, 3€50 le demi de Kronenbourg, c’est plus pour perpétuer la tradition des concerts que j’en ai pris une).

Seulement voilà, je suis arrivé tôt (c’est à dire à l’heure), je me suis assis à côté de ceux qui étaient assis, au centre, à peu près au cinquième rang… Et là, tout était différent…

medium_montre.jpgAmi lecteur, je t’informe que moi, Comme une image, burpeur pré-quarantenaire, j’ai pogoté. Si, si. J’ai retiré ma chemise car la chaleur était vive, me retrouvant alors en marcel gris (eh oui carrément, avec même pas un truc rigolo écrit dessus genre « I fucked your girlfriend », trop drôle) entouré de quelques autres fous furieux (un peu plus fous et un peu plus furieux, pour certains ayant abusé de substances prohibées — je ne fais pas référence ici à la Kronenbourg pression) et on bougeait dans tous les sens au rythme des accords de guitare.

La transpiration aidant, le bracelet de la montre que je portais au poignet (comme la plupart des gens) commençait à glisser. Et ce qui devait arriver arriva, il a fini par s’ouvrir, montre tombée à terre, écrabouillée, aiguille des minutes ayant « repris sa liberté » (cf. notre photo du jour).

Je précise au passage que la montre continue de fonctionner et que je dispose de l’heure désormais à 15 minutes près, environ. Ma montre étant devenu une montre gousset au passage.

Ahhhh mais c’était un putain de bon concert.

Parmi les messages forts et à haute portée philosophique diffusé par Mzelle Peaches, je retiens ceux-ci :
— 2 boys 4 every girl
— I don’t want to choose between boys and girls

Au rayon déception, je signalerai juste que la chanteuse a gardé jusqu’à la fin sa culotte et son soutien-gorge. Petite joueuse ! (Alors qu’un groupie a réussi à venir montrer ses fesses une demie seconde).

₪ ₪ ₪ ₪

Une pensée pour M*** qui n’avait pas la pêche, elle.

[154] Dis papa ?

medium_Eurostar.jpgLa dernière publicité Eurostar, que tu n’as pas pu louper, ami lecteur, à moins de rester terré dans une cave depuis 8 ans comme Natascha Kampuch, vu qu’elle fleurit dans tous les abribus et 4×3 de la région parisienne (ami lecteur de province, c’est pareil chez toi ?) est visuellement assez géniale.

Un œuf au plat et quelques haricots forment une composante standard de l’english breakfast.

La légende dit :

LONDRES EN AMOUREUX
100 € A/R POUR DEUX°

Puis une astérisque renvoie sur les conditions écrites en tout petit en bas de l’affiche.

 

La grande réussite de cette image, c’est son pouvoir évocateur. Ma petite fille voit un œuf au plat et des haricots en sauce.

Et nous autres, nous y voyons … euh… une ôde à une alternative pour qui n’est pas fanatique de gastronomie anglaise.

 

Chapeau aux pubards qui ont pondu ce visuel pour leur esprit … fécond ! 

[153] Les normands

Mauvaise humeur

Entendu hier mardi dans un journal matinal de France Inter, à propos du projet de loi pour la privatisation de GDF.

Passons sur le fait que l’état revient sur une parole d’état ; tout ceci continue d’apporter du discrédit au monde politique et la gauche, notamment sur le sujet des privatisations, n’a pas vraiment lieu de pérorer.

Non, ce qui m’a fait tressaillir, c’est la remarque suivante : M. Sarkozy serait opposé à cette privatisation mais demande aux députés UMP (dont il est le chef, pour rappel) de voter pour de manière à ne pas apporter de divisions au sein de la majorité.

Et le journaliste de conclure qu’ainsi il était gagnant sur les deux tableaux. 

Mais je rêve !!!
Il faudrait, selon le cas, pour que ça les arrange, juger les politiques (au pouvoir) sur leurs intentions et non leurs actes ???

Genre : je suis contre la peine de mort mais je vote tout de même pour son rétablissement parce que vous comprenez…
Genre : je pense que l’accusé est innocent mais pour ne pas choquer M. le juge je vote coupable.

C’est vraiment prendre les gens pour des cons. 

 ۞

Autre chose qui m’a énervé dans le journal de ce mercredi matin, cette information : « la France a refusé l’offre de l’Iran de surveiller son programme d’enrichissement d’uranium. » Point barre. Une information assez capitale, tout de même, compte tenu des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, de l’impact du nucléaire, etc.
Sur le pourquoi du non français, rien. Fin de l’information, aucune explication, aucun éclaircissement. J’ai cru un instant que je lisais ce torchon qu’est Métro.

C’est vraiment s’assurer que les gens restent cons.