[181] Oups

Je ne résiste pas à l’idée de publier ici ce petit strip qui circule sur le net et que Presque² m’ont judicieusement fait suivre. 3 heures du matin, c’est l’heure à laquelle je rentre chez moi, d’ailleurs.

* * *

 

oups

[179] Le repas des fauves – Nadia (3)

L’épisode précédent est ici, l’ouverture était . Pour rappel, nous sommes au mois d’août. Les décors sont de Roger Harth.

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Tu lisses ta robe, tu l’époussettes comme si tu allais ressortir. Pendant que je fais le petit nœud à la capote, le petit nœud qui me sert à ne pas oublier que j’ai joui, tu me proposes quelque chose à boire. J’opte pour un jus de fruit. J’ai chaud, j’ai soif, j’ai juste besoin d’énergie et non d’ivresse — elle est déjà au rendez-vous. Tu me tends mon verre. Je me suis assis sur un tabouret de ton bar américain. Tu vas chercher au fond de la pièce son frangin pour t’asseoir face à moi. Je suis nu, tu es encore habillée. Je te dis mon plaisir de t’avoir rencontrée, et la discussion glisse sur Internet, la faune qui y grouille, les rencontres ratées, les rencontres réussies. Et ça dérape sur tout ce qu’Internet a changé à nos vies. Vraiment n’importe quoi. Comment en est-on arrivé à parler de trucs du genre « et toi, ton matelas, tu l’as aussi acheté par Internet ? ». Nous parlons e-commerce en sirotant nos verres et ta main caresse mon sexe. « Le matelas non, mais mon lave-linge oui ». Mon sexe est mou dans ta main mais ta caresse est agréable, tendre. « — Et pour les courses, Internet aussi ? — Non, non, j’ai tout ce qu’il faut en bas de chez moi » (et c’est vrai, tu habites dans un quartier commerçant). Et d’un coup comme si l’on venait de siffler fin de la pause, alors que tu n’as rien changé à la façon dont tu branlais ma queue, elle se met à réagir, à gonfler entre tes doigts. La conversation continue mais tu t’es interrompue une seconde pour sourire. J’en étais à te raconter que je faisais mes courses en supermarché mais que, quand même, pour les primeurs et la boucherie, je préférais les petits commerces de quartier qui servaient tout de même autre chose comme qualité, quand tu as repris mon sexe dans ta bouche. Ah oui, ça t’avait un peu frustrée que je t’interrompe tout à l’heure dans ton exercice de baiseuse décomplexée, qui suce son amant comme on embrasse. Alors je me dis que je vais m’offrir ce petit plaisir sadique de me laisser faire, de voir si tu auras la patience de me sucer jusqu’à ce que je jouisse, ou si tu t’arrêteras avant. Je ne dis rien de ce défi qui restera silencieux, mais tu le relèves en t’appliquant. Tu alternes les baisers autour de mon gland, les jeux de langue et les moments où tu me pompes avec énergie, en me prenant profondément dans ta bouche. Tu me branles aussi de la main droite, tu prends mes couilles dans la main gauche et tu les remues comme ces boules chinoises à grelot. Un chouïa plus délicatement, tout de même. Pendant ce temps, j’essaye de poursuivre la conversation. Je monologue, en réalité, je te donne quelques conseils sur la façon dont j’aime qu’on me suce, je te parle des différents quartiers de Paris que j’ai habités, je détaille quelques endroits de ton corps qui me plaisent (tes seins magnifiquement dessinés, par exemple, le velours de ta peau, l’onde de tes hanches…) et de temps à autre ta bouche laisse un instant ma queue pour commenter ou relancer la conversation mais repart rapidement à l’ouvrage. De temps à autre moi même je fais silence, je lâche un râle quand ta caresse est particulièrement efficace et fait grimper mon plaisir. (suite…)

[172] Accentuons avec entrain nos majuscules

Tu l’auras peut-être noté, ami lecteur, je suis un peu maniaque des majuscules accentuées.
Je ne saurais plus dire quand cette addiction a commencé. C’était il n’y a pas si longtemps que ça. Bon, ça faisait longtemps que j’étais chatouilleux sur les questions orthographiques (en dépit de mes nombreuses lacunes, je ne prétends pas briller aux dictées de Mérimée ou de Pivot (o tempora…) et puis j’irai pô, si j’en ai enfin terminé avec les études ce n’est pas pour me remettre à plancher, les concours, ras-le-bol !). Je m’étais aussi intéressé aux questions typographiques lorsque j’étais rédac’chef de la feuille de chou dans mon école d’ingénieur, mais à cette lointaine époque, le Net n’existait pas (et toi, ami lecteur, te souviens-tu de ce que pouvait être ta vie sans Internet ? la téloche comme seul écran sur le monde ? moi j’ai oublié comment je survivais dans cette préhistoire).

Quand j’ai ouvert cette vaste fenêtre, forcément, le monde a changé et c’est sans difficulté que, cherchant des précisions sur les tirets cadratins ou les espaces (n.f.pl.) insécables, je tombai sur des sites documentés et étayés de spécialistes de typographie. Ô extase ! 

Quant aux majuscules accentuées, je me souviens d’être tombé sur une polémique concernant l’acronyme UQAM (ou UQÀM). Fallait-il mettre ou non son accent au A majuscule de l’Université du Québec À Montréal? Il faut savoir que les francophones du Canada sont accrochés à la langue française bien plus que les Français de France ne le sont, probablement parce que cette langue est fondamentalement constitutive de leur différence (quand pour nous elle n’est que vecteur de rassemblement, ce qui n’est pas si mal).

Si tu vas sur leur site, ami lecteur, tu constateras que le choix a été fait de mettre l’accent et j’en suis fort aise car je préconise moi aussi l’usage immodéré des majuscules accentuées.

Pourquoi les majuscules accentuées sont rares ? Tout simplement pour des raisons techniques. Quand les premières machines à écrire ont vu le jour, il n’y avait pas la possibilité de mettre assez de touches pour faire figurer ces caractères accentués.

On est légèrement dans la merde avec nos claviers d’ordinateur car le clavier AZERTY en usage en France n’offre qu’à peine mieux (ami lecteur utilisateur d’Apple™, je te prie de m’excuser de ma méconnaissance du clavier des Mac, il n’est pas impossible — mais pas certain non plus — qu’Apple offre une ergonomie plus élevée que PC dans le domaine de la saisie des majuscules accentuées : un commentaire pour nous éclairer sera le bienvenu).

Bon, pour les circonflexes ^ et les trémas ¨, c’est fastoche. La touche est prévue pour.
On commence par appuyer sur la touche ^ (celle qui est à droite du P) puis la lettre majuscule souhaitée :
Â Ê Î Ô Û
ou Maj + ^ pour les trémas
Ä Ë Ï Ö Ü

Au passage : je suis assez nul en tréma (l’accent qui sert à dire qu’une lettre doit se prononcer : ambiguë ne se prononce pas comme garigue), je ne sais jamais trop quand il faut le mettre ou pas : ambiguë ou ambigüe ? inouï ou inoui ? Alors → dico !

Ça se complique par la suite.
Commençons par l’accent grave. Pour celui-là, Windows nous facilite (légèrement) la tâche. Ami lecteur, entraîne toi, tire la langue et appuie sur les touches Ctrl + Alt + 7 (le 7 qui est au dessus du Y et du U : [7è`]) puis sur la lettre majuscule à accentuer. Truc de ouf ! À È Ì Ò Ù 

Quant à l’accent aigu, il ne nous reste plus que les yeux pour pleurer.
On pourrait imaginer répéter le miracle de l’accent grave avec la touche [4′{] mais walou, ça marche pô.
C’est plus pervers que ça. Ça marche dans Word™ uniquement.

Ctrl+4 puis E, sous Word,  ça donne bien É. Mais pas ailleurs.

Comment faire, alors ???

Eh ben, autant être franc avec toi, ami lecteur, il faut se faire chier.
La première méthode consiste à apprendre par cœur les codes à saisir pour chacun des caractères fréquents dont on a besoin.

0201 pour un É : Maintenir la touche ‘Alt’ appuyée, saisir 0201 sur le pavé numérique à droite (sinon ça ne marche pas), relâcher le Alt et hop, le É apparaît.

Quelques uns des codes que j’utilise le plus : 

0199 pour le Ç
0201 pour le É
0156 pour le œ
174 pour le «
175 pour le »
0153 pour le ™
0174 pour le ®
0169 pour le ©
0160 pour l’espace insécable (que ce salaud d’éditeur de notes sur H&F fait disparaître, grrr)

Et pour le reste, j’utilise la table des caractères :

Menu Démarrer / Programmes / Accessoires / Outils système / Table des caractères.
(NB : Je me suis programmé un raccourci clavier pour le lancer directement sans avoir à me fader tout le menu.) 

Table des caractères

Dans cette petite application, on trouve une tripotée de caractères dont on ne sait que faire (c’est beau l’unicode) et pour une partie d’entre eux, on trouve l’indication que j’ai ici entourée en rouge : le « raccourci » (c’est un bien grand mot) clavier à saisir pour obtenir directement le caractère.

Sinon, on sélectionne les caractères souhaités, et on fait un classique copier-coller.

C’est comme ça que je fais de jolies frises. 

jolie frise
↓ 

₪ ₪ ₪

 

Une alternative consiste à activer, dans Word™, l’option Majuscules accentuées. Ensuite on tape son texte et avec un peu de chance Word propose alors de corriger les mots où l’accent manque. Si vous tapez « Elèves » il proposera « Élèves ». Si vous tapez « A demain », il s’en satisfera et il ne vous restera plus qu’à vous taper à la main le « À » par l’une des méthodes proposée ci-dessus.

Pour activer l’option en question, Menu Outils choix Options… onglet Édition (notez l’accentuation dans le choix Word !) puis cochez Majuscules accentuées en français.

Options Word

 

Bon courage !

[171] Fantaisie militaire

Zichy

Le doigt
Sur la coulure
De mes fesses – tu repasses.

Deux doigts
De musc (ah !)
Qui font taire tes lèvres — Shhhh…

Adroits
Tes gestes et
Nos yeux tendus vers demain


Lithographie de Mihaly Zichy

Titre emprunté à Bashung — sans raison particulière, pourquoi en faudrait-il une ?

[170] En voiture !

C’est l’histoire de Lapin et de Renard.
Lapin et Renard sont copains comme cochons. Dès qu’ils en ont l’occasion, ils sortent ensemble, dansent, se biturent tout en refaisant le monde. Un samedi soir, Lapin qui avait particulièrement poussé sur le Ti Punch est dans un état pas possible. Renard lui dit : « Écoute Lapin, tu es dans un état lamentable, tu ne ferais pas la différence entre un bigorneau et un hamster, tu seras incapable de retrouver ton terrier. Accroche-toi à ma queue, je te ramène chez toi ». Lapin est incapable d’argumenter, répond une sorte de oui, trouve suffisamment de force pour s’accrocher à la queue de Renard et arrive chez lui bon gré, mal gré.
La semaine suivante, nos deux compères repartent pour une tournée rue de la Soif. Et, par un juste retour des choses, cette fois-ci c’est Renard qui a dépassé la dose. Lapin lui dit : « Renard, mon copain, mon pote, mon ami, tu es complètement cuit. Jamais dans cet état tu ne retrouveras ta tanière. Monte dans ma voiture, je te ramène chez toi. » Moralité : quand on a une petite queue, il vaut mieux avoir une grosse bagnole.

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VW Polo
Une polo

C’est avec H*** que, pour la première fois, j’ai « eu du sexe » dans une voiture. H*** était — est — mon premier grand amour. Elle avait une Polo blanche. Une Polo v1. C’est une vieille histoire que celle-ci, une histoire du temps où les Nouvelles Polo, ça n’existait pas encore. Du temps où les noms de voiture étaient toujours au féminin. Désormais, on entend « un espace ». C’est affreux. N’importe quel typographe vous dira qu’il faut dire une espace. Mais je m’égare.

Nous étions donc sur la route des vacances, direction chez ses parents. Et peut avant d’arriver, on s’était promis une escale pornographique. Dont acte. Nous avons coïté comme on coïte dans une voiture : de façon assez inconfortable. Il faut bien avouer que le fantasme de faire l’amour dans une bagnole, aussi banal soit-il, est assez inconfortable dans la vie réelle. Ce qui ne doit pas rebuter pour autant. Il faut savoir se sacrifier dans la vie : un peu de confort sur l’autel des bons souvenirs.

L’histoire est assez ancienne. Pardonne-moi, ami lecteur, pour l’absence de détails dont je ne régale pas ton œil avide : je les ai moi-même un peu oubliés. Ai-je joui ? A-t-elle joui ? Avons-nous stoppé nos activités borderline (je me souviens d’une petite route de campagne, champs de blé aux alentours) rassasiés, pressés par le temps ou las de sentir le levier de vitesse dans les côtes (ne pas oublier l’accent).

Deux ans de vie commune. Pas de post-scriptum.

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Une Peugeot 205
Un sacré numéro

N*** passa rapidement dans ma vie à un moment où j’en avais grand besoin (traversée du désert sexuel, pour ceux qui n’auraient pas compris). Elle habitait O***. Moi je vivais entre Paris et C***. On s’était rencontré à l’occasion d’une soirée parisienne. Une soirée de minitellistes ! Elle n’était pas minitelliste, elle était venue invitée par une copine, C***, minitelliste, elle, que je connaissais, moi-même minitelliste en ces temps préhistorique où l’on n’imaginait même pas pouvoir draguer à l’aide d’un logiciel Microsoft (le Tout p’tit mou, ça vous tente, vous ?).

N*** était une belle brune. N*** était une belle beurette. Ça n’a pas duré très longtemps entre le moment où l’on s’est vus elle et moi et celui où l’on se roulait de grosses pelles sur le capot d’une voiture (et pourtant, la drague en direct, ça n’a jamais été mon fort). Malheureusement, ce soir-là, je devais rentrer chez papa-maman, elle je ne sais plus où, il fallut remettre nos ébats à plus tard.

L’occasion nous fut donnée par une excellente initiative de C*** de nous proposer un week-end en région bordelaise, à quatre. Elle, son copain du moment, N*** et moi. Nous avons emprunté la voiture de N***, une 205 rouge qui nous fit une mauvaise surprise au retour : cardan qui lâche, retour à vitesse réduite (pas de garage ouvert le week-end pour nous tirer d’affaire) avec de grands clac clac clac clac à chaque virage (et un rayon de braquage qui augmentait au fil du temps, nous obligeant à bloquer les carrefours pour tourner de 90°).

Mais c’est à l’aller que la 205 de N*** allait nous offrir un joli souvenir. C*** et son ami étaient à l’avant. N*** et moi discutions à l’arrière. Discussion qui se transforma en flirt. Flirt qui se mua en caresses tandis que la voiture filait sur l’autoroute. Je branlais N*** qui me le rendait bien. Nous avions trouvé un plaid pour masquer un minimum nos ébats. Les deux à l’avant eurent le tact de faire comme si de rien n’était, discutant entre eux sans nous interpeller.
Notre excitation grandissant, l’envie de la pénétrer se fit pressante. Je me tordais comme je pouvais, allongé le dos sur la banquette, le bassin projeté en avant. Elle présentant ses fesses et s’enfourchant sur ma queue. Était-ce l’excitation de la situation, les sensations particulièrement intenses ou la trop longue abstinence qui avait précédé, toujours est-il que je jouis trop rapidement au bout de quelques minutes, trop vite pour qu’elle puisse jouir également. Je m’en suis un peu voulu de cette jouissance prématurée, culpabilisant pour ce plaisir, ce souvenir intense qu’elle m’avait donné et que je n’avais pas pu lui rendre en retour. Le week-end, heureusement, ne faisait que commencer. Mais de la suite, je ne me souviens absolument pas. Seul ce moment brille encore (mais avec un vif éclat) dans mes souvenirs.

À toi, N*** que j’ai perdue de vue (tu t’es mariée je crois, tu es allée t’installer à Strasbourg), un grand merci pour ce moment offert il y a quinze ans (et les quelques autres).

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Une Peugeot 106
Une 106

Je n’ai passé qu’une nuit, enfin, une longue partie d’une nuit, avec L***. Dans ma voiture, cette fois. J’étais heureux de cette érotisation de ce véhicule familial. On peut y voir une volonté transgressive. Ou simplement l’érotisation de ce qui manque d’érotisation (de même que l’on se parfume alors que notre propre odeur corporelle n’est pas forcément désagréable). Nous nous sommes garés à l’ombre de la Préfecture de Police de Paris, c’était calme. Ça a démarré comme ça démarre toujours : par de longs baisers, des caresses de plus en plus appuyées, l’urgence qui se fait ressentir, des mains qui dénudent pièce par pièce le corps de l’autre, en se limitant généralement aux vêtements dont l’absence est indispensable à notre envie. Elle m’ôte ma chemise pour caresser mon torse, j’ôte son pantalon car elle n’a pas de jupe pour atteindre son sexe, etc. Et l’on jette occasionnellement un œil dehors pour vérifier que personne ne se rince le sien (d’œil) de manière inélégante. Comme il fait froid dehors, les vitres se couvrent peu à peu de notre buée, notre habitacle se transforme en hammam.

Je me suis agenouillé pour lécher L***, elle me branle quand ma position le permet. Enfin je la pénètre. Nous prenons notre temps, mais ni l’un ni l’autre ne jouira. Pas assez confortable, ma p’tite voiture. Je me souviens que nous avons ensuite longuement discuté, tendrement, elle, radieuse, simplement vêtue de son soutien gorge et de ses petites chaussettes, moi, ravi, en chaussettes. Nous parlions comme si nous nous connaissions depuis toujours.

Le lendemain, je remarquais sur le siège droit une tache de cyprine que je décidai de laisser telle quelle, anodine pour autrui, délicieux souvenir pour moi.

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Le temps que je passais avec J*** offrit à ma voiture de nombreuses occasions de nourrir ma mémoire érotique. Ça commence tout simplement par le trajet que je faisais avec elle (ma voiture, pas J***) pour la rejoindre (J***, pas ma voiture) chez elle. Porte d’Orléans → Porte de Clignancourt. Chaque fois que j’entrais sur le périphérique, que ce soit pour aller travailler ou aller chez elle, j’avais le réflexe pavlovien de penser à elle. Pensées souvent accompagnées d’actes ; je l’appelais au téléphone, ou je lui envoyais des SMS. Quand J*** m’a quitté, j’ai pensé que ce trajet me serait à chaque fois un pincement, le souvenir d’un bonheur enfoui.

Avec J***, nous avons souvent déambulé dans les rues de Paris. Nous nous embrassions aux feux rouges. Sa main fréquemment s’aventurait entre mes jambes, la mienne délaissait le levier de vitesse pour glisser entre ses cuisses (merci à ma main gauche pour son soutien occasionnel — aucun accrochage à déplorer). Ma voiture était tout simplement une antichambre de nos ébats.

Une fois, je me garais sur le petit parking qui se niche derrière la gare des Invalides. C’était l’hiver, c’était déjà la nuit. J’allais chercher J*** qui travaillait à deux pas. Enfermés dans le véhicule, nous nous sommes jetés l’un sur l’autre. Sa bouche eut rapidement la bonne idée de venir goûter ma queue. Et je me laissais faire. Est-ce qu’une voiture est un meilleur endroit qu’un autre pour se faire sucer ? La réponse est évidemment non. Ni meilleur, ni moins bon. Tous les endroits sont bons.
Je m’occupais ensuite de lécher J*** parce que je ne suis pas chien. Parce que j’aime ça, aussi. Parce que j’adore ça (j’en fais pas trop, dans le genre auto-promo, amie lectrice, humm ?). Même si – en toute impartialité – il est objectivement plus commode dans l’habitacle de sucer une queue que de lécher une chatte.
Ensuite, nous avons essayé différentes positions, pour voir ce qui était le plus pratique, le plus agréable, le plus rigolo. Les vitres étaient couvertes de buée et le lendemain je me demandais si les traces de nos mains, qui s’étaient collés dessus, ne seraient pas visibles. Je passais aussi un certain temps à chercher où avait bien pu se nicher un de mes préservatifs (c’était sur le tableau de bord, et pas sous les sièges, canaille !).

J***, je me souviens aussi de nos traversées de Paris où tu me guidais, de nos stationnements du côté de Pigalle ou à côté de la guérite. Je me souviens aussi du trajet que nous n’avons pas fait pour aller en forêt trouver un terrain pour nos ébats.

[159] Crush

NB : Ami lecteur, tu (re)trouveras dans cette note-ci un billet abordant sensiblement les mêmes thèmes, avec un angle différent. Malgré quelques répétitions, ils ne sont pas redondants.

Je crois que, me mentant à moi-même, je mens aux autres, en leur refourguant le laïus dont je m’autoconvaincs. Mais depuis quelque temps, mes certitudes se craquellent et j’attends que, sans surprise, la digue cède.

Le contrat (avec moi-même, suite au constat que j’avais fait sur la situation et après plusieurs discussions avec ma femme pour tenter en vain de faire changer la situation) était pourtant simple : je m’ennuyais au sein de mon couple et il me fallait des extras. Je les trouvais auprès de femmes mariées, elles aussi à la recherche d’une sexualité plus solaire, nous nous rencontrions deux à trois fois par mois ; entre deux séances de baise furieuse, nous nous échangions des messages pour nous maintenir en appétit et au bout de quelques mois, nous passions chacun au partenaire suivant une fois épuisé le plaisir de la nouveauté. On ne risquait donc pas de s’attacher, la variété était au programme, le libertinage était homologué NF.

•♦•

Le premier coup de semonce se fit entendre à l’occasion de ma rencontre avec P***. Non contente d’être une amante très douce et très lubrique, P*** ajoutait à cela une conversation plus qu’agréable : je retrouvais avec elle une complicité intellectuelle proche de celle que je trouvais avec ma femme. Non que les amantes précédentes fussent inintéressantes, encore moins stupides, non, simplement avec elles c’était surtout côté cul que ça collait. Avec P***, ça collait en bas et ça collait en haut [ceci n’est pas une publicité pirate pour SuperGlue™].

Ma belle théorie comme quoi on ne pouvait pas trouver dans une femme tout ce que je recherchais s’en trouva légèrement ébranlée. Je m’enflammais un peu, lui fis part avec tact de mes doutes ; elle me recadra vite fait bien fait et nous poursuivîmes notre relation sur le mode léger & libertin sans accroc. Relation qui dure toujours, d’ailleurs, presque trois ans plus tard, même si désormais nous nous voyons assez peu.

•♦•

Le deuxième assaut apporta à mon code de conduite une secousse autrement plus dévastatrice. J’avais enfreint avec J*** la règle « femmes mariées only » (en réalité, plus qu’une règle, c’était plutôt une adaptation aux réalités du marché : l’homme marié et qui annonce franc jeu ne pas souhaiter changer cette situation et rechercher une liaison durable n’a guère la cote chez les célibataires, sauf dans certaines circonstances notamment post-ruptures). J*** étant simultanément une femme seule et monogame (j’avais donc d’une certaine manière la lourde responsabilité d’être pour elle un partenaire épanouissant) et une amante hors pair (ce qui constitue une excellente motivation pour assumer la responsabilité évoquée ci-devant), je me suis retrouvé dans une situation où elle était la seule à qui je voulais donner du plaisir, elle était la seule avec qui je prenais du plaisir.
Autrement dit, quand, avec S***, I*** ou P***, les émois sexuels que je vivais servaient à booster ma vie sexuelle conjugale (je retrouvais avec ma femme l’énergie d’être imaginatif pour deux), avec J***, ma vie de couple se trouvait asséchée. Je n’avais plus guère envie de faire l’amour avec ma femme, et quand je le faisais avec l’impression d’accomplir mon devoir conjugal, pour donner le change, je m’ennuyais. Gestes répétés machinalement, oui mon Amour, je sais te faire jouir, et toi aussi tu sais me faire jouir. Et vite ! En vingt ou trente minutes, la question est réglée. Bonne nuit et à la semaine prochaine.
Pour la première fois, avec J***, je commençais à me poser sérieusement la question : « Et si je quittais ma femme ? ». Se poser la question, ça ne veut pas dire y répondre, mais c’est déjà un début. Il y a une formulation rapide qui permet d’éviter de trop gamberger qui dit « on sait ce qu’on perd, on ne sait pas ce qu’on gagne ». Un peu comme à l’armée où l’on s’amusait à nous répéter « réfléchir, c’est commencer à désobéir » (il faut dire qu’on était une bande de Bac+4 et Bac+5, avec quelques normaliens qui posaient des questions aux adjudants que même nous avions parfois du mal à comprendre, mais je ne suis pas là pour vous raconter mes souvenirs de troufion). Réfléchir à se séparer, c’est déjà cesser d’imaginer que ce n’est pas possible. Que l’engagement que j’avais pris en faisant des enfants avec elle pouvait être rompu (que je me renierai, en somme – ce ne serait pas la première fois), que je pouvais, après avoir fait la promesse inverse, faire le même choix que des centaines de milliers d’autres personnes (dont mon frère et une de mes sœurs).
Pour rire, je m’étais dit que ma mère ne survivrait pas à une troisième séparation d’un de ses parfaits enfants et que j’attendrais donc sa mort comme préalable à la prise d’une telle décision.
Pour ne pas rire, je me disais qu’on était avec ma femme dans un projet (les travaux, l’emménagement dans notre nouvelle maison qu’on venait d’acheter cet hiver), que ma femme était également dans une phase importante de sa vie professionnelle et que je devais lui laisser la sérénité nécessaire pour la mener à bien, bref qu’il valait mieux attendre que ces deux échéances soient dernière nous pour prendre une telle décision.

Pour pleurer, je me disais que ma plus petite fille n’avait que quatre ans et demi et qu’elle ne comprendrait pas très bien que papa la quitte et que ma grande fille comprendrait mieux mais n’en serait pas moins triste, et que ce serait triste également pour moi de choisir de ne plus les voir grandir au quotidien parce que je pense pouvoir être plus heureux ailleurs ; de faire passer mon bonheur personnel devant le leur.

•♦•

Le troisième assaut, je suis en plein dedans et je vous écris au cœur du cyclone. Sa si grande proximité avec le coup d’avant (doublé en 2006 – lire aussi ici) est probablement révélatrice des dégâts causés à l’ouvrage. Une rencontre qui me bouleverse à tel point qu’en regardant vendredi, sur mon magnétoscope, les épisodes d’Urgences diffusés le dimanche qui précédait, je voyais dans les yeux de Juliette Goglia, guest star de dix ans (!) une ressemblance avec ceux de la femme avec qui j’avais joui dimanche et compatis (au strict sens étymologique) jeudi.

•♦•

Que ce soit avec J*** que j’ai perdue, ou avec M*** que j’attends (et qui à juste titre peut m’en vouloir de gamberger ainsi), ou avec une prochaine rencontre qui saura m’ébranler, je ne suis plus sûr de ne plus vouloir me contenter de cet équilibre que j’avais trouvé acceptable il y a quelques années.

Accepter de me priver de ces autres instants de la vie à deux que ne partagent pas les amants.

Continuer de ne vivre pleinement ma sexualité que sur des créneaux planifiés généralement avec une semaine d’avance (merci de prévenir par SMS avec accusé de réception).

Ne jamais, ou quasiment jamais, dormir avec celle qui aura illuminé ma soirée (sentir nos deux corps collés l’un contre l’autre sans regarder ma montre, m’endormir, me réveiller pour la caresser et lui refaire l’amour, à moins que ça ne soit justement elle qui viennent de me tirer des songes avec sa bouche érectophère).

Ne pas faire la cuisine pour elle, en racontant ma journée de merde et dire du mal de Ségolène Royal. Ce soir, je mets de l’ail dans la sauce, on ne s’embrassera pas ! Et en repoussant les vampires, la nuit venue, nous nous embrasserons quand même.