[195] Monsieur C.U.I. raconte le sexe (pour madame SexCie)

En suspension

 

À la demande insistante de notre camarade burpeuse Sex & Cie, je me livre ici au dévoilement des 10 secrets les mieux cachés (euh ?…) de la sexualité masculine.

Je signale au passage que j’aurais pu répondre directement en commentaire, mais je n’ai pas encore pondu de note aujourd’hui et il faut bien que je fasse un peu de chiffre. Nous trackbackerons donc. Oui, la petite brune, nous.

א א א

Sujet n°1 : éjaculation & orgasme

Dis, Monsieur, que ressens-tu quand tu éjacules ? 

Parfois une sensation proche de la douleur, quand l’éjaculation libératoire est attendue depuis très longtemps.
Sinon, une sensation vive, mon esprit se focalise sur mon sexe, j’essaye de faire en sorte que le plaisir soit le plus vif possible, et pendant les secondes, si c’était vraiment fort, qui suivent je suis incapable de quoi que ce soit, parler, bouger, et mon corps est agité de quelques spasmes (comme les répliques des tremblements de terre).

Dis, Monsieur, ton orgasme est-il simultané à l’éjaculation ?

On va dire que oui. Y’a tout un baratin tantrique sur la décorrélation entre les deux. Je suis de la vieille école.
Pourtant, je peux passer des heures à faire l’amour et ne pas jouir, et en garder un souvenir exceptionnel.
Donc pour moi :

orgasme = éjaculation

mais

plaisir ≠ orgasme 

Dis, Monsieur, peux-tu avoir plusieurs orgasmes rapprochés ?

Ça fait bien longtemps que ça ne m’est pas arrivé, et je pense que ça ne s’arrangera pas avec l’âge. 

 

Sujet n°2 : pénétration et sensations

(Au passage, je ne comprends rien à la façon dont c’est numéroté son truc, la question 2 pointe sur la page 4 : quand je disais que les femmes n’étaient pas bonnes en maths ;-)

Dis, Monsieur, que ressens-tu lorsque tu pénètres le vagin d’une femme ?


Je suppose qu’on parle de la première pénétration au cours d’un coït. C’est le moment où la fusion commence, où les corps s’imbriquent vraiment.

Est-il chaud ? Est-il humide ? En ressens-tu les contractions ? 

En fait, la queue n’est pas spécialement sensible à la chaleur, et comme elle est très irriguée de sang, elle doit généralement être sensiblement de la même température que le sexe qu’elle pénètre. En revanche l’humidité se ressent, ou disons la lubrification. On ne ressent pas la même chose quand c’est bien lubrifié que quand ça l’est peu.

Les contractions, non. Mais je sens si le vagin est ouvert ou non ; s’il faut le pénétrer avec douceur ou si on peut y aller franco. 

Que ressens-tu de différent en pénétrant son anus ?
 Et lorsqu’elle te prend dans sa bouche ? Aimes-tu qu’elle joue avec sa langue, aimes-tu qu’elle aspire ton sexe fort ? Aimes-tu qu’elle te branle en même temps ou préfères-tu qu’elle n’utilise que sa bouche ?

Oh ça fait vachement de question en même temps, ça. Anus : plus étroit, plus contracté. Ce n’est pas une sensation que je recherche particulièrement. Bouche : beaucoup plus précis comme stimulation : plus vif que la pénétration vaginale ou anale. Aspirer mon sexe ? bof (on ne me le fait pas trop en fait, je ne sais pas si j’aimerais). Branler en même temps : oui. Il faut, au moins de façon sporadique. Les mains doivent agir ! branler, caresser, palper…

Dis, Monsieur, ressens-tu physiquement la jouissance de la femme (une contraction, une chaleur, quelque chose de particulier) ?


Oui, elle se ressent dans certains cas mais je ne suis jamais sûr. Je la ressens plus facilement quand je branle une femme avec les doigts que quand je la lèche ou la pénètre. 

 

Sujet n°3 : l’érection

Dis, Monsieur, un rien te fait bander, mais est-ce qu’une érection signifie systématiquement un désir ?

Oui et non. Une érection provoquée par une stimulation visuelle ou autre, oui, c’est au moins une naissance de désir.
Une érection provoquée par des causes mécaniques (par exemple au réveil, ou sous le coup de la fatigue), non. Mais dans les deux cas, on peut en profiter ;-)

Dis, Monsieur, peux-tu bander (vraiment bander, une belle érection puissante) en croisant de jolies jambes dans la rue, un charmant décolleté en réunion, une main qui te frôle dans le bus, un regard appuyé dans un bar ?



Si je suis dans de bonnes dispositions, et que je me laisse aller, oui, mais dans les circonstances citées, je n’aurais pas tendance à me laisser aller si je sens que la frustration est au bout de mon désir.

 

Sujet n°4 : pendant l’amour

Dis, Monsieur, à quoi penses-tu quand tu fais l’amour ?


Oh ben ça dépend. À la femme que je baise. À la femme que j’aimerais baiser. À une note que je pourrais pondre sur mon burp. À mon envie de l’enculer. À la journée de merde que je viens de passer au bureau. Au matelas qui vibre. À ma queue qui coulisse dans son con. À la position que j’aimerais qu’on prenne pour poursuivre. À ses seins que je veux caresser. À la voracité de ses baisers. À son plaisir que je sens monter…

Dis, Monsieur, aimes-tu parler quand tu fais l’amour ? Commentes-tu ? Encourages-tu ? Insultes-tu ta chienne ?




Je ne suis pas du genre bavard, mais pas du genre muet non plus. Je parle généralement peu mais je peux être en verve. Je plaisante, parfois. Je commente, oui, souvent. Je dis mon désir. Je dis mon amour (ou je le tais). Je n’insulte pas ma chienne, non. J’aurais bien aimé insulter le chien qui me léchait les orteils une fois (un des pires coup de ma vie (la propriétaire du chien, pas le chien)), mais je suis resté courtois.

 

Sujet n°5 : Master & Servant

Dis, Monsieur, préfères-tu dominer une femme ou te sentir soumis à ses désirs ? Qu’aimes-tu dans la domination ?

Sans être inconditionnel ni de la domination, ni de la soumission, ce sont des composantes de la sexualité que j’aime incorporer dans mes pratiques en tant que jeux (je définis ma sexualité comme ludique). Je me sens plus dominateur que soumis. J’aime, dans la domination, sentir la femme s’abandonner à mon désir, s’offrir totalement à moi. J’aime la sensation de puissance que cela me donne.
J’aime, par exemple, tout simplement, peser de tout mon poids sur le corps de l’autre, comme pour l’engloutir. Une fusion. Inégale, certes, mais une fusion tout de même. 

Qu’aimes-tu dans la soumission ? Jusqu’où peux-tu aller ?


À l’inverse, j’aime m’abandonner au désir de l’autre. J’aime être considéré comme un objet de désir. Je ne suis jamais allé bien loin dans cette voie parce que je ne suis pas vraiment tombé sur des amantes dominatrices.

Que ce soit dans la soumission ou la domination, je ne suis jamais allé très loin. J’ai une tendance à trouver ça un peu grotesque, quand c’est poussé loin.

 

Sujet n°6 : du cunnilingus

Dis, Monsieur, raconte-moi ce que ça te fait de lécher la chatte d’une femme ? Ont-elles toutes des goût très différents ? Certaines sont-elles très agréables ? D’autres vraiment pas bonnes ?


Il y a un petit côté démago à dire que j’adore lécher les femmes, mais je l’assume. Oui, j’aime bien parce que c’est une très agréable sensation de sentir que l’on fait monter le plaisir de l’autre, de lui montrer que son plaisir compte et qu’on sait s’y consacrer pleinement. Des goûts très différents, non, mais des goûts assez différents, oui. En plus du goût, la pilosité joue aussi un rôle dans le plaisir qu’on peut avoir à lécher. Trop de poils, c’est chiant ! 

Très agréable ? Non, je n’ai jamais léché de femme qui goûte le miel ou le rhum, ou le nutella. Enfin, de manière naturelle. Vraiment pas bonne ? Hum… en cas d’hygiène douteuse, oui. Je réclame alors un passage à la douche, ou j’abandonne le terrain. Parfois, c’est assez acide, et désagréable. Je salive alors beaucoup pour atténuer l’acidité et ça va. Il y a parfois aussi un petit goût d’urine, que je n’apprécie pas beaucoup mais qui n’est pas rédhibitoire et qui disparaît très vite.

 

Sujet n°7 : sexualité de couple

Dis, Monsieur, arrives-tu à parler facilement de sexe avec la femme que tu aimes ? 

Ça dépend d’elle, pas de moi.

La femme avec qui je vis depuis 13 ans n’est pas très très réceptive à ce sujet de discussion. Du coup, je me censure beaucoup.

Avec mes amantes, ça va évidemment beaucoup mieux, puisque la sexualité est censée être notre dénominateur commun.  Alors une amante que j’aime… le bonheur !

 

Sujet n°8 : mon anus, mes fantasmes, mes tabous & moi

Dis, Monsieur, as-tu déjà eu envie de te faire sodomiser ?

Oui.

Par un homme ? Par une femme et ses sextoys ?


Oui. Oui.

L’as-tu fait ?



Je n’ai eu droit qu’à un anal plug, à ce jour, et ça reste une de mes envies récurrentes.

 

Dis, Monsieur, quels sont tes fantasmes sexuels ?



J’en ai beaucoup, des simples, des compliqués, des réalisés, des irréalisables.

Au centre de toutes ces envies, je n’en livre qu’une, forte, récurrente : le quatuor de deux hommes et deux femmes, tous bi. 

Dis, Monsieur, quels sont tes tabous sexuels ?


Je déteste les gens qui se disent « sans tabou ». Vivent les tabous ! Vivent les limites !
Il y a les tabous que j’estime que les autres devraient avoir : je considère que la sexualité doit se vivre entre adultes consentants. Cela exclue la pédophilie et le viol notamment (je parle du viol réel, pas éventuel son simulâcre qui peut être un jeu très excitant). Cela n’exclue pas la zoophilie parce que l’avis d’un âne ne compte guère pour moi.

Concernant mes tabous, en plus de ce qui a été énoncé ci-dessus : la coprophilie, l’urophilie, la zoophilie (parce que la queue d’un âne ne me tente absolument pas), la nécrophilie, le SM extrème… Je me cantonne, finalement, dans une sexualité relativement banale. Vive, mais sans grande excentricité.

 

Sujet n°9 : Fiat lux ! (ouais, bravo, le 9 n’a pas été oublié cette fois !!!)

Dis, Monsieur, aimes-tu faire l’amour dans la lumière crue, dans la pénombre ou dans le noir complet ? Pourquoi ?

J’aime tout ça. Ça dépend des moments. Je préfère généralement une lumière douce (un peu plus vive que la pénombre, donc). Généralement, j’aime voir le corps de l’autre (et le mien). J’aime la vision crue du sexe. J’adore regarder mon sexe pénétrer le con lisse de mon amante, ou son cul. Ou croiser son regard, sentir ses émotions.

J’aime aussi parfois le noir complet parce qu’il permet de se concentrer sur les sensations. Être aveugle exacerbe les autres sens…

 

Sujet n°10 : ah si j’étais une femme, je serais capitaine…

Dis, Monsieur, si j’étais une fée et que je te transformais en femme pendant 30 minutes, qu’aimerais-tu faire ?

Wéééé m’dame la fée 30 minutes c’est drôlement court. Même pas le temps d’aller chez le coiffeur. Bon, ben je lirai le numéro spécial Noël de Marie-Claire et je réfléchirais aux bons petits plats que je pourrais servir au réveillon…

Ah ben non, chuis con, ça c’est déjà ce que je fais.

Bon, 30 minutes : je me masturberais. Pas le temps de goûter une queue, tant pis (et puis être un homme n’empêche pas d’en sucer, c’est déjà ça).

 

[192] Et un enterrement, un !

Trois acteurs de MariagesJ’ai regardé hier soir sur France 2 le film Mariages.
J’ai raté les dix premières minutes, qui furent peut-être l’occasion, pendant que l’on posait le cadre, de fournir de nombreuses précisions qui m’auraient permises de mieux comprendre certains personnages mais qu’importe : ce film était d’une médiocrité inepte assez déconcertante.

On avait l’impression que la réalisatrice scénariste dialoguiste (autrement dit : la coupable) Valérie Guignabodet a tenté de faire une compilation de bons mots mais n’est pas Guitry qui veut (et encore, je ne porte pas spécialement Guitry dans mon cœur mais il savait faire preuve d’esprit).
Déjà, pour le personnage incarné par Jean-Pierre Dujardin, il a suffi d’aller faucher sur citations.com l’intégralité des citations, proverbes et dictons parlant du mariage.
Pour les autres personnages, il a suffi d’aller piocher dans le dictionnaire des idées reçues toutes les autres banalités qu’on peut entendre ou lire à propos du mariage.

On prend un grand shaker, on agite un grand coup, et il en sort une bouillie indigeste où la cohérence, ou plutôt la véracité des personnages nous échappe totalement.

C’est bien simple, il n’y en a pas un auquel on croit.

Et je préfère ne pas trop parler des acteurs qui ont du mal à sauver le film (même la très professionnelle Miou Miou ou le sobre Antoine Duléry) quand ils ne l’enfoncent pas (je pense notamment aux deux jeunes premiers). 

Ce qui est assez merveilleux, c’est que l’essentiel du film est consacré à pilonner le mariage (voire « le couple » de manière plus générale) entre cocufiages multiples et croisés, abandon de la cellule familiale, mensonges, absence d’engagement, etc. pour finir par un happy-end improbable où tout le monde finit par aimer tout le monde (palme du beurk décerné au père atteint d’un cancer à pronostic sombre qui reviendrait crever chez son ex) à commencer par les jeunes mariés qui ont l’air de s’aimer comme moi j’aime le roquefort (i.e. le plus éloigné de moi possible) sauf le personnage incarné par Lio, genre ravie de la crèche, qui se barre.

Je notais récemment que l’envoûtante musique d’Exotica signée par Mychael Danna servait grandement le film, eh bien dans le cas présent, la scie pondue par Fabrice Aboulker (je trouvais que ça ressemblait au thème du Parking des Anges de Marc Lavoine, Google me confirme que j’ai ouï juste) conforte également Mariages dans sa médiocrité.

Valérie, j’ai regardé ton film avec patience, jusqu’au bout, mais je ne peux pas faire plus : je demande le divorce.

[190] Encore une cochonnerie

Vous vous souvenez peut-être, amis lecteurs, fidèles parmi les fidèles, de cette note où je vous faisais part de mon désarroi vis-à-vis de mon principal fournisseur en jambon, Fleury-Michon.

Depuis que j’ai déménagé, je fréquente désormais, quand l’appel du caddie™ est plus fort que moi, un centre commercial E.Leclerc, qui propose dans sa marque « repère » lui aussi un jambon Label Rouge. Moi je dis cool. Si la qualité peut s’acheter à un prix dégraissé d’une partie du coût de la publicité, je dis banco. Banco, pas Benco.

Tradilège

En offre spéciale en plus !  C’est la fête !

D’ailleurs, Leclerc fait aussi du saumon fumé en Label Rouge, et il est très bien aussi, je vous le recommande. Y’a vraiment une différence entre du Label Rouge et du tout venant.

 

₪ ₪ ₪ 

Or, donc, E.Leclerc — ou un cerveau fumeux des équipes marketing — a eu la curieuse idée de baptiser sa gamme de produit charcuterie de la marque Tradilège (on appelle ça une M.D., Marque de Distributeur — j’ai longtemps eu des cahiers scolaires Country™, pas vous ?).

Tradilège, à la rencontre de la tradition et du privilège, sans doute. 

Mais c’est drôle comme, à moi, ce n’est pas du tout ce à quoi je pense en tout premier lieu. Non, moi le tout premier truc auquel j’ai pensé en voyant cette marque, c’est Sacrilège

Si vous voyez un gars en train de ricaner au rayon charcuterie sous-vide du Leclerc de C***, vous pouvez lui demander un autographe. Je vous le signerai avec plaisir. 

 

[189] Exotica

Mia Kirshner n'est pas le moindre des atouts d'ExoticaProbablement stimulé par la jaquette de Sam (ami lecteur, garde ton esprit bien tourné je t’en prie), je décidai hier soir de revoir le film d’Atom Egoyan Exotica. À mon avis, bien que je n’ai pas vu l’intégralité de son œuvre (mais tout de même une bonne partie), son film le plus réussi.

Épaulé par la musique ciselée de Mychael Danna dont je t’offre, ami lecteur, un titre en écoute (mais n’hésite pas à acheter le CD en entier ; je pense que ce pourrait être une excellente B.O. pour tes nuits blanches), le film nous entraîne dans une atmosphère étrange, des personnages qui ne se livrent pas, dont on comprend l’histoire, et ce qui les relient les uns aux autres, très progressivement.

Découvert en salle à sa sortie en 1994 ou 1995 (ouais, ça ne nous rajeunit pas), je l’ai revu plusieurs fois avec plaisir, plaisir renouvelé hier soir encore ; le film n’a pas pris une ride. La musique non plus (je pense qu’il s’agit de ma B.O.F. préférée, une que j’écoute et réécoute fréquemment — après quoi je placerai Peter Gabriel qui a signé deux très belles BOF pour Birdy et La Dernière Tentation du Christ).

Alors, ami lecteur qui, par extraordinaire, n’aurait pas encore vu ce petit bijou cinématographique, qu’attends tu pour te précipiter à ton vidéoclub préféré pour l’emprunter et t’offrir une belle soirée devant ta télé ?

 

Bon, ok, pas ce soir. Ce soir, y’a Urgences (22h35, sur France 2 : DO NOT DISTURB).

 

Dr. Greene.